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 [RP] Gargote Poitevine : Jeux de coïncidences

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Fidelis
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MessageSujet: [RP] Gargote Poitevine : Jeux de coïncidences   Mar 20 Sep - 22:01

Octave a écrit:
[hrp]RP privé, merci ![/hrp]

[rp]
Saumur

Octave avait passé sa journée en taverne. Il avait curieusement surpris quand presque toute la ville se donna rendez-vous à l'intérieur ! C'était le premier village qu'il traversait qui était si vivant. Et pourtant, le jeune homme en avait fait de la route... De La Rochelle à Honfleur, de Honfleur à Thouars. Et pour quoi faisait-il cela ? Pour retrouver quelqu'un... quelqu'un qui l'avait frappé dans son orgueil. Quelqu'un qui l'avait sauvé des flots, alors qu'il ne savait pas nager... Quoi ? Une femme pirate lui avait empêché une mort certaine ?! Déshonneur ! S'il se trouvait dans la Rome Antique, il se suiciderait comme l'ont fait jadis Scipion et Caton dont la honte et la perdition furent tellement puissantes qu'ils ne résistèrent pas à l'appel de la mort après la bataille de Thapsus. Qui fut néanmoins le plus courageux ? Metellus Scipion qui se transperça le coeur lui-même avec son glaive ? A moins que ce ne soit Caton d'Utique qui demanda à l'un de ses soldats encore vivant de trancher bien profondément sa gorge ? Le déshonneur était fort à l'époque. Pas sûr qu'Octave se soit donné la mort finalement... Il fallait quand même être fou... Mais n'avaient-ils pas tout perdu après tout ? Leurs armées défaites par César était le seul moyen de se refaire et ils échouèrent alors que Pompée le Grand fuyait en Egypte où sa tête serait bientôt séparée de son corps et offerte à un Julius Caesar qui ferait souffler un vent de colère et de changement sur Ptolémée et sa Cour, alors que Cicéron et Brutus se rallièrent au père adoptif de ce dernier qui fut d'une parfaite indulgence et qui ne leur fit aucune remontrance, sachant qu'ils avaient fait le bon choix ? Que restait-il à Scipion et Caton, fervents défenseurs de la République de Rome, contre le tyran déclaré Jules César ? Se battre pour détruire la dictature. Se battre et perdre. Perdre et appeler à soi la mort.

Quel triste sort, pensait Octave en quittant la taverne alors que le soleil commençait à décliner. Tant de politique, tant de complots, tant de glaives... Les Romains avaient tout compris avant même que le prophète ne naisse. Que de gloire, de prestige, de grandeur, de décadence, d'effondrement et de ruines ! Rome la belle n'avait plus rien à voir. Seuls quelques vestiges témoignaient des grands noms. Octave le savait, sa famille et lui vivaient à Rome, dans une belle et riche maison de nobles qu'ils étaient. Comment en était-il arrivé là ? Ses parents avaient disparu et lui se retrouvait seul, en France, sans personne. Par chance, il avait appris à parler la langue et son accent italien avait fini par totalement disparaître. C'était désormais un accent français qui persistait quand il parlait sa langue natale. La vie est étrange. Mais on ne le dit pas aux enfants.

On lui avait dit que Saumur était une ville de brigands. Un repère à serpents. Pas suffisament fou pour suivre le terrible châtiment de la reine Cléopâtre. N'était-il pas son Marc Antoine ? Pour une fois de plus se suicider, non merci. Décidemment, la pratique était très utilisée autrefois. Même par les plus grands tel que le consul, admirateur de César et fin politicien. Mais contrairement aux rumeurs, Octave ne trouva pas de brigands dans la ville même. Tout à l'opposé, une femme dont le nom lui échappe alors qu'il se prépare à se diriger vers Thouars en Poitou, lui aura fait du charme. Le jeune homme reçoit une lettre de ladite demoiselle qui lui propose de la revoir. Assez effrayé par ce soudain élan de désir, Octave se sépare rapidement d'elle, insensible à ses charmes et fuit avant qu'elle ne le retrouve. Lâcheté ? Non ! Sauvegarde.

Et voilà notre Romain en route. Les jambes molles et pleine de courbatures, les yeux fatigués, usés et gris à force de compter la nuit, les numéros d'insomnie. La nuit tomba rapidement. On lui avait dit et d'après sa carte, qu'une soirée de marche et il serait à Thouars. Comme pratiquemment toutes ses destinations. Ses nuits étaient donc largement écourtées et son moral et son physique en pâtissaient. Déjà qu'il était plutôt frêle et sans force, il fallait absolument qu'il se pose dans une ville pour retrouver toutes ses forces et regagner un peu de vie.

Il devait à présent traverser une forêt. La forêt de Thouars. Le Poitou s'annonçait avec joie ! Mais il restait les bois. Et dans les bois, malgré quelques hiboux sordides et plusieurs éventuels loups affamés, que pouvait-il bien se cacher ? La réponse ne se fit pas attendre. Alors que l'esprit d'Octave vagabondaient avec César en train de franchir le Rubicon, deux silhouettes se dessinèrent en face de lui. Mamma mia ! Car c'est dans les moments les plus difficiles que les expressions italiennes revenaient à lui. Les deux ombres s'annoncèrent comme de vils voleurs qui demandèrent l'argent du jeune d'Octave. Il avait compté avant de partir, il avait quoi ? Une trentaine d'écus et quelques deniers.

"Je m'appelle Octave di Leostilla, fils d'Alessandro di Leostilla et d'Aurora Ursula di Attia, nobles de Rome ! Je vous ordonne de me laisser passer. Vous n'aurez pas un écu.

Quelle folie l'avait pris... le sang bouillant des di Leostilla avait encore frappé. Il circulait avec férocité dans les veines d'Octave et de toute sa famille. Et deux brigands n'allaient certainement pas lui voler ce qu'il possédait ! C'eût été un déshonneur encore plus intense ! Mais voilà, les deux ombres s'avancèrent vers lui et dégainèrent des épées dont les lames scintillaient sous la Lune éclairante. Le jeune homme déglutit lentement et recula mais une grosse main se posa sa chemise et l'attira vers le brigand à l'haleine putride. Ils ne parlaient pas français, évidemment. Mais ils firent passer un sale quart d'heure au Romain. Des coups de bottes dans les tibias, dans les cottes et dans le ventre. A terre, Octave semblait agoniser. Crachant quelques hocquets ensanglantés, ses écus lui furent dérobés et on le laissa pour mort ou futur mort dans cette forêt.

Mal ! Qu'il avait mal ! Les tibias étaient sans aucun doute une zone fragile et quand des bottes de cuir venaient s'y asséner violemment, c'étaient des cris de douleur qui s'envolaient. Ramper, il n'avait plus que ça. Se traîner quelque part. Errer dans cette forêt et se laisse mourir sous une saule centenaire. Belle image non ? Il était tombé, la figure dans la poussière et dans l'humus une belle nuit de juillet, alors que les étoiles brillaient tellement dans les cieux. S'écartant du chemin principal, il trouva une rivière. Le bruit enchanteur lui faisait du bien. Il s'adossa comme il put contre un arbre non loin de là et se laissa bercer par l'écoulement de l'eau. Souffrant et blessé, il maudissait ses agresseurs. Il toucha son ventre. S'il s'en sortait, ce ne serait pas sans ecchymoses multiples ! Il soupira, gémissant et bientôt, il succomba aux douleurs et la fatigue et s'endormit, la tête et le corps tombant sur l'herbe qui serait recouverte de rosée pure et fugace le lendemain matin. Vivrait-il assez longuement pour sentir sur sa peau ces perles d'eau si magiques ? Qu'importait... Au pire, il rejoindrait ses illustres ancêtres, au mieux, il vivrait... Le pire et le meilleur étaient évidemment échangeable... Un sommeil sans rêve, agité et douloureux. Ses pensées s'élevèrent vers ses parents. Jamais on n'avait traité un noble ainsi. Quel était ce royaume de folie ? Il voulait se trouver à Rome, dans leur riche résidence et retourner à ses lectures, sans se soucier du temps qu'il ferait demain, sans se soucier de l'effondrement du monde, du chaos de l'avenir, des révolutions futures et de sa jeunesse trop tôt envolée et perdue dans les méandres de la réalité.
[/rp]
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Fidelis
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MessageSujet: Re: [RP] Gargote Poitevine : Jeux de coïncidences   Mar 20 Sep - 22:01

Shaeline a écrit:
[rp]Les idées saugrenues s'enchainaient dans son esprit depuis l'"incident". Quelques semaines plus tôt, sur une plage de sable fin, Shae avait découvert une émotion étrange. Non pas qu'elle ne l'ait jamais ressentie, loin de là.

Naviguer auprès de son père était sa plus grand fierté. Il lui avait tout appris, tout, jusqu'à la tâche la plus ingrate à faire dans un navire. L'Enclume était de ces navires qui demandaient un équipage conséquent. A sa proue, sculpté dans le bois, le fameux bêlier qui donnait tout un sens à son nom. Fendant les mers, rien ne pouvait résister à son éperonnage.

Les souvenirs occupaient souvent l'esprit de la jeune pirate esseulée. L'enclume avait coulé, c'était la dure réalité à laquelle chaque jour Shae faisait face. Et chaque jour, cet entourage marqué de brigands des basses et hautes marées ainsi que de son père, lui manquait affreusement.

Quand les canons avaient fait sauter les réserves de poudre du bateau, elle se tenait à l'avant, sabre à la main, criant des ordres pour seconder son père et prête à l'abordage. Shae avait du sang de pirate dans les veines et elle avait toujours su se faire respecter des pires racailles oeuvrant sur le vaisseau. C'est là qu'elle l'avait aperçu pour la première fois, dans son uniforme. Puis cette détonation assourdissante. Un réflexe salvateur l'avait poussée à sauter à l'eau. Dans son esprit, elle revoyait le navire pirate fendre en deux la coque du navire ennemi et à son tour, exploser avec violence.

Ce n'était pas la première fois que les deux capitaines s'affrontaient avec une telle violence mais jamais ce ne fut à ce point. Dans l'eau froide, parmi les débris, au beau milieu de nulle part, il n'y avait rien, rien à part un appel à l'aide. Excellente nageuse, elle repêcha l'inconnu et nagea vers la côte. Par chance, les courants les ramenaient vers une plage quelque part en Bretagne où ils s'échouèrent enfin. Malgré l'épuisement, elle constata rapidement que celui qu'elle avait sauvé était de ceux qui les pourchassaient sans relâche depuis plus de 1 an. Elle reconnut de plus ce jeune homme qu'elle avait aperçu depuis sa position.

Son coeur et son sang bouillonnait.
De ceux qui avaient fait battre le coeur de la sublime fille du capitaine Coridas, peu en avait vraiment valu la peine. La vie auprès d'un homme aussi illustre attirait forcément les convoitises et bien souvent, l'intérêt portait sur la succession de l'Enclume et non à la donzelle elle-même. Adolescente, elle tombait souvent dans la duperie des quelques marins qui osèrent l'aborder mais l'âge et l'expérience faisant, elle finissait par devenir hermétique aux affriolantes propositions dont certains avaient encore l'audace. A force d'ailleurs, elle en arrivait à jouer à son tour, profitant de la situation.

Cette fois là situation était différente. S'arrachant à l'envie de soit le tuer, soit l'embrasser, elle le laissa sur cette plage, fuyant une réalité qui ne la rattraperait que plus tard. Shae était seule. Aucun n'avait survécu. Ses pas l'avaient emmené vers l'intérieur du pays, jusqu'à Rochechouart où elle se souvenait que son père lui chantait les louanges d'une cousine peu orthodoxe. Mais sur place, elle trouva une ville abandonnée à son sort.

Chaque nuit, depuis ce jour fatidique, elle revivait la scène dans ses rêves. L'explosion, lui, lui, lui, la solitude, la tristesse et toujours, lui. Il la hantait. Mais dans son imagination, elle le voyait retourner dans sa famille, riche et noble comme ses atours le faisaient penser et vivre tranquillement sans se soucier de rien. Pourtant le coeur tourmenté de la belle pirate ne s'apaisait en rien, bien au contraire.

Ne tenant pas en place, très vite elle abandonna Rochechouart et ses tristes ruelles pour retrouver la mer. Enfin, la mer ... une belle excuse pour quelqu'un qui ne veut avouer qu'elle désire retrouver quelqu'un !
Se pressant à rejoindre La Rochelle, on lui parla de guerre et de difficultés à voyager. Seule, c'était bien sûr encore plus délicat, même si elle n'avait peur de rien.

Continuant sa route, elle approcha de la frontière du Poitou, Thouars. Son père avait toujours aimé cette région dont il était originaire. Shaeline espérait le retrouver au détour d'une taverne légère ou de revoir un de ses coéquipiers mais ce fut peine perdue. C'était ainsi, ils étaient morts.

C'est sur ces chemins que tout s'enchaina comme une spirale infernale. Des cris, des coups, deux voyous. Shae n'était pas du genre à se mêler de ce qui ne la regardait pas et encore moins de faire du sentiment. Mais dieu seul sait pourquoi, elle se mit sur le chemin de deux brigands. Le sourire aux lèvres des deux hommes lui évoqua la satisfaction d'un prélèvement peu orthodoxe. Armée de sa seule dague, la furieuse brune les prit par surprise. Certes la méthode était risible. User de ses charmes pour frapper où il faut et faire comprendre qu'ils feraient mieux de partir loin en laissant leur dû, c'était un des moyens dont elle ne se vanterait pas.

La bourse n'était même pas pleine quand elle en vérifia le contenu. Elle hésita à la garder pour elle avant de suivre des traces menant jusqu'à une rivière. Ce qu'elle y vit la tétanisa presque. C'était lui, l'inconnu de la mer.
C'était lui et il était mal en point sur le sol, le visage enquilosé et le corps blessé. Allez savoir pourquoi, elle s'agenouilla près de lui, mouillant un morceau de tissus de sa chemise dans l'eau frémissante afin d'essuyer ses plaies. Vérifiant la plaie de son ventre, elle la nettoya avec une douceur qu'elle ne se connaissait pas. Il était endormi mais la douleur ne tarderait pas à le réveiller. Elle alluma un feu près de lui et fit chauffer sa dague. [/rp]
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Fidelis
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MessageSujet: Re: [RP] Gargote Poitevine : Jeux de coïncidences   Mar 20 Sep - 22:02

Octave a écrit:
[rp]C'était un sommeil long, pénible et rempli d'ombres fantômatiques qui se déplaçaient, sans foi ni loi, devant ses yeux. Personne ne le voyait, il errait sans but ni horizon vers ces silhouettes qui prenaient peur en le voyant s'approcher et qui recommençaient leur manège quelques pas plus loin. Qui étaient-elles pour refuser la compagnie d'un noble romain ? La plus pure des races et la plus ancienne ! Il tenta de crier, de hurler et de chuchoter, mais rien ne sortait de sa bouche. Ses lèvres figées ne reflétaient qu'une mauvaise humeur éternelle. Voilà que ses rêves lui faisaient comprendre qui il était réellement : un heune homme de mauvaise foi, qui ne cessait de se plaindre mais dont les complaintes n'atteignaient jamais les personnes autour de lui qui préféraient simplement s'éloigner de lui pour ne plus l'entendre. Cette leçon le blessa profondément. Il assistait sans mot dire à la danse des ombres, dans ce lieu déjà sombre où toute vie semblait éteinte. Devait-il changer pour qu'on l'accepte ? Mais il n'avait pas à changer ! Il était noble ! Les nobles pouvaient changer pour un autre noble mais pas pour des paysans idiots et arrogants ! A cette pensée, une ombre s'éleva haut dans les airs et s'abattit sur Octave, lui transperçant le torse douloureusement. Il poussa un cri qui ne résonna pas et tomba sur le sol, endolori. Ces satanées ombres lisaient dans les songes ! Ah qu'il ne s'y était pas attendu ! Voilà que maintenant, l'usage de ses jambes lui était refusé. Incapable de les bouger, il était coincé au sol, cloué par ses maux. Changer ? C'était impossible, cela faisait partie de son caractère. Changer reviendrait à renier tout ce qu'il a été et tout ce qu'il est. Mais ne disait-on pas que seuls les imbéciles ne changeaient pas ? Il n'était pas un imbécile, non...

Gémissant et pleurant à moitié, il vit une ombre s'approcher de lui. Ah ! C'était dans la faiblesse qu'elles venaient ! Pour voir leur victime souffrir et se languir de leurs maux ! Pitoyable. Il aurait voulu la chasser d'un revers de la main, mais il ne pouvait plus rien faire. Seuls ses yeux pouvaient désormais balayer la scène. La silhouette s'agenouilla près de lui, son grand capuchon recouvrant intégralement son visage. Octave avait déjà vu pareil ineptie et bien souvent, des crânes humains se dissimulaient sous ces costumes. Pourvu qu'il n'y en ai pas ! Il n'avait rien fait pour mériter un tel châtiment... Il n'avait jamais commis quelque chose de bien vraiment méchant... Son âme était encore à sauver. Par pitié, tout sauf cela... Les mains gantées de l'ombre vint se poser sur la capuche et délicatement elles vinrent le faire glisser à l'arrière. Il voulait fermer les yeux, mais cette curiosité qui caractérisait l'homme en général l'en empêchait. On était avide de nouveauté, de découverte. Quand bien même c'eût été annoncé comme mortel, certains hommes n'auraient pas résister à la tentation de garder les yeux ouverts. Mourir par la beauté, éternelle, nouvelle et meurtrière.

Octave sentit son coeur s'emporter quand le visage de Shaeline lui apparut. Comment ? Elle, ici ? Dans ce lieu maudit ? Elle, une ombre ? Il ne pouvait s'y résigner. Et pourtant, les mêmes longs cheveux bruns, la même beauté, souriante et naturelle. Elle était faite pour lui tout simplement. Elle aurait été faite pour lui si elle ne lui avait pas mis le déshonneur sur les épaules. Elle l'avait sauvé de la noyade. Une pirate ! Une pirate qui sauve un noble... Où allons-nous ? Il lui en était reconnaissant évidemment, mais ne lui avait pas glissé un merci... Non c'était trop pour Octave... Il s'en était voulu. A un tel point qu'il revenait au Poitou, là où il l'avait quittée. Pour la remercier et la revoir, simplement.

L'ombre de Shaeline posa une main sur le Romain qui fut à nouveau subjugué par la douleur. Un tourbillon débuta, tout s'effaça, tout se transforma. Des arbres, une rivière, une forêt... seul le visage de Shaeline était toujours présent. Plus réelle, plus belle encore, la jeune femme s'appliquait à le soigner. Tout revint à l'esprit d'Octave, l'agression, son errance dans les bois et sa cachette pour mourir tranquillement. Mais le Seigneur semblait en avoir décidé tout autrement et il lui envoyait un de ses anges pour remédier à sa santé. Il était en sécurité, il le savait. Shaeline passait ses douces mains sur son ventre et malgré la douleur qu'elle lui administrait, il savait que c'était un mal obligatoire pour guérir. Il s'attardait plus sur les fins doigts qui se heurtaient à sa peau qu'au morceau de tissu qui nettoyait sa plaie. C'était agréable. Ses yeux louchaient et vagabondaient en tout sens. Avant qu'il ne replonge dans les méandres des ombres, il retrouva l'emploi de sa langue et murmura doucement :

"Merci...

Satisfait il la regarda allumer un feu. La technique était acquise, il fallait qu'il apprenne un jour... lui le noble, on lui allumait le feu, il n'avait jamais à le faire. C'était bien normal. A quoi servaient les esclaves sinon ? Mais quand Shaeline mit sa dague au centre des flammes, il comprit bien vite la sinistre vérité. Non ! Elle ne voulait quand même pas le cicatriser de la sorte ! Cela se ferait avec le temps ! Il fallait qu'il s'évanouisse à nouveau ! Non, il n'y arrivait pas ! Mais que faire ? Elle n'était pas médicastre non plus, et si elle s'y prenait mal ? Les yeux fatigués d'Octave marquait l'épouvante au fur et à mesure que la lame rougissait. Elle allait le fumer comme un porc. Il imaginait déjà l'odeur de chaire brûlée qui s'éleverait dans les hauteurs de la forêt... Non, il devait rêver. La peur l'empêchait de parler et il ne pouvait faire aucun mouvement à cause de ses blessures... Oh ! Frappe vite Shaeline, frappe ! Qu'on en finisse ! Ma douce geôlière, ma cruelle soignante, ma belle inavouée.[/rp]
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MessageSujet: Re: [RP] Gargote Poitevine : Jeux de coïncidences   Mar 20 Sep - 22:03

Shaeline a écrit:
[rp]La lame commençait à rougeoyer dans le feu. Le jeune homme était dans une semi conscience et lui avait glissé un merci dans un souffle entre deux gémissements de douleur. La blessure n'était pas belle à voir. Elle avait soulevé la chemise couverte de sang pour observer la plaie. Ce n'était pas la première fois que Shae voyait le corps d'un homme et encore moins des plaies saignantes. Beaucoup du liquide rougeâtre s'était déversé sur son côté. Il fallait agir et rapidement. Toutefois quelque chose troubla la jeune femme qu'elle était.

La peau si douce et parfaite de son ennemi l'arrêta dans sa méthode. Certes il fallait soigner et ce qu'elle connaissait des soins à prodiguer rapidement c'était l'efficacité du feu. Après avoir nettoyé la plaie de l'eau claire, elle hésitait. La dague blanchissait légèrement sous la chaleur du feu. Le regard effrayé d'Octave l'empêchait véritablement de continuer. Elle retira la lame du feu et la posa sur une pierre. Dans son sac, elle possédait encore une flasque de rhum qu'elle avait déniché dans une vielle taverne pourrie de La Rochelle. Les manoeuvres de la légion maritime avait fait fuir la plupart des pirates qui pouvait encore y trainer. Ces endroits mal famés étaient presque vide. Elle n'avait pas trouvé ce qu'elle y avait cherché mais elle avait au moins gagné cela.

Lentement, elle s'approcha de la victime et lui fit ouvrir la bouche, le faisant boire l'alcool fort jusqu'à ce qu'il en soit gavé. Ensuite, elle versa du même alcool sur la plaie, ce qui devait le brûler de l'intérieur mais vu son état, ne devait pas le faire réagir. Il oublierait tout et ne ressentirait presque rien. Reconnaissant certains mousses connues pour leur propriété cicatrisante, elle en préleva sur un arbre et la nettoya dans l'eau pour l'appliquer sur la plaie avant d'arracher un autre morceau de tissus, sec cette fois, et en faire un pansement de fortune.

Elle lui parla doucement comme pour le rassurer, lui expliquant ses gestes. Comme elle aurait aimé qu'on eut été si doux avec elle lorsqu'elle fut blessée à l'âge de 13 ans. Sa première attaque avec son père. Elle s'était alors pris une lame d'épée dans le dos. Elle la ressentait encore parfois, la douleur et la cicatrice. Sa peau n'était pas aussi belle que celle du romain. Son vécu ne lui avait pas fait connaitre les soins et la douceur d'un savon. Elle s'était contenté des eaux salées de la mer, parfois douces, rarement chaudes des rivières lors des escales.

Je vais m'occuper de vous ... Ne vous inquiétez pas ...

Les heures suivantes, elle passait son temps à changer le pansement qui devenait rouge avec le sang, jusqu'à ce que le sang s'arrête de couler et que la plaie sèche enfin. [/rp]
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MessageSujet: Re: [RP] Gargote Poitevine : Jeux de coïncidences   Mar 20 Sep - 22:04

Octave a écrit:
[rp]La lame rougie mettait du temps à venir. A moins qu'Octave n'eût plus la notion de temps. Pourtant il sentait la chaleur du feu et les éclatements des petites branches employées pour maintenir le brasier en place. Qu'ils auraient été bien si ce maudit contexte ne s'affichait pas là. Malheureusement, les augures s'étaient prononcés et le jeune homme devait passer toutes ces épreuves avant de devenir véritablement adulte. Combien de balafres, cicatrices et blessures avait eu son père ? Il avait certes été général à Rome avant de devenir marchand mais toutes les douleurs l'avaient constitué homme. Octave n'était encore rien. Un frêle esquif, perdu entre deux vagues immenses, celle de l'âge adulte et celle de l'enfance. L'image était belle, et le Romain adorait parler en métaphore. Seuls les gens avec une culture suffisante pouvait comprendre et cela évitait de parler à des idiots. Tous les nobles avaient des stratégies pour esquiver les attaques du peuple et les di Leostilla n'échappaient pas au lot. La mère d'Octave était d'une méchanceté peu commune, véritable chef criminelle, elle faisait souvent assassiner hommes et femmes qui la dérangeaient. Elle parvenait à mentir à tout le monde, sauf à son fils qui lisait dans ses yeux comme dans un livre ouvert. Elle le détestait d'ailleurs sur ce point, toutes ses pratiques reposaient sur le silence de son héritier unique. Le père en revanche, avait suffisament tué dans sa carrière militaire et se reconvertissait à merveille dans l'échoppe richissime qu'il avait montée dans la Cour de la villa. Tapisseries, vins, étoffes, toute la qualité noble était vendue. Il refusait parfois les acheteurs trop louches et les mendiants qui venaient réclamer quelques sous. Ses affaires marchaient à un tel point, qu'il dut payer plusieurs mercenaires pour monter la garde devant la demeure, afin de protéger sa famille, trop exposée au danger de sa profession. Danger car il avait fait naître une concurrence acharnée avec les tisserands et autres vignerons. On voulait sa peau et celle de sa femme et de son fils. Pour changer cette menace quotidienne, il décida un jour de parcourir le monde sur un navire marchand... et voilà où Octave était à ce jour : perdu, sans ses parents, dans une forêt française... quel changement soudain ! Trop soudain...

Les yeux fatigués du jeune homme se posèrent sur Shaeline qui posait la dague au sol. Elle avait renoncé à l'abîmer, il lui en était reconnaissant mais ne pouvait pas le lui montrer. Comment allait-il s'y prendre ? Peut-être qu'elle le laisserait ici finalement ? Non, il ne la connaissait pas, mais il était certain que jamais elle ne ferait une chose pareille. Et pourtant.. pourquoi s'encombrer d'un noble arrogant comme lui ? Il ne méritait aucun de ses soins. Mais avant qu'il ne pense outre mesure, Shaeline approcha une flasque devant lui. Oh, elle l'empoisonnait ! C'était digne du rang d'Octave certes, mais il eût préféré ne pas en arriver là. Quel était ce produit ? De la ciguë ? Oh ! Il avait toujours apprécié la mort de Socrate, mais de là à le suivre dans cette voie... Quoique le philosophe avait eu le choix entre l'exil et la mort. Pourquoi n'avait-il pas pris le banissement ? La cause était simple : la philosophie de Socrate sur la mort rapportée par Platon - car Socrate n'écrivit jamais ses pensées - était plutôt simple. Soit après la mort il n'y a rien : donc pourquoi avoir peur ? Soit il y a un autre monde et ce devrait être une joie de mourir ! Pour montrer à ses fidèles qu'il était ce qu'il disait, il choisit donc la ciguë. Il se respecta jusqu'à la fin. Une bravoure folle car s'il eût choisi l'exil, il aurait vécu, mais toute sa philosophie aurait été considérée comme vaine et nulle puisqu'il ne la respectait pas lui-même ! Fin calculateur Socrate et ce suicide programmé rendirent à jamais son nom gravé dans l'Histoire. Seuls ses bourreaux et ses juges qui l'accusaient de nuire à l'ordre social en pervertissant les valeurs morales traditionnelles, furent oubliés ou sont tout simplement méconnus de la mémoire collective. Les assassins de Socrate, leur seul titre.

Quel effet pouvait bien avoir la ciguë dans le corps ? Transperçait-elle tout l'intérieur pour ressortir par les pieds, dans une ligne droite parfaite ? Perturbé par cette idée, Octave vit le gouleau arriver à lui. Mais il fut surpris, la ciguë n'avait pas ce goût là, c'était de l'alcool que lui administrait Shaeline. Elle le rendait ivre ! Mais pourquoi ? Etait-ce un mélange dans lequel un quelconque poison voyait sa vitesse d'exécution s'accroître ? Bientôt, les effets de la beuverie se firent ressentir. Octave avait déglutit au début, mais le signe pour la soignante qui montrait que le blessé était saoul, était le rejet du rhum, s'écoulant doucement de ses lèvres jusqu'à ses sales vêtements. S'il avait su auparavant où il était, il ne savait à présent plus rien. C'était la première fois qu'il touchait à l'alcool et cette expérience semblait agréable. Il souriait même.

Son regard se posa sur les yeux de Shaeline. Comme les bleus transparents des aurores marginales, elle avait de temps en temps les yeux d'un animal. Aigu comme l'argent, traversant l'or et le regard inquiétant d'un loup de carnaval. Tout ce qu'il a d'amour et d'envie était enfermé en elle. Des volcans semblaient en elle, elle était terre, air et ciel, tendresse et représailles. Comme l'appel des rivières dans un désert salé, elle avait des yeux si clairs qu'on voudrait s'y noyer. Comme les rouges déclinants des lueurs occidentales, elle avait de temps en temps les yeux d'un animal, farouches et résignés, insolents et soumis. Sûrement au fil de ses longs sommeils, devait-elle pleurer tout en douceur, le premier soleil la sortant des profondeurs. Son regard surprenant pénétrait comme un glaive, pendant que des torrents s'échappaient de ses rêves. Un miroir sans reflet, où l'on découvre tout, un gouffre éternel, une fosse aux serpents, un puits de vérité ou peut-être de néant. Un amour extravagant, la fascination du mal, les yeux d'un animal...

L'alcool que Shaeline versait à présent sur la plaie d'Octave ne causait aucune douleur au jeune homme. Trop ivre pour ressentir quoi que ce soit, le Romain affichait un léger sourire et se laissait faire, voguant dans ses pensées. Peut-être que Shaeline était une sorcière ? Après tout, cela expliquerait son attirance. Jamais Octave n'avait été sous un charme quelconque. Peut-être lui avait-elle jeté un sort ? Et alors... qu'importait réellement... Sa soignante se retira. Non ! voulut-il s'écrier. Il voulait qu'elle reste, qu'elle ne l'abandonne pas. Sa lâcheté s'exprimait bien là. Il n'avait pas le courage de Socrate et ne désirait pas mourir pour prouver ce qu'il ressentait ! Apeuré et ivre, le mélange était assez curieux et épouvantable. Il fut toutefois rassuré, quand Shaeline revint à lui. Il soupira d'aisance et se recolla contre son arbre.

Elle le soigna alors avec des plantes qu'elle avait trouvées en forêt. Ah douce Cléopâtre ! Que ne ferais-tu pas pour sauver Jules, à moins que tu ne veuilles sauver Marc Antoine ? Ah vile amante de séduction, attirée par le pouvoir de l'un puis de l'autre quand le premier fut assassiné, pour protéger ses intérêts ! Puis Shaeline appliqua des pansements. Elle resta longtemps au chevet naturel d'Octave qui se remettait avec le temps de son ivresse.

Quand la plaie fut enfin à peu près soignée, et que le rhum eut tendance à s'estomper vaguement, Octave était là, et regardait Shaeline. Un seul mot, significatif, qui balayait d'un revers de la main toutes les philosophies, qui retirait les couronnes aux monarques, qui faisait trembler le pape et l'Eglise, qui ne résumait rien et à la fois tout, qui était le but ultime de toute une vie. Répondre à cette question consistait à répondre à la question de l'existence de l'Homme sur terre, à sa futile présence voulue par Dieu :

"Pourquoi ?
[/rp]
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Fidelis
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MessageSujet: Re: [RP] Gargote Poitevine : Jeux de coïncidences   Mar 20 Sep - 22:05

Shaeline a écrit:
[rp]Assise sur une pierre près de la rivière, son regard suivait le tumulte de l'eau dans les sillons formés par les roches posées chaotiquement par mère nature. Sa nostalgie de son monde à elle l'emportait à présent sur son coeur dur. Ce coeur dur qu'elle avait forgé avec le temps et les doutes, les trahisons et le besoin de ne jamais plus souffrir. Elle avait suivi le chemin de son père.

Une brindille suivait les vaguelettes de l'eau et s'éloignait en s'enfonçant dans la forêt, pour s'en doute un jour rejoindre la mer. Elle revoyait son navire, l'Enclume; son père au commande, riant de bon coeur à l'idée de pourfendre un navire marchand et les hommes courant partout pour tirer les cordages, préparés les canons et la poudre ... Et elle qui secondait son père depuis la pointe du navire, préparant les hommes à l'abordage.

Satanée poudre. Pourquoi avait elle donc explosée ? Pourquoi l'Enclume, l'invincible bâteau des pirates, avait il été vaincu ? Balayant d'une main une mèche de ses cheveux qui voyageait sur son visage, Shae espérait ainsi faire voler ce cauchemar en éclat. Mais rien n'y fit.

Une voix la ramena à la réalité. Celle du Romain. Détournant son regard de ses songes guidés par la rivière, elle leva ses yeux tranchants vers lui. Il demandait pourquoi. Et voilà que son coeur de pierre devenait liquide comme du rhum à sa vue. Dans son esprit, le pourquoi se traduisait vers la raison qui la faisait fondre ainsi. Mais les mots ne pouvaient sortir des lèvres de son ennemie. Pourquoi la lune ne rencontre jamais le soleil ?

Elle baissa son regard jusqu'à sa blessure. La réponse qu'il cherchait, elle ne pouvait la lui donner. Les sirènes ne rencontrent pas les hommes, elles les tuent, les attire dans les profondeurs abyssales où ils se noient, sourire béat. Mais elle, elle le sauvait. Elle n'avait de sirène que le nom donné par son père, de manière affective. Shaeline, sirène de l'Enclume. Elle menait les marins ennemis vers la mort. Pourquoi pas lui ?

Pour toute réponse, elle se leva pour s'assoir près de lui, dos contre l'arbre rugueux. Elle murmure juste à côté de lui, ce qui ne satisferait sans doute pas le bel étranger. Son coeur dansait dans sa poitrine. Son coeur chantait d'être ainsi près de lui. Son coeur l'avait guidée jusque là et le retrouver à nouveau, une fois dans les eaux, une fois sur terre, était la preuve qu'elle ne devait plus le quitter.

Parce que c'est ainsi ...

La nuit commençait déjà à décliner. Le feu était alimenté mais il leur faudrait un abri. Shae quitta sa position et s'en alla sans explication, laissant Octave livré à lui même pendant une bonne heure. Elle revint avec des longues branches qu'elle avait lié d'un bout de corde pour les trainer durement derrière elle.

Elle entrelaça les branches ensuite pour former un abri de branches au dessus d'eux, contre l'arbre où était placé Octave. Des branches plus courtes et plus feuillues formeraient de quoi les camoufler et être à l'abri de tout prédateur. Toute en sueur de ce labeur imprévu, elle se déshabilla près de la rivière pour s'y laver. Entre les branches, Octave pouvait entrevoir le dos de la belle marquée par plusieurs cicatrices et dont le tatouage continuait au delà de son épaule.[/rp]
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MessageSujet: Re: [RP] Gargote Poitevine : Jeux de coïncidences   Mar 20 Sep - 22:05

Octave a écrit:
[rp]Le murmure de Shaeline résonna comme le terrible glas mortel annonçant le trépas d'un haut dignitaire dans toute une vallée. Les cloches graves de Rome, Octave les connaissait bien. L'un des amis de son père était évêque et il aimait particulièrement sa compagnie. Dialoguer avec un homme d'Eglise était toujours intéressant. Le jeune homme aimait à parler des choses de la vie, du salut accordé par Dieu, des religions d'antan. Il avait même osé demander si le polythéisme d'autrefois n'était pas plus logique. Commes les Grecs ou les Egyptiens, les Romains avaient eu leurs divinités. Un dieu pour la terre, l'air, le feu, le vin, l'agriculture... N'était-ce quand même pas plus vraisemblable ? L'évêque l'avait bien écouté et lui avait répondu tout calmement qu'un dieu pour tout et tous n'était que mieux. Les Romains avaient une telle multitude de divinités que cela en devenait presque ridicule. Un Seigneur, qui a créé le monde est bien plus vraisemblable. Octave lui avait alors demandé s'il reniait la foi qu'avait eue leurs ancêtres et le vieillard lui rétorqua que chaque époque avait ses modes et ses croyances. Le di Leostilla le soupçonnait de n'avoir pas assez d'arguments pour les lui exposer. Il lui sourit simplement, c'était tout simplement étrange, pourquoi renier plusieurs dieux pour un autre ? Quelle avait été la mentalité ? Les divinités chassées n'avaient-elles pas été mécontentes ? Pourquoi ce silence ? Ce sont ces réflexions qui menèrent Octave à une certaine incertitude quant à sa foi. Il la cherchait toujours, pas toujours ouvert aux prêches et aux idées des prophètes qui avaient renversé Jupiter et sa clique grâce à leurs talents d'orateurs.

Le feu installé par Shaeline, sa Vénus, commençait à décliner comme ses yeux d'ailleurs. Et subitement, la douce présence de la pirate laissa place à un grand froid. Presque collé contre elle, il fut surpris quand elle se retira. C'était ainsi, elle s'en allait. Elle laissait Octave aux loups et aux ours. Quelle tristesse ! Le jeune homme était triste. Il crut premièrement qu'elle reviendrait rapidement, mais la nuit se posa, le feu seul résistait. Les minutes semblaient des heures. Comment dormir quand on risque d'être dévoré à chaque instant ? A moins qu'on ne sente rien ? Les crocs déchirant les chaires durant le sommeil ? C'était peu certain et l'expérience n'était pas à entreprendre. Octave déglutit lentement et tenta de regarder de tous les côtés. Oh ! Quelle sombre et épaisse forêt que celle de pré-Thouars ! Pourvu qu'elle ne soit point meurtrière comme les montagne et mer ! Soeurs dans la mort et la souffrance.

Chance ! Fortune ! Shaeline était revenue. Quel sourire nacquit sur le visage d'Octave quand il revit sa svelte silhouette et ses cheveux si noirs. Rassuré, oh qu'il était rassuré ! Il pouvait dormir et mourir en paix. Shaeline ne le laisserait pas se faire dévorer par les créatures des bois, même s'il passait de vie à trépas. Elle avait une once de respect et de vieille tradition qui l'en empêcherait. Elle était d'ailleurs en train de monter quelque chose au-dessus de sa tête. Un abri ! Quelle ingéniosité... cette fille aurait pu et aurait dû être Romaine ! Car les Romains n'étaient-ils pas les plus mâlins et astucieux ? De l'Histoire, sans aucun doute. Les seuls à avoir conquis toute la Gaule, la Grande Bretagne et ses falaises, les peuples barbares du Nord et de l'Est et l'Afrique. La révolution de la guerre, c'étaient eux. On ne fonçait plus dans le tas, on faisait de la stratégie. L'architecture, le théâtre, l'armée... tout était changé, tout avait été amélioré.

Octave dut s'endormir pendant que Shaeline faisait son abri car il n'en vit pas la fin. Quand il rouvrit les yeux, tout était en place. Mais Shaeline avait disparu. Encore ! C'était décidemment une habitude chez elle ! Oh ! Voilà qu'il retournait à ses mauvaises humeurs, il s'en remettrait bien vite s'il avait déjà de telles pensées. On disait cependant que seule l'âme survivait quand le corps décédait... Ce n'était donc pas un signe suffisament réconfortant... Le comble serait qu'il meurt alors que son esprit allait si bien... N'y pensant plus il chercha de tous les côtés et la vit alors. Entre les feuilles et les branches, il voyait le dos d'une magnifique créature. Oh ce n'était pas un loup, ni un ours, ni même un hibou... c'était une véritable nymphe des forêts... un dos nu si parfait, des courbes parfaites... à un tel point qu'on désirait apercevoir le reste du corps pour voir s'il était aussi beau que ce qu'il laissait entrevoir...

Quelques pensées envahirent Octave alors que la lune et le feu éclairaient la plus belle des scènes de théâtre auxquelles il n'eut jamais assisté. Elle se rinçait, elle se lavait simplement. Oh cela lui rappelait les glorieux thermes de Rome qu'il n'avait pas foulé depuis longtemps maintenant... Depuis combien de temps d'ailleurs ne s'était-il pas lavé ? Cela le fit frémir. Sans penser plus à sa saleté poussiéreuse, il lorgna quelques temps l'unique vision que lui offrait Shaeline.

"Sha... Shaeline... de... de l'eau...

Ce n'était qu'un murmure, qu'un grognement. Sa langue collait à son palais, à moins que ce ne soit le contraire. Le rhum n'avait rien eu de bon pour le désaltérer... De l'eau, pure, de cette source, voilà qui serait bon et revigorant... Et puis... pourquoi ne pas voir Shaeline d'un peu plus près ? Bien qu'il doutât qu'elle ne vienne pas vers lui aussi dénudée qu'elle l'était au bord du ruisseau... Ne rêvait-on pas que trop peu ?

Dépendre d'une femme... quel comble... il fallait faire avec... car sans, c'était chose difficile ! Un déshonneur ? Oui et non... Oui pour lui, non car personne d'autre ne serait informé... pas de quoi se suicider... du moins pour l'instant... Alea jacta est, comme disait ce rebelle qui traversa jadis le Rubicon avec ses loyales légions.[/rp]
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MessageSujet: Re: [RP] Gargote Poitevine : Jeux de coïncidences   Mar 20 Sep - 22:06

Shaeline a écrit:
[rp]L'eau fraiche ruisselait sur sa peau couverte de la sueur et de la poussière des longs voyages à pieds qu'elle venait d'accomplir. Cela lui faisait un bien fou. Parfois, elle se demandait comment les hommes pouvaient vivre à l'intérieur des terres sans être entourés d'eau. Pour Shae, c'était un besoin vital bien plus que tout autre chose.

Le soleil commençait à décliner derrière les arbres, plongeant le bosquet où ils se trouvaient de plus en plus dans la pénombre. Seuls quelques rayons rougeoyants venaient danser dans le tumulte des flots de la rivière à l'endroit même où se baignait la jeune femme. S'immergeant complètement dans l'eau, elle en ressortit couverte d'une parure d'or rouge orange. Les feux de l'astre solaire se réflétaient dans chaque minuscule goutelette qui ruisselait sur son corps grâcieux.

N'imaginant pas du tout que le romain pouvait l'apercevoir entre les bois entrelacés de la cabane improvisée, Shae se comportait sans aucune crainte d'être vue. Elle enfila sa chemise qui se colla à son corps mouillé, épousant ses courbes féminines. D'une longueur respectable, la chemise ressemblait plus à une robe courte. Ses braies avaient été complètement déchirées lors du naufrage, lorsqu'elle fut propulsée loin de l'Enclume, traversant la rembarde dans le souffle de la déflagration.

Depuis elle se contentait de ses vêtements à moitié déchirés. Ce n'était pas grand chose mais elle s'en contentait. Sa vie dans la piraterie n'avait pas toujours été faite de trésors et d'opulance. Son père volait, certes, les navires marchands mais la plupart du temps, ces vivres étaient déposées dans des villages trop pauvres pour survivre à leur besoin et souvent abandonnés des autorités ducales ou comtales. Mais aux yeux de tous, Coridas n'était qu'un brigand, ni plus, ni moins. Shae, elle, savait qui était son père et en était fière.

Elle rangea une dague aux fins ouvrages dans une de ses bottes tout en les enfilant. Cette petite lame tranchante était un cadeau de son père. Précieux bien qu'il avait récupéré lors d'un de ses "prélèvements" comme il les appelait. Les armes et les armures étaient généralement soit distribuées à l'équipage, soit vendus au marché noir de Koribay, petit île près des côtes angloyses dont peu soupçonnait l'existence. A cet endroit, une colonie de pirates y avaient installés leur repaire, commun à tous et ouvert au traffic de toute espèce.

Shaeline y avait vu des objets étranges, venus de destination encore inconnue. Elle se souvenait de ce petit crâne où pendait des nattes noires dont on disait qu'il pouvait apporter le malheur suivant tout un rituel étrange, de ces singes rigolos capables de servir leur nouveau capitaine pour celui qui en ferait l'acquisition, de ces breuvages distilés sur d'autres rivages qui vous faisaient devenir saoul rien qu'en humant leur odeur et encore bien d'autres choses qui remplissaient ses souvenirs de gamine intriguée.

Ses pensées vagabondaient au milieu des vaguelettes du ruisseau alors qu'enfin les bras dorés du jour rejoignaient leur amant nocture, laissant place à un ciel légèrement violacé sans étoiles. En effet, les étoiles commençaient à être cachées par des nuages grisonnants rompant la symphonie des couleurs joyeuses au profit de la monotone grisaille annonciatrice de pluie. La jeune observa le ciel et ajouta quelques branches supplémentaires dont les larges feuilles offriraient plus de protection au toit improvisé. La nuit s'annoncerait froide et humide.

Au moment de le rejoindre, elle l'entendit quémander de l'eau. Improvisant un bol d'une large feuille prise sur les branchages, elle alla recueillir le liquide dans la rivière. Entrant dans la minuscule cabane sommaire, Shae se glissa contre Octave, dos à l'arbre, lui passant le bol improvisé afin de le faire boire. Sa chevelure encore mouillée encadrait un visage fatigué. Cela faisait deux nuits qu'elle dormait peu et cette nuit serait encore de celle qu'elle passerait à moitié éveillée.

Buvez ... Il va bientôt pleuvoir mais les branches devraient nous protéger jusqu'à demain. Il risque aussi de faire froid ... nous devrions rester proche l'un de l'autre pour garder notre chaleur. Il ne faut pas que vous tombiez malade en plus de votre blessure ...

Elle évita son regard tout en parlant, vérifiant une dernière fois le pansement. Elle fouilla son sac, cherchant ce qui aurait pu lui servir à se protéger du froid mais elle n'avait plus rien, même pas de quoi manger. Sans défaillir, elle prit place et dans sa main, une petite bourse qu'elle tendit au Romain. Elle remonta ses jambes nues tout contre son corps, cherchant à garder la chaleur au sein de son propre corps. Elle lui murmura juste quelques mots, presque inaudibles.

C'est à vous je crois, c'était sur deux brigands que j'ai croisé en chemin avant de vous trouver. J'ai reconnu le blason, comme celui du drapeau qu'arborait le navire que nous avions combattu ... Bonne nuit ...

Collée à lui, qu'il le veuille ou non, l'espace ne laissant pas vraiment de choix, elle ferma les yeux où les visions vinrent prendre la place des branches d'une porte improvisée. Doucement, les gouttes de pluie vinrent donner les notes de musique d'une mélodie qui durerait toute la nuit, accompagnant des songes d'un passé et d'un futur tracassé.[/rp]
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MessageSujet: Re: [RP] Gargote Poitevine : Jeux de coïncidences   Mar 20 Sep - 22:49

Octave a écrit:
[rp]
Par-delà les branchages improvisés de Shaeline, Octave la voyait revenir lui. Sa sirène des mers, sa nymphe salvatrice, elle revenait. Elle avait revêtu une chemise qui se collait à son corps mouillé. Surnaturelles. C'était ainsi que le Romain voyait les formes de Shaeline. Peut-être que le rhum n'arrangeait pas les choses, mais il était certain qu'il ne se fourvoyait pas trop. Les yeux grands ouverts, il regarda la jeune femme se mettre à côté de lui. Elle lui avait fabriqué un bol de feuille. Décidemment, les feuilles pouvaient servir à bien des choses.. Après un nid douillet, elles se transformaient en ustensile banal et utile. Shaeline le lui tendit. Ah ! La fatale épreuve ! Devenir autonome après une blessure... Attrapant comme il put la feuille, il la porta à ses lèvres et but tant bien que mal, versant bien plus que la moitié sur lui. Il s'était quand même désaltéré et ses yeux lorgnaient en coin vers la chemise de Shaeline.

Elle lui parla alors. Quelle jolie voix même dans les pires moments... Rester proches l'un de l'autre ? Ce n'était pas un problème pour le Romain charmé qui se colla aussi fort qu'il put à sa pirate. Mais elle ne semblait pas là, elle était en train de fouiller dans son sac... Déçu, Octave ne dit plus rien jusqu'à ce que Shaeline lui tende la bourse pleine d'écus que les brigands lui avait dérobée. Oh ! Terrible guerrière ! Furie vengeresse ! Mémoire immonde et rancunière ! Elle avait reconnu le blason des di Leostilla. Octave récupérait ainsi une trentaine d'écus, c'était toujours cela.

Deux mots suivirent : bonne nuit. Encore de plus terribles paroles assassines ! Ne voulait-elle pas un peu parler avant ? Octave avait l'habitude de parler avant de dormir. Souvent avec sa mère mesquine qui craignait pour sa virilité car il ne semblait pas aimer les femmes. Ah les mères ! Il payerait cher pour la revoir... Ce sentiment... Il savait qu'elle était encore en vie. C'était étrange mais c'était ainsi...

Les pensées au sommeil firent place. Et le sommeil se retira pour le soleil et une nouvelle matinée. Réveillé par les rayons du soleil qui vinrent lui chatouiller le nez, Octave ouvrit les yeux. Il était presque entièrement tombé sur Shaeline et reposait à la perpendiculaire sur les cuisses de la pirate. Apeuré par cette situation, le Romain tenta de se remettre droit d'un geste brusque qui lui décoinça un gémissement soudain et inattendu...

Damnation... Le noble dormant sur une paysanne libre... C'était déshonorant... il tentait de regarder si elle se révaillait.. Comment avait-il put tomber du tronc ? Shaeline l'avait-elle poussé et attiré vers elle ? Il n'avait pourtant rien ressenti... Cette fille était sorcière, il en mettrait sa main au feu ! Ou peut-être pas... Lâche notre Octave et tient trop à sa vie et ses membres...

Les courbatures arrivaient, les crampes avec les torticolis aussi... Douce amie, réveille-toi !

"Shaeline ?...
[/rp]
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MessageSujet: Re: [RP] Gargote Poitevine : Jeux de coïncidences   Mar 20 Sep - 22:49

Shaeline a écrit:
[rp]La fatigue avait laissé place au sommeil dans ce lieu improvisé. C'était devenu une habitude de dormir à la belle étoile. Les étoiles, elle ne les voyait pas sous la couverture de feuilles mais quand le jour fit place à la nuit, les multiples rayons du soleil passaient entre les fines branches de l'abri.

C'était un jour râdieux qui se levait. La pluie avait cessé durant la nuit. Elle le savait car elle s'était réveillée plusieurs fois. Le sommeil troublé de son compagnon d'infortune l'avait bousculé et elle avait fini par le laisser prendre place sur ses genoux. Elle était restée dans le noir, sans rien voir, mais à caresser ses cheveux. Elle n'aurait pas dû, non. Mais il ne s'en souviendrait sûrement pas, endormi comme il l'était.

Cette fois, c'était elle qui était endormie. Elle n'avait plus résisté à s'endormir enfin quand elle fut sûre que tout allait bien pour tous les deux. Du fin fond d'un rêve, elle entendit une voix. Son songe la conduisait sur un navire somptueux aux voiles orangées. Elle portait une tenue de capitaine et était entourée de son équipage.

Tout se passait si vite dans les rêves mais elle avait l'impression de l'avoir vécu pendant des années. Elle se redressa subitement mais fut bloquée par un poids sur elle. C'était le Romain. Elle réfreina son geste et l'aida à se redresser. La voix, c'était la sienne. Il n'avait presque pas dit un mot depuis qu'elle était là. Un "merci", un "j'ai soif", c'est tout ce qu'elle avait entendu depuis la nuit précédente.

Shae observa le visage d'Octave, comme pour chercher une trace, une émotion particulière. Poussant la porte de branches qui les avait protégé la nuit, elle fit entrer la lumière et la chaleur dans leur cahute. Le soleil se reflétait dans ses cheveux dorés. Ce n'était pourtant pas le genre de la jeune femme que de s'attarder à ce genre de détail qu'elle trouvait si souvent futile. Mais là, elle ne put s'empêcher d'avoir envie de toucher. Ce qu'elle ne fit pas, ne voulant montrer le moindre intérêt pour ce parvenu.

Elle reprit un ton moins doux, tout en vérifiant la blessure qui s'était asséchée et qui, visiblement, n'avait pas empirée. Les mousses avaient été efficaces. Il était hors de danger. Son coeur lui criait ce qu'elle voulait réfuter. Tout ce trajet pour le revoir et elle voulait fuir. Tout en lui était ce qu'elle condamnait ! Et pourtant ...

Bien, vous allez mieux. La blessure n'est plus si grave et vous allez pouvoir continuer votre chemin.

Elle se leva et lui tendit la main pour l'aider à en faire de même. Elle avait passé une nuit magique à côté de lui, une nuit qu'elle n'aurait jamais pu rêver aussi importante. L'avoir près d'elle l'avait rendue docile. Comment était ce possible qu'il ait ce pouvoir là sur elle ? Tout était chamboulement dans son esprit mais son coeur, lui, savait exactement ce qu'elle devait faire ... le suivre ?

Comment vous sentez vous ? Avez vous récupéré un peu ?

Elle se mordilla la lèvre tout en le fixant, attendant une réponse particulière. Il fallait qu'il lui demande ... Il fallait qu'il lui dise ... et elle ne le quitterait plus ... [/rp]
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MessageSujet: Re: [RP] Gargote Poitevine : Jeux de coïncidences   Mar 20 Sep - 22:50

Octave a écrit:
[rp]
Shaeline l'aida à se redresser contre l'arbre. Il lui sourit en guise de récompense. Un sourire était parfois la plus belle des choses. Combien en faisait-on par jour ? Par nuit ? C'était l'action la plus évidente et la plus simple. Parfois, on ne s'en rendait même pas compte. Octave, en revanche, savait tout partciulièrement à qui il souriat. Un sourire offrait un remerciement, jamais il n'eut de dettes envers qui que ce soit. Jamais il n'avait souri. Excepté en famille, quand son frère énervait leurs parents. Quand la mère disait qu'elle avait fait tué un commerçant trop têtu. Quand le père applaudissait et lançait que ses affaires allaient donc mieux tourner... Toute cette époque était révolue malgré lui. Qu'il donnerait cher pour tous les revoir ! Pour être autour de cette table de bois finement sculptée, à bavarder de leurs journées, à rire des imbéciles, à critique les plus grand qu'eux, à maudire les plus belles que sa mère et à se reposer dans son lit, pendant que deux domestiques créaient de l'air avec des plumes ou des feuilles entrelacées en un énorme éventail.

Telle est la vie des hommes. Quelques joies, très vite effacées par d'inoubliables chagrins. Il n'est pas nécessaire de le dire aux enfants. Octave en souffrait. Ce mal intérieur le rongeait et il se renfermait toujours un peu plus sur lui-même. Lui, jamais sorti du nid familial, se retrouvait en pleine jungle, avec une quasi-inconnue dont il était épris par le charme certain qu'elle dégageait. Une larme sembla s'écouler le long de la joue du jeune homme. Faible et lâche, il avait besoin d'une présence. Mais son honneur et son orgueil l'en dissuadaient. Il était un noble ! Et un noble digne de ce nom n'acceptait personne, rien, rien...

Shaeline s'approcha de lui. Il eut un mouvement de recul avant de la laisser faire. Celle-ci souleva sa chemise. Il fallait que cette habitude se passe avec le temps, pensa Octave en levant les yeux au ciel. Elle semblait hésitante, pensante, hors du temps. Mais elle finit quand même par se dégager et par parler. Mieux ?! Mieux ? Non il n'allait pas mieux... il était plus désemparé que jamais... Ah, mais elle parlait de la blessure... eh bien tant pis, si seulement il avait pu mourir à cause de cela, il aurait été un poids de moins en ce bas monde... Pourquoi les dieux voulaient-ils qu'il vive ? C'était cruel. On voulait le faire souffrir encore longtemps, on voulait peut-être son suicide ? Lâche devant la mort, jamais Octave ne se prendrait à vouloir se planter une épée dans l'estomac, se noyer dans un fleuve ou s'empoisonner. La mort des nobles... tu parles ! Cela l'effrayait.

Ses souvenirs s'envolèrent un instant lors d'une révolte du peuple à Rome. Leur villa était en pleine ville et les villageois pendaient et tuaient tous les nobles qu'ils trouvaient. La maison di Leostilla ne leur avait pas échappé. Il avait tenté de défoncer la porte d'enceinte. A l'intérieur, c'était la mère d'Octave qui programmait la défense. Défense peu commune : pour ne pas être capturés vivants, elle préconisait le suicide collectif. Elle avait demandé à un domestique de lui trancher la gorge avant de retourner l'arme contre lui, pendant que deux autres serviteurs s'occuperaient du père et du premier fils. Mais il manquait quelqu'un pour Octave qui jura qu'il parviendrait à se donner la mort seul. Il sourit, c'était un bon souvenir. Jamais les portes ne furent franchies. La famille avait été sauvée par l'armée. L'honneur et sa mère s'étaient toujours bien entendu ! Quelle folie, quel génie ! Sa mère... quel tristesse... où était-elle ? Elle qui avait dit un jour qu'il n'était plus son fils et qui en pleurait la minute d'après... celle qui l'avait mis au monde non sans souffrances, celle qui l'avait pratiquemment élevé sans compter l'aide des nourrices... Qu'est-ce qu'elle lui manquait ! Ses cheveux roux; descendant jusqu'aux épaules, tout superbement bouclés qu'ils étaient ! Ses tenues extravagantes, sa voix douce, sa posture fière, ses allures nobles...

Les dernières paroles de Shaeline le frappèrent au coeur. Votre chemin seul ? Pas question ! Non, il se perdrait... il était déjà perdu, mais il sentait qu'il pouvait malgré tout, avoir confiance en la pirate. Chose absolument saugrenue. Mais n'avait-elle pas tout perdu elle aussi ? Son coeur devait être aussi triste que celui d'Octave. Elle lui tendit une main froide, sans sentiment et l'aida à se relever. Le jeune homme pensait qu'il n'en était pas capable. Mais à son grand étonnement, il tenait sur ses deux jambes. Il sourit, laissant échapper un petit rire de soulagement. Il tenta de faire quelques pas qui furent malgré tout douloureux.

"Je peux difficilement marcher... nous devrions suivre la rivière qui nous mènera jusqu'à la prochaine ville...

Fin stratège le Octave. Mais fallait-il remonter la rivière, ou suivre le courant ? Le ruisseau semblait plus abondant dans le second sens.

"Suivons le courant, je crains en revanche... qu'il ne faille faire de longues pauses...

Un lac, un point d'eau, c'est tout ce qu'il désirait. Le Romain avait l'habitude d'être propre et de s'immerger complètement pour se purifier. En ce moment, la pureté était loin d'être en lui... Le visage sale, blessé et poussiéreux, il ne rêvait que des thermes... malheureusement, il n'en trouverait sûrement pas ici... tant pis... l'eau fraîche ferait l'affaire. Dans ses propos, Octave ne laissait pas le choix à Shaeline. Du moins, il n'était même pas envisageable pour lui qu'elle s'en aille. Pour aller où, après tout ? Il s'approcha d'elle et agrippa son bras pour mieux marcher.

"Nous y allons ?

Il lui sourit et attendit sa réaction. Tumultueuse vie ! Que réserves-tu à Octave et Shaeline !

Honneur ! Tu n'es qu'un nom.
[/rp]
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MessageSujet: Re: [RP] Gargote Poitevine : Jeux de coïncidences   Mar 20 Sep - 22:50

Shaeline a écrit:
[rp]Ce n'était pas vraiment ce qu'elle attendait. Dans sa phrase, il ne lui laissait pas le choix. L'accompagner sur son chemin, ce n'était pas si mal. Le laisser se débrouiller ? C'est ce qu'elle aurait sans doute fait avec un autre mais avec lui, c'était impossible.

Debout à sa hauteur, elle le soutenait. L'idée qu'il exagéra sa blessure lui passa par l'esprit et s'accompagna d'un sourire interrogateur. Après tout, ne jouait il pas la comédie ? Elle en avait vu de ces nobles qui portaient des masques pour cacher leurs intentions souvent perfides. Et pourtant, lui, était bien différent. Shaeline trouva un bâton improvisé d'une grosse branche plus ou moins droite et lui tendit pour qu'il s'appuie dessus.

A peine quelques pas franchis que les obstacles s'ouvraient à eux. La rivière s'entortillait autour de roches inégales. Mais dans le fond, quelle importance ? Ils avaient la vie devant eux. Shaeline rompit le silence qui s'était installé alors qu'ils avançaient lentement.

Que faisiez vous sur ce navire ? Vous n'avez visiblement pas le pied marin, ni l'habileté d'un soldat aguerri.

L'avait elle blessé par ses propos ? Elle voulait savoir mais maladroitement, elle venait de lui rappeler sa douloureuse expérience. Elle évita son regard et trouva un rocher où l'assoir alors que le soleil était déjà monté haut dans le ciel. Il leur faudrait manger aussi. Elle observait les alentours, toujours, tout le temps, sur le qui vive au cas où quelque chose surgirait, quelque chose ou quelqu'un. Apaisée, elle s'approcha de l'eau et lui apporta un bol formé d'une grande feuille, comme elle l'avait fait la veille. Remarquant des poissons frétillants remontant le cours de la rivière près d'une petite cascade, Shae en avisa Octave.

Ici il y a du poisson facile à attraper. Nous allons nous arrêter. Il faut que je change votre pansement aussi, ça a dû saigner.

Liant le geste à la parole, sans attendre de réponse, elle remonta la tunique d'Octave et constata la tache de sang qui s'était répandue. D'un geste plus lent et plus doux, elle défit le tissus qui servait de pansement, nettoya avec de l'eau clair la plaie. Ses doigts, à la lueur du jour, se couvrait du sang d'Octave distillé par l'eau. La veille avait été pire mais il n'aurait pu le voir, inconscient comme il était. Ajoutant encore un peu d'alcool sur le tissus, elle lui murmura quelques mots avant d'appliquer à nouveau le linge et de le maintenir du ruban de lin provenant de sa tunique.

Ca va faire un peu mal ... je suis désolée.

Vous aimez le poisson ? Je vais en faire cuire dès que j'en aurai attrapé un ou deux.

Toujours le regard fuyant, la pirate fit redescendre la tunique, cachant la blessure qu'elle fixait puis parti à la recherche une branche qu'elle tailla en pointe pour en faire une pique. Quelques cailloux servirent à former un cercle dans lequel elle mit du bois à brûler. Dans son coeur, elle avait beau réfléchir, vouloir refouler tout ce qu'elle ressentait, elle arrivait toujours à la même conclusion.

Surveillez le feu, qu'il ne s'éteigne pas, je reviens !

Elle passa de nombreuses minutes à guetter le poisson qu'elle parvint à attraper sans grande difficulté. La pique était parfaitement acérée et le poisson nombreux et facile à repérer. Les pieds nus dans l'eau qui lui montait jusqu'aux genoux, Shae s'amusait. L'eau était sa bouffée d'oxygène, son bien être.
Ramenant fièrement son poisson, elle retourna auprès d'Octave pour le faire cuire dans le feu. [/rp]
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MessageSujet: Re: [RP] Gargote Poitevine : Jeux de coïncidences   Mar 20 Sep - 22:51

Octave a écrit:
[rp]Que faisait-il sur ce navire ? Que faisait-il sur ce navire ? Avait-elle d'autres questions de ce genre ? Il aurait voulu lui lancer une réplique assassine mais le mal l'en dissuada. Elle avait du courage, Shaeline ! Le soutenir ainsi, tel le poids lourd qu'il était. Il n'était pas bien gros en fait... Voire même maigre, mais pas trop. Octave aimait à se dire qu'il était parfait. Comme tous les siens. Comme tous les Romains qui se respectaient. Shaeline... Ce nom ressemblait à douce vague qui mourait sur la rive des lèvres. C'était joli, simplement. Octave n'avait jamais aimé les R dans les prénoms. Il trouvait qu'il gâchait la prononciation. Meurtre, grave, terrible.. tous portaient la lettre malsaine. Il adorait par-dessus tout son nom à lui. Bien qu'il indiquât qu'il était le huitième d'une branche de cousins depuis longtemps oubliés, Octave s'écoulait tranquillement dans une conversation. Sans pervertir la phrase, sans aggraver la gorge.

"J'accompagnais mes parents. Mon père est marchand. Il s'était acheté un navire pour commercer en France. Depuis le départ de ma très tendre soeur, il ne trouvait plus en Rome le charme d'antan. Ce voyage devait nous redonner l'envie d'y retourner. Drôle d'idée non ? Nous sommes riches, nous pouvons tout nous permettre.

Tandis qu'il lui parlait, elle lui tendit un bâton. Quoi ? Un bâton l'aiderait à marcher ? Jamais ! Déjà qu'une fille douteuse s'était emparée de son être, jamais un simple morceau de bois n'aiderait le patricien qu'il était à se tenir fièrement ! Quand ils s'assirent sur un rocher, le Romain envoya valser la branche dans les airs, alors que Shaeline avait le dos tourné.

Du poisson, le pansement ? Aussitôt dit, aussitôt fait. Le poisson fut abandonné pour l'abdomen d'Octave. Quelle insolence ! Si une esclave lui avait un jour fait une pareille scène, il l'aurait fait fouetté et mise au fer ! Mais là... c'était... différent... c'était... Shaeline... la douce vague des lèvres. Ses mains vinrent encore le toucher. Oh ! Qu'il priait pour que cela ne s'arrête pas ! Qu'il se torturait ! Qu'il était torturé ! Il déposa ses yeux vers sa blessure pour en oublier les soins.

"Quel gâchis tout ce sang noble versé... Chaque goutte perdue est une abomination...

Il savait qu'elle n'aimait pas quand il parlait ainsi. Il savait qu'elle détestait son arrogance. Mais il était ainsi. N'était-ce pas, après tout, tout son charme extravagant ? Puis elle reprit sa flasque d'alcool. Mamma mia. Elle n'hésita pas une seconde et en déversa sur la plaie. Les poings d'Octave serrèrent sa tunique et ses dents pour ne pas hurler de douleur. Traiter le mal par le mal. Une doctrine à laquelle sa mère s'adonnait entièrement. Mais lui... était lâche devant la souffrance... Il avait toujours été choyé, adoré et bercé dans l'amour.

La douleur se retira et le pansement neuf fut appliqué. Le poisson... il n'en raffolait pas. Mais il avait faim. Il mangerait tout ce qui se présenterait à lui. Même un ours. Amusé, il sourit à Shaeline pour lui signifier que tout allait bien. Elle en profita pour démontrer ses talents de faiseur de feu. Des caillous, des morceaux de bois, et les flammes jaillirent. Fasciné, il lui promit de veiller sur sa création tandis qu'elle partait à la pêche. Elle allait les cuire ! Astucieux. Jamais il n'aurait eu une idée pareille. Il se serait laissé mourir, doucement et sûrement.

Elle revint plus tard. Octave avait alimenté le feu pour qu'il se s'étouffe pas. Un seul poisson. Le Romain ne cacha pas sa déception. Il ne mangerait pas à leur faim. Tant pis. Il ne nourirait de la présence de Shaeline. Si elle savait qu'il pensait cela... Tourmenté par ses pensées, Octave déglutit lentement et difficilement. Alors que Shaeline s'affairait à la cuisson, le Romain la regardait, dans les nuages.

"Vous ne m'avez pas encore parlé de vous... d'où venez-vous ? Je ne suis rien pour vous, ne perdez pas votre temps avec moi. J'aimerais mourir dans l'honneur.

Quel idiot. Il avait peur de la mort. D'ailleurs, sa phrase se termina en trémolo dissimulant et affichant ses craintes. Il n'osa plus regarder Shaeline droit dans les yeux. Il essayait par tous les moyens de ne pas s'acoquiner avec la pirate. De ne plus rien ressentir pour elle. Mais c'était impossible. Quel était ce sentiment ? Qui devenait-il ?[/rp]
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Fidelis
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MessageSujet: Re: [RP] Gargote Poitevine : Jeux de coïncidences   Mar 20 Sep - 22:51

Shaeline a écrit:
[rp]Le poisson était en train de griller lentement sur le feu. Shaeline l'avait nettoyé, ouvert et vidé de ses entrailles, le tout sur un rocher bordant la rivière. C'était une bénédiction de l'avoir aux abords de leur chemin. En revenant avec le poisson, la belle pirate avait trouvé un noisettier sur lequel elle avait attrapé quelques fruits à la coque dure comme le bois.

Alors que le poisson était posé au-dessus du feu, elle cassait les noisettes à l'aide d'une pierre et en extraya la chair huileuse. De ce liquide, elle en arrosa le poisson, puis fourra le ventre du poisson de la pulpe des fruits écrasés. Pendant ce temps, Shaeline réfléchissait à la question du romain. C'est vrai qu'elle ne parlait pas facilement d'elle. C'était une question de survie dans la vie de pirate. Moins les autres en savaient, mieux un pirate se portait. Les mensonges allaient bon train d'ailleurs. Tout un art !

Pourtant, avec lui, elle n'avait pas envie de lui mentir. A quoi bon ? Ils étaient seuls, il était en position de faiblesse. Que ferait il de toute manière ? A ses manières, elle pouvait juger qu'il n'était pas du tout du genre à savoir se battre et quand bien même, Shae serait plus douée que lui ! Il n'avait aucune expérience, ça se voyait. Tout en réfléchissant, son regard s'était posé sur lui, un sourire en coin illuminait son visage comme si elle avait un poids en moins à porter subitement. Peut-être était-ce le cas ?

Quand il parlait de son sang noble versé, du gachi, elle s'était tue, se mordant les lèvres. Dans le fond, du sang c'est du sang. En quoi était il plus précieux qu'un autre alors qu'il finissait manger par les mêmes vers au final ? Elle finissait par prendre ça à la rigolade à force, se moquant intérieurement de ses petites manières particulières. Son charme était ailleurs. Invisible à ceux qui ne pouvaient lire dans son regard. Cette douceur bienfaitrice et cette solitude malgré un monde d'or à ses pieds. Puis, il y avait cette étincelle quand il la regardait ... comme à l'instant, là, quand leurs regards se croisèrent et que seul le crépitement du feu faisait fuir le silence.

Enlevant le poisson du feu maintenant cuit, elle improvisa une assiette de feuilles pour lui tendre le poisson entier. Elle se contenta de manger quelques noisettes et le laissa se nourir pleinement. Il avait besoin de récupérer et elle, elle n'avait pas tellement faim. Alors qu'ils mangeaient, elle commença à se dévoiler.

Je viens de la mer. Mon père était un puissant capitaine de la marine espagnole qui partit en exploration vers le nouveau monde. Mais quand il revint, il fut déchu pour ne pas avoir rapporté d'or comme la Reine le souhaitait. Alors il prit son bateau et navigua à son compte. Ma mère était une bourgeoise angloise ... Elle quitta tout pour mon père et ils prirent la mer ensemble.

Sa voix se fendit dans une certaine tristesse et diminua à mesure qu'elle prononçait les derniers mots. Elle aurait tellement aimé la connaitre, sa mère. Son père disait souvent qu'il retrouvait de sa beauté en elle. Comme elle aimait le croire. Un silence plus pesant s'empara de l'instant. Elle imagina ce que sa mère pourrait ressentir en la voyant faire ainsi. Lui conseillerait elle d'oser aller vers lui ? Lui dirait elle qu'elle avait raison de laisser parler son coeur ? L'encouragerait-elle à se laisser aller ?

Vous n'êtes pas rien ... pour moi ... Et je ne vous laisserai pas mourir ! Il n'y a pas d'honneur à mourir ! Il n'y a que de la fatalité et votre heure n'est pas encore venue ! Je perds mon temps comme je le souhaite !

Son ton avait pris une ampleur passionnée mêlée à de la colère. Mais cette colère n'avait rien de méchante, ni de violente. C'était de la colère pure et douce, de la colère de désarroi, de la colère amoureuse. Shaeline était amoureuse. Cette barrière des différences qui se dressaient entre eux la rendait presque amer. Pourquoi tout était si compliqué ? Elle poussa un gros soupire, avant de se lever et de regarder le ciel.

Nous devons repartir afin de trouver un autre abri pour la nuit. Il ne devrait pas pleuvoir cette nuit.

Cherchant du regard le bâton qu'elle lui avait trouvé auparavant, elle s'étonna de ne pas le voir près de lui.

Où est votre bâton ? Il vous en faut un pour marcher, ce sera plus facile.

En fouillant aux alentours, elle le retrouva au milieu d'un buisson à grande distance de l'endroit où s'était assis Octave. Des questions se bousculaient dans son esprit mais seul un regard d'un compréhension tomba sur le jeune homme. Shae décida de ne pas poser plus de questions que cela avant de le lui rendre afin qu'il prenne appui dessus. Quand il prit appui sur elle aussi, son coeur battait la chamade. Avait il les mêmes sentiments ? Sans doute que non. Qui était elle pour intéresser un noble ? Un noble ne s'acoquine pas à une pirate ... [/rp]
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Fidelis
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MessageSujet: Re: [RP] Gargote Poitevine : Jeux de coïncidences   Mar 20 Sep - 22:52

Octave a écrit:
[rp]Où étaient-ils ? A vrai dire, personne ne le savait. Ils devaient vagabonder dans cette forêt et ce, durant des jours. Tournaient-ils en rond ? Octave ne comptait plus mais une chose était certaine : ils n'empruntaient pas les chemins les plus faciles et plus rapides ! Une ville, des bains publics, c'était tout ce que demandait le Romain. Adossés tous les deux contre un arbre, ils passaient ainsi leur troisième ou quatrième, à moins que ce ne soit la cinquième, nuit dans l'épaisse forêt. Curieusement, Octave ne trouvait pas le sommeil. Ses vêtements le démangeaient, son corps avait besoin d'eau, sa noblesse voulait être lavée. A la lueur des étoiles scintillantes et de la lune brillante, le jeune homme pensait, tout en regardant la beauté de Shaeline. Bientôt aveuglé par cette dernière, il succomba au charme de Morphée.

Le lendemain matin, à l'aube, Octave se réveilla en premier. Chose plutôt rare. Shaeline devait être fatifuée de chasser et cueillir pour lui. Le Romain dirigea son nez vers sa toge. Oui, cette odeur était toujours là. Incapable de supporter plus longtemps cette senteur nauséabonde, Octave se retira du tronc d'arbre et se leva. Sa blessure le faisait encore souffrir mais il allait bien mieux grâce à sa soigneuse adorée. Il marcha sur la pointe des pieds pour ne pas qu'elle se réveille et partit à l'exploration des environs. La rivière était proche, il fallait qu'il boive, qu'il se rince, qu'il se nettoie. Si sa famille de Rome le voyait, il n'osait imaginer les commentaires qu'elle ferait.

A l'aube, la forêt semblait différente. Les cris des animaux qui se réveillaient, la végétations qui retrouvait le soleil : en bref, on fêtait le retour victorieux du soleil de l'astre sur la lune diabolique. L'eau était quelque part par là, il l'entendait couler paisiblement et sereinement. Il remua maintes branches d'arbre, secoua de nombreux buissons et subitement, la source apparut. Quel bonheur ! Il approcha ses mains et apprécia le doux contact. Mais c'était bien trop petit. Octave décida de suivre le lit de la rivière.

Quelques minutes plus tard, il entendit un bruit étrange. On aurait dit de l'eau. Des cascades finalement. Se pouvait-il que ? Qu'un lac se trouve à proximité ? Il accéléra le pas et se retrouva sur une falaise qui le fit ralentir brutalement. Une avancée de plus et le Leostilla tombait. Il déglutit lentement et pencha sa tête. Au-dessous de lui, c'était bien une étendue d'eau claire et limpide qui lui souriait, bercée par une cascade angélique et douce. Octave était ravi, il laissa échapper un soupir de soulagement. Tant bien que mal, il contourna la falaise et descendit vers le lac. Il parvint finalement à la rive où il s'agenouilla et remercia le ciel. Enfin de l'eau pure ! Il n'en croyait pas ses yeux. A Rome, on trouvait des thermes tant qu'on voulait, mais ici, c'était tellement rare. Bon, il n'avait pas le luxe des thermes, mais l'affaire était conclue.

Octave retira lentement sa toge et laissa sa plaie à l'air libre. Il espérait que l'eau accélèrerait la guérison. Il détacha ses chausses et fit glisser ses braies. Seul un léger linge blanc cachait son intimité vulgairement. Il lui arrivait simplement au bas des fesses et voilait difficilement le haut des cuisses. Une mode romaine, à n'en point douter. Il s'avança enfin vers les premières légères vagues. L'été était chaud, l'air également, l'eau ne devait pas y échapper non plus. Il s'arrêta brutalement quand ses pieds nus communiquèrent avec le lac. La fraîcheur était trouvée. Il continua vers l'avant, comme s'il ne ressentait aucune sensation. Il marqua néanmoins une légère pause à l'entre-jambe et plongea enfin. La respiration coupée, il piqua une tête et fit quelques brasses. Sa cicatrice picotait, mais il n'en faisait pas cas. Le plaisir de nager à nouveau dans des eaux propres le revigorait farouchement. Il était bien. En se laissant flotter à la surface de l'eau, il ferma les yeux et s'imagina à Rome, sa mère à ses côtés, crachant son venin avec ses amies sur d'autres femmes. Il était bien, c'était le bon temps, c'était le temps révolu. Il ne pourrait jamais se passer de ses bassins, il devrait en trouver toujours.

Il n'eut aucune inquiétude quant à Shaeline. Il savait qu'elle allait le retrouver aisément. Il attendit donc qu'elle vienne tandis qu'il barbotait dans l'eau et s'amusait à passer sous les assauts de la cascade.

"Carpe Diem Quam Minimum Credula Postero...
[/rp]
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MessageSujet: Re: [RP] Gargote Poitevine : Jeux de coïncidences   Sam 1 Oct - 15:10

Shaeline a écrit:
[rp]Ils s'étaient déplacés plus loin cette fois-ci. La blessure du romain avait fini par arrêter de saigner et les pansements étaient de moins en moins souillés. C'était une bonne chose. Il ne resterait pas grand chose de la plaie quand celle-ci se refermerait définitivement. Shaeline avait des dons pour ça. Elle avait sauvé la vie de plusieurs pirates lors de leurs expéditions et elle aurait pu se vanter de ces faits, ce qu'elle ne faisait pas.

La jeune femme avait du caractère mais pourtant, elle pouvait rester silencieuse des heures durant. Sans doute tenait elle pour cela de son père. D'un main infaillible, il avait conduit ses hommes, son équipage, jusqu'au bout de l'enfer et ils s'en étaient toujours tous sortis, sans exception ! Pourquoi ? Parce qu'il aurait donné sa vie pour chacun d'entre eux. Shaeline avait appris cette dévotion, ce don aux autres. Sa vie n'était finalement pas faite pour elle-même mais pour défendre la cause.

Un abri improvisé au creux de quelques rochers les avait protégé des créatures de la nuit. Shaeline s'était endormie épuisée. Des jours qu'elle veillait sur lui, qu'elle chassait, cueillait, soignait, restait sur ses gardes. Son corps ne lui obéissait plus et la fatigue avait triomphé finalement. Sur un lit de feuille, la jeune pirate avait trouvé refuge en boule, près de celui qu'elle aimait. Peut-être était-ce justement d'être près de lui ? Ses rêves furent moins agités cette nuit-là.

Un rayon de soleil vint baigner le visage de Shae. La chaleur du rayon eut l'effet d'un agréable réveil. Ses yeux s'ouvrirent sur leur litière mais ce qu'elle trouva l'horrifia ! Il était parti ! Elle se redressa, fouillant les alentours du regard mais rien, pas un mouvement à part celui des oiseaux s'envolant suite à ses mouvements.

Octave ....

Un murmure, un soupire, un souffle, son coeur se mettait à trembler. Il l'avait abandonnée là. Sans doute en avait il assez d'être près d'elle et comme il allait un peu mieux, il se serait décidé à partir seul vers la ville et poursuivre sa vie de noble heureux. Elle enfouit sa tête entre ses bras, recroquevillée sur elle-même. Comment avait elle pu oser imaginer qu'il l'appréciait ? L'amour rend idiot ...

Elle resta là un instant, dépitée, observant quelques écureuils audacieux venus saisir des noisettes de l'arbre se trouvant près de leur abri. Son regard suivait leur progression quand elle tomba sur des branches cassées. Il était passé par là ! Oui c'était certain. Il lui devait des explications après tout ! La laisser ainsi alors qu'elle avait tout fait pour l'aider. L'infâme ...

Elle se leva, faisant fuir le couple d'écureuils vers le haut des arbres. Elle emprunta la piste trop mal dissimulée par le romain. Elle se mit à courir, s'arrêtant parfois pour vérifier des traces de pas, d'autres indices de son passage au travers de la forêt. Le bruit de l'eau s'intensifia et elle déboucha sur le promontoire d'où se déversait la rivière dans une étendue d'eau.

Et elle le vit. Là, nageant dans les ondées ténébreuses d'un lac. Les arbres se reflétaient dans les rondeurs troublées de l'eau agitée. Du haut de son observatoire, elle l'observait, son corps presque nu s'élançant dans le miroir d'une éternité sans pareil. De l'eau, son élément, et il s'y trouvait. Elle ôta à son tour sa tunique, sa ceinture, ses braies, ne laissant qu'une peau légèrement bronzée se baigner des rayons de l'astre solaire.

Il faisait chaud, l'instant était délicieux. Elle sauta et plongea dans les abîmes profondes de son âme, lâchant quelques bulles d'air et nageant jusqu'aux jambes de l'autre être. Au milieu des algues profondes, les reflets dorés du soleil rendaient la scène fantastique. Elle remonta pour émerger face à lui. Ses épaules, son visage et sa chevelure noire ruisselaient d'eau. Elle s'approcha, s'approcha encore. Attirée, envoutée, elle ne désirait qu'une chose, s'éprendre de lui, encore et encore.

Pas un mot, juste le clapotis de l'eau, deux âmes perdues et un coeur en fusion. Tout était dans son regard, des yeux gris comme l'acier, un miroir de vague à l'âme à l'épée acérée qui transperce le coeur comme un amour infini. Qui pourrait comprendre ça ?[/rp]
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