Bienvenue au domaine de la famille di Leostilla
 
AccueilFAQS'enregistrerConnexion

Partagez | 
 

 [RP] Juste une dernière danse ...

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 
AuteurMessage
Fidelis
Dame des lieux
avatar

Messages : 396
Date d'inscription : 06/08/2011

MessageSujet: [RP] Juste une dernière danse ...   Lun 5 Déc - 20:35

--Celestine_ a écrit:
[rp]Juste une dernière danse ...

[Vous devez être inscrit et connecté pour voir cette image]
_____________________________________________________________

A mort !!! A mort !!!!

Les mots frappaient comme des coups au visage de la bohémienne alors qu'elle traversait la place d'Aix-les-Bains, chaines aux pieds et aux mains. Le visage baissé, elle évitait, encore une fois, les fruits et les légumes pourris qu'on lui laissait. Ses vêtements n'étaient plus que lambeaux et saletés, couvrant à peine son corps couvert de plaies.

Ses pieds nus sur les pavés froids qui transperçaient sa chair, la menaient droit vers les geôles du château. Les gens suivaient la jeune femme jusqu'aux grilles qui se refermèrent derrière elle, la mettant quelque peu à l'abri de la rage de la population. Les gardes la firent avancer sans ménagement vers la porte d'une des tours ornant l'édifice. Celle-ci menait droit dans les sous-sols sombres et inquiétants du siège de la famille Leostilla.

Ces lieux, elle les connaissait trop bien pour y avoir passé du temps il y a quelques mois à peine. Ses souvenirs se bousculèrent dans sa tête. Que s'était il passé depuis la disparition du Vicomte Tibérias ? Devant le regard sombre et perdu de la jeune fille, un brouillard épais l'emmenait dans ses pensées les plus obscures, des bribes d'histoires effrayantes qu'aucun enfant n'aimerait entendre conter. Mais à l'instar d'un conte, la belle bohémienne aux formes voluptueuses n'avait vécu que des cauchemards depuis son arrivée en Savoie.

Elle se revoyait emmenée sur les mêmes sentiers venant de la cour populaire de justice d'Aix-les-bains, la voix du terrible Vicomte raisonnant et condamnant sa famille à la pendaison. Les mêmes fruits dégoutants atterir sur elle alors qu'on la conduisait dans ces mêmes geôles. Tout semblait identique sauf qu'il y avait eu ... lui.

Son sauveur avait servi au mieux son maitre mais dérogeant à son autorité, il l'avait sauvée et cachée. En fuite ? Elle ne l'avait jamais été, ne voulant plus le quitter. Son beau sergent, son homme en armure, elle ne désirait que lui et ils avaient reçu la protection de la dame des lieux, Dame Dewan Durandeau-Galanodel d'Evian. Elle devait lutter pour leur bonheur à tous les deux, tout devait s'arranger. Elle aurait amadoué le vicomte, ils auraient vécu leur idyle et tout aurait été bien mais voilà ...

C'était sans compter la folie dévastatrice de Leisthat. Celestine n'avait assisté aux meurtres et au massacre qui eut lieu au château. Cachée dans la tour, son bien aimé au service de l'armée d'Aix-les-Bains afin de balayer les terribles conspirateurs, avait disparu pendant des heures. Quand la porte s'ouvrit sur leur chambre de fortune, la belle se retrouva devant des inconnus. La pièce fut fouillée et on retrouva dans ses affaires des bijoux de la future vicomtesse. Aucune explication ne fut demandée malgré les supplications de la bohémienne. Quelle folie avait-elle fait de voler ainsi sa bienfaitrice ? Jalousie ! Son chéri adorait la dame et Célestine avait voulu briller comme elle, la noble dame qu'elle n'était pas.

Avec l'enquête menée par les autorités, la jeune femme était restée à croupir dans cette prison, comptant les jours qui défilaient. On lui avait alors dit que le château avait été repris des membres de la famille di Leostilla. L'espoir avait naquis à nouveau dans son coeur de bohème. Mais il s'avèra que les nouveaux seigneurs étaient encore plus cruels que le précédent. On l'avait conduite après plusieurs passages dans la salle des tortures vers la cour de justice où on la déclara associée avec les malfrats qui avaient assassiné le Vicomte. Elle ne put même pas parler. Tout était dit.

Son corps meurtri par les terribles blessures infligées par le bourreau, sans vraiment savoir pourquoi, la porta de justesse jusqu'au coeur de la cellule où elle tomba sur le sol, recroquevillée dans son désespoir. La sentence : Demain, elle serait pendue. [/rp]

_________________
[Vous devez être inscrit et connecté pour voir cette image]
Revenir en haut Aller en bas
Fidelis
Dame des lieux
avatar

Messages : 396
Date d'inscription : 06/08/2011

MessageSujet: Re: [RP] Juste une dernière danse ...   Lun 5 Déc - 20:36

--La_Luzerne a écrit:
[rp]
[Vous devez être inscrit et connecté pour voir cette image]
____________________________________________________

Plongé dans l'obscurité terrifiante d'une geôle du château, La Luzerne attendait son heure. Recroquevillé sur lui-même, couché sur la paille sale, des larmes perlaient de ses yeux jusqu'au au long de ses joues. Les dernières semaines avaient été particulièrement éprouvantes. Torturé physiquement, moralement, ses geôliers avaient finalement réussi à lui faire avouer ce qu'il n'avait pas fait. Il existait de nombreuses façons de faire dire à un homme tout ce qu'on voulait. Imaginez l'impensable : La Luzerne l'avait traversé. Il avait survécu, car un médecin veillait à sa santé. Quand il était au bord de la mort, le soigneur ordonnait qu'on arrêtât la séance de torture, pour lui prodiguer des soins afin d'être remis pour une autre journée... Depuis combien de temps n'avait-il pas vu la lumière du jour ? Le soleil lui manquait, la chaleur l'aurait réconforté. Le froid et l'humidité qui régnaient dans les cachots le faisaient toujours trembler terriblement. Par chance, depuis plusieurs jours, les tortures s'étaient arrêtées. Il avait avoué après tout... mais avoué quoi ? L'inavouable. Il avait avoué avoir tenu un rôle dans l'assassinat de Tibérias. A priori, le nouveau seigneur des lieux, qu'il n'avait encore pas vu, le tenait pour responsable du complot. La Luzerne avait raconté qu'il était avec une femme le soir de l'enlèvement... Qu'il faisait fouguement l'amour au lieu de veiller sur son maître... et ce dernier avait été enlevé... Ce n'était pas sa faute, volontairement. Mais les bourreaux avaient réussi à l'en persuader. Il se morfondait depuis, sûr de ses pensées, terrifié par l'idée de mourir, apeuré par ce qu'il avait fait. Célestine...

Célestine était cette gitane sulfureuse, qu'il avait sauvée des griffes de la folie de Tibérias et dont il était tombé amoureux aveugle. Il avait trahi le vicomte en le défiant en délivrant la bohémienne des prisons où elle attendait la mort qui devait la libérer. Il ne savait pas ce qu'elle était devenue... Depuis qu'il était parti chasser les insurgés avec le professeur Sélénios et les ducs Raoul et Eddo, il ne l'avait plus revue. Où était-elle ? Avait-elle pris la fuite ? L'avait-on arrêtée ? L'avait-on exécutée déjà ? Il s'en voulait. La Luzerne s'en voulait d'avoir sauvé Célestine pour la relivrer à nouveau à la mort... Il était un monstre... Il en était convaincu, comme il était convaincu de plusieures choses ces derniers temps... Il avait désiré ses formes, ses seins, son visage... il les revoyait toujours plus intensément dans sa tête quand il repensait à elle. Il donnerait tout pour la retrouver... Si elle était dans l'au-delà, ô ! comme le tribun Marc Antoine il irait rejoindre sa Cléopâtre dans le royaume des morts ! Quelle vanité que le général eut pu se suicider et lui non...

Il n'était plus rien. Il avait pour seul vêtement une longue chemise sale, trouée et poussiéreuse. Qu'avait-il à cacher aujourd'hui ? Ses bourreaux lui avaient tout retiré. Sa fierté, son honneur, il n'en avait plus. Les rats parcouraient ses pieds nus sans lui faire de mal. A croire que même les animaux avaient pitié de lui. Ses jambes aux multiples plaies infectées étaient néanmoins restées très belles. Ses longues traques au brigand avec Tibérias lui avaient formé des muscles certains. L'un des bourreaux auraient voulu castrer le jeune homme. Mais un autre, plus vieux, qui présidait les séances de torture, avait refusé. Il avait prétexté qu'un homme devait resté un homme, jusqu'à la mort. Il avait ajouté que les bourreaux avaient une certaine fierté. Puis ils s'étaient attardés ailleurs... Sa chemise trouée laissait apparaître un abdomen et un torse puissants, sculptés par les anges, mais qui avaient bien soufferts ces derniers temps. O ! qu'il avait peur. Ses cheveux sales dissimulaient un visage détruit, pâle, défait et mal rasé...

Subitement, un bruit résonna. On venait vers lui. La nourriture ? Non, c'était le soir... Des gardes, à l'uniforme que La Luzerne avait autrefois porté, s'approchèrent de son cachot. Mais le jeune homme s'en moquait. Il ne les regardait pas. Ses yeux étaient fixés ailleurs, dans un autre monde. Pourtant, la clef tourna, la porte s'ouvrit, et une silhouette fut lancée dans la prison. Un autre prisonnier... tout aussi détruit que lui. En passant, l"un des gardes donna un coup de pied dans l'estomac de La Luzerne. Ce fut l'acte de désespoir. Le jeune homme se leva d'un bond. Non, il ne voulait pas s'enfuir, seulement se venger, ne serait-ce qu'un peu. Il se précipita sur le garde et lui arracha l'oreille par surprise qu'il recracha sur le second, sous les cris de douleur atroce. La sentence arriva. On lui asséna un puissant coup de poing qui le fit tomber comme une loque. Les gardes se retirèrent rapidement, les deux voulant soigner le premier.

La Luzerne était tombé sur le prisonner qui gémissait. Il se plaça à ses côtés et ses yeux retrouvèrent une image connue. Oui, c'était sa Célestine. La main du jeune homme vint parcourir la joue de la bohémienne, redressant une mèche de cheveux dans une infinie tendresse.

"Ma Célestine... que je suis heureux de mourir à tes côtés...

Il s'approcha un peu plus, et regarda simplement ses yeux.[/rp]

_________________
[Vous devez être inscrit et connecté pour voir cette image]
Revenir en haut Aller en bas
Fidelis
Dame des lieux
avatar

Messages : 396
Date d'inscription : 06/08/2011

MessageSujet: Re: [RP] Juste une dernière danse ...   Lun 5 Déc - 20:36

--Celestine_ a écrit:
[rp][Vous devez être inscrit et connecté pour voir cette image]
_____________________________________________________________

Les ombres dansaient, déprimantes, sur les murs de sa cellule, oscillantes à la faveur des torches qui illuminaient les couloirs. Parfois un garde venait passer la tête derrière les grilles du cachot, vérifiant sans doute que la condamnée vivait encore un peu pour offrir le spectacle d'une exécution. Ils semblaient tous rire de son état de souffrance et de persécution.

Un peu plus tôt dans la soirée, un garde était venu dans sa cellule. Il lui avait carressé le visage et apporté un bout de pain et de l'eau. Il avait l'air d'avoir pitié d'elle. Elle avait cru à un bon présage. Quelqu'un viendrait peut-être la sauver à nouveau ! Mais son espoir s'échappa quand il pressa ses lèvres contre les siennes, maintenant ses joues creusées par la pression des doigts de l'homme pour qu'elle ne résiste pas avec une telle douleur.

Un murmure du garde à son oreille alors que ses mains se posèrent sur ses seins la terrifia d'autant plus. Elle connaissait bien ce genre d'hommes. Elle en avait connu dans sa vie de voleuse qui essayait tout type de persuasion pour obtenir des faveurs, promettant soi disant une quelconque protection. Fadaises !

- Allez ma belle, je te sors d'ici mais laisse toi faire gentiment !

Elle l'avait regardé dans les yeux, fait mine de l'entourer de ses bras et quand il ne s'y attendait pas, elle lui avait mordu la langue alors qu'il tentait de l'embrasser encore, tout sourire, satisfait de sa victoire. Et quelle victoire quand un cri s'échappa de la bouche en sang de l'homme ! Elle pressait fermement une zone de ses braies tellement sensible que sa voix en devint aigue.

S'il lui fallait devenir esclave, elle préférait encore mourir. D'autres gardes vinrent sous l'alerte et la ruèrent de coups avant de partir avec le soldat mal en point. Et la mort devint une réalité lors du procès qui suivit, comme une réponse à ses prières intérieures, la fin des tortures et de l'humiliation.

Elle n'avait pas remarqué lors de son retour de la cour de justice, qu'ils étaient passé par un autre chemin menant aux geôles. Celles-ci étaient celles des condamnés. Elle était devenue tellement fragile, les yeux embrumés d'avoir entendu le détail de sa vie résumée à si peu de choses, condamnables pour toute sorte de méfaits non commis et surtout pour ses origines. Sa vue troublée n'avait pas vu qu'elle longeait les hauts murs de la prison, le long des remparts d'un domaine prestigieux.

Poussée violemment dans une cellule, comme toujours, elle pensait avoir rejoint la même qu'avant. Elle était restée prostrée au sol. Quelque chose de lourd lui tomba dessus. Elle crut encore à un des soldats voulant profiter des derniers instants de sa vie. Celui-ci était violent, il l'écrasait avec force. Elle le poussa et se recula.

Elle était prête à se défendre malgré le peu de force qu'il lui restait quand une voix connue s'éleva alors qu'elle frappait la main qui était venue lui dégager le visage. Etait-ce possible que ce soit lui ? Etait ce une fable pour mieux l'approcher ? Une imitation pour qu'elle cède ou encore un mirage dû à la folie provoquée par des coups ?

Quand il s'approcha, elle n'eut plus aucun doute. C'était son Ange ! Le seul qui avait compté dans sa vie ! Des larmes noires de saleté coulèrent le long de ses joues à la vision de son amour.

- C'est toi ? Oui c'est toi ! Mon Amour tu es vivant !

Elle se blottit dans ses bras, sanglottant. Elle n'avait jamais autant pleuré depuis son incarcération, comme si toute la peur et le désespoir s'échappaient par ses pleurs. Elle le serra fort malgré les douleurs de leur corps. Tout semblait subitement aller mieux.

- Mais ... pourquoi nous ont ils réuni ? Oh La Luzerne, je t'aime ! Mais ... toi aussi tu es ... en prison ? Pourquoi ? Comment ont ils pu ?

[/rp]

_________________
[Vous devez être inscrit et connecté pour voir cette image]
Revenir en haut Aller en bas
Fidelis
Dame des lieux
avatar

Messages : 396
Date d'inscription : 06/08/2011

MessageSujet: Re: [RP] Juste une dernière danse ...   Lun 5 Déc - 20:37

--La_luzerne a écrit:
[rp]
[Vous devez être inscrit et connecté pour voir cette image]
___________________________________________________________

La tenir dans ses bras ? La Luzerne n'y pensait plus. Pourtant elle était là, sous ses mains abîmées, contre son corps meurtri. Qu'il était heureux. Tous ses maux s'envolèrent en caressant son visage, en nettoyant la saleté et le sang de son visage avec ses doigts tremblant. Il sourit pour la première fois depuis longtemps. Le soleil était là, les rayons revenaient, le paradis n'était pas loin. La Luzerne écouta les mots vibrant de son amour et soupira tristement. Ses yeux s'évadèrent vers d'autres lieux, vers l'enfer, vers la peur et le chagrin. Terrifié, il commença son récit, non sans trémolo dans la voix.

"On appelle cette celulle, la Cellule de la Mort... malheureusement, nous serons exécutés demain matin... en mettant deux prisonniers ensemble, ils espèrent que l'un d'eux tue l'autre pour économiser une corde... Corde ou lame ? Je ne sais pas comment nous allons mourir... Ou plutôt... si... je le sais... nous trépasserons ensemble, dans l'amour...

Ses mains se refermèrent violemment dans celles de Célestine.

"Le nouveau maître des lieux, dont j'ignore jusqu'au visage, pense que j'ai tenu un rôle dans le complot de Tibérias...

Soudain, toutes les séances de tortures lui revinrent à l'esprit et au corps. Il étouffa un cri de souffrance et rectifia aussitôt :

"J'ai !... J'ai tenu un rôle ! Je suis responsable ! Par pitié, cessez ! Non !

La Luzerne plaqua ses mains contre ses tempes et se tordit de douleurs imaginaires. La destruction d'un homme ; les bourreaux connaissait bien leur office. Le jeune homme n'était plus rien. Atteint psychologiquement, il était devenu fou. Fou à lier, il se heurta contre Célestine et le contact avec son corps chaud stoppa toutes attaques destructrices. Il se replongea dans son regard et pleura.

"Je ne veux pas mourir... non ! J'ai peur, si peur... j'ai froid... nous ne verrons plus le soleil à son zénith... demain matin, tout sera fini... Devant le Peuple et la Famille... Je ne veux pas... je t'aime...

Ses lèvres vinrent se sceller sur celles de Célestine avant que ses yeux ne repartent dans l'épouvante.

"Crois-tu que ce soit douloureux ?... Qu'est-ce que Tibérias a ressenti ? Rien ne peut être pire que sa mort et celle de dame Dewan... Les reverrons-nous ?

Le clocher sonna minuit. La Lune les éclairait faiblement. Les dernières paroles, la dernière danse des condamnés][/rp]

_________________
[Vous devez être inscrit et connecté pour voir cette image]
Revenir en haut Aller en bas
Fidelis
Dame des lieux
avatar

Messages : 396
Date d'inscription : 06/08/2011

MessageSujet: Re: [RP] Juste une dernière danse ...   Lun 5 Déc - 20:37

--Celestine_ a écrit:
[rp][Vous devez être inscrit et connecté pour voir cette image]
_____________________________________________________________

Poupée cassée, poupée de chiffon, Celestine n'était plus qu'une loque humaine. Même son humanité, elle avait l'impression qu'on la lui avait arraché de force. Sa terreur avait pourtant laissé place au réconfort. Son coeur battait comme elle ne l'avait jamais ressenti. Alors qu'il parlait du soulagement de mourir à ses côtés, Luz perdit l'esprit. C'était le simple nom de son maitre qui déclencha sa folie. Qu'avait on pu faire subir à son ange ?

Son visage n'était plus que tristesse et désespoir. Même si cet instant était adouci par la présence de son amour, la jeune bohémienne n'était pas dupe sur le sort qui leur était réservé. Devaient ils tenté de se battre ? A quoi bon souffir encore, il vaut mieux la délivrance.

Quand il la heurta une première fois, ses bras l'enlacèrent comme pour l'apaiser mais rien ne sembla venir à bout de ses hantises. Il avait été brisé par les hommes de main du nouveau propriétaire des lieux. Avait elle eu plus de chance ? Pas vraiment. Même si on ne l'avait pas interrogée, le simple fait d'être haïe pour sa race lui avait valu des visites en salle de torture pour le simple plaisir de ses bourreaux. On l'avait dénudée, fouettée, brûlée, pervertie jusque dans sa chair.

Ses os se souvenaient des craquements sinistres alors qu'ils l'étiraient sur la roue. La douleur de ses bras et de ses pieds, elle ne la sentait plus. Même quand La luzerne trouva refuge entre ses bras, elle ne ressentit plus rien, seul le terrible effort de chacun de ses gestes. Mais son amour s'arracha de ses bras douloureux pour repartir dans sa folie passagère. Elle l'écoutait simplement. Elle ne pouvait rien pour lui, c'est cela qui était le plus horrible. Lui qui avait donné sa vie pour elle, elle aurait donné la sienne pour lui aujourd'hui. Mais étant autant condamnée que lui, ils étaient tous les deux perdus.

Ses lèvres vinrent s'écraser sur les siennes dans un baiser de désespoir. La passion avait laissé sa place à une peur terrible de tout perdre, la vie, l'amour, son âme. Qu'est ce qui les attendait au-delà de la mort ? Les savoyards croyaient en Aristote et à l'après vie dans le Soleil mais Celestine n'était pas issue de ce monde là. Ses croyances étaient mêlés à la magie. Elle n'avait jamais réfléchi à ce qui adviendrait après la mort. La frivolité de sa vie ne l'avait jamais poussée à penser à la mort, même quand les autres avaient été exécuté.

Mais ce soir là, la belle bohémienne posa son regard dans celui de son amour. Un reflet laiteux s'y propageait. L'éclat d'une lune baignant leurs corps de tout son maléfice semblait les attirer lentement vers l'ombre de leur destin. S'accrochant à la vie qui leur restait, la jeune fille enlaça fortement son amour, mêlant d'un baiser plus charnel, son corps diaphane. Puis un murmure s'échappa de ses lèvres encore avides d'amour, tout ce qui leur restait.

Moi aussi j'ai peur Luz, je t'aime si fort, si fort ... reste avec moi, pour toujours ! Je suis tienne à jamais.

Celestine n'avait aucune réponse aux questions de son amant. Tout ce qu'elle pouvait faire, c'est rendre les derniers moments plus doux. [/rp]

_________________
[Vous devez être inscrit et connecté pour voir cette image]
Revenir en haut Aller en bas
Fidelis
Dame des lieux
avatar

Messages : 396
Date d'inscription : 06/08/2011

MessageSujet: Re: [RP] Juste une dernière danse ...   Lun 5 Déc - 20:38

--Morgana_ a écrit:
[rp]
[Vous devez être inscrit et connecté pour voir cette image]
_______________________________________________________

Allongée sur son lit, Morgana se morfondait jours après jours. Très coléreuse, elle ne cessait de mépriser tous ceux qui venaient s’entretenir avec elle. Elle ne recevait presque personne à vrai dire, excepté ses domestiques et son valet aux amphores. Idée de Fiorella, qu’elle appréciait étrangement. Dès que son serviteur frappait à la porte, elle se jetait sur lui, lionne effarouchée, s’emparait du vase et l’envoyait s’éclater contre le mur d’en face, en vociférant de lui en apporter un autre. Les jours passant, aidée de son valet, Morgana se rendit au sous-sol du château d’Aix-les-Bains. Sur une table de pierre, le jeune homme prénommé Charles, disposait les amphores les unes après les autres, tandis que la cousine Leostilla, armée d’un gourdin, les fracassait tout en maudissant son petit monde. C’était une nuit.

Mais pour qui se prennent-ils, comment osent-ils me faire ça à moi, qui leur ai formé la moitié de leurs effectifs !

Autre fracas terrible.

Je lui ferai avaler ses dents au Van Wever, je détruirai chaque pétale de son pisenlit dont il est dépendant et j’en ferai de la soupe, de la confiture et de la compote !

Violent fracas. Elle imaginait leurs têtes s’envoler et se briser en mille morceaux. Oh, mais ce n’était pas ses seules pensées ! Non, Morgana en avait de bien plus terribles. Elle se voyait torturer tous les membres du Conseil qui avait voté cette décision, les réduire au silence, les détruire jusqu’au dernier ! O ! Dieux des ténèbres ! Faites que je vive assez longtemps pour tous les voir impuissants devant le Passeur du Styx pendant que je traversais, moi ! Car en cet instant, Morgana les maudissait tous. Autant qu’ils étaient. Ils ne savaient pas quelle décision ils venaient de prendre. Ils ne l’avaient même pas consulté ! Bien oui ! C’était bien normal ! Oh que la vengeance serait froide…

Votre cousin Antoine a essayé de sauver l’école. Il y tenait, mais devant la Couronne, il n’a rien pu faire. Elle a corrompu tout le monde.
- Mon cousin ! Celui-là, je le retiens ! Serait-il venu me soutenir ? Non !
- Il faut dire qu’il est bien occupé avec…
- Un peu plus à l’Ouest.


Le valet s’excusa, repositionna l’amphore avant que Morgana ne frappe.

Tu disais ?
- Le Seigneur Antoine est très occupé. Il prépare la condamnation des deux amants responsables de la mort de votre oncle Tibérias. De même que le discours qu’il présentera demain au Peuple.
- Une mise à mort ? De quel droit ? A-t-il des preuves ?
- Il a tous les droits…
- Tu penses cela, toi ? Cela ne se passera pas ainsi.


Morgana fracassa une nouvelle amphore et quitta les sous-sols. Elle se rendit, furieuse, dans la salle du Conseil où Antoine devait encore travailler, malgré les minuits passés. Les gardes la laissèrent entrer sans problème. Elle marcha d’un pas féroce, vers son protecteur.

Voulez-vous avoir davantage de sang sur les mains, Antoine di Leostilla ? J’ai appris que vous alliez exécuter deux personnes demain ? Quand votre folie destructrice, votre haine apeurée et votre épouvante du complot vont-elles prendre fin ? Nous devenons tous vos ennemis les uns après les autres ! Montrez-moi les preuves si vous n’avez rien à vous reprocher. Votre cœur est de pierre et il se transforme de plus en plus chaque jour que Dieu fait ! Attention Antoine ! Cessez d’exécuter des soi-disant ennemis de l’Etat. Il n’y jamais eu d’Etat, excepté celui d’une famille folle et dévastée. Il n’y a jamais eu d’ennemis, excepté des victimes apeurées… Si vous souillez davantage votre âme, jamais je ne vous le pardonnerai.

Elle termina son monologue et déglutit difficilement. Son regard se figea sur Antoine, qui n’avait pas levé les yeux vers elle, excepté pour voir que c’était elle qui entrait. Toutefois, sa main droite qui écrivait se faisait brusque et incontrôlée au fur et à mesure que Morgana parlait et s’insinuait dans ses décisions.[/rp]

_________________
[Vous devez être inscrit et connecté pour voir cette image]
Revenir en haut Aller en bas
Fidelis
Dame des lieux
avatar

Messages : 396
Date d'inscription : 06/08/2011

MessageSujet: Re: [RP] Juste une dernière danse ...   Lun 5 Déc - 20:38

Fidelis.di.leostilla a écrit:
[rp]La vie avait repris son cours au château depuis les derniers évènements. Tout semblait des plus paisibles à qui observerait de loin le domaine de la famille Leostilla. Mais dans ses sombres murs se déroulaient quelques atrocités qui feraient mourir de honte le Sans-Nom en personne. Quelque part dans les sous-sols, les cris arrachés aux traites avaient ébranlé le silence de mort qui reignait dans les couloirs.

Depuis les escaliers menant aux geôles, Fiorella remontait vers la surface et la lumière tout en chantonnant. Près de la porte qui fermait la tour et surtout ses méandres obscures, une femme faisait la discussion avec un garde, tenant par la main un bambin tentant de se tenir sur ses frêles jambes encore fort molassonnes. Un grand sourire illumina le visage de la Leostilla quand elle le vit alors qu'elle poussa la grille qui empêchait tout prisonnier de s'échapper vers le château.

Mais c'est qu'il est pressé mon petit neveu ! Déjà en train de vouloir courir de toute part ! Albertine, je l'emmène avec moi. Rejoignez moi dans ma chambre dans une heure.

Malgré les protestations du bambin d'être à nouveau pris dans les bras, Fiorella emmena son petit protégé au travers du château. Le chose était faite et elle avait envie de passer un peu de temps avec ce qu'elle désirait le plus au monde, un enfant. Enveloppé dans une couverture, elle l'emmena au travers des jardins où la neige avait fait son apparition. Les quelques fleurs cristalisées par le froid d'un hiver approchant vinrent émerveillés le petit garçon qui tendit, à plusieurs reprises, la main dans un élan de curiosité. Des petits rires et quelques larmes plus tard, l'heure de la séparation était déjà arrivée. Il était temps pour l'italienne de rejoindre son cousin pour se plonger à nouveau dans le travail.

Tout naturellement, la soirée s'écoula dans un passible silence retrouvé. Les coupables avaient cessé de geindre. Le verdict avait été facile. Fiorella n'avait jamais douté de la culpabilité du traitre La Luzerne. Il avait usé d'une série de stratagème pour la défier et continuer à mentir mais la jeune femme n'avait jamais abandonné une prise que celui-ci avait fini par lâcher. Tous les moyens étaient bons et elle en connaissait un rayon à ce niveau-là. En entrant dans la salle du conseil où Vincent travaillait déjà, Fiorella se contenta d'un "c'est fait." sans plus.

Plusieurs dossiers étaient posés un peu partout sur la table. Comme à son habitude, la belle s'était installée en face de Vincent. Une petite manie de la jeune femme car elle appréciait de pouvoir voir son cousin en face et l'observer discrétement, voir ses mimiques du visage exprimés son impression sur telle ou telle affaire. Parfois ils débattaient sur des décisions à prendre mais ce soir là, chacun avait de quoi faire.

La nuit était fort avancée quand la tranquilité du château fut rompu encore une fois. Une voix féminine s'était élevée derrière le fauteuil où siégeait Fiorella. Elle patienta jusqu'à ce que sa cousine eut terminé sa prestation avant de s'écarter du dossier et se retourner face à Morgana. Les deux femmes n'étaient pas ce qu'on peut dire de grandes amies, même plutôt le contraire. Pourtant, Morgana prenait parfois la défense de Fiorella et parfois Fiorella s'inquiétait pour Morgana. Une relation étrange les unissait, celle de la famille et d'un certaine respect.

Mais cette fois-ci, Morgana se trompait d'adversaire ou du moins ne devait elle pas s'attendre à trouver l'autre moitié du couple condamneur. Vincent avait tout bonnement laisser Fiorella mener les interrogatoires et s'était contenté d'écrire la déclaration de condamnation. Mais dans le fond, tout avait été mené par Fiorella. Elle avait voulu venger son oncle préféré et elle aurait tout fait pour cela.

Bonsoir Morgana ! Comment vas-tu ? Je vois que les amphores font leur effet ! Tu as l'air resplendissante.

Un peu de sarcasme tout en sourire, c'était l'arme favorite de Fiorella. Elle fixa avec défiance sa tendre cousine avant de répondre à ses accusations, pour une fois, infondées.

La folie ne gagne que toi ma chère cousine. L'homme a avoué et la femme était déjà recherchée par Oncle Tibérias pour sorcellerie. C'est une bohémienne ! J'ai mené l'interrogatoire moi-même et ce matin l'insoumis a finalement exprimé tous ses remords. Vincent n'y est pas pour grand chose, je lui ai juste demandé d'écrire les ordres d'exécution pour le bourreau, demain à l'aube. Tu ne vas tout de même pas défendre des assassins ?

La question ne méritait même pas de réponse. Fiorella y veillait par le ton employé. Si sa cousine souhaitait imposer son jugement dans cette affaire, elle devrait trouver d'autres arguments que la rédemption et le pardon. Des ennemis, les Leostilla en avaient beaucoup. Ne voyait elle donc rien ? La perte de l'école l'avait somme toute foudroyée et rendue bien trop aigrie pour ne pas voir clair. Si tous leurs ennemis passaient à trépas, ils pourraient trouver un sommeil tranquille ou bien, s'en faire d'autres ![/rp]

_________________
[Vous devez être inscrit et connecté pour voir cette image]
Revenir en haut Aller en bas
Fidelis
Dame des lieux
avatar

Messages : 396
Date d'inscription : 06/08/2011

MessageSujet: Re: [RP] Juste une dernière danse ...   Lun 5 Déc - 20:39

Vikentios a écrit:
[rp]
"Si connaître, c'est connaître quelque chose qui est, seul ce qui est absolument, peut être véritablement connaissable. L'objet de la connaissance réelle ne peut donc être le monde sensible, et doit présenter des propriétés différentes du devenir. Ce raisonnement a une double conséquence : d'un point de vue épistémologique, c'est par une réalité seule, véritable, que l'on connaît et que l'on peut répondre aux questions de Socrate, en donnant des définitions : Qu'est-ce que le Beau ? Qu'est-ce que le Courage ? Alors que la plupart des interlocuteurs de Socrate se tournent vers les choses sensibles, pour, comme réponse, lui présenter une multiplicité d'exemples, Socrate réplique qu'aucune de ces choses n'a de propriété par elle-même, mais qu'il faut, pour connaître ces propriétés, rassembler le multiple dans l'unité d'une réalité non sensible, de laquelle chaque chose sensible reçoit ses qualités. D'un point de vue ontologique, ces réalités doivent avoir, d'une part, une existence objective, distincte du monde sensible, et, d'autre part, doivent être la cause des qualités dans les choses. Lorsque Socrate demande ce qu'est le beau, sa question est précisée également de manière à demander par quoi les choses belles sont dites belles, et elles sont belles dans la mesure où l'on trouve en elles la présence d'une réalité non sensible, qui seule est définissable et connaissable.
- Ben voyons. Si Socrate m'avait connu, il eut su ce que sont la Beauté et le Courage ; moi ! Quelle était votre question déjà Jean Jacques ?
"La dichotomie du Bien et du Mal, en tant que variante simplifiée de la stratégie plus générale diviser pour régner appliquée au cas particulier de la recherche itérative d'une solution, où le traitement des sous-espaces exclus de la recherche et de sa...
- Merci Jean Jacques. Retirez-vous.


Le philosophe se retira. Antoine soupira grandement et passa une main sur son front. Quelle idée lui avait-il pris d'engager cet homme ? Ah oui, la future éducation de Laurent... Pauvre enfant ! S'il devait les monologues assomants de Jean Jacques il en deviendrait un disciple ! A réfléchir... La nuit tombait et Fiorella remplaça le philosophe. L'ambiance était plus calme, très silencieuse. Quand les deux cousins travaillaient, seul le tocsin pouvait les sortir de leur transe ! A la leur de bougies, ils rédigeaient, signaient et corrigeaient.

"Le prêtre réclame la réparation du clocher endommagé par la foudre... Nous lui donnons quoi... 10 écus et la main d'oeuvre gratuite de ses ouailles en contrepartie du salut éternel ?

Antoine rit. Mais c'est alors qu'une harpie entra dans la salle du conseil. Morgana la cousine, commença à vociférer tout ce qu'elle connaissait. Si Vincent était amusé au début, il devint bien vite coléreux. Les propos tenus par la Leostilla le hérissèrent. Heureusement Fiorella contre-attaqua en sa faveur. Quand la Romaine termina sa plaidoirie, Antoine se leva de son fauteuil avant que Morgana n'ait pu répondre.

"Gardes ! Reconduisez Morgana à ses appartements elle est consignée jusqu'à demain matin. Vous l'escorterez ensuite jusqu'au balcon, où elle assistera en notre compagnie à l'exécution des deux renégats insurgés.

Deux gardes aux uniformes rouges parvinrent dans la salle et épaulèrent Morgana.

"Morgana, vos propos sont dignes de Trahison. Tibérias a été tué par des brigands qui courent encore pour la plupart d'entre eux ! Pour cette affaire, j'ai ordonné la Loi Suspecte. Toute personne suspectée d'avoir atteint par un moyen ou un autre, à la vie de Laurent di Leostilla, sera exécutée ! Les hors-la-loi ne reculeront jamais devant rien pour détruire notre famille. Le Peuple doit connaître le sort réservé aux traîtres. Car si nous n'appliquons pas notre justice, ce même Peuple trouvera refuge dans le délit et le méfait ! Le traître La Luzerne et la brigande douteuse seront décapités demain à midi. Ne portiez-vous pas une dévotion et une admiration sans faille à Tibérias ? C'est bien mal faire son deuil que de protéger ses assassins !
- Tibérias était un homme juste et droit ! Vous n'êtes qu'un homme assoifé de sang, un loup solitaire, un roi désoeuvré !


Antoine fit signe aux gardes de l'emmener. Perturbé par les paroles et les cris de Morgana qui retentissaient encore dans les couloirs, Vincent se posa dans son fauteuil et se servit à boire.

"Tout... tout ce qui lui arrive la perturbe... elle n'est plus elle-même.

Pour se contenter de ce qu'il venait de dire, Antoine acquiesça, déglutit et resta pensif.[/rp]

_________________
[Vous devez être inscrit et connecté pour voir cette image]
Revenir en haut Aller en bas
Fidelis
Dame des lieux
avatar

Messages : 396
Date d'inscription : 06/08/2011

MessageSujet: Re: [RP] Juste une dernière danse ...   Jeu 29 Déc - 13:05

Fidelis.di.leostilla a écrit:
[rp]Les derniers mots de Morgana s'étouffèrent lorsque les portes du bureau du conseil se fermèrent derrière elle. Les lourdes portes évitaient que les bruits extérieurs ne viennent déranger le travail des cousins Leostilla. La vaste table pouvait accueillir facilement une dizaine de personnes et leurs parchemins mais dans cette pièce, Vincent et Fiorella occupaient les sièges opposés l'un à l'autre, comme lors d'un duel vaste et incongru.

Le silence revenu, la voix presque tremblante et peu assurée de Vincent vint le rompre. Elle n'était pas destinée à porter loin. C'était même plus un murmure, une autopersuasion de l'état mental de la cousine déchue de son rectorat. Fiorella fixa son cousin d'un air presque crédule. Elle n'en pensait pas moins mais l'état de son cousin devenait parfois alarmant.

Morgana n'était pas son ennemie mais elle était comme Fiorella, à toujours vouloir dire le fond de sa pensée sans retenue et telle une lame acérée, les mots pouvaient être plus sanglants que l'épée tranchante.
Fiorella se mit à sourire et se leva. Elle s'approcha de son cousin et lui massa les épaules de ses mains délicates. Après la tentative de meurtre, le miel de ses douces lèvres viendrait combles les besoins du cousin.

- Bien sûr Marc Antoine, elle perd l'esprit ... c'est une maladie de notre famille, tu le sais ... Je serai près de toi demain à midi, pour l'exécution. Tu as très bien fait. Heureusement que j'ai pu trouver les preuves ...

La jeune femme lâcha les épaules de son cousin et continua de faire le tour de la table ronde pour rejoindre sa place, avec une certaine lenteur. Elle était si fière d'avoir inventé des preuves pour confondre les deux malfrats. Il n'avait pas été dur de convaincre Vincent de la culpabilité des deux amoureux. Demain, leur amour prendrait fin en même temps que leur vie. Fiorella s'assit en face de son cousin, souriante de ses lèvres fines, satisfaite. Elle prit un parchemin et ajouta :

Neuf écus pour la réparation, cela suffira amplement. Un écu est un écu. Il faut un prix juste pour chaque chose, cousin. Continuons.

Et la nuit continua jusqu'à ce que la fatigue les gagna.[/rp]

_________________
[Vous devez être inscrit et connecté pour voir cette image]
Revenir en haut Aller en bas
Fidelis
Dame des lieux
avatar

Messages : 396
Date d'inscription : 06/08/2011

MessageSujet: Re: [RP] Juste une dernière danse ...   Jeu 29 Déc - 13:05

--La_Luzerne a écrit:
[rp]
[Vous devez être inscrit et connecté pour voir cette image]
_______________________________________________________

11h45, Grandeur et décadence !

La nuit s'était écoulée. L'aube avait pointé son nez depuis plusieurs heures déjà. Ce n'était plus qu'une question de temps. Tremblant, La Luzerne n'avait rien dormi. Ses yeux étaient exhorbités ; il ne clignait plus, du sang injecté de çà et de là dans le blanc de ses perles. Qui aurait pensé que tout finirait ainsi ? Hier, le jeune homme était Sergent de la Prévôté, sous les ordres du Lieutenant Tibérias. Ce dernier devenu Baron et Vicomte, le prit comme écuyer. Sa grandeur était alors sans égale. Il n'avait plus aucune ennemi. Sous les ordres de son maître, ils avaient tout entrepris, tout vécu, tout appris. Ils avaient joué aux espions, à Genève, en Savoie, déjoué des complots, arrêté des insurgés en soif de pouvoir, empêché de gros bourgeois de devenir de plus en plus riches... c'était l'apogée. Mais il a fallu d'un soupir pour faire pencher le navire et c'était le naufrage. Le glas de la terrible vérité sonnait lourdement dans la tête de la Luzerne, Tibérias est mort, Tibérias est mort. Le même son de cloche, pas un retour différent. Le souffle court, interrompu, inespéré. Le guerrier s'était effondré. Exilé sur le sol au milieu des huées, ses ailes de géant l'empêchent de marcher. Plus rien. L'aigle est à terre, bercé dans son propre sang. Tyrannique destinée ! Tragique destin ! O Temps ! Tu es un assassin, emportant avec toi, les voix et les rires des personnes chères ! Maudit sois-tu, prince immortel ! Ange déchu et légitime du monde ! Tu nous enterreras tous ! Alors pourquoi attendre ? Quitte à mourir dans dix ans, autant être emporté dans la tourmente infinie.

11h48, l'Amour

Il n'en avait jamais aimé une autre. Non, son coeur n'avait jamais connu l'amour. Pourtant il avait su s'y prendre avec la bohémienne. Le puceau avait laissé place à un désir toujours plus ardent de découverte et de sensations. La passion s'était emparée de lui. Et cela avait causé la mort de Tibérias. Qu'il s'en voulait ! S'il n'avait pas connu Célestine, le vicomte vivrait peut-être encore. Mais il ne regrettait pas ce qu'il avait vécu. Oh non, comment avoir des remords face à tant de beauté ? Les gardes s'agitaient devant les cellules, les bruits métallique s'affairaient. Oh ! Etait-il déjà tant de partir ? La Luzerne vint goûter une dernière fois aux lèvres de sa Cléopâtre.

"Mon coeur peut s'arrêter de battre ; il s'arrêtera de battre dans quelques instants... mais jamais il ne pourra t'oubliera, toujours il sera à toi...

11h52, Violence

Puis les gardes ouvrirent la porte de la geôle. Ils s'emparèrent de la Luzerne avec une violence sans précédente et cachèrent sa tête dans un sac qu'ils serrèrent au cou. Pas surpris, le jeune homme se laissa traîner par ses bourreaux. Un bras sous chacune de ses épaules. Il n'avait plus la force de marcher, aussi ses pieds nus traînaient-ils sur les dalles écorchées des sous-sols. Il avait du mal à respirer, mais il ne fallait surtout pas qu'il prenne peur, sinon il mourrait avant d'arriver à l'échaffaud. La suffocation était bien trop longue, l'exécution avait cet avantage d'être rapide, si la hâche était correctement aiguisée. Derrière lui, il entendait Célestine, traitée elle aussi avec une violence excessive.

11h55, Folie

Il fut trainé longuement. A l'extérieur. Avec le sac sur la tête, les rayons du soleil parvenaient quand même à l'éblouir. Cela faisait tant de jours qu'il ne les avait pas sentis... Le ciel devait être beau. Les gardes le firent monter sur l'échauffaud. Les quelques marches à gravir étaient terribles. Il savait où il était. Dans la cour du château, où les exécutions avaient d'ordinaire lieu. On lui donna un coup de pied dans les genoux, le forçant à se mettre au sol. Puis le sac lui fut retiré. En face de lui, sur la haute muraille du château, le nouveau seigneur, repérable à sa couronne brillante qui l'auréolait d'une lumière divine offerte par le soleil, se tenait droit et fier, au milieu de sa cour et sa famille. Aveuglé, La Luzerne mit un certain temps à retrouver la vue. Alors, il analysa toute la population qui était venue le voir. Tout le monde le connaissait, et étrangement, personne ne parlait, personne ne lui avait jeté des fruits pourris, personne n'avait hué son passage. On assistait à un duo amoureux détruit, dont on avait pitié. La Luzerne posa ses yeux sur les deux billots et sur les corbeilles qui retiendraient leurs têtes séparées. Deux bourreaux étaient là. Curieuse cérémonie. Le souverain parla bientôt.
[/rp]

_________________
[Vous devez être inscrit et connecté pour voir cette image]
Revenir en haut Aller en bas
Fidelis
Dame des lieux
avatar

Messages : 396
Date d'inscription : 06/08/2011

MessageSujet: Re: [RP] Juste une dernière danse ...   Jeu 29 Déc - 13:06

--Celestine_ a écrit:
[rp][Vous devez être inscrit et connecté pour voir cette image]
_____________________________________________________________

Pourquoi dormir quand arrive le sommeil éternel ? Aussi effrayant que cela puisse paraitre, Célestine attendait cette finale délivrance de toutes ces souffrances endurées depuis toutes ces longues semaines. Comment en arrive-t-on là alors qu'elle était si jeune et que l'avenir aurait dû s'offrir à elle ?

Elle était restée blottie dans les bras de La Luzerne jusqu'au moment où les maigres rayons du soleil étaient venus percer les ténèbres de la geôle. Dans ce silence inquiétant, plus rien n'avait réellement d'importance à part l'attente. Le temps semblait s'écouler bien trop vite. Malgré les blessures, la saleté, la jeune fille carressait tendrement les mains de son amour.

Se souviendrait elle dans l'au-delà de chaque battement de son coeur pour lui ? Se souviendrait elle du bonheur qu'elle avait ressenti à se donner à lui et chaque moment de plaisir à partager avec lui ? Le retrouverait elle au delà de la mort ? Elle se souvenait avoir ri au nez des prêtres qui lui rappelaient souvent qu'elle serait damnée à jamais.

Elle se rappelait des paroles de Tibérias à son intention, lors de sa capture. Il n'y avait pas de place sur l'astre solaire pour ceux qui avaient une âme souillée comme la sienne. Passer l'éternité sans lui serait son enfer. Dieu serait si cruel ? Séparer des gens qui s'aiment pour le reste de leur non existence ! Célestine prenait conscience de plus en plus qu'elle ne mériterait pas sa place avec lui. Ils avaient brisé tout ce qui existait en son âme. Ils avaient simplement réussi leur oeuvre.

Un baiser scellait un adieu puis une clé dans l'épaisse grille fit sursauter la jeune bohémienne. La peur au ventre, elle se mit à supplier quand les gardes entrèrent et lui arrachèrent son amant. Elle se serait débattue s'il lui restait encore une once de force mais à part sa voix, plus rien ne fonctionnait, transie du froid de la mort qui l'atteignait petit à petit.

Pitié ... je suis la seule coupable ... épargnez le ! ... Je vous en supplie ... Nooooon !

En vain. Un sac fut mis sur sa tête à son tour. L'angoisse était omni présente et ne pas voir était des plus terrifiants. Elle les entendait rire, se moquer puis plus rien. Le silence était revenu et sous ses pieds, une autre sensation. La lumière était venue bercer leur corps endolori et trainé jusqu'à la cour.

On la laissa tomber sur le sol avant de lui arracher le sac de jute de son visage. Elle remit ses cheveux sales en arrière de manière à voir tout autour d'elle. Des gens, partout, assistant au triomphe sans gloire des cousins Leostilla. Ceux là n'avaient pas d'âme et encore moins de coeur.
Son regard s'était posé ensuite sur la lame brillante qui trônait au milieu de l'estrade sur laquelle ils se trouvaient ensemble. Les deux bourreaux attendaient droit et impassible. Les guillotines imposaient leur grandeur, impassible aux larmes désespérées de la jeune fille.

Toute sa dernière volonté se lâcha à ce moment là. Malgré qu'elle fut à genoux, elle trouva une énergie insoupçonnée. Elle se leva et se rua face aux empereurs déchus qui avaient décidé de leurs morts.

Epargnez le je vous supplie ! Je l'avais sous mon emprise ! Il n'est pas coupable ! Tuez moi mais laissez le ... Ayez pitié d'un serviteur fidèle à votre famille !

Des murmures s'élevèrent au milieu des gens. Beaucoup connaissait Luz et sa dévotion à Tibérias. Ils ne pouvaient pas douter de son innocence. Il fallait qu'il survive. Evidemment, elle fut empoignée violemment par les gardes qui la cognèrent d'avoir osé bouger. Mais la délivrance pour elle arriverait bientôt ... [/rp]

_________________
[Vous devez être inscrit et connecté pour voir cette image]
Revenir en haut Aller en bas
Fidelis
Dame des lieux
avatar

Messages : 396
Date d'inscription : 06/08/2011

MessageSujet: Re: [RP] Juste une dernière danse ...   Jeu 29 Déc - 13:07

Vikentios a écrit:
[rp]
"Tiens-tu à la vie la vilaine ?!

Le matin avant l'exécution, deux dizaines d'hommes entrèrent avec fracas dans une ferme, où l'immense grange servait de lieu de réunion pour toutes sortes d'âmes damnées. Marc Antoine Vincent di Leostilla s'avança enfin. Après que chaque homme ait maîtrisé les personnes présentes. Une vieille femme, laide et hideuse, se tenait courbée au milieu du cercle que formaient ses adeptes. Le seigneur s'avança doucement, les mains dans le dos. Il regarda les lieux, jaugea les adeptes et finit son avancée devant la vilaine.

"Je crois que j'ai interdit les réunions de plus de cinq personnes. Vous me paraissez quatre fois plus. De plus tes pratiques malsaines me déplaisent et ressemblent trop à la sorcellerie.

Antoine s'approcha d'un chaudron dans lequel bouillaient quelques choses non identifiées. Il grimaça et se concentra à nouveau sur la vieille femme, entourée de deux gardes rouges.

"Je vais aller à l'essentiel. Dans quelques heures, je vais faire exécuter deux traîtres... j'aimerais... non... je t'ordonne, de me révéler ce que tes visions prévoient si je mène à bien mon verdict.

La vieille femme enchaîna une curieuse danse. Envoûté, les yeux exhorbités, elle se plaça subitement à genoux devant Antoine, leva les mains au Ciel et sortit des mots, qui semblaient venir d'ailleurs.

"Vita detestabilis
Nunc obdurat
Et tunc curat
Ludo mentis aciem
Egestatem
Potestatem
Dissolvit ut glaciem.
Sors immanis
Et inanis
Rota tu volubilis
Status malus
Vana salus
Semper dissolubilis
Obumbrata
Et velata
Michi quoque niteris
Nunc per ludum
Dorsum nudum
Fero tui sceleris.
Quod per sortem
Sternit forterm
Mecum omnes plangite !


- Assez !


Mais la complainte était terminée... Les adeptes et la sorcière furent brûlés à l'intérieur de leur grange. On conclut à un incendie accidentel.

Balcon du palais. Les traîtres apparaissaient aux yeux du peuple et montèrent sur l'échauffaud. La bohémienne parla. Vincent ordonna qu'on l'arrêtât, et poursuivit :

"Que cela vous serve de leçon, à tous ! Les suspects dans la mort du vicomte Tibérias seront exécutés ! Dénoncez et vous serez récompensé ! Gardez pour vous et vous payerez pour eux !

Antoine leva la main. Les deux furent posées sur les billots. Puis d'un geste sûr, comme insouciant, presque amusé, le Leostilla baissa le bras. Les hâches tombèrent, la foule cria, la mort frappa.

Tous repartirent ensuite à leurs occupations. Les têtes des deux amoureux furent accrochés à deux piques au pont-levis. Et la légende de la Luzerne se dissipa telle celle de son maître, quelques mois auparavant.

Tristesse ! Pleurez les coeurs ! Car les lamentations de la sorcière n'annonçaient rien de bienheureux ! Malheureux Antoine qui n'a pas pris le temps d'écouter la latine malédiction ! Au premier rang, un petit garçon n'oubliera jamais.[/rp]

_________________
[Vous devez être inscrit et connecté pour voir cette image]
Revenir en haut Aller en bas
Fidelis
Dame des lieux
avatar

Messages : 396
Date d'inscription : 06/08/2011

MessageSujet: Re: [RP] Juste une dernière danse ...   Jeu 29 Déc - 13:08

Amedee a écrit:
[rp]Lache moi la grappe ! Je n'en ai que faire de tes sacarmes ! Tu es largement payée pour veiller sur moi mais je t'interdis d'entraver ma liberté !

Il se retourna sur Lutétia puis d'un coup brutal, il la repoussa contre le mur. Lutetia, c'était sa nounou. Une femme rondelette, paysanne de son état, qui avait été choisie par Morgana di Leostilla pour s'occuper de lui. Depuis son envoi en Franche-Comté, sans aucune explication de Morgana, le gamin si espiègle et malicieux s'était endurci. Il avait été littéralement abandonné et ne le pardonnait pas.

Quelques jours plus tôt, il avait reçu des nouvelles de sa "Mo". Elle prenait de ses nouvelles mais dans ses mots quelque chose n'allait pas. Il la connaissait bien sa cousine. Elle était comme une mère pour lui. Il avait pris la décision de partir la rejoindre en Savoie malgré les protestations de la gouvernante. Discret, enveloppé dans une cape sombre, ils voyageaient de nuit pour ne pas se faire remarquer. Lutetia était tremblante de peur mais lui n'en avait cure.

Il avait grandi, il avait appris même si on le tenait à l'écart de la famille, il apprenait. Persuadé que les tourments de sa cousine n'étaient pas de simples à propos des filles auxquelles il ne comprenait toujours rien, rien n'aurait pu le retenir, même pas Mo. Si elle avait su qu'il était en route, elle lui aurait ordonné de rentrer à Poligny. Qu'à cela ne tienne, bientôt, elle le verrait et serait heureuse. Il en était persuadé.

Aix-les-Bains était en effervescence. Ils étaient arrivés proche de l'heure de midi. Les gens rangeaient leurs étals et se dépêchaient pour se rendre au château. Intrigué, il suivit le mouvement. L'arrivée dans la cour du château le submergea d'un certain contentement mais aussi d'un sentiment de malaise. Que dirait sa famille de le voir arrivé ainsi ? Un enfant de 12 ans courrir les routes sans protection ? Un di Leostilla en sus ! Il attendait l'affrontement avec une certaine envie.

Les murmures de la population couvraient le bruit des gardes qui arrivaient avec des condamnés. Quel ne fut pas sa consternation quand il vit La Luzerne en haillon et couvert de coups, dans un sale état. Il eut envie de s'avancer, de hurler mais rien ne vint. Il regardait la scène, simplement. A l'étage du château, depuis un balcon, Marc Antoine Vincent di Leostilla siégeait face à tous. A ses côtés, la cousine perfide et sa "Mo". Le visage de celle-ci était éteind.

Amédée avait le coeur serré. Des mots sortirent de la bouche du chef de la famille Leostilla et les bourreaux tranchèrent les têtes des sois disant coupables. L'horreur prit le ventre du gamin qui avait tout vu. La foule applaudit et s'effaça comme elle était venue. Le garçon lui, restait, impassible. Il leva les yeux sur celui qui avait ordonné. Une grimace se fendit sur son visage : du dégoût. Croiserait il le regard de l'infâme ? [/rp]

_________________
[Vous devez être inscrit et connecté pour voir cette image]
Revenir en haut Aller en bas
Fidelis
Dame des lieux
avatar

Messages : 396
Date d'inscription : 06/08/2011

MessageSujet: Re: [RP] Juste une dernière danse ...   Jeu 29 Déc - 13:09

Vikentios a écrit:
[rp]Quand les têtes tombèrent, Antoine avait dégluti lentement. Comme tout tyran qui se respecte, il venait de commettre l'irréparable : l'élimination du passé et des opposants. Cette pensée submergea le maître. Il se sentait puissant, il jouissait d'un pouvoir hors norme. S'il ne se tenait pas les mains au rebord du balcon, il se serait sans doute envoler pour atteindre les cieux éternels réservés aux dieux. Quel sentiment, quel bien être. Tandis que la foule se disperçait, Antoine restait à l'extérieur. Sa famille rentrait, membre après membre. La dernière fut Fiorella. Il ne lui fit aucun signe. Il la savait encore plus perverse que lui. Ces exécutions l'avaient amusée et elle ressentait la même chose que lui, si ce n'était plus. Arriverait un instant où il faudrait se méfier d'elle. Comme toute mère d'empereur, il devient nécessaire à l'empereur d'éliminer l'impératrice mère, qui cause de l'ombre. Fiorella devenait de plus en plus sombre, et cette obscurité de l'âme déplaisait à son cousin. Il frissona. Puis il se rendit compte que c'était peut-être la froideur de l'hiver passant. Il haussa les épaules et baissa ses yeux du ciel vers le sol. Là où les bourreaux démontaient l'échaffaud, une personne restait là et l'observait. Le regard de Vincent s'intensifia et ses sourcils se froncèrent pour distinguer l'individu.

C'était un enfant. Mais dans ses yeux se lisait une passion peu commune figée dans une grimace indifférente. Antoine réalisa soudainement : c'était Amédée, la crapule de Morgana. Ses pensées se bousculèrent rapidement. Que faire ? Il était intouchable d'où il était. Que dire ? Avouer la vérité à tous ? Mais maintenant qu'il était revenu, fallait-il à nouveau tenter ce qu'il avait prévu pour cet enfant ? Il se pinça les lèvres.

Soudainement, un pincement au coeur s'empara de lui. Ses yeux disparurent pratiquemment pour laisser place à un voile blanc. Ses jambes ne le tinrent bientôt plus tellement elles tremblaient. A vrai dire, c'était tout son corps qui tremblait d'une violence inouïe. Il tomba dans la neige accumulée sur le balcon. C'était une crise comme il en avait rarement. Convulsé, c'est l'absence trop longue du maître qui sembla étrange à Leo, le valet, qui lui seul connaissait les maux de son seigneur. Ce dernier fit son apparition sur le balcon et s'agenouilla aussitôt près d'Antoine. Il sortit une petite gourdasse et déversa le contenu visqueux dans la bouche du maître dont les convulsions commençaient à s'estomper. Le remède allait faire effet. Contre cette maladie, il n'y avait que la patience, mais certains elixirs diminuaient souvent la souffrance et la durée. Ce mélange de plante et d'ingrédients douteux était utilisé dans l'Antiquité.

Quand les tremblements d'Antoine s'estompèrent, Leo put agir. Les consignes de son maître en cas de crise grave étaient strictes : avertir quelqu'un uniquement quand les convulsions auraient cessées. Le domestique quitta le balcon et appela à l'aide. Il trouva Fiorella qui appela deux gardes rouges. Sur le balcon, le petit comité s'affaira à soulever et transporter l'inconscient tyran vers ses appartements. Devant les questions de la cousine, Leo répondit :

"Je ne saurais dire ! Il... il a pris mal d'un coup ! Le... le froid... sans doute n'était-il pas assez vêtu !...

Puis il ne dit rien, aidant les gardes du mieux qu'il pouvait. A vrai dire, il n'était pas fort et prenait simplement le bras d'Antoine : ce qui ne servait à rien, mais le geste y était. On le posa sur son lit et le confia aux bons soins de Leo.

"Il sera inconscient quelques temps je pense... et très affaibli, les évanouissement épuisent... je vous préviens quand il se réveille, ma dame...

Il sourit à Fiorella et ferma la porte sans ajouter un mot.
[/rp]

_________________
[Vous devez être inscrit et connecté pour voir cette image]
Revenir en haut Aller en bas
Fidelis
Dame des lieux
avatar

Messages : 396
Date d'inscription : 06/08/2011

MessageSujet: Re: [RP] Juste une dernière danse ...   Jeu 29 Déc - 13:11

Amedee a écrit:
[rp]Lutetia n'avait pas voulu voir l'exécution. Elle attendait près des portes du château que son jeune maître daigne la rejoindre, ce qu'il fit quand le seigneur des lieux disparu du balcon. Toute l'innocence de sa jeunesse avait disparu. Depuis quelques temps, l'enfant avait changé, avait mûri de manière accélérée sans que la gouvernante ne comprenne vraiment. Il haïssait tout le monde, ou presque, passant le plus clair de son temps seul.

Il arriva rapidement comme s'il poursuivait quelqu'un. Sans demander son reste, il voulut entrer dans le château, suivit de Lutetia, mais se fit arrêter par la garde.

Hola petit ! Où crois tu aller comme ça ?
Ôte tes sales pattes de ma personne ! Je suis Amédée di Leostilla !

Sur ces mots cinglants dits avec haine, il abaissa son capuchon et écarta sa tunique pour montrer un médaillon qui ne laissait aucun doute. Physiquement, il avait changé. Ses cheveux n'étaient plus en bataille mais soigneusement peigné. Son visage s'était aminci et il avait gagné en taille. Mais son regard bleu, lui, avait gagné en intensité.

Le garde s'écarta sans rien dire devant les maugréations du gamin. Celui-ci repartit de plus belle vers l'intérieur du château. Il se rappelait des moindres couloirs, là où il jouait à se cacher et à faire tourner tout le monde en bourrique. Il aurait presque sourit à ses souvenirs mais la vision de Morgana qui riait en le cherchant assombrissait largement ses pensées. Il fallait qu'il la voit ! Sans hésitation, il rejoignit l'étage des chambres.

Les domestiques le regardaient étrangement mais il ne le voyait pas. Certains s'inclinaient sur son passage, reconnaissant le médaillon se balançant à son cou. Lui, il ne voyait qu'une porte au bout du couloir, imaginant la scène de retrouvailles avec sa cousine si tendre. Il imaginait tous les scénarios possibles. La joie, la haine, le silence ... mais dans le fond, il ne savait pas lui-même comment il réagirait face elle. Arrivant devant la porte, il eut un instant d'hésitation avant de frapper fort. Il y avait des gardes devant celle-ci. Il avait montré le médaillon pour éviter toute protestation. Les gardes, eux, étaient dubitatifs. La porte s'ouvrit, il entra. Lutetia resta dehors à expliquer aux gardes le retour de l'enfant prodige.

Amédée ? Mais qu'est ce que tu fais ici ?
Bonjour Mo. Moi aussi je suis heureux de te voir. Je venais rendre visite à la petite famille ...

Morgana était surprise et visiblement inquiète. Ca, ça n'avait pas fait partie de ses scénarios. Il aurait préféré de la joie.

Amé, tu ne devrais pas être ici ! S'il est au courant, tu es en danger !

Morgana alla à la porte, l'ouvrit et regarda dans le couloir. A part les deux gardes et Lutetia, il n'y avait personne d'autre. Morgana jeta un regard noir à la gourvernante puis referma la porte, rassurée.

Il sait que je suis là, Mo. Mais qu'est ce que ça change ? Pourquoi tout ça ?
Il faut que tu partes, Amé. Retourne à Poligny, tu y seras en sécurité ! Cette nuit, je te ferai sortir du château. S'il sait que tu es là, il fera redoubler la garde et il ne te laissera pas t'enfuir.

Morgana s'assit sur le bord de son lit, plongeant son visage dans ses mains, consternée.

Je comprends pas Mo. Explique moi ! Pourquoi tu m'as rejeté ? Pourquoi tu m'as laissé seul là-bas avec cette ... femme ? Pourquoi ? Je suis grand maintenant tu sais.

Amédée regardait Morgana avec les yeux du désespoir. Il retrouvait là toute l'innocence d'un petit garçon qui a besoin de réponses. Morgana releva la tête et le fixait avec douceur et tendresse. Amédée était comme un fils pour elle. Elle l'avait toujours protégé en toute circonstance, jusqu'au jour fatidique.

Assieds toi Amé. Je vais tout te dire. Si je t'ai envoyé à Poligny c'était pour te protéger de lui. Cette nuit là, je l'ai surpris au dessus de ton lit, un couteau à la main. Il voulait te tuer. Je l'en ai empêché de justesse. Après cela, je ne pouvais plus garantir ta sécurité, je savais qu'il essaierait encore. Alors je t'ai trouvé une gouvernante de confiance, Lutétia. C'est une femme bien.
Me tuer ? Mais pourquoi ?
Je ne sais pas Amé. Une histoire d'héritage. Il devient fou, complètement fou. Il faut que tu partes.

Quelqu'un frappa à la porte. Morgana se leva et prit Amédée par la main. Elle tourna une pierre ornementale de la cheminée et un bruit méchanique débloqua une porte cachée dans le mur.

Suis ce passage Amé, tu arriveras dans la cave. Reste là, jusqu'à ce que je vienne te chercher ce soir.

Elle l'embrassa et referma le passage derrière lui. A la porte, les coups redoublaient d'intensité. Un garde se tenait à la porte et la pria de le suivre. Amédée suivit l'étroit escalier jusqu'à la fameuse cave. C'était un cellier bien garni. Il se servit dans les fruits et les bouteilles de lait gardées au frais. Mais plus le temps passait, moins il restait calme dans sa prison. Résolu, il remonta dans la chambre de Morgana. Il chercha comment ouvrir le passage secret qu'il venait de prendre. Après avoir trouvé une pierre légèrement bisautée à enfoncer, il put retrouver les quartiers de sa cousine.

Il entrouvrit la porte de la chambre. Les gardes avaient disparu et Lutétia aussi. Il vit passer des femmes de chambre qui discutaient entre elles. Marc Antoine était souffrant et cloué au lit. L'occasion était trop belle. Il sortit discrètement et après avoir traversé un petit salon, se retrouva devant la porte de la chambre de l'assassin. Il poussa la porte. Il n'y avait personne. Pas un rat. Il dégaina hors de sa ceinture, un couteau qu'il avait acquis à Saint-Claude pour se protéger sur les chemins. Il était là, le monstre, endormi comme un bébé. Il leva le couteau haut au-dessus du corps inerte. Le grincement du bois avec l'appui du corps du jeune homme réveilla Marc Antoine.

Tremblant, le garçon fixait son cousin. Sa main n'attendait que ça. Mais vaudrait il mieux que lui ? Cet homme tuait sans état d'âme ! Mais Amédée n'était pas comme lui ! Pas encore. Le couteau fendit l'air devant les yeux sombres du garçon et s'empala dans le coussin juste à côté du visage de Marc Antoine.

Je ne tue pas les faibles, moi ! Mais je reviendrai, cousin ! Et ce jour-là, préparez vous !

Il se recula et s'enfuit par la porte. Sans attendre Morgana ni Lutetia, Amédée quitta le château, reprenant la route de la Franche Comté, son salut, pour l'instant.[/rp]

_________________
[Vous devez être inscrit et connecté pour voir cette image]
Revenir en haut Aller en bas
Fidelis
Dame des lieux
avatar

Messages : 396
Date d'inscription : 06/08/2011

MessageSujet: Re: [RP] Juste une dernière danse ...   Jeu 29 Déc - 13:11

Vikentios a écrit:
[rp]
Un silence sans fin, planant juste au-dessus des nuages, telle une âme errante, chavirante au gré des vents. Il est inconscient, il ne dort pas. Antoine est une bête blessée qui peut se réveiller comme s'éteindre à jamais. Cette maladie était tellement inconnue et mal soignée. Il avait ordonné Leo de n'avertir personne, car l'Eglise pensait que ce genre de maux était synonyme de sorcellerie, d'envoûtement par les forces obscures et démoniaques. Oh non, Leostilla le savait : il n'était hanté par personne ! Du moins dans son corps. Car à l'extérieur, il avait déjà ses épouvantes, notamment la sorcière Nimuë et quelques dissidents insurgés qui avaient juré sa perte.

Un bruit, un mouvement, un battement de cils. Antoine se réveille, papillone des yeux. Il s'en est sorti. Il reprit tout doucement ses esprits, mais encore très faible, ne bougea pas énormément. Son regard se posa alors sur une silhouette. Il fronça les sourcils et discerna l'intrus. Il tenta de lever la tête, de se lever tout bonnement, mais ces actions lui furent impossibles. C'était Amédée di Leostilla, un cousin, potentiel héritier de la famille et de tout ses biens. Triste histoire. Antoine voulait en fait son premier cousin, Octave, comme successeur. Cette décision faisait d'Amédée le second héritier. Car chez les Leostilla, la succession se faisait d'homme en homme autant que possible. Vincent était inquiet : s'il arrivait malheur à Octave, ou qu'on l'assassinait pour mieux accéder au pouvoir, l'héritage irait à Amédée. Et cela pas question ! Antoine ne voulait pas confier sa famille à un Leostilla au sang mélangé par un bourgeois. Jamais de son vivant il n'assisterait à cela ! Pour que la question ne subsiste plus, il avait ordonné la mort de l'enfant. Mais quelqu'un avertit Morgana, très attachée au petit, qu'il le fit fuir. Antoine savait que c'était elle, mais jamais il n'en eut la preuve. Le plan avait échoué. L'héritier second était en cavale et menaçait de reprendre un jour les rênes. Et le voilà aujourd'hui, devant lui, un poignard levé, tremblant. Vincent savait qu'il n'avait pas la force. Mais il n'en était pas convaincu. Alors, sur un ton de défi, il trouva la force de murmurer :

"Eh bien mon garçon... frappe... frappe et tu seras alors un di Leostilla... n'hésite pas, c'est facile... frappe !

Il l'avait excité, il avait suscité la haine et la colère en lui. Alors tout s'enchaîna très vite. Le poignard se hissa haut et transperça le coussin d'Antoine. Ce dernier ferma les yeux, rassuré. Alors l'enfant parla. Une voix encore enfantine et pourtant si cruelle. Vincent le fixa dans les yeux et perçut toute sa colère. Il frémit et vit Amédée quitter la pièce. Tant pis, il ne fallait pas qu'il s'échappe ! Ses derniers mots étaient plus que provocateurs ! C'était sa place qu'il voulait ! C'était la famille ! Dans l'esprit perturbé d'Antoine, il n'y avait plus de doute. Il allait devenir grand, il allait devenir dangereux ! Il réunissa ses forces et se leva, se vêtit simplement, entrouvit la porte de sa chambre et héla deux gardes.

"Sonnez le tocsin ! Le fuyard est un jeune homme !... Il... c'est un voleur !... et vous l'avez laissé me brigander et s'échapper !

Les cloches valdinguèrent alors dans un élan ahurissant. Le tocsin était une alerte importante. Le Peuple devait rentrer chez lui et ne plus en bouger, ou se réfugier dans la Haute-Cour. Seuls les gardes étaient autorisés à fouler la ville. Antoine participa lui-même à la poursuite. Parcourant chaque couloir, regardant chaque passage secret, tout était fouillé. Quand ils passèrent devant les appartements de Morgana, celle-ci passa sa tête dans l'encadrement de sa porte. Antoine fut pris d'un excès de rage en la voyant. Il poussa un cri et referma la porte sur sa cousine. Il savait qu'elle savait. Il s'occuperait d'elle plus tard. Qui aurait pu faire entrer le petit à l'intérieur ? Uniquement elle. Sauf si l'enfant avait user de son nom et de son blason. Les gardes étaient facilement manipulables et Amédée était indubitablement malin.

"Mon seigneur ! Le voleur a été repéré depuis les remparts Sud !

Ils s'y dirigèrent en hâte. Une fois à l'air libre, marchant sur les remparts, le garde montra le lointain à Antoine. Celui-ci regarda l'héritier fuir, impuissant. Un de ses soldats attira son attention : un arbalestrier. Instinctivement, il s'empara de son arme et tira sur le fuyard. Il savait qu'il n'avait pratiquemment aucune chance de l'avoir. Avec la distance, le vent et le défaut éventuel de l'arbalète, le carreau n'attendrait pas sa cible. Pourtant il s'envola et érafla l'épaule d'Amédée. Satisfait, Vincent se mordit la lèvre. Il balança l'arme sur le garde et donna ses ordres ultimes.

"Lâchez immédiatement les chiens ! Il saigne, ma flèche l'a touché ! Les chiens flaireront aisément son sang. Ramenez-moi son coeur ! Ne revenez pas avant !

Au pas de course, les gardes filèrent. Quant à Antoine, il resta là, les mains posées sur les créneaux. Il fixait Amédée, tombé au sol, qui venait de se relever malgré la douleur. Il l'aurait.
[/rp]

_________________
[Vous devez être inscrit et connecté pour voir cette image]
Revenir en haut Aller en bas
Fidelis
Dame des lieux
avatar

Messages : 396
Date d'inscription : 06/08/2011

MessageSujet: Re: [RP] Juste une dernière danse ...   Jeu 29 Déc - 13:12

Amedee a écrit:
[rp]Il avait quitté le château par la grande porte alors que les clairons sonnèrent à tout va. Amédée avait revêtu sa cape noire et épaisse pour se faufiler à l'extérieur. Les gardes apercevant le jeune Leostilla ne l'arrêtèrent pas. Qui oserait prétendre que le jeune garçon aurait pu être le voleur recherché ? Personne. Son sang bouillonnait dans ses veines. Il était déchainé. Il évita le village et coupa par les champs pour rejoindre la route qui s'insinuait au milieu de la forêt, à l'opposé du lac.

Il n'avait eu aucun regard en arrière mais tout en marchant au travers les épis séchés en sol, il en arrachait les brins sans ménagement se coupant même les paumes des mains par la force de son acharnement. Il avait la haine. Son coeur était fendu en deux, partagé par le besoin de se venger et la culpabilité d'avoir ces pensées. Après tout, il n'était qu'un enfant. Un enfant qui se sentait seul au monde. Il ne pouvait plus se réfugier dans les jupons de Morgana pour qu'elle le protège. Il n'avait pas non plus le pouvoir de la protéger. Il n'était plus assez jeune pour garder son innocence et trop jeune pour agir contre son tyran.

Ce qui était étonnant c'est que l'héritage, il s'en moquait bien ! Mais maintenant, c'était devenu son but ! Tout lui prendre ! Tout et même encore le laisser en vie pour qu'il voit tout ce qu'il allait perdre, petit à petit. Il lui fallait juste du temps. Un jour viendrait où il le mettrait sur le billot à la place de ses victimes et ce jour là, Amédée aurait un rire de joie.

Il était bientôt arrivé à l'orée de la forêt quand un sifflement survint. Il eut à peine le temps de se retourner qu'un carreau d'arbalète s'était fiché dans son épaule, lui arrachant un hurlement de douleur. Que cela faisait mal ! Atrocement mal ! Il s'était écroulé au milieu des épis. Il ressentait son coeur battre. Chaque pulsion s'infiltrait dans la douleur pour l'intensifier. Peut-être que ses projets s'arrêteraient là finalement. Peut-être qu'il allait mourir. Me froid pénétrait son corps au point qu'il tremblait. La peur n'y était pas étrangère. Après tout, il n'était qu'un gamin ...

[/rp]

_________________
[Vous devez être inscrit et connecté pour voir cette image]
Revenir en haut Aller en bas
Fidelis
Dame des lieux
avatar

Messages : 396
Date d'inscription : 06/08/2011

MessageSujet: Re: [RP] Juste une dernière danse ...   Jeu 29 Déc - 13:12

--Les_chevaliers_d_aix a écrit:
[rp][Vous devez être inscrit et connecté pour voir cette image]
________________________________________________________________

Depuis la salle d'entrainement, le chevalier Tell et ses hommes entendirent les cloches retentir. C'était l'alerte, il se passait quelque chose de grâve. Les hommes ne tardèrent pas à partir au pas de courses à la recherche de leur maitre. Ils croisèrent celui-ci dans les escaliers et écoutèrent les ordres sans poser de questions. Tell était le plus ancien des chevaliers d'Aix-les-bains au service des Leostilla. A ce titre, celui-ci accompagnait Marc Antoine jusqu'en haut de la tour. Ils observaient une petite silhouette s'enfuir au loin. L'arbalètrier tira et toucha sa cible malgré la distance.

Marc Antoine lâcha ses derniers ordres. Des ordres d'une cruauté sans égal. Cela n'étonnait plus le jeune chevalier. Depuis qu'il était au service des Leostilla, malgré ses sentiments fougueux pour la jeune cousine du maître, il restait fidèlement à suivre des ordres parfois complètement disproportionné. Le chef de cette famille était paranoïaque. Tell avait exécuté des ordres dont il avait du mal à avouer, même à s'avouer. Il fit demi-tour, ferma un court instant ses yeux, inspirant puis pressa le pas pour rejoindre les écuries et partir avec ses hommes retrouver la victime de la folie Leostillienne.

Il aurait aimé demander pourquoi tant de hargne pour un simple voleur mais s'était ravisé. Il n'avait pas à discuter les ordres, ni à s'interroger sur la légitimité des actes de son maitre. Ainsi était son serment fait et son engagement.

C'est à vive allure qu'il se rendit sur place, grâce au flair des chiens de chasse, cherchant le sang. Tell descendit de cheval et chercha des traces de sang. Il n'y avait plus de corps mais celui-ci avait laissé des trainées rouges jusque dans la forêt. Le chevalier les suivit avec précaution. Il avait tiré son épée et avançait avec celle-ci prête à servir. Ses hommes s'étaient déployés, chargé de quadriller les lieux et de le prévenir s'ils trouvaient quoi que ce soit.

Un appel se fit entendre. On avait trouvé le corps et Tell se dépêcha de rejoindre la masse de soldats entourant la personne. Les hommes s'écartèrent à l'arrivée de leur chef.

- Vous allez être surpris seigneur ! C'est un enfant !
- Un enfant ? Mais ...


Tell baissa les yeux sur la petite silhouette enveloppée de sa cape ensanglantée. Le regard bleuté d'Amédée s'était planté dans celui du chevalier, incrédule de ce qu'il venait de découvrir. Ses convictions furent subitement ébranlées. Il s'agenouilla à portée de l'enfant et écarta la capuche qui le protégeait.

- Allez surveiller les environs. Je m'occupe du garçon.

Tell avait donné ses ordres. Les hommes furent à leur tour hésitant, ce qui ennerva le chevalier qui se releva et hurla sur ses hommes avec une force accrue.

- Je vous ai donné des ordres ! En position et plus vite que ça !

Les hommes finirent par tous obéirent non sans un regard vers le gamin qui était allongé par terre. Quand les soldats furent en poste à une grande distance d'eux, Telle retourna près d'Amédée et lui murmura à son attention.

- Ne vous inquiétez, je ne vais rien vous faire. Je sais qui vous êtes ...
Je vais vous soigner mais ne faites pas de bruit surtout ... il en va de votre survie.


La blessure n'était pas grave et le chevalier s'interrogea sur les raisons de l'état du garçon. Il voyait son regard un peu vitreux. Il utilisa un linge pour créer un pansement de fortune. Amédée était jeune et vigoureux, il se remettrait facilement d'une telle blessure. Il en garderait par contre une cicatrice légère.

- Vous devez partir et ne plus revenir. Je ne peux me résigner à tuer un enfant. Partez, vous êtes hors de danger.

Couvrant la fuite du jeune garçon, Tell profita pour chasser un faon dont il arracha le coeur. Il l'enveloppa dans un linge puis rassembla ses hommes. Il était temps pour Tell de feindre être un homme loyal, loyal à son âme. Les hommes le regardèrent étrangement. Ils le prenaient pour un être sans coeur. Ils pensaient tous qu'il l'avait exécuté comme l'avait demandé le grand Marc Antoine.

Au château, Tell rejoignit son maître dans ses appartements.

- Mon Seigneur, le coeur que vous avez demandé. Il ne bat plus.

Agenouillé devant Marc Antoine, tête inclinée, il tendit l'offrande infâme : le coeur d'un enfant. [/rp]

_________________
[Vous devez être inscrit et connecté pour voir cette image]
Revenir en haut Aller en bas
Fidelis
Dame des lieux
avatar

Messages : 396
Date d'inscription : 06/08/2011

MessageSujet: Re: [RP] Juste une dernière danse ...   Jeu 29 Déc - 13:13

Amedee a écrit:
[rp]La douleur était tout bonnement atroce. Jamais il n'avait ressenti cela même en se battant parfois avec d'autres enfants de son âge. Il jeta un regard vers le château d'où provenait le carreau. Il pouvait voir la silouhette sombre l'observer de là-haut. Il se releva et s'encourut vers la forêt pour s'y enfoncer. La vue de son sang le rendait malade. Il avait le coeur qui sonnait à une vitesse folle et tout lui tournait autour des yeux. Il finit par s'écrouler près d'un buisson, légèrement inconscient, ses jambes se défilant sous lui.

Il entendit une voix, un mouvement sur son visage, la douceur de la laine qui caressait sa joue. Quelqu'un lui parlait. La voix se fit lentement plus compréhensible et c'est apeuré qu'il distingua un chevalier au service de son oncle. L'homme le soignait et le rassurait, lui disant de partir, de fuir et ne jamais revenir.

Chevalier je n'oublierai pas ce que vous faites ...

Amédée se redressa. Son coeur s'était calmé, la blessure, toujours douloureuse, ne montrait plus de sang à sa vue. Il entendit l'aboiement des chiens non loin. Il ramassa son sac tombé à quelques pas de sa position et un long regard fut échangé entre le chevalier et l'enfant.

Merci ...

Amédée avait la voix étranglée puis remis sa cape correctement en place avant de s'enfoncer dans la forêt. La route vers Genève, Saint-Claude, Poligny, n'était plus très loin. Il y trouverait refuge, pour l'instant. [/rp]

_________________
[Vous devez être inscrit et connecté pour voir cette image]
Revenir en haut Aller en bas
Fidelis
Dame des lieux
avatar

Messages : 396
Date d'inscription : 06/08/2011

MessageSujet: Re: [RP] Juste une dernière danse ...   Jeu 29 Déc - 13:15

Vikentios a écrit:
[rp]Quand la Garde quitta le château sous les aboiements des chiens fous, Antoine sourit. Il regarda une dernière fois son cousin, errant blessé au loin. Il n'était plus rien. Et dire qu'il fallait tout faire soi-même ! S'il n'avait pas touché Amédée de son carreau, il aurait toujours eu sa survie sur la conscience. Et mener des plans avec un ennemi invisible ayant juré votre perte, n'était pas de tout repos. Tout prévoir. C'était la base de tout monarque. Seul sur les remparts, Vincent reprenait ses forces et son souffle. Il sortait d'une de ses crises, une autre eût été fatale. Il reposa ses nerfs, ses muscles et ses pensées, devant un hallebardier qui scrutait le lointain avec lui, tourmenté par le tocsin présent et les aboiements déjà éloignés. Antoine regarda le guetteur. Il aurait voulu le frapper très fort mais il s'abstint de toute colère inutile. Il détourna ses yeux et entra à l'intérieur du château.

Des domestiques vinrent très vite à lui et on habilla le superbe, dans ses vêtements rouges, couleur d'Aix-les-Bains. Il se dirigea ensuite vers la salle du trône. Sa cape flamboyante volait à chaque nouveau couloir et les serviteurs devaient se coller aux murs pour ne pas heurter le royal mouvement. Qu'est-ce qu'il fût beau en roi, en Imperator. Il supporterait aisément la charge. Il fallait des hommes solides, un tantinet fou, car point de génie sans folie, et vice versa, ou non, quoi que... enfin...

Il poussa violemment les portes de la salle sans laisser le temps aux gardes de les lui ouvrir convenablement. Alors, il marcha dans la pièce vide, silencieuse et propre. Arrivé à l'estrade du trône, il monta les quelques marches qui menait à son divin fauteuil, et se laissa tomber, avachi. Le poing contre sa joue, les doigts tapotant d'impatience l'autre accoudoir, il attendait les nouvelles. Baignée dans une obscurité qu'Antoine appréciait à cette heure-ci, la salle du trône pouvait accueillir toute une fête et les convives autour de plusieurs tables de banquets, sans oublier les danseurs et les musiciens. Malheureusement, l'air des fêtes était quelque peu révolu en ce Noël approchant.

Le tocsin s'était arrêté et on lui signala le retour de la Garde. Impatient, Antoine se redressa. On annonça le chevalier Tell. Un homme de confiance. Vincent grimaça toutefois. Il ferait des remontrances. Le soldat s'approcha, posa un genou à terre, baissa la tête et présenta un coffret dans lequel reposait le coeur d'Amédée. Oh ! Qu'il fut satisfait ! Il sourit intérieurement. Le reste de la Garde était resté derrière. Antoine les regarda tous un à un et se leva. Il referma le coffret et le prit des mains de Tell.

"Votre dévotion sera récompensée, à tous. Mais... sachez toutefois, que si jamais j'apprends un jour, que l'un d'entre vous m'a trahi, celui-ci sera arrêté et décapité, selon les lois régissant la trahison.

Tous s'inclinèrent et partirent. Antoine vint poser le coffret sur une petite table entre deux piliers de la salle. Il revint ensuite vers le chevalier Tell.

"Messire Tell, je ne crois pas avoir vu ma cousine, Capitaine des Chevaliers d'Aix, avec vous dans la Garde. C'est pourtant son... devoir. Allez lui en faire remontrance voulez-vous ?


Noël 1459

Au château di Leostilla, vu de l'extérieur, rien ne se passe.
[/rp]

_________________
[Vous devez être inscrit et connecté pour voir cette image]
Revenir en haut Aller en bas
Fidelis
Dame des lieux
avatar

Messages : 396
Date d'inscription : 06/08/2011

MessageSujet: Re: [RP] Juste une dernière danse ...   Jeu 29 Déc - 13:16

Fidelis.di.leostilla a écrit:
[rp]Voilà qui était fait ! Affaire classée. Les exécutions avaient toujours ce petit goût festif qui mettait Fiorella de bonne humeur. Elle quittait souriante le balcon, croisant le regard de son cher cousin. La femme avait demandé la grâce pour son compagnon mais Vincent avait été ferme. Il avait été parfait, tout simplement. Le repas les attendait dans la grande salle comme chaque fois qu'ils étaient présents dans leur domaine, ce qui était plutôt courant ces temps-ci.

Attendant que son cousin se détache de sa sublime scène, elle discutait avec les gardes pour mettre au point quelques surveillances supplémentaires mais c'est Leo qu'elle vit arriver. Vincent avait perdu connaissance. Elle prit les deux gardes avec elle et le fit porter dans sa chambre. Trop d'émotions sans doute. Il n'était pas brûlant, juste pâle et endormi. Elle mit ça sur le surmenage et une mauvaise alimentation.

Prenez soin de lui Leo. Faites lui porter un bouillon quand il sera éveillé et nourrissez le même s'il ne le veut pas. Il faut qu'il mange gras.

Alors que Leo quittait la chambre et qu'elle restait seule avec lui dans sa chambre, la jeune femme se pencha au dessus de lui. Elle lui caressa la joue lentement puis elle effleura ses lèvres d'un baiser avant de le laisser à son sommeil. Il ressemblait à ses rois endormis pour l'éternité, scellé dans la glace et à jamais, veillant sur tous les êtres de leur royaume. Un dernier regard puis elle ferma la porte.

Ce sombre passage ne troubla pas plus que cela la vipère italienne. Elle se retrouva seule en compagnie de Morgana pour le repas. Sa cousine semblait fort préoccupée. Vincent l'aurait sans doute interrogée sur ses moues particulières mais Fiorella avait d'autres pensées à assouvir. Elle était pressée et n'avait nulle envie de perdre son temps à jacasser avec elle. Elle ne ferait de toute manière que se plaindre de ce qui venait d'arriver. D'ailleurs, sa chère cousine dédaignait le festin que Fiorella avait spécialement fait préparer pour l'occasion. A croire qu'elle n'avait pas d'appétit.

Peu importait. Fiorella se leva et se contenta de quitter la table non sans passer à hauteur de Morgana et de lui poser une main sur son épaule.

Allons cousine, mangez sinon l'on va croire qu'on ne vous nourrit pas. Vincent a été dur avec ces gens mais vous savez que cela est nécessaire pour garantir notre, votre sécurité !

Elle fit un mince sourire puis quitta la salle à manger, un certain rictus diabolique sur les lèvres que personne ne put voir. Elle montait expressément Morgana contre Vincent, lui faisant endosser la responsabilité des exécutions alors qu'elle avait tout suggéré. Là encore, elle se faisait une alliée au sein de la famille. Satisfaite des résultats que ses insinuations prenaient à mesure qu'elle en jouait, elle se dirigea dans sa chambre pour revêtir une tenue particulièrement intéressante : Un corsage mettant en valeur sa menue poitrine, un laçage léger affinant sa silhouette, deux jupons, une jupe mettant en valeur ses hanches, se divisant en deux pans se chevauchant, le tout dans un beau rouge et or qui la mettait en valeur.

Fin prête, elle se précipita dans les escaliers. Elle avait hâte de partir. Dans l'écurie, elle fit préparer une voiture qui ne tarda pas à être mise à sa disposition. Mais devant son allure et sa hâte, les gardes l'interrogèrent pour une escorte mais elle ordonna qu'on ne l'accompagne pas et qu'elle se rendait chez les Montjoie. Le carrosse s'en alla en trombe avec à l'intérieur une femme fébrile pour un rendez-vous pulsatile. Son corps réclamait de voir le jeune baron de Montjoie et rien n'aurait pu l'empêcher de le rejoindre. Au loin sonnait le tocsin mais Fiorella était déjà à cent lieues de là.[/rp]

_________________
[Vous devez être inscrit et connecté pour voir cette image]
Revenir en haut Aller en bas
Contenu sponsorisé




MessageSujet: Re: [RP] Juste une dernière danse ...   

Revenir en haut Aller en bas
 
[RP] Juste une dernière danse ...
Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut 
Page 1 sur 1
 Sujets similaires
-
» Une dernière danse à Pinar del Rio
» [1750] Dernière Danse [Entrainement Sköll-Leene]
» Les cries aveugles et les larmes sourdes d'une enfant [Cassie]
» Je souffre de bordelisme chronique et de flemingite aigue. [JAKE]
» Juste une dernière fois... Laisse-moi voir ton sourire. - Flash Back {Emmy ~

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
Territoire étendu de la Famille Di Leostilla :: Nice :: Le Château :: Tourelle Est :: Archives RP hors forum-
Sauter vers: