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 [RP] Il était deux fois, à Aix-les-Bains

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Dewan
Feu Vicomtesse
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Date d'inscription : 09/08/2010

MessageSujet: [RP] Il était deux fois, à Aix-les-Bains   Ven 27 Mai - 21:46

Tiberias. a écrit:
[rp]
"Mon seigneur, nous avons reçu la demi centaine d'amphores et de vases que vous aviez demandée de Gênes.
- Excellent Januz, trouvez un valet qui portera un vase en permanence en suivant mon épouse comme son ombre.


Le grand intendant hocha la tête, s'inclina et se retira. Quelle idée devait-il penser. Acheter des dizaines d'amphores pour sa femme. Que se passait-il à Aix-les-Bains ? Ces deux là étaient-ils vraiment nobles ? Où ne furent-ils que des imposteurs ? Non, tous les étages étaient éclairés dans la tête de Tibérias. Certains évènements le rendaient euphorique voilà tout. Marchant à vive allure dans les couloirs du château, plusieurs notables vinrent à lui, dossiers en mains. Le baron les repoussa d'un geste lent, accablant son intendant de tout cette paperasse administrative. Le manoir respirait à nouveau un grand coup. Il n'avait pas connu une ère pareille depuis Chandin. Son fils, Remus, n'était passé que très brièvement entre ces murs. Plusieurs mystères accrochaient son décès. Maladie, d'après les médecins, mais pourquoi ? Jamais le sang des Di Leostilla n'avait été souillé par une quelconque maladie héréditaire ou incurable ! C'était là la première étape du baron : rétablir la mémoire et l'honneur de sa famille. Que s'était-il réellement passé dans la tête de Chandin, une fois son épouse décédée et ses enfants nés ?

Tibérias s'était arrêté dans le vaste halle d'entrée où les portraits des ses illutres parents le scrutaient. Chandin, de face, même en peinture il dégageait une certaine froideur et un frisson parcourait l'échine de quiconque perdait son regard dans le sien. Leur père et leur mère, réunis en un même tableau souriaient de bonheur, bien qu'ils furent mariés pour un arrangement de territoire, il avaient fini par s'aimer. Et plus haut, des personnages illustres qui servirent les plus grands Amédée et autre duc savoyard ou outre Alpes. Et tout en bas, reposait Remus, peint de profil, les yeux dérivés vers l'Est. Que voulait-il faire comprendre là ? Passant la main dans sa barbe, Tibérias fronçait les sourcils et s'approcha de son neveu pour examiner d'un peu plus près les traits de peinture. Dans le cou du jeune homme, il crut repérer une lettre, un D ou un O... un message caché ? Ou pure coïncidence ? La lumière ne pouvait pas être faite si rien n'était entrepris. Interppelant un domestique qui passait par là, le baron lui sauta au cou.

"Toi ! Toi qui passe là tous les jours, tu ne l'as jamais remarqué ! Traître ! Assure-toi que le tableau du Baron Remus soit installé dans mon bureau si tu veux te faire pardonner. Si tu échoues, si quoi que ce soit arrive au tableau, tu seras pendu haut et court comme le stipule nos lois.

Déformation professionnelle ? Qu'importe, le valet avait compris et acquiesça la tête, déglutissant difficilement. Il avait trouvé un indice ! Il fallait à tout prix qu'il le dise à sa bien aimée ! Sa douce Dewan qui devait encore dormir dans leurs appartements. Tibérias n'était pas rentré cette nuit, et avait passé ses heures au tribunal, chose dont la jeune baronne avait l'habitude. Il s'en voulait parfois, aussi s'attendait-il parfois à rencontrer le deuxième homme qui ruinerait leur couple, mais jamais il ne fit son apparition. En plus d'être douce, gentille et intelligente, Dewan était sincère et loyale. La femme parfaite ! Parvenant à la chambre, l'ancien général surprit la confidente de son épouse frapper à sa porte, un plateau de victuailles dans les bras. L'aubaine ! Il accéléra le pas et s'empara du repas préparé.

"Tu t'es montrée d'une grande aide dans la lutte contre la faim, je ne l'oublierai pas. Oh qu'il a l'air délicieux ce déjeuner que j'ai préparé ! Ah oui... un mot contraire ce que je dis, et tu seras pendue. Allons donc réveiller ta maîtresse veux-tu ?

Il poussa la porte, la femme de chambre trouva aussitôt de l'occupation dans des draps à laver ou des habits à emporter. Le baron s'approcha du lit où s'éveillait Dewan et s'assit délicement à ses côtés. De sa main gantée, il redressa une mèche de ses cheveux et lui sourit tendrement. De l'autre main, il lui présenta le plateau de nourriture.

"Ma douce, je suis de retour. Vous allez bien ? Je vous ai préparé plusieurs choses que vous appréciez. Mangez bien, nous allons avoir une grande journée.

Il déposa la plateau sur le matelas et regarda sa femme un peu plus sérieux.

"Vous souvenez-vous la... malédiction qui frappa ma famille ? Tôt ce matin, j'ai découvert un indice dans le portrait de feu mon neveu. Comme je vous sais fine exploratrice, je vous ai attendu pour examiner plus attentivement ce tableau, ensemble. Prête pour l'aventure ? Tel que je me connais, je n'ose imaginer les autres abominations qu'ont dissimulées mes parents dans ce château... La tâche sera difficile et dangereuse. Remus aimait les énigmes et était très astucieux, m'avait dit sa soeur...

Tibérias s'empara d'une pomme parmi les fruits présentés et croqua avidement dedans.
[/rp]

Dewan a écrit:
[rp]Du sable sous ses pieds nus, le cri des oiseaux déchainés, Dewan, vêtue d'une légère robe de nuit blanche, empruntait un sinueux chemin qui menait à une étendue sablonneuse. L'herbe trouvait de quoi pousser ça et là, en touches vert pâle. Le vent soufflait dans ses cheveux défaits, faisant claquer les pans de sa robe tel un drapeau dans la tourmente. Et de tourmente, il en était bien le cas, une tempête se leva. Devant ses pieds, le chemin disparut et laissa place à un cimetière d'oiseaux en tout genre. Le ciel gris n'annonçait rien de bon ... quand un rayon de soleil effaça le brouillard devant ses yeux pour révêler une chambre digne d'une princesse. Devant elle se tenait son époux rayonnant, un plateau comportant un déjeuner grâcieux.

Sur le visage de la belle à peine éveillée pouvait se lire des interrogations. Mais que se passait il donc ? La nuit semblait encore en cours pour la jeune fille qui s'étira et bailla, soupirante d'avoir quitté ce rêve étrange.
Puis posant son regard sur les petits pains, le bol de lait et les fruits, elle eut un haut le coeur violent. Dew repoussa le plateau avec un sourire désolé, la main sur le ventre, elle se glissa en dehors du lit, quelque peu vascillante.

Mon cher époux, vous ... êtes bien matinal ... Je ne crois pas avoir tout ... saisi ?

En d'autres circonstances, elle lui aurait sauté au cou, trop heureuse de le retrouver si tôt mais tout allait de travers.

Mais pitié ôtez moi ce plateau de ma vue !

Tout en avançant une main sur sa bouche, la jeune baronne se croisa dans un miroir et écarquilla les yeux. Cheveux en bataille, presque négligée. De quoi avait elle l'air donc ? Comment pouvait il la regarder toujours aussi amoureusement dans un état pareil ?

Ooooh et puis laissez moi donc ! Vous ne voyez pas que je ne suis pas présentable ? Je vous rejoins dans votre bureau ! Laissez moi ... 10 minutes. Qui serait sans doute plutôt une heure, voir plus ... [/rp]

Tiberias. a écrit:
[rp]
Loin d'imaginer cette réaction, Tibérias fut stupéfait un bref instant. Bien mal acquis ne profite jamais. Il jeta un coup d'oeil à la dame de compagnie qui aidait Dewan. La servante avait un sourire narquois. Haussant les épaules, levant un sourcil, le général s'empara d'un petit pain qu'il commença à manger. Toujours assis sur le matelas, l'homme regardait son épouse, véritable furie décoiffée et parut légèrement amusé. Ah les femmes... Un valet toqua à la porte au moment où Tibérias se dirigeait vers celle-ci. C'était le domestique aux vases. L'un d'eux en mains, il fit sourire le baron.

"Ma mie, ce jeune homme portera vos souffre-douleurs. J'ai cru comprendre que vous étiez d'humeur massacrante ces derniers jours. Vous pourrez vous défouler sur les vases qu'il vous portera. Allez-y... franchement, il y a de la matière.

Avant de s'en prendre un sur la tête, Tibérias quitta la chambre, poussant le valet en avant. Januz l'attendait à l'extérieur, les mains dans le dos. Lui adressant un regard satisfait, le di Leostilla commença à marcher vers son bureau. Le bruit de ses bottes martelait le sol du château, on pouvait aisément le suivre à la trace. La discrétion n'était pas de mise, aussi se permettait-il tel vacarme. Après tout, Dewan avait bien ses crises, pourquoi lui n'aurait-il pas les siennes ? L'escalier qui menait à l'étage d'en dessous s'annonçait à lui. Tibérias enjamba la rambarbe et se mit à cheval sur celle-ci, tout en se laissant glisser jusqu'à la fin des marches. En bas, l'attendait La Luzerne. Toussotant, le baron regarda son écuyer et ami.

"Que veux-tu m'annoncer la Luzerne ?

La Luzerne sembla hésiter. N'ayant pas de temps à perdre, Tibérias continua à marcher, peut-être que cela déciderait le jeune homme. Januz lui aussi revint à la charge.

"Mon seigneur, le tableau a été installé dans votre bureau, comme vous l'aviez demandé.
- Merci Januz, allez maintenant voir ailleurs si j'y suis. Et ne le prenez pas mal : quand Jésus a dit cela, il y était.


Le don d'ubiquité, Tibérias ne l'avait pas. Mais qui le savait ? Et la Luzerne qui ne parlait toujours pas... Le bureau du général était bientôt là et l'écuyer avait intérêt à parler, sinon il serait trop tard. Mais subitement, ils croisèrent Leisthat, un des valets de chambre.

"Mon maître... notre séduisant capitaine m'envoie vous faire part qu'il y a eu une série de vols dans la ville basse... Ce serait l'oeuvre des gens du voyage... Votre peuple attend réparation et justice...
"Annoncez que le Baron parlera dans la haute-cour.


Leisthat s'inclina et continua sa marche de séduction dans les couloirs. Tibérias était soucieux de ces vols, il en fit part à son écuyer silencieux.

"Ces bohémiens nous auront un jour... as-tu fait mener une enquête ? Parle-moi ! T'auraient-ils coupé la langue ? Tu peux tout me dire tu le sais bien ! Si en revanche, rien ne te permet de me faire perdre mon temps comme tu t'actives à le faire maintenant, tu peux retourner dans tes appartements. Alors ?

Il patienta, le dos collé contre les portes de son bureau.[/rp]

Dewan a écrit:
[rp]Sophie aida Dewan à rejoindre le paravent. Les panneaux de bois de chêne ciré occultaient le corps de la jeune baronne qui se dégarnissait de la robe soyeuse portée pour la nuit. A la réflexion de son époux, la jeune fille tourna un regard mitigé entre interrogation et fureur. Qu'est ce qui lui prenait au juste ? Tout l'agaçait facilement. Pourtant ce n'était pas dans ses habitudes d'être ainsi. Quand elle vit un servant entrer avec une de ces amphores et l'idée de Tibérias d'y passer ses humeurs, elle lui répondit d'une voix emportée, sortant de sa cachette à moitié dénudée.

Non mais je n'ai nul besoin de me passer les nerfs mon cher ! Pour qui donc me prenez vous ?

Mais déjà la porte se refermait sur l'homme au sourire moqueur et le pauvre domestique qui était planté devant elle, en train de devenir de la couleur de ses fleurs aux pétales carmins dont les parfums vous ennivrent sensuellement.
Dew le fixa, ce qui le fit baisser les yeux très rapidement puis elle se détourna pour retourner derrière le paravent. Mais subitement, elle fit demi tour et se dirigea vers lui. Apeuré, celui-ci recula car dans le regard acier de la blonde brûlait un brasier surprenant. Elle saisit alors la magnifique amphore ouvragée qu'il tenait entre ses mains et l'envoyer exploser sur le mur.

Partez ! Partez tous et laissez moi !

Voilà que sans un mot, la pièce se vida et la jeune fille de s'approcher timidement de son portrait dans le miroir. Elle se regarda longuement, laissant tomber le reste de la robe de nuit à ses pieds.

Qu'est ce qui t'arrive ? Pfff ...

Bon, plus qu'un bon bain chaud pour oublier tout ça. Une porte menait de la chambre à une salle de bain où un bassin somptueux laissait évaporer des vapeurs d'eau chaude. La petite Liza était là, silencieuse. Finalement, celle-ci était exactement la personne qu'il lui fallait à cet instant.

Ah Liza ... Apporte moi du savon je te prie ... beaucoup de savon ...

Et son corps se délecta de l'eau brûlante qui sembla apaiser l'espace d'un instant le feu qui l'habitait elle-même.
La porte entrouverte, elle avait un regard sur le couloir et vit passer Leisthat. Le jeune homme était extrèmement séduisant. Son regard croisa le sien et Dewan sourit, tout en lui faisant un signe d'approcher.

Merci Liza .. Laisse nous donc ... [/rp]

--LaLuzerne a écrit:
[rp]
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Depuis plusieurs mois maintenant, La Luzerne vivait une amourette frivole avec une jeune gitane, qu'il avait sauvée des griffes de l'ancien juge Tibérias. Dès lors, entre joie et remords, le jeune homme vivait assez difficilement et avait du mal à regarder son mentor dans les yeux. Ses regrets le rongeaient profondément. Lui qui se pensait juste et droit, avait secouru une voleuse à ses risques, juste par pitié et à cause de la beauté de la fille... Qu'était-il passé dans l'esprit de La Luzerne ? A chaque fois qu'il y pensait, il en arrivait à la même conclusion : il devait tout avouer à Tibérias, pour soulager son âme. Il avait tenté à plusieurs reprises mais en vain. Les yeux du baron le sondaient intensément et sa furie serait énorme. Il tuerait la bohémienne et donnerait une bonne leçon à lui...

Aujourd'hui, nouvelle tentative. Il attendit devant les escaliers que Tibérias finisse sa glissade et s'approcha de lui. Mais déjà, il hésitait et le général reprit sa marche. Alors La Luzerne le suivit, mais sa gorge nouée ne laissait passer aucun son. Ils croisèrent Januz et Leisthaht qui lui jeta un regard déconvenu. Face à lui désormais, le seigneur patientait. S'il savait que son élève cachait Célestine depuis tout ce temps dans Aix-les-Bains et le château...

"Non... je ne sais rien de tout cela...

Célestine était voleuse et continuait ses méfaits malgré les mises en garde de La Luzerne... la pauvre folle se ferait arrêter un jour ou l'autre... et il ne pourrait plus rien pour elle...

"Il n'y a rien... je.. je vais mener l'enquête... n'ayez crainte mon seigneur, l'auteur des vols sera arrêté...

Il s'inclina et fit volteface au baron. Il se dirigea directement vers ses appartements sises au château. Tibérias était gentil avec lui... il lui confiait logis et nourriture, et en échange, lui le trahissait sournoisement... Mais cela allait changer... Il ouvrit sa chambre avec la grosse clef. Il y retrouva Célestine, dans le lit. Il referma les portes et verrouilla, en restant collé contre celles-ci.

"Je vais être obligé de te dénoncer... cela devient trop difficile pour moi... si je ne peux mentir à mon coeur, je ne peux mentir à mon âme...

Il disait cela en s'avançant du lit... mais finalement, après de lourdes paroles, il sauta sur le matelas pour trouver les lèvres de Célestine.

"Le Baron va mettre la tête du brigand à prix... fais attention à toi... je ne pourrais pas te sauver une seconde fois...

Quittant armure et botte, la chemise s'envola à son tour. Se glissant à son tour sous la couverture :

"Tu pourrais presque vivre toute tes années ici... nourriture, soleil, amour... le Baron est généreux avec toi... s'il savait... jolie bohémienne de mes désirs...

Et les lèvres se retrouvèrent encore.
[/rp]

--.Celestine. a écrit:
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Poussières nous naissons, poussières nous périrons !
Célestine aimait l'aventure et détestait l'ennui ! Et qu'est ce qu'elle s'ennuyait dans cette chambre, enfermée par son précieux amant ! La chambre était plutôt petite et la fenêtre verrouillée. Garnie d'un lit relativement confortable, d'une armoire encombrée d'affaires d'homme, et d'un pupître servant à écrire les lettres d'usage, rien d'autre ne lui permettait de passer son temps. Elle avait bien fouillé les affaires de son sauveur mais rien de bien intéressant.

En fait, c'était maladif. Il lui fallait absolument chaparder. Elle trouva une petite médaille qu'elle mit dans sa poche et remit tout en place.
Se prélassant sur le lit, en attendant que son belâtre revienne, Célestine rêvassait à être à la place de la baronne. Avoir tout ce dont elle désirait, des trésors, des bijoux, des toilettes à ne savoir quoi en faire !

Mais la porte s'ouvrit sur le visage blême de La Luserne. Elle se redressa légèrement, fixant de ses yeux noirs l'âme impure de son amant qui semblait tourmenté. La dénoncer ? Il ne pourrait pas ! Si ? Oserait il ? Il fallait l'envouter encore ... encore ...

Mi Amore ... Oublie tout cela ... Je suis là ... Avec toi ! Je t'ai retrouvé !

Séparés lorsqu'il l'avait aidée à s'enfuir du château, elle avait eu l'intention d'abord de partir loin de la ville. Mais quelque chose en lui l'attirait inéxorablement. Il était proche du juge, il l'avertirait des dangers, il semblait sensible ... sensible à ses charmes ! Et puis, il n'était pas si mal ... sa fougue la comblait aisément.

Il approcha et ses lèvres s'emparèrent des siennes dans un souffle presque à bout. Il ne pourrait plus la protéger ?

Mais si ... Souffla-t-elle entre deux baisers. Le torse nu de son amant était incandescent d'un désir puissamment retenu trop longtemps. Sans retenue, la belle s'offra à son protecteur qui lui promettait une vie simple mais largement en deça de ses aspirations.

Diablo ! Tu peux être plus puissant que tu ne le crois ! Mais pour l'instant ...

Et les mots s'arrêtèrent pour remplacer les râles d'un amour impulsif et brûlant dont la discrétion laissait quelque peu à désirer. [/rp]

--Leisthat a écrit:
[rp]
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Leisthat salua le baron et quitta son exquise présence. Il toucha délicatement la main de La Luzerne qu'il trouvait fort à son goût et lui fit un clin d'oeil. Qui sait, peut-être qu'il l'aurait un jour ? C'était sûr ! Le jeune homme très libre, très volage, ne demandait que de l'amour pour une nuit, pour un jour. Dépendant ? Oui c'en était une forme. Il lui fallait sa dose. Parmi ses conquêtes figuraient presques toutes les servantes et quelques rares valets. C'était d'ailleurs fort regrettable car les deux procuraient toutes sortes d'émôtions incontrôlées, étranges, surprenantes et qu'on redemandait ! Quelle curieuse bête était ce Leisthat. Orphelin, ses parents ne lui avaient pas fourni une éducation suffisament approndie. Il ne savait ni lire, ni écrire. Il apprit néanmoins rapidement d'autres tournants de la vie, les meilleurs ! Et il ne s'en plaignait pas. Ses cibles depuis peu étaient l'intendant Januz, le baron Tibérias et son épouse. Le maître des lieux était reconnu pour donner une chance à tous les cas désespérés et le comportement de Leisthat n'échappait pas au général qui sévissait bien souvent... L'armée... que d'émôtions...

Au détour d'un couloir, il tomba nez à nez avec Pénélope la sulfureuse cuisinière du château. Que d'émôtions... c'était bien sa préférée. Bien qu'elle portait un plateau d'argent dans ses mains, Leisthat fonça sur elle et la plaqua contre le mur. D'une sensualité évidente, il caressa les cheveux de son amante, collant son visage tout près du sien. Ses lèvres vinrent chatouiller son nez, ses joues, le coin de ses lèvres et celles-ci. Ses doigts déferlèrent de son cou jusqu'à la limite de son corsage.

"Ce soir... minuit dans votre chambre... prévenez tous les amis que vous voudrez...

Il lui sourit et l'embrassa une nouvelle fois avant de la laisser à ses songes, ses rêveries et son travail. Leisthat s'engouffra dans les couloirs à la recherche d'un notable qui aurait besoin de l'aide d'un domestique. Il passa par hasard devant la chambre de bains de la baronne. La porte entrouverte, il aperçut Dewan qui lui fit signe de venir. Enfin un peu d'occupation ! La noble demanda même à ce qu'on les laisse seuls... Opportunité ? Nouveau trophée ? Et quel trophée ! Les issues se refermèrent. Le domestique yeuta les épaules nues de sa maîtresse, hors de l'eau. La mousse du savon recouvrait les parties qu'il ne devait pas voir, pour l'instant !

"Baronne...

Mode séduction, il effleura la mousse du bain du bon de ses doigts et vint derrière la jeune femme. Ses épaules étaient belles. Qui ne les aurait pas souhaitées ? Il commença légèrement à les masser. La baronne ne disait rien. C'était une tentative osée, mais elle marchait. Ses longs doigts, fins et précis, avaient l'air de détendre l'épouse... Détendre n'était pas le but de Leisthat... Ses mains se firent plus provocatrices... Elles descendirent.[/rp]

Dewan a écrit:
[rp]La mousse formait des petits flocons nuageux légers au dessus de l'étendue d'eau douce et brûlante dans lequel baignait le corps fin et clair de la jeune baronne. Ses cheveux étaient relevés pêle-mêle dans un chignon improvisé qui laissait tomber des boucles dorées dans sa nuque. Néanmoins ses épaules vierges restaient hors de l'eau, tout comme sa nuque dégagée.

Le regard quelque peu apaisé de la demoiselle fixa celui de son domestique. Enfin "son" ... c'était surtout celui de son époux avant tout mais elle avait encore du mal à intégrer sa condition de baronne. Un mince sourire aux lèvres, elle le vit entrer. La porte se referma après le départ de Liza qui baissait toujours les yeux face à ses maitres. La jeune fille ne parlait jamais et ça navrait souvent Dew.

Leisthat n'était pas du genre à se gêner pour quoi que ce soit. La jeune baronne se retrouvait en position de faiblesse. Un bain, sa nudité, seule et cet homme dont le regard en disait long sur ses intentions autant que ses gestes. Le jeu d'observation céda rapidement à un contact physique. Nul mot ne fut dit, seul le silence et les légers bruits des pas de l'homme sûr de lui.

Il posa ses mains sur ses épaules, dans sa nuque, procédant à un léger massage bienfaisant. Dewan apprécia et se détendit plus encore. Les voluptes de vapeur attisaient plus encore les sensations étranges qui se répandaient en elle. Elle s'abandonnait aux mains expertes d'un bel homme qui se savait séduisant.
Fermant les yeux, elle savourait l'instant quand soudain la main de Leisthat pénétra l'eau pour rejoindre son sein. Ses lèvres venaient de caresser le creux de son cou. Elle se redressa alors subitement, se retournant sur ce valet plein d'audace et le gifla violemment.

Comment osez vous ??? Partez d'ici avant que je n'appelle à la garde ! Vous avez de la chance que je ne vous dénonce pas à mon époux !

Elle regarda filer le voyou et se replongea toute entière dans le bain chaud. Comment pourrait elle porter plainte alors qu'elle l'avait attiré ? Qu'est ce qui lui avait pris ? Son corps poussait à des désirs de plus en plus violent et elle les contrôlait mal. Il fallait qu'elle retrouve Tibérias.

Sortant rapidement de l'eau, elle s'essuya seule, comme elle le faisait avant, sans luxe ni servants. Prenant une robe dans l'armoire, la plus simple possible, elle l'enfila. Elle préférait ces tenues humbles à ces toilettes dignes de plus belle princesse. Elle aimait être libre de ses mouvements, même si le baron ferait sans doute des réflexions, il accepterait ses caprices, comme toujours.

Chignon refait, chaussons aux pieds, il était temps de rejoindre son époux dans son bureau. Un éternité avait dû passer depuis son passage dans sa chambre. Son petit coeur battait fort à la pensée de son époux. C'est ce qui la rendait encore plus confuse dans ses attitudes bien mutines. Son chemin passa par les quartiers des domestiques. Elle préférait éviter de croiser trop de monde à cette heure et les domestiques n'étaient pas dans leur chambre, normalement.

Arrivée à la hauteur de la chambrée de La Luserne, des bruits suspects se firent entendre. Des bruits ? Non, des râles, du plaisir ! Que se passait il donc dans ce château ? N'écoutant que sa curiosité, elle frappa à la porte. Il fallait en avoir le coeur net.

La Luserne ? C'est vous ? Ouvrez, c'est Dewan ! Ouvrez, je vous l'ordonne !

Devant la réticence et le soudain silence, la jeune fille insista. Elle n'aimait pas "ordonner" mais la situation l'exigeait, du moins le croyait elle ! Quand la porte s'entrouvrit lentement, elle poussa la porte avec force pour entrer et constater ... Le jeune homme presque nu, une couverture autour de sa taille et une femme dans son lit, tout aussi dénudée.

Rougissante, la jeune fille regarda interrogatrice l'ami de son époux. Interrogation qui portait sur les raisons de cette cachoterie et sur la présence d'une étrangère dans leur château. La femme était belle et était surtout et très visiblement, bohémienne. Le visage de Dew s'adoucit en comprenant le pourquoi de ces mystères. Ils devaient parler, c'était urgent !

Je vois ... Il faut qu'on parle !

Et Tibérias qui attendait toujours ... [/rp]

--LaLuzerne a écrit:
[rp]
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Et pendant le plaisir, une voix s'éleva. Cette voix c'était celle de la baronne. Le coeur déjà battant, s'accéléra brusquement. Elle ne pouvait pas entrer. Toutefois La Luzerne se dépêcha et se dégagea avec rapidité des couvertures. Il s'empara d'une serviette qui traînait sur une chaise et s'en entoura. Du nombril aux cuisses, l'écuyer était caché. Il s'avança vers la porte et regarda Célestine à qui il fit signe de se taire. L'air enjoué, cette dernière se mit à sourire. Si elle savait à quoi elle s'exposait... Tant d'insouciance pouvait être fatal... Tenant la serviette par la main gauche, il entrabaîlla la porte. Mais Dewan la poussa brusquement pour pénétrer dans la chambre des amants... Le secret était dévoilé... il ne pouvait plus mentir, plus cacher sa bohémienne dont la couleur de peau dût frapper les yeux de la baronne.

Abattu, La Luzerne réfléchit très vite. Il passa la main dans ses cheveux pour dresser vers l'arrière quelques mèches frisées et humidifiées par l'action. Jetant un regard sur Dewan et sur Célestine, il s'avança vers la porte et la ferma doucement.

"Ma dame... malheur s'est abattu en mon coeur...

Il déglutit difficilement, remonta un peu sa serviette qui avait tendance à glisser sur son corps moite, et regarda à nouveau Dewan.

"J'ai tant voulu l'annoncer au Baron... encore aujourd'hui j'ai essayé... mais je n'y arrive pas... mon âme est en peine mais mon coeur en joie...

Il jeta un oeil à Célestine, cachée sous la couverture.

"Je sais... je sais qu'on peut vous faire confiance... votre aide serait la bienvenue... si seulement Tibérias n'était pas aveugle et sourd devant les bohémiens... mais il l'est et sa folie pourrait bien coûter la vie de Célestine...

La Luzerne garda pour lui plusieurs secrets. Notamment que Tibérias connaissait le visage de Célestine qui lui avait échappée un jour, alors qu'il l'avait eue en mains... Notamment que la gitane était une chapardeuse... notamment que le Baron la ferait traquer tantôt...

"Que faire ma dame ?...

Il redressa sa serviette.
[/rp]
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Dewan
Feu Vicomtesse
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MessageSujet: Re: [RP] Il était deux fois, à Aix-les-Bains   Ven 27 Mai - 21:50

Dewan a écrit:
[rp]La porte se referma lentement sur le trio. Deux amants, un témoin mais surtout une situation complexe pour laquelle il fallait trouver une solution.
Etait ce de la tendresse, de l'exaspération, de la colère ou dieu sait quoi d'autre mais Dewan eut les larmes aux yeux. C'était si beau, l'amour. Et La Luserne qui trahissait son époux ! Et celle fille était bien jolie ! Rien n'était jamais simple pour les Di Leostilla-Durandeau-Galanodel ! Se souvenant de la découverte de son lien de parenté avec Fenthick, la jeune baronne eut un rappel à son cou d'une piqure dont elle sentait encore la trace parfois. Sans doute ne s'effacerait elle jamais.

Son regard dans le vague finit par se poser sur les courbes des fesses de la bohémienne dont le drap n'effaçait pas les attrayants aspects. Cette femme avait des arguments visibles que le jeune homme ne contredirait sûrement pas. Elle quitta la vue de la sublime créature pour se poser sur le visage de La Luzerne. Il se confondait en excuses, exprimant un tourment profond et visiblement sincère.

Bien, oui, mon époux ne supporte pas les bohémiens. Il les croit posséder par le Sans Nom ... mais je n'y crois pas. Je vais ... lui parler ! Oui, je dois de toute façon lui parler et il m'attend ... Votre ... compagne devra sortir du château pour l'instant. Allez demander la clé de la tour de garde sud. Installez vous là bas et je viendrai plus tard ... oui ... plus tard, pour vous donner des nouvelles. Nous ne laisserons pas mourir cette demoiselle juste parce qu'elle est mal née ! Allons ... dépêchez vous. Je rejoins Laurent dans son bureau, il vous restera moins d'une heure pour partir.

Dewan parlait tout en réfléchissant tout haut. Son regard était reparti dans le vague, le doigt mordillé entre ses lèvres. Elle ouvrit la porte et sans rien dire d'autre, elle quitta la chambre pour se diriger enfin vers le bureau du Maitre des lieux.
De plus en plus nerveuse, elle descendit les escaliers très rapidement, manquant presque plusieurs marches en arrivant en bas. Un garde se tenait devant les portes massives de la pièce. Celui-ci salua la jeune fille qui donna trois coups à la porte avant d'entrer d'emblée, sans attendre l'invitation de son époux, ce qui n'était pas vraiment habituel.

Elle entra la tête baissée, toujours dans les nombreux pensées qui lui embrumaient l'esprit. Refermant soigneusement la porte, elle se retourna face à son époux, le fixant enfin de son air mutin.

J'espère que vous m'avez attendue ...

Une phrase qui en disait long sur le désir de le faire languir de sa présence. Un réel plaisir de se faire désirer l'habitait de plus en plus férocement.[/rp]

Tiberias. a écrit:
[rp]
La Luzerne avait un comportement étrange depuis plusieurs semaines. Tibérias avait beau chercher la cause de ses tourments, il ne trouvait rien. Ses réponses restaient toujours en suspend lorsqu'elles n'étaient pas saccadées par maints balbutiements. Le baron avait fini par abandonner. Après tout, si son écuyer avait des problèmes, c'était à lui d'en parler. Il ne le faisait pas, tant pis pour lui. Tout était carré dans la tête de Tibérias. Une cause entraînait une conséquence. Tout avait un début et une fin. Quand La Luzerne lui assura la tête du brigand, l'ancien général plongea ses yeux dans les siens. Comme pour sonder ses pensées, trahir ses émôtions afin qu'il avoue, mais rien. Le jeune homme s'était incliné, et s'en était allé. Soit... ouvrant les portes de son bureau, Tibérias s'engouffra à l'intérieur et referma derrière lui.

La pièce était vaste, un gigantesque bureau siégeait au milieu, où vagabondait plusieurs dossiers, plumes et tâches d'encre. Une place avait été faite où le tableau du baron Remus avait été déposé. Le portrait était plutôt grand et se comptait en mètres. Tibérias s'approcha lentement et posa délicament ses doigts sur la peinture sèche. C'était curieux, mais il avait peur de l'abîmer ou pire encore : de changer quelques nuances dans les couleurs et les ombres. Il n'avança pas plus ses recherches : il décida d'attendre Dewan.

"Que nous réservez-vous mon neveu...

Il sourit et marcha doucement vers ses fenêtres. A l'extérieur, c'était la Haute-Cour où déjà plusieurs dizaines de personnes s'amassaient pour attendre le discours de leur seigneur, de celui qui les protégeait et dont ils dépendaient totalement. Personne ne le voyait encore. Tous les paysans avaient les yeux rivés vers le rempart où ils savaient que Tibérias apparaîtrait. Ils voulaient tous être aux premières loges et entendre les sages paroles de leur souverain. La garde avait été doublée et encadrait la foule sans menace aucune. Les tuniques rouges aux couleurs d'Aix-les-Bains ne maltraitaient que rarement le peuple et cet évènement n'y faisait pas exception. Les hallebardiers surveillaient simplement les éventuels suspects. Réfléchissant aux paroles qu'il dirait, les yeux du baron vagabondaient d'un visage à un autre. Pauvres paysans, si humbles, si miséreux... ils avaient néanmoins le courage de vivre tous les jours que Dieu faisait... Ce n'était pas difficile. Un brigand ne bouleverserait pas la tranquillité acquise au péril de plusieurs vies humaines !

Dans ses songes, il entendit la porte s'ouvrir. Sûrement Dewan... Il se retourna lentement, toujours pensif et admira son épouse.

"Vous avez été longue... J'ai ainsi pu penser aux mots que j'adresserai à notre peuple tout à l'heure...

Tibérias fit signe à Dewan d'approcher de la fenêtre où la foule affluait encore.

"Mais ils seront notre occupation seconde... Regardez donc ce tableau de feu Remus.

Il plaça une main forte au bas du dos de Dewan et l'attira vers le bureau. De ses doigts gantés, il montra une endroit bien précis.

"Voyez... dans son cou... on voit distinctement la lettre D... depuis toujours je sais qu'il existe plusieurs mystères entourant la château et la famille... et je suis certain que d'autres lettres sont dissimulées de part et d'autre dans ce portrait... Peut-être forment-elles une phrase, un mot, un indice pour nous avancer dans nos explorations...

Il se stoppa en entendant le brouhaha que faisait le peuple à l'extérieur.

J'aimerais que de temps à autre, nous y jetions quelques coups d'oeil... quand nous ne sommes pas trop occupés, lorsque nous ne savons pas quoi faire...

Il se regarda dans le miroir de la pièce.

"Le peuple m'attend. Suis-je présentable ? Venez avec moi sur le rempart. Aix-les-Bains doit savoir quel doux visage a sa Dame.

Il lui sourit.
[/rp]

Dewan a écrit:
[rp]Longue ? Mais non mon époux, c'est simplement que vous aviez hâte que je vous rejoigne. Il faut du temps pour se faire belle ...

Effaçant de sa mémoire l'épisode Leisthat et oubliant sa tenue légère et simple qui ne demandait pas de longues minutes d'apprêtement, la jeune fille s'avança prestement jusqu'à la fenêtre pour y jeter un regard rapide sur la petite foule amassée dans la cour. Elle reporta très vite son attention sur son époux qui la conduisit jusque devant un tableau. Le portrait d'un jeune homme d'une beauté farouche et dont le regard semblait fixer ailleurs, était posé sur le bureau. Un portrait grandeur nature, voir même plus.

C'était donc cela dont vous vouliez me parler ? Une lettre ? Cela doit être un effet dans la peinture ...

Approchant son petit nez de l'endroit indiqué, ses yeux gris louchèrent légèrement sur une forme bien marquée dans la pénombre du cou. Elle se recula légèrement sur un "En effet ..." à peine murmuré. La forme de la lettre montrait bien l'intention de marquer une lettre bien précise. Les courbes et le tracé n'étaient pas hasardeux. C'était délibéré. Elle scruta brièvement le reste du tableau alors que Tibérias s'admirait dans le miroir de la pièce, vérifiant qu'il soit présentable.

La jeune baronne s'approcha alors de lui, dans son dos. Tout ce qu'elle avait à lui dire et lui qui ne pensait qu'à son discours. Un léger soupire puis elle l'enlaça par derrière, passant ses bras autour de sa taille. Collée ainsi à lui, elle lui souffla doucement ...

Vous êtes parfait mon baron. Comme toujours ...

Elle le serra un peu plus fort.

Il faut que je vous parle ... mais ... après ... oui après ... Je vous accompagne si vous le désirez. Je suis à vous.
[/rp]

Tiberias. a écrit:
[rp]Serrée contre lui, Dewan lui démontrait toute son affection. Affection que Tibérias ne remettait jamais en cause. Affection éternelle et amoureuse. Douceur et tendresse, joie et bonheur, gloire et prestige. Il la serra aussi, un peu moins fort, il ne mesurait pas vraiment sa force, ours qu'il était, et la remercia pour ses compliments. Le général se dégagea doucement de l'enlacement mais garda les mains de sa baronne dans ses gants. Il lui sourit et regarda ses doigts de fée. Quelle douceur s'émanaient d'eux... On voyait bien qu'elle était noble car ses mains étaient propres et lisses. Les domestiques les avaient rapeuses bien avant l'âge et sales en tout temps. Celles de Tibérias ? Cachées par ses gants, tout simplement. Jamais il ne les enlevait de la journée... traumatisme... il s'était fait à eux, eux à lui...

"Le peuple nous attend. Vous pourrez tout de me dire après, au déjeuner.

Il sortit du bureau pour le couloir. Là, un page apportait deux couronnes sur deux coussins différents brodés d'or. Tibérias se posa l'objet sur ses cheveux et en investit Dewan. Contrairement à la sienne, la couronne de son épouse était plus mince et légère, adaptée à la féminité. Commande facile lorsqu'on a une armée de forgerons italiens à ses ordres. Perosa était une ressource à ne pas négliger pensa encore le baron. Il marcha et sortit sur les remparts, tenant Dewan par la main. Le rempart faisait office de balcon à discours. La foule cria à la vue du couple, les instruments de musique avaient débuté une ôde qu'ils terminèrent bientôt. Tibérias leva une main et le peuple se montra attenfif, les yeux rivés en l'air. Au centre, Tibérias et Dewan entourés de deux gardes chacun.

"Peuple bien aimé d'Aix-les-Bains, j'ai entendu vos maux et je n'y serai pas sourd ! Un brigand sévit sur vos étals, pille vos maisons, détrousse les églises et écoule une vie paisible ici-même ! Je suis homme de parole, droit et juste et je vous promets que l'auteur de ces crimes sera arrêté et pour ces actes de brigandages, il sera pendu comme le veut ma justice toute puissante et souveraine dans mon domaine !

Le silence était là. Seules quelques toux parsemaient les rangs de la foule.

"Quand je suis arrivé à Aix-les-Bains, c'était une terre de chaos et de chagrin. Mais ensemble, nous sommes parvenus à rendre sa beauté à cette terre ! Soyons fiers et protégeons-la de toute menace.

Il écarta les bras, comme pour inviter les gens à lui.

"Pour fêter ma première année ici et l'éradication du mal, le château organise un banquet et une fête. Venez manger boire et fêter la paix ! Que la cérémonie comm...
"Arrrrrrgh !


Une femme, hideuse et vieille s'était élancée de la foule et regardait Tibérias, visiblement perturbée et rageuse.

"Il n'y a qu'un seul mal dans ce pays, Laurent di Leostilla... et c'est vous ! Vous avez accusé et brûlé mon mari pour sorcellerie... pourquoi tant de colère et de folie ?!

Le général la scruta plus intensément. La vieille devait avoir au moins cent ans vu ses rides, c'était tout bonnement invraisemblable mais il ne dit rien, comme son peuple, et écouta encore ses divagations.

"Mais je vous promets que tout cela ne s'arrêtera pas là... vous allez payer ! Ce sera oeil pour oeil... ce sera dent pour dent... ce sera époux pour épouse !
- Gardes ! Saisissez-vous d'elle !


La montrant du doigt et excédé par ses derniers propos, Tibérias devait montrer sa puissance devant la foule. Mais l'intruse avait redressé une capuche sur ses épaules et s'était enfuie parmi les paysans d'une rapidité déconcertante. Les gardes, perdus à leur tour ne trouvèrent personne. Furieux, Tibérias quitta le balcon.

"Retrouvez cette femme et brûlez-la. A la vitesse à laquelle elle a disparu et pour avoir atteinte une telle longévité, c'était sûrement elle aussi une sorcière. Une fois de plus, la magie nous montre qu'elle est néfaste. N'oubliez pas de trouver le brigand également. S'il y a des suspects ? Tuez-les tous, Dieu reconnaîtra les siens.

Ses propos étaient durs et une fois informé, le capitaine à qui il avait parlé quitta le couple. Arrivé d'un pas vif dans la salle du trône, le général se servit un verre d'eau et parla aux gardes :

"Laissez-nous.

Alors que le tocsin du château sonnait pour avertir les villages voisins et tous ceux qui pouvaient l'être qu'une menace était présente, Tibérias se posa sur son trône, une main sur son front.

"Je vais vous donner une escorte permanente... Je connais la magie et ses ruses, cette sorcière ne doit pas vous toucher...

Il s'en voulait peut-être d'avoir attiré Dewan sur le balcon... mais c'était fait et on ne pouvait pas revenir en arrière. Seul l'avenir pouvait être changé.

"Vous vouliez me parler non ?
[/rp]

Dewan a écrit:
[rp]La sensation du cuir vieilli se contracta sur ses mains légèrement moites. Mais le baron ne pouvait pas le déceler à cause de la protection sur ses mains.

La nuit, quand ils se retrouvaient pour partager des moments intimes, Laurent retirait ses gants. D'ailleurs la première fois, la jeune fille les lui avait retiré elle-même. Et malgré la réticence de l'ancien général, la demoiselle d'Evian, nouvelle épouse du sire, lui avait fait accepter ce contact particulier. Elle lui avait embrassé les mains et le faisait chaque fois que l'occasion se présentait.

Guidée par son époux, ils se rendirent sur le rempart qui surplombait la cour et donnait une vue lointaine sur les terres d'Aix-les-bains. De l'autre côté, les jardins et les thermes, coupole râdieuse sous le soleil. Elle avait accepté la fine couronne de la baronnie et ainsi apparaissait elle comme la digne dame des lieux.

Son époux parla avec toute la bonté et les promesses dont il pouvait faire preuve à l'égard des gens sous sa bonne garde. La jeune fille balayait du regard les gens souriant et termina sur celui de Tibérias. Son coeur n'était pas aussi dur qu'il le laissait voir la plupart du temps. Cette façade d'ours lézardée que peu pouvait vraiment décelée. Pour d'autres, c'était un homme fou et sans coeur. Pour elle, peu importait ce que pensait les autres.

Calmée depuis tout à l'heure, elle réfléchissait intensément sur ce qu'elle avait à lui annoncer. Des phrases se tournaient dans tous les sens, quand elle fut surprise du ton d'une vielle femme qui s'avançait au milieu des gens. Vengeance ... Epoux pour Epouse ... Les menaces, ce n'est pas ce qui manquait dans leurs rôles, surtout à la prévôté par exemple. Mais le message que délivrait cette femme avait quelque chose de plus, quelque chose qui glaça le sang de la baronne.

Le Baron s'ennerva, lança des ordres et ils rentrèrent rapidement à l'intérieur du château. Des gardes constamment ? Fini la liberté ? Ca n'était pas au goût de la jeune fille. Toutefois, elle se garda de protester devant la fureur de son époux. Il semblait réellement inquiet, plus que jamais.

L'invitant à l'entretenir enfin de ce qu'elle gardait pour elle depuis de longues minutes, elle s'asseya humblement à ses pieds, sur les marches menant aux trônes. Son menton se pose sur le genou de Tibérias et le regarda tendrement.

Mon époux ... je ... dois vous annoncer quelque chose ...

Un instant de pause pour observer son visage songeur et elle continua d'une voix plus légère et douce.

Je crains que ma frêle personne héberge depuis peu un petit bout de vous.

Elle savait qu'il l'attendait, qu'il l'espérait. N'était ce pas le meilleur moment pour lui annoncer ? Apaiser cette rancoeur épaisse contre la vieille femme et lui offrir un moment de joie. Peut-être d'ailleurs que c'était le fait de la grossesse qui lui faisait craindre pour sa vie ? Auparavant, elle ne devait penser qu'à sa personne et ce qui pouvait lui arriver ne la concernait qu'elle et elle seule. Aujourd'hui, ils étaient deux dans son corps. [/rp]

Woland_von_selenios a écrit:
[rp][La scène débute quelques jours auparavant]

Toujours vêtu d'habit de fortune, Woland traverse les plaines, les cols et les plateaux de Savoie. Il se trouve qu'il traverse bon nombre de terres, sans s'occuper des seigneuries ou des vicomtés. Il marche d'un bon train, évitant la maréchaussée quand il le peut, après tout sa bourse n'est pas assez remplie pour se permettre de graisser la patte de quelque marcheur des routes mal intentionné.
Une nuit, il se trouve dans une clairière et voit alors deux loups en train de se partager une proie. N'écoutant que son courage et son estomac, Woland se jette aux devants d'eux en criant de toutes ses forces. Les bêtes détalent et il se jette sur le gibier. Il attrape la "chose" et la lève devant lui :


-Ciel... Mais c'est une de mes bottes !

Rien aux alentours cependant. Il reprend donc sa marche, pensant qu'il n'est plus très loin du but.
La nuit se passe, il se repose auprès d'un arbre, rien à signaler.
Il arrive alors près d'un château. Il traverse le village, ne voit rien de particulier, sauf que tout le monde semble s'affairer avec beaucoup de vivacité à son ouvrage. Woland reste sur ses gardes tout de même et tient bien fermement sa cape qui le couvre entièrement. Il a comme un mauvais pressentiment.
Un jeune garçon passe près de lui, il l'arrête en l'attrapant par le col :


-Dis moi crapaud, il y a quelque chose qui se prépare par ici ? Tout le monde semble pressé.
-C'est l'seignour d'icy qui va porler, les gardes ont dit qu'y fallaient l'oïr, sinon qu'on serait pendus !
-Alors file d'ici avant qu'on ne te pende !

Le gamin reste et tend la main :
-Un gage de votre benveillance, pour les ptits gens messire ?

Woland s'agenouille devant l'enfant et ôte le chapeau de la charmante tête blonde, il lui sourit en lui murmurant :
-Tu vas t'éloigner tout doucement, moi je vais garder ton chapeau, si tu cries, si tu pleures, si tu fais un geste qui me déplait je te brises les gencives et les dents qui vont avec...

Il attrape un objet dans la main du garçon, puis se relève toujours en souriant, le petit s'en va :
-Non mais franchement, les enfants d'aujourd'hui saigneraient même leurs parents ! Si tu crois que je n'avais pas vu ton couteau caché dans ta main, morveux !

Woland place le petit chapeau sur sa tête et part en direction du château.

[Une heure plus tard : le discours a eu lieu, les paysans sont rentrés chez eux]


Deux gardes laissèrent tomber devant Woland leurs hallebardes :
-On ne passe pas !
-Fariboles ! Dites à Monseigneur le Baron d'Aix les Bains, que le Professeur Sélénios voudrait lui apporter son aide, qu'il s'entend bien à porter l'épée, si on lui en prête une, et qu'il chasse aisément les sorcières si jamais on lui apporte protection en retour.[/rp]

Tiberias. a écrit:
[rp]
Affalé dans son trône, Tibérias avait la tête collée contre son poing et songeait à la meilleure stratégie pour vaincre une bonne fois pour toute la magie et le brigandage. C'était chose difficile mais aucun combat n'était réputé aisé. Dewan s'installa sur les marches qui menaient au trône. Sa pauvre robe en pâtirait songea le général. Puis la tête de son épouse vint se caller sur l'un de ses genoux. Elle répéta encore une fois qu'elle avait quelque chose à annoncer. Sur un mouvement de main, Tibérias l'encouragea à poursuivre. Et c'est alors qu'elle sortit cette phrase. Une phrase simple que le baron ne comprit pas immédiatement. Il ouvrit plus grandement les yeux et sa tête fut subitement moins lourde. Il venait de réaliser. Un fin sourire gêné s'installa sur ses lèvres. Il s'empara des mains de sa femme, descendit une marche et l'aida à se relever. Les mots ne suffisaient plus, seule l'émôtions défilait dans le regard de l'homme.

"Vous allez donner naissance à un héritier ? Ma douce, vous m'enchantez... quelle heureuse nouvelle !

Prenant délicatement la main droite de Dewan, il l'emmena vers les trônes avant de se tourner et de s'asseoir. Seuls dans la pièce, les deux amants siégeaient ensemble. Main dans la main, leur destin lié, les deux souverains étaient heureux. Puis la fatalité revient dans la tête de Tibérias. Ses sourcils se froncèrent et ses pensées revinrent toutes entières à la sorcière.

"Raison de plus pour vous protéger. Si la sorcière touche à vous et à l'enfant, ce serait une catastrophe... Nous n'annoncerons la bonne nouvelle au peuple qu'une fois la menace éradiquée... Oui, nous ferons cela...

Tibérias hocha la tête comme s'il se répondait à lui-même et serra un peu plus la main de Dewan. Encore étourdi par cette nouvelle de naissance, ses sentiments étaient contrariés.

"Les doléances du peuple ne vont pas tarder... Si vous êtes fatiguée, vous pouvez aller vous reposer...

Les doléances consistaient à parler directement au souverain et à sa Cour. Les paysans défilaient dans la salle du trône et demandaient aide, conseil, protection, justice et réponse à leur Baron. Tibérias aimait particulièrement ces débats. Surtout parcequ'il était assis et ne bougeait pas. Bien souvent, il donnait à l'un de ses conseillers la permission de répondre car certains domaines ne lui paraissaient pas intéressant voire complètement inutiles. On frappa bientôt à la porte. Un garde pénétra avec l'accord de Tibérias.

"Mon seigneur, le Conseil attend votre permission. Le peuple est venu en masse.
- Faites entrer la Cour et le premier habitant.


Une bonne vingtaine de personnes commencèrent à entrer dans la salle du trône. Ils vinrent tous, un par un, s'incliner devant le baron et la baronne. Ils restaient ensuite, selon leur importance, soit aux côtés du couple, soit sur les longs côtés de la salle. Les chuchotements et la vie reprenaient. Avant la première audience, Tibérias se pencha vers son conseiller à la sécurité.

"Au vu des récents évènements, doublez les effectifs autour du château. Constituez également une escorte de vos deux meilleurs hommes qui seront attachés à la baronne pour sa sécurité personnelle.

Le conseiller hocha la tête et confia la tête à l'un de ses seconds qui s'en alla immédiatement remédier à toutes les consignes. Le crieur de l'entrée annonça le premier homme.

"JEAN LEDOS, ELEVEUR DE MOUTONS.

Un frêle paysan entra et exposa ses soucis. Tibérias regarda Dewan un instant et de ses yeux, il glissa vers son ventre. Le gueux termina bientôt. Un souci de vente de laine à ce qu'il avait compris.

"Moi, votre souverain, je vous propose le marché qui suit : selon vos laines, la château en achètera toujours le tiers, pour vous permettre de vous nourrir, vous et votre famille, de façon convenable. Suivez Gaston pour vous entretenir en privé avec lui.

Le paysan fondit en remerciements et se mit à genoux devant Tibérias qui fit signe à son conseiller Gaston de prendre la relève. La seconde audience devait arriver. Mais il n'y eut rien. C'est finalement Januz qui déboula des portes, essoufflé.

"Januz ?
- Mon seigneur, un homme étrange, un professeur veut vous voir.
- Il attendra son tour comme tous les autres.
- Je ne pense pas mon seigneur. Il se dit chasseur de sorcières.


L'information fit mouche. Tibérias se redressa un peu plus.

"Annulez toutes les doléances de ce jour. Faites entrer votre professeur.

L'homme pénétra finalement dans la vaste salle. Tous les regards inquiets des membres de la Cour se posèrent sur lui. Ce n'était pas vraiment ainsi que Tibérias l'imaginait. Mais il fallait sûrement trompé l'ennemi. C'était une ruse, certainement. L'homme avait dû voir comme tout le monde, la folle du discours... Un arriviste ? L'idée allait bon train dans l'esprit du général. Trop beau pour être vrai.

"On raconte que vous chassez la sorcière ? Je vous offre logis, couvert et protection si vous m'en persuadez. Parlez, présentez-vous.
[/rp]

Dewan a écrit:
[rp]La jeune fille se releva avec un grand sourire râdieux aux lèvres. Il était heureux, bien entendu. Un héritier ? Ca restait à voir. Elle avait bien suivi les instructions des vieilles femmes du village sur les remèdes et superstitions afin de s'assurer d'avoir un fils. Il restait au Très Haut d'exhaucer leur souhait le plus cher. Pour Dewan, petite fille ou petit garçon, ça lui était égal. C'était un petit bout de lui qui allait grandir en elle et surtout, c'était une de ses plus belles preuves d'amour.

S'asseyant à ses côtés dans la salle du trône, Dewan était ravie de l'effet produit. Elle allait pouvoir enfin lui parler de La Luserne et de sa compagne particulière. Mais très vite, le baron revint sur ses inquiétudes et la jeune fille déchanta. Déjà les gens entraient pour faire part au seigneur des terres d'Aix les Bains, leurs problèmes et leurs questions.

Dewan écoutait la plupart du temps silencieusement. Elle ne donnait discrètement son avis au baron que quand ce fut vraiment nécessaire. Elle n'avait pas encore bien l'habitude de ces formalités et s'y prêtait volontier quand son époux le désirait.

Mais ce jour là, non seulement son ventre criait famine mais l'apparition de la sorcière la rendait anxieuse. Elle observait la cour des notables d'Aix, des gens parfois influents, peut-être même rancuniers pour certains, d'autres généreux ou encore fiers. Elle ne les connaissait pas et aux rumeurs qui circulaient, certains voyaient du mauvais oeil que le baron n'épouse qu'une simple dame, ou encore que le fils renié des Di Leostilla soit de retour sur les terres de son frère.

Je reste prêt de vous mon amour, nul autre endroit n'est plus sûr pour moi.

Et cela n'était pas une flâterie gratuite. Le Baron était parfait bretteur. Il lui avait d'ailleurs promis de lui enseigner quelques bottes et l'art du combat. Dewan avait toujours préféré le bâton mais comme disait son époux, le bâton ne tue pas ! Loin de l'idée de la demoiselle d'ôter la vie à quiconque, elle se fiait à son entier enseignement en la manière de sauver sa propre vie.

Les doléances commençaient à peine qu'un évènement soudain changea la donne. Un "invité" particulier. La jeune femme serra à son tour la main de son époux. Qui était donc ce Professeur qui se présentait à eux.
Elle écouterait, n'en manquant pas une miette ! [/rp]

Woland_von_selenios a écrit:
[rp]Quand il entre où siège le Baron et la Baronne, un froid glacial semble soudain se lever. Woland avance, doucement, regardant autour de lui, non par inquiétude, mais par curiosité : l'aurait-on annoncé comme sorcier lui-même ? C'est ce qu'il se dit alors qu'il avance vers le frère Leostilla.
Le Baron semble méfiant à son égard, la Baronne elle ne semble qu'intriguée, elle jette des regards à son époux. Nul doute qu'il ne se trame pas que la malédiction d'une sorcière et les pillages de bohémiens dans ce château...

Arrivé à une distance convenable des trônes le Professeur Sélénios s'incline légèrement :


-Monseigneur le Baron, Madame la Baronne, qu'Aristote bienveillant guide vos pas et le Seigneur vous protège.


Il se redresse et répond ainsi :
-Monseigneur, j'ai par le passé parlé devant maintes doctes assemblées et mes élèves m'appelaient Docteur. A Nuremberg, j'ai fait la connaissance de Heinrich Institoris qui disait alors connaître moult manières de déceler, capturer et occire les sorcières, j'ai par lui beaucoup appris.
Puis je le quittais et vins à l'Université de Bâle, où l'on me proposait de prendre la place du Doyen de la Faculté de Lettres. Je fus alors confronté à une sinistre affaire, nombre de jeunes gens disparaissaient. Je connaissais certains d'entre eux et savais qu'ils n'auraient pas ainsi disparu sans avoir une bonne raison. Je menais donc ma propre enquête.
Ce que je découvris m'horrifia au plus haut point. Une femme, véritable Jézabel, aspic envoûtant, les séduisait eux qui était de bonnes familles par force de charmes et de sortilèges. J'eus la chance de la pouvoir suivre, alors qu'elle conduisait l'un de mes élèves hors de la ville. Quand ils furent tout deux dans les bois, bien à l'abri des regards, à l'exception du mien, ils se dévêtirent et commirent des actes que je ne puis me permettre de relater devant Madame la Baronne.


Le professeur marque une pause, le temps d'humidifier ses lèvres, puis reprend son récit :
-Quand la chair fut consommée, la femme tendit une coupe au jeune homme, il s'appelait Franz von Ravensbourg, quand il la porta à ses lèvres, il s'évanouit immédiatement. La sorcière l'eut occis et dépecé si je n'étais pas intervenu. Je la menaçais de ma lame, mais elle me rit au visage. Elle tenta de s'échapper à travers les bois, je la rattrapais bien vite en la prenant à bras le corps. La créature se mit soudain à écumer et à trembler. Il me sembla que le démon qui la possédait voulut sortir de son corps de manière à ce que je ne l'attrapasse point, tout comme me l'avait conté Heinrich Institoris. Je lui donnais alors un fort coup du pommeau de mon estramaçon sur le chef, le démon en fut quitte pour un temps.

Woland prend alors le temps de regarder le Baron et la Baronne, avant de repartir :
-Mon élève Franz n'était point roide, bien qu'il fut endormi par la potion que la sorcière lui avait fait boire. Je dus les mener tous deux, lui ainsi que la créature du Diable, hors des bois dans le cabinet que j'occupais alors. Franz ne devait finalement se réveiller que deux jours plus tard.
Quant à la sorcière, je la soumis moi-même à la question : elle avoua son hérésie, les meurtres et les enlèvements. J'observais chez elle un comportement qui s'alternait entre des moments de prostration profonde, elle avait alors une voix douce, demandait pardon et délivrance, et des moments de rage terrible où elle tentait de m'agripper, prononçait des discours sacrilèges ou m'ordonnait de commettre avec elle le péché de chair.
Ne sachant que faire, je trouvais réponse et remède dans un ouvrage du savant grec Hippocrate. L'hyster de la créature devait être empli afin que le démon qui l'habitait ne puisse plus la troubler par...


Le professeur jette alors un regard à la Baronne et tousse avant de continuer :
-Mais je vais taire à nouveau quelques détails... Je construisis une machine qui permit de faire de manière constante ce que la possédée demandait en hurlant et que je ne me permettais point de faire moi-même. Après plusieurs jours, la créature devint plus calme, il me sembla que je pouvais espérer une guérison. Elle me parla, parut douce et reconnaissante, mais dans une dernière crise bien plus violente, le démon voulut s'extirper du corps afin de m'échapper. La femme en mourut.
Institoris me félicita grandement pour cet office.
J'ai pu parfaire mes connaissances à de nombreuses occasions par la suite, notamment quand sous le titre de Capitaine je dirigeais une phalange de mercenaires germains en terre sainte. En ces landes hostiles, moult infidèles vouaient culte au Démon et je dus, par ma charge, de leur vie inonder l'arène.


Le Professeur Woland von Sélénios termine ainsi son récit, regarde un temps Baron et Baronne, puis incline la tête :

-Je suis venu à vous fort de cette vie qui fut la mienne et qui fut remplie comme vous l'avez pu ouïr de merveilles des plus étranges. Jugez maintenant si je suis digne de vous apporter mon aide ou si je dois prendre congé de vous et quitter ce château. Vous avez ouï l'histoire de celui que l'on nomme "Der Professor Woland von Sélénios".

S'il tait son infortune et la raison pour laquelle il est privé de vêtements convenables, c'est pour éviter que le Baron puisse penser qu'il n'agisse ainsi que pour retrouver ses voleurs. Woland pense que plus tard, il racontera au Baron sa mésaventure, car il est honnête homme, quoiqu'homme d'aventure ![/rp]

Tiberias. a écrit:
[rp]
Tibérias regarda l'homme s'approcher et s'incliner devant eux. C'était déjà cela, il connaissait les manières. S'il en avait été autrement, il l'aurait sans doute fait arrêté sur le champ et emprisonné pour trahison, mais tout cela serait pour une autre vie, certainement. Le professeur se redressa et débuta un monologue pour lequel Tibérias ne resta pas indifférent. Passant sa main sur sa barbe, son regard se perdait dans celui du narrateur. Tout le Conseil était silencieux et écoutait avec attention la présentation. Tout homme aime les histoires, et c'en était véritablement une que racontait le docteur. Le monde est vieux, mais il fallait encore l'amuser comme un enfant. Curieuse chose. Au fil de la narration, le général essayait d'imaginer ce qu'il allait bien pouvoir faire de lui. Ses folles inventions, ses élèves limités, ses prestigieuses universités et ses chasses aux démons le rendaient indubitablement nécessaire voire obligatoire pour le baron. Ce dernier eut un regard pour sa compagne. Sauve, elle serait peut-être sauve s'ils arrivaient à confondre la sorcière. Le discours avait convaincu le procureur. Il parut un instant déboussolé lorsque le professeur parla de la terre sainte, région où Tibérias fut également croisé pour la gloire de Dieu.

"Vous avez ainsi foulé la Terre Sainte... Nous sommes frères en ce point, Capitaine. Il faut à tout prix que vous m'expliquiez votre expérience là-bas.

Le regard de Tibérias se posa sur ceux de ses conseillers visiblement peu enclin à les entendre parler seuls pendant que eux, attendraient.

"Plus tard, cela va de soi...

Quelques conseillers adressèrent un respectueux salut de la tête au baron qui leur offrit un clignement des yeux entendu. Tibérias fit alors une chose qu'il faisait rarement voire jamais lorsque la Cour était réunie : il se leva. Il fit le tour de son trône et posa le bras sur le dossier de celui-ci. Il concentra son regard vers Sélénios.

"Très cher professeur, votre histoire m'a plu. Aix-les-Bains a besoin de vos services. Vous avez dû voir cette sorcière qui a sévi lors de mon annonce... C'est elle qu'il faut traquer en toute urgence. Bien entendu, si vous rencontrez d'autres sortes de magie, il vous faudra l'exterminer tout aussi rapidement.

Tibérias descendit les quelques marches menant au trône et se trouvait non loin du professeur. Il jeta alors ses yeux sur son conseiller à la sécurité.

"Vous veillerez à ce que le professeur ait toujours les hommes et le matériel dont il aura besoin, aussi excessif que cela puisse vous paraître, sans pour autant que ses exigences ne dépassent les miennes.

Le général remonta les escaliers et regarda l'assemblée.

"Que ce jour marque le début d'une ère de gloire et la fin d'un temps de chaos et de magie. Les festivités ont déjà commencé chers amis, profitez-en, les Ordres du jour sont achevés.

La Cour commença à se retirer et Tibérias regarda Sélénios.

"Professeur, cela vous intéresserait-il d'être vassal de ma Couronne ? J'ai besoin de personnes de confiance, loyales, sachant manier les armes et le verbe. Si vous parvenez à m'apporter la sorcière dans une cage, vous pourrez revendiquer la terre que vous voudrez.

Ses yeux se posèrent sur son épouse.

"Mais le démon cherche à tuer la Baronne... S'il lui arrivait malheur, vous serez considéré comme responsable au même titre que la sorcière et vous serez décapité pour trahison comme le stipule les lois.

Quitte ou double moyenâgeux. La parole avait plus de valeur que l'écrit, aussi leur accord ne serait que souvenir. Sélénios allait-il accepter ? Tibérias l'espérait, mais mieux valait tout expliquer au début.

"Que dites-vous ?
[/rp]

Dewan a écrit:
[rp]La jeune femme écoutait l'histoire du fameux professeur, le détaillant de haut en bas et sous toutes les coutures, et ce bien malgré elle. Intriguée par le personnage qui semblait avoir vécu maintes aventures, la demoiselle sourit quand il évoqua la chasteté des oreilles de la douce baronne. S'il savait ! Ce qu'elle fut auparavant n'était connu que de deux ou trois personnes de confiance dont Tibérias et sa Suzeraine. Mais bien des détails, elle n'avait révélé. Il ne valait mieux pas d'ailleurs.

L'homme était bon conteur, il n'y avait pas à dire. Quant à la véracité de ses dires, c'était autre chose. Son aimé lâcha sa main et se leva. Elle reprit sa main, se coinçant dans son trône qu'elle commençait à trouver bien étroit tout d'un coup. Elle était mal à l'aise. Son regard à la couleur des miroirs d'argent fixait l'individu qui proposait ses services.

Cogitant, le baron marchait. C'était toujours une habitude chez lui quand il avait des décisions à prendre. Marcher et réfléchir. Comme si les pas faisaient avancer les réflexions sur un fil imaginaire.
Elle écouta et se retourna brusquement quand son époux lui offrit une terre pour l'éradication d'une sorcière.

Mon époux, pensez vous que cela soit vraiment ... judicieux ?

Il ne connaissait rien de cet homme. Peut-être même était ce un allié de la Sorcière ? Tibérias se laissait attraper par sa haine des créatures du Sans-Nom et ne prenait pas la peine d'enquêter sur le professeur. Elle savait qu'il s'emportait dans ces cas là. Mais là, ce fut bien plus qu'elle ne l'imaginait.

Un mouvement dans les tentures drappant le fond de la salle du trône attira l'attention de la jeune fille. Frissonnante, elle se leva d'un bond en criant.

Tibérias ! Attention !!!

Et le son d'une fléchette, sans doute empoisonnée, qui s'élançait dans les airs ... [/rp]

Woland_von_selenios a écrit:
[rp]Paroles cruelles.
Paroles dures.
Paroles... sages.

En aucun cas Woland ne perçoit de méfiance excessive dans les propos du Baron. Il lui semble qu'ils sont de la même école, qu'ils ont vécu des choses similaires. Visiblement, tout comme lui, Tibérias a connu la Terre Sainte et le professeur se demande si cela est lié au fait qu'on l'appelle Général.
Quand celui-ci se propose de faire un marché, le professeur sait d'avance qu'il va accepter, lui qui est fondamentalement aristotélicien ferait même un paris avec le Démon si cela se présentait, par simple goût du risque et de l'aventure.
Le cas ici n'est pas exactement le même, la cause pour laquelle il pourrait mourir est juste. Si le Baron remet entre ses mains la vie de la Baronne, il la doit secourir au mépris de sa propre vie : échouer c'est mourir.
Sélénios n'est pas vain ramasseur de gloire, il est loyal quand la cause est juste, courageux en toute occasion et téméraire lorsqu'il n'y a que cela à faire.

Lorsque le Baron énonce son ultime question, Woland n'hésite pas, bien que la Baronne semble le faire, il pose un genoux à terre et dit :


-Monseigneur, je gage de ma vie que...

Mais alors que l'entretien semble prendre un tour heureux, la Baronne se jette soudain sur ses pieds, elle semble affolée. Woland veut tirer son épée, mais il n'en possède plus.

-Tibérias ! Attention !!!

Sans réfléchir, il pousse sa jambe dextre, se redresse d'une tension de muscle et veut se propulser vers l'avant. Le Baron est juste devant lui, la Baronne derrière ce dernier, debout également. Il bondit vers l'avant espérant faire basculer le Général en arrière pour avoir le temps de protéger son épouse.

Il se jette sur le Baron.

Un carreau siffle férocement dans les airs.

"Si je ne me fais pas jeter au cachot après ça, c'est que je serais mort" se dit le professeur jugeant après coup de la témérité de sa conduite.

Mais comme il n'a pas vu le tireur, il ignore si ce qu'il fait est juste.

Le Hasard et la Fortune donneront tord ou raison à son acte.

Alea jacta est.[/rp]

--LaLuzerne a écrit:
[rp]
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During this time, from away of all. What ? Do you have some problem with my english ?

Clef. Tour Sud. Attendre. Tous ces mots résonnaient encore dans la tête de la Luzerne. Il accompagna Dewan jusqu'à la porte, la remerciant mille et une fois pour son aide. C'était étrange : on pouvait toujours tout avouer aux femmes, tandis que les hommes eux, étaient souvent réticents et ne voulaient rien entendre. Rassuré, le jeune homme eut un sourire envers Célestine, lui faisant comprendre que tout irait bien. Il verrouilla la porte et laissa tomber sa serviette. La bohémienne nue dans le lit était d'une tentation affreuse pour la Luzerne qui fit quelques pas pour la rejoindre. Mais rattrapé par sa mission, il dégagea de lui tout désir ardent et s'empara de ses vêtements.

"Nous finirons une prochaine fois... il faut partir, pour ne plus être repérés.

Il lui tendit ses habits et tous les deux se vêtirent, quelque peu déçus. Mais parfois, la peur était plus forte que l'amour. Surtout quand les deux menaient à une mort certaine.

Il sortirent finalement de la chambre. L'aile Sud était la moins gardée. Par chance Dewan savait ce qu'elle faisait, cela rassura La Luzerne une fois de plus dans son choix de faire confiance à la baronne. Il fallait maintenant trouver la clef. L'Intendant... Januz... avait l'un de ses bureaux dans l'aile Sud. L'écuyer s'y précipita, tenant fermement Célestine par le poignet, comme la première fois où ils s'étaent vus, que de nostalgie... mal placée.

Comme il s'y attendait, Januz n'était pas à l'intérieur et la porte du bureau était fermée. Donnant un grand coup de pied, la pièce fut accessible et La Luzerne s'empara de tous les trousseaux de clefs visibles. Il partit ensuite, avec son amour vers la Tour. Ils montèrent et montèrent nombre d'escaliers avant d'arriver à une nouvelle porte.

"C'est un poste de guêt où il n'y a plus aucune activité car aucune menace ne peut arriver du Sud... la baronne est astucieuse. Quelle est la bonne clef...

Des dizaines d'essais s'enchaînèrent... et enfin, la porte se déverrouilla laissant place à un espace coquet bien que délaissé. Refermant derrière lui, La Luzerne se vautra sur un canapé. Quelle chance de n'avoir pas vu de gardes ! Il soupira un instant et s'approcha de la fenêtre qui menait sur un balcon de ronde. La vue était saisissante.

"Tibérias règne sur une terre magnifique... Regarde, c'est La Biolle qu'on voit là-bas... S'il y avait un danger, on serait très vite informés... et puis avec les renforcements de la garde, aucun soldat ne peut venir ici...

Il lui sourit et glissa un baiser dans son cou.

"Le baron et la baronne reçoivent les doléances du peuple... et euh... où en étions-nous restés ? J'ai quelques plaintes à formuler... et quelques demandes... d'explorations... à demander...

Souriant, ses mains suivirent les courbes de Célestine jusqu'à ses hanches. Quelle fusion, quelle alchimie ![/rp]

--.Celestine. a écrit:
[rp][Vous devez être inscrit et connecté pour voir cette image]

_____________________________________________________________

La discussion avait bon train entre son homme et la fameuse baronne. Cette dernière n'avait rien d'impressionnant. Elle était même plutôt simple, limite si elle ne se serait pas confondue parmi le personnel. Pensée un peu exagérée, la jalousie de Célestine était à son comble. La Luzerne semblait un fervent admirateur de la blonde nobliaude. Et elle alors ? Insistant sur ses courbes charmantes à travers le fin drap qu'elle laissa intentionnellement à peine couvrant, afin que son beau soldat n'oublie pas ce qu'ils étaient en train de faire, la bohémienne observait la scène sans un mot.

Par bonheur, la baronne ne resta pas et quitta la chambre rapidement. Ô joie ! Son belâtre se dénuda devant elle, attisant rapidement un désir nullement éteind. Un sourire entendu vint se dessiner sur son visage presque parfait. Mais la déception vint cueillir les lèvres de la jeune femme.

Partir ? Mais ... Bon ... Pfff ...

Elle dégagea d'une main négligée le drap qui couvrait encore son corps. Elle saisit son jupon et son corset léger. Son amant s'agitait en tout sens. Devant le peu de réaction de la donzelle, le jeune homme l'emmena par le poignet afin de courir au travers les couloirs du château. Elle suivit sans broncher. Quelle aventure ! Elle adorait cela ! Jamais elle n'avait vécu avec autant de ferveur ces instants de folie !

Des escaliers, des pierres poussiéreuses, une chambre, plus belle que celle de La Luzerne. Emerveillée, la jeune fille regarda par la fenêtre ce que lui montrait son amour. Oui c'était beau. Mais ce qui était encore plus beau, c'était cette pièce. Une large lit, une malle, des fauteuils. Ceci devait servir de retraite si nécessaire, d'où l'ameublement agréable prévu.

Elle s'installa aux côtés de son voyou. Il commençait à tourner mal se disait elle. Que ne ferait il pas pour elle ? Son regard aux longs cils épais, des yeux de biche, un visage fin et délicat, ainsi qu'une crinière noire la rendait d'une beauté sauvage et sensuelle. Un baiser dans le cou la fit frissonner.

Tu voues une grande admiration à ta baronne ! L'aimerais tu ?

Le ton sec de la diablesse démontrait toute sa jalousie. Elle sentait les mains de La Luzerne sur elle mais ne les repoussa pas, bien au contraire. Elle dégraffa son corsage à peine serré, dévoilant une poitrine voluptueuse et légèrement dorée par le soleil. Elle vint chevaucher les cuisses de son amant, lui faisant alors face, fiérement, scruttant dans ses yeux la vérité de sa réponse tout en défaisant lentement la chemise du soldat. [/rp]

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Fidelis
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MessageSujet: Re: [RP] Il était deux fois, à Aix-les-Bains   Sam 1 Oct - 15:20

Tiberias. a écrit:
[rp]
Tibérias était songeur en regardant Sélénios. Etait-il l'homme de la situation, se demandait-il encore. Et Dewan qui en rajoutait. Judicieux ? Tout ce qu'il disait l'était, tout ce qu'il faisait était calculé, minutieusement et n'échouait que rarement. Fin stratège, c'était à cela qu'on gagnait une bataille, et il en avait gagné, le Tibérias, des batailles... Alors non, son épouse n'aurait aucun rôle exécutif dans tout cela. Pour tout dire, il ne releva même pas sa phrase, ce qui dut rassurer le professeur. Devant les deux trônes, Tibérias écoutait l'homme devant lui. Mais alors qu'il prit la parole, Dewan se leva brutalement, s'approcha de lui et hurla de peur. Attention ? Mais à quoi ? Tout allait très vite. Un mouvement, un geste, Sélénios s'élança vers le baron et le poussa... Le général vacilla et ne voulant pas finir sur les roses, il tenta de s'agripper à son épouse mais il la bouscula à son tour. Tibérias termina sa course le dos sur une marche, Dewan était tombée sur le trône de son mari et Sélénios était affalé sur les marches près du baron.

Tout s'était passé en une fraction de seconde qui parut une éternité. Tibérias se releva, défroissa son manteau et voulut hurler sur l'homme qui l'avait bousculé. Mais il eut un regard pour sa bien aimée. A quelques centimètres de sa tête, une petite flèche s'était plantée dans le trône. Le général blémit et appela la garde tandis qu'une silhouette s'échappait dans le couloir.

"On a essayé de tuer la baronne ! Que personne ne sorte du château ! Fouillez les couloirs de fond en comble ! Trouvez-la !

"La"... Car pour Tibérias, c'était déjà un coup de la sorcière. Il s'approcha de son épouse et l'attrapa par la main pour la soutirer au trône. Prélevant la fléchette de son gant, le général porta la pointe à son nez. Aucun doute, elle était empoisonnée. L'odeur âcre qu'elle dégageait ne laissait aucun doute. Il la posa doucement sur une petite table laissée là. Ses yeux se posèrent alors sur Sélénios, toujours sur les marches. Il avait voulu lui arracher la peau pour l'avoir poussé, mais il venait... de leur... sauver... la vie ? Sauver Tibérias et Dewan ? Voilà une chose rare, le général s'occupait d'ordinaire très bien d'eux. Mais cette fois-ci, il se rendit à l'évidence : il ne pouvait pas rivaliser seul contre les forces obscures. Et le professeur venait de le satisfaire grandement. Il s'approcha de lui.

"Les gueux ne doivent pas toucher les seigneurs. Vous ne m'avez pas touché, vous m'avez bousculé !

Il fit semblant d'être en colère. Puis il sourit et tendit son bras à Sélénios pour l'aider à se relever.

"Mais vous nous avez sauvé la vie... quelle hardiesse ! Joli coup Capitaine.

Tibérias regarda Dewan, visiblement choquée par la fléchette. Quand Sélénios les quitterait, il se devrait de la réconforter. Mais pas de sentiment devant les invités, jamais. Quand le professeur fut à ses côtés :

"Der Professor, rendez-vous à l'armurerie où l'on vous équipera convenablement et commencez dès que vous serez prêt, votre enquête et votre chasse.

Aucun remerciement, non c'eût été de trop. Un baron ne remerciait pas quelqu'un du bas peuple, aussi élevé intellectuellement fut-il. Reconnaissant, il attendit que Sélénios prenne congé d'eux.[/rp]

Woland_von_selenios a écrit:
[rp]Dès qu'il voit que la flèche n'a touché personne, le professeur Sélénios pousse un soupir de soulagement. Tout le monde est sauf, c'est bien l'essentiel.

Néanmoins, il demeure la crainte d'avoir quelque peu fait une entorse... voir même une fracture aux règles de l'étiquette. Tout professeur sage qu'il est, tout fils d'une famille qui un jour fut noble il y a de cela moult années, bien avant qu'un aïeul joua ses terres aux jeux, il est maintenant des petites gens et sa conduite il le sait pourrait le mener au pilori pendant quelques jours.

Après avoir donné l'ordre de retrouver le tireur, le Baron s'approche de lui, il baisse la tête.
Woland alors pense à toute allure, il se dit qu'il peut se considérer heureux que Dewan n'est pas donné l'alerte par erreur, mais les premières phrases du Baron le font douter. Puis il lui tend les bras, à nouveau Woland pousse un soupir de soulagement et se permet un sourire en se relevant avec l'aide de Tibérias. Il répond ainsi au Baron :

-Je n'ai fait que mon devoir, mon Général.

Puis, il s'incline :
-A vos ordres Monseigneur le Baron, je jures sur le tombeau qui un jour sera mien de mener ma mission à bien.

Il s'incline également devant Dewan :
-Mes hommages Madame la Baronne, au prix de ma vie je garantirai la votre.

Nuque baissée, main sur le cœur, il recule humblement puis se redresse et retourne vers l'entrée de la salle. Il accoste un garde à la mine affreuse :

-Dis-moi, saurais-tu où se trouve l'armurerie ?

Il lui répond d'une voix rauque et gutturale qui sent le mauvais vin et le fromage :
-Ouais faut passer par la salle des gardes, entre le dortoir et le cachot.

Tout cela ne dit absolument rien à Woland, mais pour éviter de lui faire ouvrir à nouveau la bouche, il sourit, remercie du chef et s'éclipse rapidement.

Quelques temps plus tard c'est vêtu d'une brigandine noire et courte qu'il ressort du château, il porte à son côté une épée longue à oreillons.
Le professeur observe alors le paysage qu'il a devant lui, il pose ses yeux sur chaque toit, chaque ferme. Il observe les enfants qui travaillent, ceux qui jouent, les prostituées qui se vendent à la sauvette, le bucheron qui rentre à son logis en portant son fagot sur son dos.
Sans bouger, il se demande à haute voix :

-Si j'étais une créature possédée par le Démon, où me terrai-je ? Peut-être faut-il plutôt se demander à quoi ressemblerait une créature possédée dans un village comme celui-ci ?

Il sourit :
-Il y a forcément quelqu'un ici qui connait l'identité de la sorcière... Par où commencer ? Les tavernes ? Les apothicaires ? Le campement des besogneuses or de l'enceinte de la Basse-Cour ?

Le Professeur Sélénios se met en marche. Il ne faut négliger aucune piste, la journée n'est pas prête de se finir pour le chasseur.

[/rp]

Dewan a écrit:
[rp]Tout se passa très vite. Le coeur en chamade de la jeune baronne lui ordonnait un bruit sourd au fin fond de ses oreilles. Cela devenait infernal ! Le rideau bougea, le professeur bouscula le baron qui la propulsa sur son trône . L'agresseur fut suffisamment agile pour la viser malgré tout, la râtant de justesse ! La première flèchette devait être perdue au delà du trône d'épouse qu'elle occupait avant de se lever. Le plus inquiétant était la seconde fichée dans le dossier du trône du baron où elle avait fini renversée telle une crèpe ratée !

La jeune fille ainsi ratatinée au fond d'un trône d'ours, n'avait rien vu du reste de la scène, juste l'écho de son époux hurlant, ennervé, sur la garde et dieu sait qui d'autres qui auraient croisé son regard. Seul le professeur semblait recevoir sa clémence. La jeune fille se redressa. Quel bonheur pour elle de ne pas avoir revêti les multiples jupons et les corsets trop serrés des tenues de rigueur. Elle remercia intérieurement ses bonnes idées avant de se lever du trône.

Tibérias venait d'envoyer l'homme aux trousses de la sorcière ! Et Sélénios venait même de lui promettre sur sa vie qu'il dénicherait la vieille femme. Réfléchissant rapidement, esquissant un minuscule sourire à son "sauveur", la future maman s'aggrippa à l'accoudoire à portée de sa main. Non ! Elle ne tournerait pas de l'oeil ! Dewan avait toujours fait preuve de courage même dans les pires situations. Elle braverait encore cette épreuve que le Très Haut lui imposa.

Aucun son ne trouvait le chemin de sa gorge. Elle restait là à observer. Un affaissement de sa tête signala qu'elle donnait conger à Sélénios et qu'il pouvait se retirer. Dans le fond, elle était heureuse qu'il s'en aille, ainsi que toute la cour qui fut congédiée après l'évènement, interroger par la garde à l'extérieur.

Ceux-ci avaient d'ailleurs fouillés rapidement les drapperies pour ne trouver personne. Aucune trace de l'agresseur. Cela sentait presque le surnaturel. Ceci avait attisé encore plus l'inquiétude du baron.

Une fois qu'ils furent seuls, la jeune fille s'affessa sur le sol. Son coeur avait du mal à s'arrêter d'hurler. Les souvenirs de Merenwë, des sous-sols belleysans du manoir de ses parents, de la folie destructrice du fou, ... tout semblait vouloir s'acharner sur elle, encore une fois.

Ses yeux gris s'obscurcirent un peu plus, approchant un bleu profond. Les larmes montaient mais elle faisait tout pour les retenir. C'en était trop, finalement trop pour sa pauvre personne. Sa condition de femme enceinte ajoutait au trouble qui l'envahissait. Elle succomba subitement à la peur et éclata en sanglot.

Tib !!

Mais le baron était déjà mêlé aux gardes à finaliser ses ordres, il n'entendit et ne vit rien de suite. Toutefois, une silhouette s'approcha d'elle, posant délicatement une main sous son coude pour la soutenir et d'une autre, saisissant sa main d'une légère pression. Ce fut Leisthat.

Grimaçante, elle tenta de se dégager en fixant le valet toujours audacieux. Tibérias, trop occupé, ne pouvait intervenir. Le jeune homme serra plus fermement le bras de la baronne, tout en souriant.

Vous ? Je vous avais dit que je ne voulais plus vous voir ! Ne me touchez pas ![/rp]

Tiberias. a écrit:
[rp]
Sélénios quitta la salle du trône. Voilà que Tibérias avait trouvé un vassal de confiance ! Il en était ravi. Appelé par le capitaine de la garde, le général s'approcha des portes, laissant Dewan seule vers les trônes. Le militaire demanda des conseils au Baron qui répondait très brièvement et très clairement. La garde serait donc doublé à certaines points stratégiques, les personnes suspectés d'avoir aidé la sorcière seraient accusées de trahison et exécutées en place publique. L'exemple devait être montré. Et les premières arrestations venaient de s'effectuer. Le capitaine avertit Tibérias que la liste des indésirables avaient été respectés à la lettre près. Toute une rimbanbelle de paysans furent emprisonnés. Le général demanda à ce qu'on avertisse le professeur pour qu'il aille les interroger dès qu'il le voudrait. On lui dit que ce dernier avait été aperçu dans la ville basse déjà, mieux vêtu et armé. Satisfait, Tibérias imposa une dernière consigne : un couvre feu pour le peuple. Tout ce qui ne portait pas d'uniforme pourrait tiré à vue. Seuls Sélénios et la garde étaient autorisés à circuler la nuit tombée. Tous les autres devaient être chez eux et barricadés avant la fin du tocsin. Tout était parfait. Le baron permit au capitaine de partir transmettre les ordres. Il se tourna vers son épouse, dont les paroles et la silhouette paraissaient fragiles. L'un des domestiques, Leisthat, était au près d'elle. Tibérias revint vers eux.

"Quelque chose ne va pas, ma mie ?

L'épée et toute l'attirail que portait Tibérias effrayèrent certainement le domestique qui avait lâché prise.

"Leisthat, j'espère fortement que vous aidiez la Baronne à se remettre de ses émôtions ? Si jamais vous la touchiez sans raison valable, vous seriez arrêté pour trahison et exécuté comme le veulent les lois qui régissent Aix-les-Bains. Sortez.

Tibérias regarda le jeune homme s'incliner et marcher la tête baissée devant eux. Hochant la tête, Tibérias soupira et s'approcha de son épouse.

"Il va falloir que vous vous ménagiez... je ne veux pas qu'il vous arrive malheur à vous, et à mon héritier.

Le général frappa des mains et des piliers jaillirent deux hommes aux couleurs rouge et noir, armés jusqu'aux dents. Tenus bien droits, ils vinrent jusqu'à leur maître et ne dirent rien. Le baron s'en approcha et les examina de très près. Souriant, il se détourna d'eux. Mais en une fraction de seconde, il se retourna et asséna un puissant coup de poings dans l'abdomen d'un des deux qui ne bougea pas, qui ne gémit même pas.

"L'élite des élites d'Aix-les-Bains. Des soldats de confiance qui donneraient leur vie pour moi, qui n'hésiteront pas à la donner pour vous, si nécessaire.

Il sourit et fit signe au valet aux amphores de s'approcher. Tibérias se saisit d'un vase et l'envoya se fracasser contre son trône. Véritablement en colère qu'on puisse vouloir du mal à lui et sa Dewan.

"Faites nettoyer cela. Finalement, ces amphores feront pour vous et moi.

Tibérias quitta alors la petite assemblée. Déjà, le valet aux amphores s'était réarmé, prêt à refaire face aux rages de ses maîtres. Personne ne sut où se dirigea le baron, mais il était probablement dans son bureau, réglant des dossiers d'intendance ou autre. On dit qu'il avait passé le reste de sa journée, isolé et enfermé, à réfléchir, penser et scruter plus minutieusement ce tableau du Baron Remus. Les évènements du jour avaient été fatigants. Le château était sécurisé, et il avait demandé à l'élite de Dewan de ne pas la laisser être visible de l'extérieur, donc de ne pas la laisser sortir. Tout allait bien.[/rp]

Dewan a écrit:
[rp]La pression se relâcha subitement de son bras. Les joues encore humides et le visage plus que blême, la jeune fille vit arriver son époux d'un pas décidé. Sa voix persuada rapidement Leisthat de lâcher prise et de s'en aller. Dewan le regarda partir un court instant avant de répondre. Tant d'inquiétudes occupaient l'esprit de son bien aimé qu'elle tut l'intervention de ce dernier.

Je suis ... fatiguée ...

La distance qui séparait Tibérias de la jeune fille lui semblait bien grande à cet instant où elle aurait voulu éclater en sanglot dans ses bras et se sentir protégée. Au lieu de cela, son époux fit sortir par surprise des gardes à l'uniforme prestigieux. Ceux-ci avaient un visage sans émotions. Dewan poussa un petit cri de surprise quand il en frappa un. Le garde n'oscilla pas et ne broncha pas.

Assignés à sa protection, la jeune fille les observa, dubitative. Tibérias ne pouvait il pas comprendre que lui seul pouvait véritablement la protéger au mieux ? Objectant trop tard à la solution toute trouvée par le baron, la jeune fille le vit brusquement s'en prendre à une amphore, la faire éclater sur le trône et s'éloigner pour ne plus le revoir avant un long moment. Son humeur ne laissait aucune place à la discussion. Ainsi était la décision d'un di Leostilla ... incontestable.

La jeune fille fixa alors ses deux gardiens. Si elle devait s'en accomoder, ils avaient intérêt à être aimable !

Avez vous des noms ?

Les deux hommes s'inclinèrent d'emblée, tels des jumeaux bien élevés. Le premier prit la parole pour la laisser ensuite à son second.

- Protéus, ma Dame ! A votre service !
- Braden, pour vous servir Baronne !

Satisfaite de leurs réponses, elle se retourna et ramassa sa couronne tombée pendant la bousculade. Oh elle savait bien que ce n'était pas à elle de le faire mais elle gardait l'habitude de se débrouiller seule la plupart du temps. Avec toute cette émotion, elle en avait oublié La Luzerne et Célestine. Quelle ironie ! Les amours à Aix-les-bains ne se passaient décidément pas de manière idyllique.
Il fallait qu'elle aille les voir et ces deux là ne la lâcheraient pas.

Puis je vraiment vous faire confiance ? Me serez vous dévoué ? Entièrement ?

Tout en marchant avec les deux hommes l'encadrant, Dewan réfléchissait. Un doigt posé sous ses lèvres, les bras croisés, ses yeux avaient fini par voir disparaitre les larmes. Elle devait réfléchir à tout ce que tout cela impliquait ! Sa liberté d'action réduite, il fallait trouver des échappatoires ou composer avec eux ...

- Bien sûr ma Dame, nous sommes aux ordres du Baron et il nous a ordonné de veiller sur votre personne et surtout sur l'enfant qui est en vous.

Ce fut Protéus qui semblait mener le groupe et répondre aux questions de la jeune femme. Empruntant le couloir qui menait à l'ancienne tour de Guet, ses pas ralentirent progressivement, jusqu'à s'arrêter. Les deux hommes sur le qui vive se mirent à guetter aux alentours.

- Ma Dame ?

Dewan les regarda très sérieusement puis murmurant à leur intention :

Ecoutez, j'ai des choses à faire ! Et le Baron n'a pas besoin d'en entendre parler ! Il a bien dit de me protéger, pas de me surveiller ! Je compte donc sur vous pour garder pour vous mes activités. Et s'il vous demande, vous lui direz que je me reposais dans ma chambre la plupart du temps. Ce qui ne sera pas totalement faux d'ailleurs !

Son regard passa de l'un à l'autre, les fixant avec insistance. Elle n'avait pas le choix, elle ne pouvait pas non plus les renvoyer. Composant avec leur présence, elle reprit son chemin et rejoignit enfin le haut de la tour.
Les gardes semblaient visiblement intrigués par ce qu'elle était en train de faire mais ne bronchèrent pas.

Arrivée enfin devant la porte de la chambre indiquée dans la matinée à La Luserne, la jeune baronne frappa doucement sur celle-ci.

La luzerne ? C'est moi ... Dewan ... [/rp]

Woland_von_selenios a écrit:
[rp]Dans les tavernes, il n'y arien d'autres que quelques parasites du bois, qui semblent attachés à leur table et à leur banc. On rit, on boit. on n'a pas l'air de fomenter un assassinat. A vrai dire, le professeur Sélénios doute même que ces bouseux soient sortis durant les jours précédents. Il boit une bière, discute de manière plaisante avec certains d'entre eux, mais il ne découvre rien, enfin si... Voici le récit des multiples choses qu'il apprend :

La cousine du Bertrand ouvre ses cuisses pour quelques marguerites cueillies fraîchement, et "foi de bucheron, elle y va pas de main morte !".

Le tonnelier paye son bois moins d'un écu à un pauvre garçon qui s'est retrouvé seul avec sa mère malade. Sélénios se promit de parler de cette affaire au Baron.

La femme du bailli d'Aix-les-Bains est une vraie bigote mêlée d'une vraie garce ! Si elle est vertueuse par le devant, c'est par le derrière qu'elle pêche.

Etc.

Jugeant qu'il ne connait maintenant que trop de fariboles sur les habitants de la baronnie, il se décide de pousser son enquête dans les boutiques des apothicaires. Sans doute que ce brave homme quand il fera son rapport au Baron, taira les merveilles dont il a été témoin en visitant ces boutiques étranges. Je ne résiste cependant pas à vous en faire le conte.

Les apothicaires d'Aix-les-Bains ont chacun une spécialité, le premier est très docte en la science des animaux, il a dans sa boutique tout un bestiaire empaillé des plus impressionnants, mais ce qui frappe encore plus le regard du professeur, ce sont les formes, mi-vivantes, mi-mortes, qu'il trouve dans des bocaux sur les étagères. Il lit sur ceux-ci des mots nouveaux écrits en mauvais latin.
Il n'a jamais vu de telles créatures, si bien qu'il ne peut dire si elles sont de la famille des poissons ou des batraciens. Curieux de nature et avide de connaissance, le professeur demande à l'apothicaire de le venir visiter dans sa petite maison de Belley dont il a fait un très humble cabinet d'étude.
La discussion très savante qui commence alors prouve au professeur que nulle sorcière n'est venu ici.
Après avoir observé encore une fois les étranges spécimens sur les étagères, Woland salue l'apothicaire et se rend à la suivante.

La boutique suivante est spécialisée dans l'herbologie.
Le propriétaire y fait de nombreux remèdes. Mais point de poison. C'est du moins ce qu'il dit. Sélénios scrute chaque étiquette, chaque bocal, chaque bourse, chaque ampoule ; il ne voit rien de suspect. Il retourne auprès du pharmacologue pour le saluer, quand il voit derrière lui, dans un pot, de très belles fleurs mauves.

Le professeur sourit à cette vision :


-Des dames viennent-elles visiter ton échoppe ?
-Non messire, que de bons bougres ou bougresses, mais point de Dames ou Sires.

Woland attrape alors l'apothicaire par le col :

-Et tu comptais me dire que tu vendais de la Belladone ?
-Messire, non point je le jures.

Il lui donne une gifle et l'apothicaire se recroqueville, le professeur contourne le comptoir et sort son épée, il menace ainsi le boutiquier de sa pointe :

-On a tenté d'empoisonner le Baron et la Baronne il y a quelques heures. Parle ou je romprais moi-même tes membres sur la roue.

Il parla.
C'est donc grâce à ces nouvelles informations que Sélénios se rend au campement des prostituées hors des murs de la basse-ville comme il se doit. « La piste se resserre » se dit-il, mais il n'était point au bout de ses surprises.

Pendant ce temps, un jeune valet du Baron cherche désespérément le Professeur dans la ville, afin de lui dire que des paysans attendent qu'il les interroge dans les cachots. Courage à lui ! Car son estomac se noue en regardant les bocaux du premier apothicaire !
[/rp]

--Laluzerne a écrit:
[rp]
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Ne pas céder une nouvelle fois... ils n'avaient pas le temps... la baronne reviendrait d'un moment à l'autre... et pourtant les lèvres de Célestine appelait indubitablement à la tentation et au désir. Toutefois, la Luzerne put rebondir aux propos qu'elle venait de lui fourni. Non pas qu'il ne l'aimait pas, il ne voulait simplement pas être à nouveau nu quand Dewan arriverait. Une fois oui, deux fois c'eût été déconvenu, insultant et prêtant à confusion.

"Si j'aime la Baronne ? Bien sûr. Je l'aime comme son peuple l'aime, je l'aime comme tous ses défenseurs qui donneraient leur vie pour elle... de ce point là, j'aime aussi Tibérias...

Souriant, il glissa un furtif baiser sur ses lèvres. Mais l'amante n'en resta pas là. Poussé sur le lit, voilà Célestine qui dévoilait sa généreuse et hypnotisante poitrine. A cheval sur la Luzerne, celui-ci était passé dans un autre monde. Non non ! Il ne devait pas. Malgré les douces mains de la gitane qui parcouraient son torse, La Luzerne ne put lui céder davantage.

"La Baronne va revenir, si je l'aime, je la crains aussi, elle et son époux... Etre surpris deux fois, non merci. Elle pourrait penser qu'on refuse son aide... restons sages... je te promets que ce soir...

Il donna un baiser long et savoureux sur chaque sein de Célestine.

"... je vous comblerai tous.

Il lui sourit et se dégagea rapidement de son emprise, réapposant sa chemise, il vérifia que Célestine en faisait de même. Au même instant, on frappa à la porte, la voix de Dewan résonna. Le jeune homme se précipita vers elle, s'assurant que tout allait bien dans la salle. Expirant longuement, il fit un clin d'oeil à son amante et tourna la clef dans la serrure, ouvrant ainsi à la Baronne. Mais aussitôt, deux gardes aux imposantes statures passèrent devant Dewan et envahirent la pièce. Ils fouillèrent d'une rapidité déconcertante la pièce et ne bougèrent plus, une fois leur besogne effectuée.

"Q... qui sont-ils ? Ma dame, nous auriez-vous trahi ?

Lisant que ce n'était pas là son intention, il la fit rentrer et referma derrière lui.

"Expliquez-moi... avez-vous pu parler au Baron ? Ou avez-vous une idée pour aborder le sujet ? J'y pense tous les jours et je n'arrive à rien...

Il jeta un regard à l'élite et à Célestine. Pourvu qu'il ne se passe rien.
[/rp]

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Fidelis
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MessageSujet: Re: [RP] Il était deux fois, à Aix-les-Bains   Sam 1 Oct - 15:25

Dewan a écrit:
[rp]Enfin la porte s'ouvrait devant elle. Bien avant qu'elle ne put dire quoi que ce soit, les deux gardes s'engouffrèrent à l'intérieur. Cette situation commençait sérieusement à déplaire à la jeune femme. Devant les interrogations de La Luzerne, Dewan haussa les sourcils. Ce n'était pas le moment de l'offusquer, surtout qu'un rien la contrariait et la journée n'était pas encore finie !

Elle entra enfin et observa le manège des gardes du corps. Croisant les bras, tapotant du pied, elle les fixait avec une moue dubitative.

Quand vous aurez fini, vous pourrez attendre dehors ! Je crois que je m'en sortirai dans cette pièce fermée et sans issue ! Merci !

Une fois les hommes sortis, malgré qu'ils ne semblaient pas tout à fait d'accord avec elle - son air aurait dissuadé n'importe qui de la contredire - elle poussa un gros soupire tout en étant adossée à la porte.
Fixant le couple, elle fronça les sourcils et s'avança.

Croyez vous vraiment que je vous aurais trahi ? Ne me dites plus jamais une telle ineptie ! Sinon je vous laisse vraiment aux mains du Baron et vous allez comprendre qu'on ne se joue pas ainsi de lui !

Elle avait sorti ça d'un trait, tout en balayant tour à tour le visage des deux amoureux. Dans ses mots durs gisaient une certaine colère qu'elle avait du mal à dissimuler. Ce ne fut pas contre eux mais plutôt d'une impuissance telle qu'elle montait sa colère contre n'importe qui. Les gardes allaient sûrement souffrir. Ils ne savaient pas encore à quoi s'attendre !

Revenant sur la dernière question de La Luzerne, la petite blonde alla s'assoir à la fenêtre, observant la vue, oubliant un instant le début de cette journée particulière. D'une voix plus douce, contrastant royalement avec le ton employé précédemment, elle leur répondit.

Ce sont mes gardes personnels. Tibérias a jugé bon de me surprotéger. Une folle semble nous vouloir du mal. Puis ... surtout que ... je suis enceinte ...

Je n'ai pas eu le temps de lui parler La Luzerne. Cette journée est abominable ! Je crois qu'il faut que votre compagne ... comment s'appelle-t-elle d'ailleurs ? Enfin, il faut qu'elle reste ici pour l'instant. Je tenterai ce soir mais vous, vous devez retourner à vos tâches. Tibérias s'attend à vous voir avec les autres gardes. Je peux toutefois demander à vous avoir à mes côtés, ce qui vous laissera des libertés pour rejoindre votre demoiselle.


Elle regardait toujours l'horizon. Son coeur battait si fort. Elle avait envie d'une balade en forêt à cet instant là. [/rp]

--.celestine. a écrit:
[rp][Vous devez être inscrit et connecté pour voir cette image]

_____________________________________________________________

Il l'admirait mais ne l'aimait pas ! Le coeur de Célestine avait cessé de battre quand il avait commencé à parler de son "amour" pour ses maitres. Mais très vite la bohémienne comprit qu'il n'avait là que des sentiments sans passion pour ces gens. Elle seule savait comment conquérir son coeur de soldat et elle le lui prouva encore une fois.

Je comprends ...

Malgré ses réticenses, sa lutte inutile contre ses courbes alléchantes, son soldat craquait encore une fois. D'emblée, elle se jeta à ses lèvres pour l'envouter. D'emblée, elle le guida jusqu'au lit ...

Viens ... je t'en prie ... viens ...

A vrai dire, elle n'avait jamais appris d'autres moyens pour avoir un homme que d'utiliser son corps. Etait ce cela qu'il aimait tant en elle ? Parfois, elle aurait aimé savoir mais à l'instant, tout ce qu'elle désirait, c'était le posséder à nouveau.

Le poussant sur le lit, d'une main légère, elle défit le bustier qui retenait sa poitrine généreuse et admirablement bien faite. Nombreux furent les amants de la brune mais peu survécurent à ses "mauvais" plans. Elle espérait que celui-là tiendrait plus longtemps ! Ses seins à la belle couleur dorée se découvrirent quand elle s'épencha sur son amour.

Le simple contact de ses doigts sur sa peau fit dresser dans sa nuque les cheveux de sa chevelure épaisse. Son corps frissonna et s'arqua lentement, aidé de ses mains qui cherchaient déjà à lui ôter le reste de ses vêtements.
Mordant sa lèvre inférieure en continuant sa conquête, ressentant ses lèvres sur les pointes fébriles de son corps voluptueux, la belle fut arrêtée dans son élan. Etait ce possible ?

Quoi ??? Non ! ...

Contrainte, elle se retira et referma son corset rapidement. Boudant le jeune homme, elle passa ses mains dans ses cheveux de manière suffisamment sensuelle que pour lui faire regretter d'avoir interrompu leur idyle du moment.

Mais à raison, car à la porte déjà se trouvait la maitresse des lieux. Célestine resta silencieuse et laissa parler. De toute façon, elle n'avait pas de mot à dire à cet instant, juste à attendre. L'idée d'attendre dans cette chambre alors que son aimé serait en vadrouille ne l'enchantait pas le moins du monde ... [/rp]

Tiberias. a écrit:
[rp]
Des jours, une semaine voire plusieurs s'étaient écoulées.

La vie suivait son cours à Aix-les-Bains malgré les assauts du temps et de ses épreuves qui vous tenaient quotidiennement. Sélénios menait toujours son enquête sur la sorcière qui s'était étrangement tenue calme, à moins et Tibérias en était certain, qu'elle complotait un coup pour frapper fort. Cette éventualité naissait tous les matins dans l'esprit du général qui veillait sur Dewan dont le ventre, pensait-il, avait gonflé. La baronne semblait hors du temps, malgré ses crises de nerfs et les amphores qu'elle projetait de temps à autres. Quelque chose toutefois n'allait pas. Et le baron était persuadé que c'était à cause d'une personne au château. Méfiant, il mènerait son enquête, restant suspicieux.

Le matin, alors que Dewan se réveillait, Tibérias était déjà fin prêt pour affronter une journée de plus. On apporta un petit-déjeuner spécial baronne en crise et tout commençait bien. Astucieusement, le général entama la suite :

"Ce soir nous mangerons en compagnie du Professeur. Il va nous expliquer ses avancées qui ont intérêt d'être fructueuses. Mais j 'ai toute confiance en quelqu'un qui m'a sauvé la vie.

Il s'apprêta à quitter la pièce mais se retourna brusquement.

"Oh ! A propos... Je vais être élevé Vicomte d'Aix-les-Bains. Notre territoire s'agrandit. La cérémonie de remises des couronnes se fera tantôt, Vicomtesse.

Il lui adressa son plus beau sourire et partit vaquer à ses occupations. La journée serait notamment consacrée à l'expertise du Baron Remus. Passant devant l'élite privée de Dewan, Tibérias leur confia quelques conseils et explications avant de filer à son bureau et de s'enfermer. Doucement, il s'approcha du portrait, mis sur un chevalet pour l'occasion. Le général s'installa sur une chaise en bois et scruta le tableau. Durant ces dernières investigations, il avait déchiffré d'autres lettres, notamment un R, sur la tempe du jeune homme, et trois E enchevêtrés dans ses boucles mordorées. Ce qui réduisait son analyse à cela :

D R E E E

A priori, elles ne laissaient rien prévoir. D'autres devaient encore être cachées. Il passa sa matinée et son après-midi, négligeant sa faim et sa soif de midi à yeuter le tableau. Le début de soirée arrivant, il se recula, soupira et s'enfonça un peu dans sa chaise.

"Mon neveu... vos terres vont devenir vicomté ! Grâce à moi, votre oncle ! Vous pouvez bien m'en avouer encore une...

Il se leva et regarda par sa fenêtre. Au loin les arbres bougeaient doucement au fil du vent... Les arbres ! L'arrière fond du tableau ! Tibérias s'était concentré sur le personnage mais d'autres lettres avaient peut-être été glissées dans le fond ! Il revint rapidement vers le portrait et scruta intensément l'horizon peint. Il tourna la tête et il l'aperçut : la lettre T, à l'envers, formait l'un des arbres. Comment être passé à côté de cela ! Se mordant le poing, Tibérias n'en revenait pas. Il inscrivit le T à sa suite :

D R E E E T

Un charabia sans nom... L'ordre des lettres devait sans doute être changé... Déjà heureux de cette avancée, Tibérias sortit enfin de son bureau où plusieurs notables l'attendaient, sans doute depuis longtemps, dossiers en mains.

"Oui fixez la cérémonie d'élévation quand vous le voudrez, tout sauf un dimanche ! Quoi ? Mais non ! Vous avez averti le professeur de notre dîner ? Parfait, je vais me préparer c'est déjà l'heure. Des nouvelles du voleur et de la sorcière ? Rien ? Bon... Un marchand veut me vendre un tableau italien à 2 000 écus ?! Exhorbitant, vendu !

Dans ses appartements, il enfila une tenue de soirée digne d'un futur vicomte, on le conseilla sur certaines affaires et que la salle du trône avait été aménagé pour le dîner. Satisfait, Tibérias s'y rendit. L'immense table remplissait toute la salle. Tout cela pour 3 couverts, installés en bout du table près des escaliers menant au trône. Le baron se mit en chef et attendit impatiemment son épouse et son futur ou non vassal. Qu'il avait hâte de les voir ces deux là. L'une pour l'amour, l'autre pour la sécurité de celui-ci. Les cuisiniers se démenaient en cuisine, tout devait être parfait ! Le grand chandelier et les bougies de table étaient déjà allumés. Tapotant des doigts, l'homme attendit.
[/rp]

Dewan a écrit:
[rp]Les jours se répètent mais ne se ressemblent pas ...

Voilà que tout était rentré dans l'ordre, en apparence seulement. La jeune femme avait quitté le couple quelque peu ennervée. Ce n'était pas vraiment contre eux, bien que l'insinuation de La Luzerne l'avait mise en colère. Irritable, soucieuse, colérique, ... ce n'était que quelques unes de ses émotions trop souvent ressenties par la petite baronne. Il y avait quelque chose dans ce couple qui l'agaçait. Elle adorait pourtant La Luzerne. Ils avaient toujours été proches, dans les pires circonstances comme dans les meilleures. Leur jeunesse les liait de même qu'une naturelle complicité grandissante à force de passer du temps ensemble au Guet de Belley.

Mais ce jour là, c'était autre chose qui la préoccupait. L'envie. Oui Dewan était envieuse. Envieuse de la légèreté de leur vie et de leur aventure. L'amour que la jeune femme portait au baron était sans conteste mais l'homme se faisait de plus en plus absent pour sa femme. Ses occupations étaient ailleurs et parfois elle ne le voyait même pas la nuit. Elle ne doutait pas de sa fidélité, loin de là. Elle avait toute confiance mais à certains moments, elle se sentait seule.

Les jours suivants d'ailleurs, à part des gardes, Dew voyait rarement son époux. A croire que sa seule préoccupation était la sorcière et les mystères laissés par son neveu. Au fond d'elle-même, elle savait bien le pourquoi de ses inquiétudes mais le fait qu'il ne soit pas plus présent rendait le terrain propice à ses multiples changements d'humeur.

Les nausées commençaient à faire partie intégrante des journées de la jeune femme. Son ventre ne montrait pas encore grand chose et elle s'appliqua à ce que ça ne se voit pas. Les seules personnes au courant étaient le personnel du château mais elle insista pour que ça ne se sache pas. Et pourtant, une lettre hasardeuse de son cousin confirma que des fuites existaient au château. Furieuse, elle congédia sa femme de chambre et passait beaucoup de temps seule. Les gardes étaient souvent priés d'attendre hors des lieux où elle se rendait. Tout cela l'étouffait. Elle avait besoin d'un peu de liberté.

Un jour où elle se rendit aux thermes afin de profiter des soins délicats donnés par les domestiques, la jeune femme fut surprise de retrouver dans les lieux déserts le valet Leisthat. Etrangement, cet homme croisait souvent ses déplacements. Depuis leur altercation en salle du trône, la baronne avait du mal à soutenir le regard appuyé du domestique. Elle en devenait mal à l'aise, intensifiant ses humeurs massacrantes.

Elle était seule dans le grand bassin quand ce dernier apparut, appuyé sur une colone de style roman. Ses fonctions ne devaient pas l'amener en ces lieux. Il resta là un long moment à la regarder, avant de disparaitre dans un moment d'inattention. Quelque peu paniquée, elle abbrégea sa séance pour retourner au château. Les gardes l'attendaient aux portes de la chambre où elle se revêtit. Un souffle puissant et chaud se fit sentir dans sa nuque. Deux mains la saisirent sur chaque bras, l'empêchant de se retourner.

- Que vous êtes belle, douce, envoutante ... Ne me fuyez plus, je suis là pour vous, ma baronne ! Je serais votre époux, je ne vous laisserais pas pour quelques paperasses ...

Leisthat avait les mots qui touchaient la jeune femme en plein coeur. Oui, Tibérias n'était pas assez présent ! Oui Leisthat était attirant et la comblerait sans aucun doute ! Mais quelque chose dans la voix du valet lui glaçait le sang. Sans compter qu'elle ne l'aimait pas.

Il suffit ! N'avez vous pas compris encore que je ne cèderai en rien ?

La culpabilité rongeait Dewan. Il avait commencé quand elle l'avait attiré dans la salle de bain. Ainsi, elle gardait pour elle les problèmes liés à Leisthat. Elle se dégagea difficilement de l'étreinte de l'homme qui lui bloquait tout mouvement. Ce fut au moment où il commença à baiser sa nuque, son cou et ses épaules qu'elle poussa un petit cri. A l'affut, les gardes frappèrent à la porte afin d'obtenir l'autorisation d'entrer. Cet évènement ravisa le valet qui retourna sa proie et l'embrassa immodérément. En réponse, la jeune femme le morda méchamment. Leisthat se dégagea furieux et se retira, disparaissant aussi mystèrieusement qu'il fut venu, en jurant qu'elle serait sienne.

Quand les gardes entrèrent, ils trouvèrent la baronne allongée au sol, évanouie. Dew s'éveilla plusieurs minutes plus tard, expliquant qu'elle était très fatiguée et les congédia rapidement. La jeune femme avait envie de hurler et de maudire la terre entière. Elle espérait surtout que le valet ne recommence plus.

Le lendemain, après l'incident, allongée près de son époux, Dewan se réveillait doucement. Malgré ses sautes d'humeur, il lui prêtait plein d'attention, qui malgré tout ne remplaçait pas sa présence. Tibérias lui rappela un diner avec Woland. Le professeur était rarement au château et s'était investi de sa mission. Cela arrangeait la jeune femme qui préférait ne pas fréquenter cet homme étrange.

Mais ce qui la boulversa le plus, ce fut l'annonce de son élévation. La jeune femme avait déjà du mal à se faire à l'idée d'être baronne ! Et Tibérias d'annoncer cela d'une manière aussi anodine que s'il lui annonçait qu'il avait acquis un petit chiot. C'est avec un silence abasourdi qu'elle accueillit la nouvelle et le regarda partir. Dans le fond, elle n'aurait pas su quoi lui dire.

Elle se laissa tomber sur son coussin moelleux et ne toucha pas à son petit déjeuner. Son esprit semblait vouloir se vider de ses multiples interrogations. Elle carressa son ventre qui n'avait pas gonflé mais dans lequel elle ressentait un désir ardent de vie.
A l'heure du déjeuner, seule, elle erra dans les jardins du château malgré la grisaille du ciel. Enfin, elle n'était pas seule mais elle avait fini par ne plus considérer la présence des gardes d'élite. Flânant parmi les fleurs, elle s'installa sur un coin d'herbes et se fit servir.

La baron est il toujours dans son bureau ?

- Oui madame.

Très bien, laissez moi, ça ira.


Il était encore occupé avec le tableau du neveu. Elle fixa la fenêtre du château qui donnait sur la pièce occupée par son époux. Elle s'interrogea sur la nécessité de passer autant de temps enfermé. Croquant dans une pomme, elle continua à rêvasser jusqu'à ce qu'un bruissement dans les haies l'alarma. Un regard qu'elle reconnut et qui disparut aussi vite la décida à retrouver la sécurité du château, abandonnat le déjeuner sur place.

Jusqu'au soir, la nouvelle vicomtesse resta enfermée dans sa chambre, tournant en rond, agitée et inquiète. A la tombée de la nuit, on vint y frapper.

Quoi ???

- Madame, le Vicomte vous attend.

Ah ... oui ... j'arrive ...

- Voulez vous de l'aide, madame ?

Oui, restez ... j'aimerais être belle pour mon époux.


Ennervée, elle avait été agressive avec la pauvre femme de chambre qui était apparue dans l'embrasure de la porte. Sophie se pressa d'approcher devant le ton adoucit de sa maitresse. Dew revêtit une somptueuse robe d'un velour blanc et or à la coupe ample. Ses cheveux étaient relevés dans un savant chignon que sa femme de chambre seule avait le secret. Ainsi prête, elle se chaussa d'escarpins satinés et se parra du collier qu'il lui avait offert lors de sa demande en mariage puis elle s'empressa de rejoindre la salle du trône où se déroulait les repas officiels.

Un coup sur la porte et celle-ci s'ouvrit. Tibérias était assis au bout de la table. Elle lui fit une révence grâcieuse puis le fixa en souriant.

Mon époux, j'espère que votre journée fut fructueuse ... [/rp]

Woland_von_selenios a écrit:
[rp]Des jours passés dans la Basse-Cour d'Aix-les-Bains :

Cela faisait déjà plusieurs jours que le professeur Woland enquêtait dans la ville basse. Les informations qu'il avait récupéré auprès de l'apothicaire lui avaient été très éclairantes.
Son enquête l'avait mené jusqu'au campement des prostituées, hors de l'enceinte de la ville. Il se trouvait que les filles utilisaient de manière assez fréquente toutes sortes de drogue.

Au cours des derniers mois, la grosse Jeanne avait usé pas moins de douze drogues pour rendre son giron vide.
Annah, borgne, qui était la chef des filles qui venait les premières semaines du mois, devait chaque jour appliquer un baume entre ses cuisses. Car elle avait, disait-elle en riant, le con rêche comme feuille morte !
Néofide, qui était très jeune, respirait des fumées étranges qui lui faisait perdre conscience de la réalité pendant plusieurs minutes. Cela lui permettait de ne pas souffrir lorsque les hommes posaient leurs mains sur elle.

Le professeur Woland vit ces choses, les entendit. Il soupira de voir tant de misère et de malheur.

La sorcière que le Professeur cherchait venait très souvent au différent campement des prostituées : ils étaient au nombre de quatre, comme autant de semaines dans un mois.
Le premier était dirigé par Annah, qui était aussi la chef des trois autres.
Le second par une vieille édentée qui se donnait le nom de Marie-Madeleine.
Le troisième par une rousse flamboyante aux tétins colossaux qui s'appelait Hémongarde.
Enfin le quatrième campement regroupait des nymphettes exotiques, Esméralda en était la chef.

Le professeur avait découvert que toutes les filles avaient peur de la sorcière. Car elle venait sans qu'on l'invitât pour donner des drogues, guérir ou encore aider à un avortement.
En somme, elle semblait toujours au courant de tout.
Cela n'aidait pas les affaires du professeur, surtout que tout le temps, où il resta non loin du campement, la sorcière ne vint en visiter aucun.

Hémongarde, qui semblait une femme très forte, détournait pourtant très vite la conversation quand le professeur cherchait à en savoir un peu plus. Elle lui fit de très nombreuses avances, mais le professeur n'avait point de quoi s'offrir des femmes.

Sélénios comprit sans mal que la sorcière horrifiait ces petites dames d'infortune. Elles en parlaient avec méfiance, vérifiant toujours derrière elle de peur de la voir. Hémongarde fut de celles qui s'offrit à Woland afin d'éviter de devoir continuer à parler de la mystérieuse bonne femme.

Le professeur s'attacha si bien aux différentes filles des campements, qu'un jour il perça la bedaine d'un homme qui battait la pauvre Néofide. Il fit disparaître l'homme à sa manière, si bien qu'on le retrouvât pas. Depuis ce jour, les prostituées avaient beaucoup d'égard pour le professeur et l'accueillait en ami.


Un soir pas comme les autres :

Comme tous les soirs depuis qu'il a commencé son enquête, avant de repartir pour Belley, le professeur Sélénios écrit tout ce qu'il a vu et entendu dans la journée dans un carnet.
Il se trouve pour cela attablé dans une taverne à l'entrée de la basse-ville.
Songeur, il boit une longue gorgée de vin.


_Comment attraper quelqu'un d'invisible, dont personne ne veut parler...

La porte de la taverne s'ouvre. Néofide entre timidement dans ce lieu très masculin. Le professeur lève la tête, il voit la jeune fille qui avance vers lui et un gros homme qui lui barre le chemin. Woland se lève :

_Tout doux le Boiteux !

Le gros se retourne et incline la nuque :

_Pardon Professeur, je savais pas que c'était pour toi.

Sélénios fait un signe de tête au Boiteux qui se rassoit sans mot dire. Le professeur invite la jeune prostituée à s'asseoir à sa table, mais elle ne le veut pas. Elle lui murmure à l'oreille quelques mots qui illuminent les yeux du Professeur.
Il ramasse en hâte ses affaires :


_Ma fille, monte immédiatement dans ma chambre et enferme toi. Tu ne dois pas sortir ce soir !

La fillette ne se fait pas prier et disparaît bien vite.
Annah désire voir le Professeur. Elle a, disait Néofide, des informations très importantes dont elle veut ne parler qu'à lui.
Il n'en faut pas plus à Sélénios pour galoper littéralement au lieu du rendez-vous fixé par la prostituée borgne.

La pluie bat dehors.

Annah est une femme curieuse, intelligente et rusée, bien plus que les autres filles. A cause de cela, le professeur pense que celle-ci a déjà suivi la sorcière jusqu'à l'endroit où elle vit. Cela fait plusieurs jours donc que Woland voit Annah comme la clé de tous ces mystères.

Quand il arrive à la place du marché de poterie, il ne voit personne. Point de robe jaune. Sélénios se dit qu'il est en avance, ou peut être en retard, ou qu'il confond le marché des potiers avec celui des forgerons.
C'est alors qu'il voit sur le sol une triste silhouette qui bouge.

Le professeur se précipite et se jette à genoux. La borgne est là, saignant dans la boue, tremblotant sous la pluie. Woland dégrafe sa cape et l'en couvre. Mais la dame tremble et pleure toujours. Une plaie large à son flanc droit saigne abondamment. On a dû la poignarder par derrière, la blessure est profonde, l'assassin est donc droitier.
Woland caresse la tête de la prostituée et écarte ses cheveux de son visage :


_C'est ma faute, dit-il, je n'aurais jamais dû vous en demander tant... Je connaissais votre peur.
_Qu'invente-tu là, Professeur ?

Elle parle d'une voix très douce, légèrement tremblante, mais à l'entendre on ne peut pas penser qu'elle se meurt :

_Je suis venu parce que c'était la meilleure chose à faire... Mais maintenant, tais-toi et laisses moi parler.

Il l'aide à se redresser un peu et la tient avec tendresse dans ses bras. Elle a de plus en plus de mal à garder les yeux ouverts, si bien qu'avant de reprendre la parole, elle s'évanouit une fois.
Quand elle reprend ses esprits, Woland voit clairement qu'elle se débat pour rester en vie encore quelques instants. Sa voix est alors très faible :


_Un soir, j'ai suivi celle que tu cherches...

Woland avait vu juste.

_Mais elle ne rentra pas chez elle, elle traversa la basse-ville et entra dans la Haute-Cour. Pour y rentrer je dus dissimuler les rubans jaunes accrochés à ma robe. Elle faillit me perdre dans un dédale de ruelles, mais je pus encore la suivre...

Sa voix faiblit encore. Ses yeux se ferment et dans un soupir poussé avec tant de force que le professeur croit entendre un cri, elle dit juste avant de mourir :

_Elle a remis un sac à quelqu'un du château !

Le corps de la femme retombe mollement dans les bras du professeur.

De très longues minutes plus tard, il est de retour à la taverne où il a laissé Néofide. Il ne cache rien à la jeune fille qui pleure tristement contre lui. Lui même à un regard froid et éteint.
Son visage est entièrement trempé à cause de l'orage qui bat dehors. Son pourpoint est tâché de boue et de sang.

Un valet, le même que la dernière fois, entre dans la taverne et vient rapidement auprès du Professeur. Apparemment, il est étonné de voir un vieil homme consoler une jeune prostituée. D'un signe de tête accompagné d'un regard mauvais le professeur invite l'homme à parler.
Il apprend alors qu'il est invité à souper au Château.

Château...

Woland von Sélénios se lève, tenant toujours contre lui Néofide, son épée au côté, sans cape. Il suit le valet jusqu'au Château.
Durant le trajet, aucun d'eux ne desserrent les dents et quand ils arrivent enfin au Château, le Professeur demande poliment au valet de mener la jeune prostituée aux cuisines afin qu'elle se nourrisse. Plus bas, il lui murmure au creux de l'oreille qu'il est de fort méchante humeur et qu'il ne lui pardonnerait pas de maltraiter sa protégée.

Ainsi, après avoir passé de l'eau sur son corps pour se laver et après s'être vêtu d'une meilleure façon pour l'occasion, le Professeur Sélénios est conduit à la salle où attendent déjà le Baron et la Baronne.
Il s'incline très bas :

_Le Seigneur honore votre Maison, Monseigneur le Vicomte, Madame la Vicomtesse.

Il va de soi que la mine du Professeur est celle d'un homme qui a passé plusieurs semaines dans la ville-basse et dont les bras ont servi de linceul à une femme il y a de cela à peine quelques heures.[/rp]

Tiberias. a écrit:
[rp]
Qui vivra verra ! Malheur aux vaincus, Alea jacta est ! Damnation éternelle, joie absurde, crainte sans suite, bonheur furibond, avenir incertain, passé oublié, présent compliqué, vicomte honoré, tableau satanique, religion ancienne, femme superbe, professeur vassal, duc de pacotille, juge de malheur, conseiller doré, trône d'argent, sorcière diabolique, brigand déjà mort, traître à tuer, espions à torturer, âme sans âme, le petit fillot du buté, le bourguignon, la porte a cédé, la porte a cédé, la clef, médicastre boiteux, nobles honteux, prévôté déshonorée, justice corrompue, général glorieux, vétéran reconnu, galérien inconnu, vérité cachée, ombre maléfique, ténèbres menaçantes, lutin malin, saints malfaisants, baptêmes malsains, mariage inoubliable, curé absent, rien à cirer du curé, Fenthick congédié, Fenthick malpropre, Valentine brûlée, héritage brisé, communauté dissoute, les deux tours, un seigneur en moins, pas des anneaux mais de Selvage, Selvage en ruine, Selvage détruite, plus de Selvage, Aix-les-Bains vicomte, faut un équilibre, le mal beau, le bien laid, la droite est en bas, la gauche en haut, débrouillez-vous avec le reste, reste les rideaux, rideaux en feu, si vous arrivez là c'est bien, foutredieu, morbleu, sacrebleu, pauvre bleu, moi j'aime le bleu, les oranges aussi, j'aime pas le soleil, les rayons, j'aime mieux l'hiver, neige de feu, feu glacial, Tibérias décartonne, Chandin décartonnait, Remus ne décartonne plus, Hildegarde oubliée, Angeline maudite, famille de fous, proscrits, damnés, la lune c'est l'enfer, l'enfer c'est pas bien, tuer n'est pas bien, pour le coeur, pour la lame, lame pourrie après, à refaire, forgeron coûte cher, tous des pourris, le blé, le maïs, les écus, tout s'achète, des amis, à cinq je suis un roi, roi de quoi, du soleil, le soleil c'est Dieu, ben de la terre plate, où va l'eau, l'eau tombe, la chute infinie, la chute éternelle, la fuite en avant, le combat délirant, les plus forts qui survivent, fin d'une histoire, le début d'une autre, vingt années qui s'égarent, et les jours oubliés, oubliée comme la féminité, féminin comme cruauté, vanité, nudité, toutes les blessures, virginité, Dieu créa la femme, mais avant nous, comme il lui restait de la boue, il a nous a fait nous, son corps et son âme avant tout, les flammes et le diable, c'est pour nous, hommes et loups, loups de carnaval, j'aime pas les déguisements, porter un masque, masque quotidien, masque d'infortune, la gueule d'un homme, c'est sa seule aventure, les violents, les furieux, où sont les hommes, des chemins qui menaient, qui menaient à Rome, Jules César, idole, tyran, Brutus, libérateur, traître, félon, à mort, deux visages, un masque pour fuir, ami si tu arrives jusqu'ici, envoie un pigeon, avec un mot qui me décrit, fou à lier, non là c'est trois, c'est trop, psychopathe, tu te rapproches, malade, c'est certain, dieu, le roy, vive l'empereur, verre en arrière, qui heurte l'intérieur, du cerveau de Tibérias, Tibérias qui voit sa femme, sa femme arriver.

"Ma douce, vous êtes radieuse.

Le général se leva et s'approcha de son épouse avant de glisser un furtif baiser sur ses lèvres. Puis prenant sa main, il l'emmena à sa gauche, tira le fauteuil et le poussa quand elle s'assit. Souriant, il reprit place et scruta son épouse. Il regarda également les gardes rameutés dans la salle et le valet aux amphores. On annonça tout à coup le professeur. Tibérias ordonna qu'on le fît entrer. Un homme plutôt défait se présenta à eux. Couronne bien en évidence sur le crâne, le vicomte permit à son futur ou pas, vassal, à s'avancer et s'asseoir à sa droite. Durant sa marche, il put voir que sa chasse n'était pas de repos, notamment par les vêtements sales et son visage tâché bien qu'il se voulait propre.

"Der Professor, bienvenue à ma table. Parlez-moi donc de vos avancées.

Mais avant, Tibérias frappa des mains et une foule de valets débarqua de nulle part, des plats plein les bras. On posa des assiettes et des plats devant chaque attablé, et les cloches furent retirées ensemble. Des mets savoureux furent dévoilés et des odeurs succulents s'élevèrent dans les airs et vers les nez. Tibérias fut surpris de voir Leisthat jouer au valet remplissant les coupes, mais il ne dit rien et n'en fit plus cas. Sans doute manquait-il du personnel et les cuisiniers avaient embauché le premier venu.

Le général écoutait tranquillement le professeur raconter ses aventures fabuleuses. Dégustant une cuisse de poulet qu'il tenait de ses gants, la soif se fit bientôt sentir. Et quoi de mieux qu'un vin du pays pour l'étancher et rincer un gosier ? Tibérias posa l'os et s'empara de sa coupe.

"A vous, cher professeur et à ma bien-aimée !

Tous trois levèrent leur verre et gouttèrent au délicieux vin. Le général se renconcentra sur les dires de Sélénios mais il avait de plus en plus de mal à maintenir son attention. Bientôt, posant le coude sur la table et posant la tête dans sa main, les yeux du vicomte se fermèrent, doucement. Une lente drogue faisait son effet et rapidement, il s'endormit plus serein que jamais, s'évadant dans un sommeil sans rêve.
[/rp]

Woland_von_selenios a écrit:
[rp]Le professeur s'est attablé à l'invitation du Vicomte. Il se lance ensuite, comme son hôte le désire dans le récit désagréable de son enquête. A vrai dire, bien qu'il apprécie sincèrement Tibérias, le professeur n'a aucune envie d'être ici. Il n'a pas beaucoup d'appétit après la journée qu'il vient de passer. Dans sa paume, il sent encore la froideur morte de la main d'Annah. Il s'en était fallu de peu, de si peu... La prostituée serait encore vivante, il aurait attrapé la vieille, Vicomte et Vicomtesse serait en fête, lui se permettrait peut être une beuverie en compagnie de ses amies catins. Peut être... N'est pas.

Le professeur parle, parle. Il raconte au Vicomte chacun de ses faits et gestes depuis son dernier rapport : sa traque auprès des apothicaires d'abord, puis auprès des prostituées. La chasse aux sorcières peu orthodoxe qu'il avait mené dans les Bas-Fonds de la Basse-Ville. Il ne cache rien, évoque sans honte les charmes des femmes qu'il a goûté sans rien monnayer, les noms et habitudes de chacune d'elle. Tout est dit de manière objective, comme le professeur l'a lui-même écrit dans son carnet.

Par politesse, plus que par envie, il mord dans une grosse cuisse de volaille.

Il en vient à parler du matin même quand le Vicomte demande à boire. Il s'arrête donc dans son récit et lève son verre :


_A vous, Monseigneur le Vicomte, Madame la Vicomtesse : que le Ciel bénisse vos pas !

Il boit le vin savoureux à longs traits. C'est de cela qu'il a besoin. De longues, longues gorgées de vin pour assimiler tout ce qu'il s'est passé ce jour.
Tibérias l'invite à continuer son récit, ce qu'il fait, tout en pensant aux derniers mots d'Annah qui résonne dans sa tête. Au milieu de son récit, il lui prend soudain l'envie de bailler. Il s'excuse rapidement. Sa vision se trouble quelque peu. Le visage du Vicomte repose dans sa paume, il sourit d'un air bienheureux et satisfait.

Woland se lève rapidement. Sa vision se trouble. Sa tête lui semble lourde.


_Vicomtesse, garde...

Il veut tirer sa lame, mais sa main ne parvient pas à serrer la lame fermement. Il se tourne sur lui même. Ses yeux ne parviennent pas à se rouvrir :

_Papaver diabolicum...

Il vacille alors et tombe sur le sol de toute sa hauteur. [/rp]

--Virgile_le_chenu a écrit:
[rp][Vous devez être inscrit et connecté pour voir cette image]

Nom : Virgile, dict le Chenu
Taille : 1m70
Poids : 50 kg
Age : 56 ans
Emploi : Chef de la Phalange Rouge
Activités principales : tuer, violer, voler, faire des jouets en bois pour ses petits enfants.

Une heure après le repas soporifique :

Les ordres étaient clairs.
La donzelle pour le Masque, les hommes pour... les hommes.
Il n'avait pas été aisé de sortir du château sans éveiller aucun soupçon. Le Masque avait manœuvré comme un as ! Qui aurait pu se douter qu'il aurait été si simple d'accorder une journée aux gardes et de les remplacer par d'autres personnes moins dévouées au Vicomte, cela sans que personne ne s'en rende compte. Brillant tout bonnement brillant.
Certains valets avaient été rabroués par Leurs Seigneuries et comme par hasard, il se trouvait que ce jour là, à un moment précis, ils étaient tous présents.

Où est-elle maintenant votre superbe Messire Vicomte ? Pas ici en tous les cas. Pas sur les chemins qui vous éloignent d'Aix-les-Bains. Ici Messire, vous n'êtes personne.

La pluie bat fort. Elle tombe avec férocité sur la carriole qui mène Leostilla et Sélénios loin de la Vicomtesse et du Château.

L'homme qui conduit le convoi s'appelle Virgile, il monte un cheval robuste au poil gris, il a une figure morose. Ses cheveux gris également sont plaqués sur son crâne blanchi par les ans. Son visage est criblé de marques de vérole et de vieillesse, ce qui forme un mauvais mélange. Il porte encore la brigandine des gardes du château. Ce vieil homme n'est pas des moindres, il dirige l'une des organisations criminelles les plus importantes du Vicomté, c'est-à-dire qu'elle se place en second derrière les Étrangleurs de la Pierre Noire qui eux sont vraiment très très méchants. Le vieillard se frotte les mains d'avance en imaginant la récompense que lui a promis le Masque, ce mystérieux bonhomme qui a pensé tout ce plan.

Autour de la carriole des hommes, à pied ou à cheval, pressent le pas pour s'éloigner le plus rapidement possible du château.
Ils savent que comme tout plan, celui-ci a sans doute une faille. Ils savent qu'au moment où celle-ci sera percée à jour, ils devront être le plus loin possible du lieu de l'enlèvement.

Virgile revient sur ses pas et va se placer derrière la voiture. A l'intérieur sont ligotés le Vicomte et le Professeur. Les yeux de ce dernier sont vitreux, mais ils sont ouverts. Le mercenaire s'adresse à lui d'une voix gutturale qui semble encombrée par des crachats à venir :


"Chuis sûr que celle-là tu ne l'avais pas vu v'nir, hein Professeur ?"

Le brigand se racle bruyamment la gorge et expulse de son immonde gueule un mollusque verdâtre, qui tombe sur le sol boueux en émettant un bruit de succion. Le dénommé Virgile regarde alors le visage du Vicomte qui se réveille à son tour. Au regard perdu de celui-ci, le Chenu ricane :

"Nous s'rons tôt loin d'ton château, Sire. Et toi, loin de ta donzelle. Pour tout l'or du monde je n'voudrais pas échanger ma place avec la sienne. On dit déjà queul'Masque il a un grain. Un petit quelque chose... de maléfique."

Il sourit, ricane et talonne son cheval qui se tourne vers l'arrière. Il hèle les hommes à pied qui peinent à suivre :

"Hâtez-vous par l'Diable ! La nuit va avancer encore et il s'ra impossible d'continuer avec ct'orage qui s'prépare !"
[/rp]

--Norberto_inquisitor a écrit:
[rp][Vous devez être inscrit et connecté pour voir cette image]

Nom : Norberto
Taille : 1m50
Poids : 60 kg
Age : 30 ans
Emploi : Inquisiteur
Activités principales : brûler, questionner, rebrûler, faire des croix en cire humaine.

A quelques kilomètres d'ici, à l'extérieur d'une auberge :

Les étoiles sont belles par ici se dit l’Inquisiteur en promenant son regard sur la voute étoilée. Qu'il serait bon de vivre ici, en berger, marcher nu pied dans les herbes folles. Sentir la rosée caresser ses jambes quand il irait au matin faire paître ses brebis. Son chien courrait près de lui. Comment s’appellerait-il ? Salpêtre ! C'est un joli nom pour un chien.
Le soir quand il rentrerait en sa maison. Une maison toute petite, très humble, il lèverait sans attendre les jupes de sa femme et... Il marquerait pour la Gloire du Seigneur !
Les saisons passeraient... Toute en douceur... Dans le calme et la volupté... Et...


"Nom de nom de Dieu de merdouille ! Mais ils sont en retard ! Je déteste qu'on me fasse attendre ! Je déteste la campagne ! Je déteste la Savoie ! Et je déteste tous ces bruits !!!"

Autour de l'Inquisiteur quelques petits oiseaux roucoulent encore, comme s'ils se bécotaient dans un coin obscur, tels deux amoureux qui...

"Ah et je hais le printemps ! Et tous ces roucoulements ! Bouarf ! Tout cet amour me donne envie de vomir !"

Au loin, il distingue les lueurs de quelques torches qui flambent. Il croit voir un convoi, peut-être celui qu'il attend avec tant d'impatience ! Déjà dans son cœur une joie s'anime et dans ses yeux :

"Pas trop tôt !"

Et oh ! J'étais en train de parler ! Et j'aimerai beaucoup :

"Que l'on prépare tout ce qu'il faut ! Oh que ça va être beau ! La lumière d'un feu vif dans les ténèbres obscures ! Ah si seulement j'avais le talent d'un de ces peintres florentins ! Je ferais de cette scène à venir une fresque immense !"

...

"Oh oui ça va être bien... Ça va être très bien..."

Pitoyable...[/rp]

--La_Luzerne a écrit:
[rp]
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Une nuit de plus dans cette tour désafectée. Ah qu'ils étaient bien les amants inavoués et cachés ! Dans leur secret, aucun mensonge ne perdurait, autour d'eux tant de mystères planaient. Cette famille était une énigme entourée de mystères ! C'était plaisant, jusqu'à quel point ?

Eclairés par plusieurs bougies, le couple La Luzerne Célestine s'adonnait une fois de plus aux multiples plaisirs. Déversant le meilleur des vins du château sur le corps nu et svelte de la bohémienne, l'écuyer s'amusait à récupérer le nectar créant moultes sensations nouvelles et inexpérimentées. Si Tibérias le voyait... son petit protégé dévoré par le démon à cause d'une gitane... Il ferait décapiter le fille et brûler La Luzerne... Par chance, la vicomtesse était avec eux. Du moins, il espérait que c'était une chance...

Baladant ses mains des hanches de sa compagne jusqu'au bout de ses mains qu'elle tendait au-dessus de lui, La Luzerne aimait bien profiter. Le plaisir était une quête dont les chemins changeaient à chaque fois. Et Célestine n'était pas contre et ne perdait rien au change ! L'écuyer la comblait. La beuverie corporelle terminée, ils passèrent au style plus conventionnel, muscles tendus et gémissements effrénés... Une jambe en l'air, l'autre par terre, la tête à l'endroit, la tête à l'envers... les bras battant l'air et plein d'autres choses quand subitement, l'homme tomba du lit dans un fracas lourd.

Riant aux éclats, sa douce se pencha vers lui et ne put s'arrêter de se moquer. Son amant, dos au sol, soupirait tandis qu'il perdait l'excitation de l'instant. Un écuyer des di Leostilla ne se laissait cependant jamais abattre ! Le revoilà revenu à l'assaut, montant sur le lit, férocement. Enjambant sa bohémienne, ils repartirent avec la furie d'un régiment.

Mais hélas, à nouveau, un incident survint. On frappa à la porte de la tour. Sûrement un domestique apeuré par les cris que lançaient éperdus les deux amants. La Luzerne d'une voix saccadée, annonça que tout allait bien, mais les coups se firent plus forts et insistants. La baronne se serait annoncée, ce n'était pas elle. Enervé d'être coupé une fois de plus, La Luzerne se leva et se dirigea vers la porte, d'un pas décidé. Il voulait faire comprendre au visiteur que ce n'était pas le bon instant. S'il ne comprenait pas à la sueur du front et du torse et au reste du corps encore... haut en couleur... l'écuyer le ferait châtier.

Il ouvrit la porte, déverrouillant l'accès, et se dévoila entièrement à la femme qu'il découvrit.

"Que veux-tu la vilaine ? Ne vois-tu point que tu déranges des gens respectables en pleine couche ? Parle et explique toi bien, sinon je t'embroche !

Au loin, Célestine sur le lit, admirait le sérieux de son sauveur de jadis tout en essayant de voir qui lui parlait. L'interlocutrice était inconnue au bataillon.[/rp]

--Neofide_la_melancolique a écrit:
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Nom : Neofide
Taille : 1m50
Poids : 40 kg
Age : 14 ans
Emploi : Prostituée
Activités principales : "travailler", prendre des drogues, rêver à une vie meilleure.


Plusieurs heures plus tôt :

La pluie bat dehors et le Professeur porte la jeune fille dans ses bras. Neofide pleure.
Elle pleure pour la mort d'Annah, femme bonne et juste, qui avait toujours tout fait pour qu'elle ne souffrit jamais. Elle pleure car dans ce monde injuste où la loi a toujours été celle du plus fort, elle se sent faible. Elle pleure pour sa mère, morte depuis longtemps d'une maladie sinistre dont on ne peut pas guérir lorsque l'on ne possède aucun denier dans l’aumônière. Elle pleure pour son père, pauvre homme solitaire, devenu plus mort que vif, fou de tristesse, il erre sans but dans les forêts du Vicomté sans couper le bois qui pourrait nourrir sa famille. Elle pleure pour ses sœurs prises de guerre de brigands, surement vouée à la même vie qu'elle. Elle pleure pour elle, que les mains des hommes ont rendu impure. Elle a vendu fort peu cher le trésor de sa pureté.
Dans un monde de bêtes, elle se sent comme orpheline, son père n'étant plus que l'ombre ténébreuse d'une âme humaine. Elle pleure aussi parce qu'elle sait que rompue maintenant aux œuvres putassière, elle ne peut espérer meilleure destinée. Neofide ne pense plus que l'argent gagné l'aidât en quoique ce soit.

Il pleure sur la ville...

Elle regarde un instant le visage du Professeur. Celui-ci est dur, fermé, comme un visage de pierre que l'on aurait sculpté pour qu'il ne pleure plus. Pourtant deux longues rides forment sous ses yeux comme la marque d'une érosion formée par les larmes. Ainsi son visage est toujours marqué par les peines passées et les peines à venir. Elle se blottit contre lui. Il lui parle ainsi d'une voix grave :

"S'il m'arrive quelque chose, petite Neofide, fait parvenir ces missives aussi rapidement que possible. Il y a un homme au château, La Luzerne, tu peux te fier à lui en cas de besoin."

Elle cache rapidement dans son corsage les plis que lui remet discrètement Woland. Il y aura donc encore des morts...


Une heure plus tard :

Dans les cuisines, où l'on a mené la jeune fille, elle ne restaure que très peu. L'appétit ne lui vient pas. Tout ce luxe autour d'elle la met mal à l'aise. Elle voit dans ce château ce qu'elle n'aura jamais. Ces mets délicieux, ces fruits gorgés de nectar, ces carafes de vin... Tout ceci n'est que le repas auquel elle n'aura jamais droit.
Ainsi seule, elle se referme sur elle-même sans rien manger.
Soudain des bruits étranges la sortent de sa stupeur. Elle se dissimule rapidement dans une grande armoire où les cuisiniers entreposent leurs habits. Passent alors devant elle les corps inertes du Vicomte et du Professeur. Des hommes les portent comme on porterait des prisonniers, pieds et poings liés.
Sa respiration s'affole. Les hommes portent la livrée du Château d'Aix-les-Bains, mais ce ne sont point des pages ou des valets. Parmi eux, elle reconnait Virgile le Chenu, un chef bandit fameux dans la région. On dit qu'il n'a jamais pu ressentir aucune émotion.
Il y un autre homme qui se tient là, il porte aussi l'uniforme de la Maison, mais son visage est couvert d'un masque. Néofide tend l'oreille et parvient à entendre les mots que s'échangent en hâte Virgile et l'homme masqué quand ce dernier lui remet une bourse pleine entre les mains :


"La première moitié maintenant, vous aurez la seconde quand j'aurais la certitude que le Vicomte est bien mort et que vous amènerez ici Norberto. Il vous attend à l'Auberge du Bouc Noir sur la route du Lac Gris."


Virgile hoche de la tête, crache et s'en va avec ses hommes.
L'homme masqué reste un temps immobile. Néofide perçoit comme un rire, il murmure alors :


"A nous deux maintenant Vicomtesse..."

Quand il sort enfin, la jeune fille reste plusieurs secondes sans oser bouger. Puis elle sort timidement de l'armoire et quand elle a bien vérifié qu'il n'y a plus personne alentour, elle se précipite hors de la cuisine et hors du Château. Elle court à l'écurie où elle trouve les courriers, occupés à boire et à jouer aux dés. Elle les presse, les prie, rien n'y fait, on préfère la taquiner.

"Par ordre du Professeur Sélénios !"

La maraude aurait dit que c'était un ordre du Vicomte, on ne l'aurait pas cru. Mais le vieil homme étant fort étrange, les coursiers ne prirent aucun risque. On savait que ce dernier avait fort rudement questionné un apothicaire plusieurs jours auparavant. Il avait d'ailleurs été pendu le soir même après son altercation avec le Professeur, car il marchandait des poisons.
Ainsi deux chevaux partent : le premier en direction de Montjoie et de son Vicomte, le second vers le Duché de Canavese. Le courrier est le même, fort bref et très clair :

[rp]"Vostre Grasce di Canavese,
Monseigneur Vicomte de Montjoie,

Si je peux me permettre de vous mander votre aide, c'est que la situation est grave. Une obscure affaire se trame en Aix-les-Bains, Vicomte et Vicomtesse sont en danger de morts.
Venez, je vous en prie. Lorsque j'enverrai cette missive, il se sera déjà passé quelque chose de néfaste.

Le Très Haut vous garde en Sa Sainte Bienveillance,

Professeur Woland von Sélénios"
[/rp]

La seconde tache de Néofide, trouver La Luzerne, fut plus mal aisé. Mais elle finit par y parvenir, grâce aux indications de certains gardes qui l'ont vu s'engager dans un couloir. La jeune fille suit donc ainsi la piste de l'homme pas à pas. Quand enfin, il se montre les muscles encore fort tendus par ses exercices physique, celle-ci est fort embarrassée. Elle détourne les yeux du corps de l'homme, non parce qu'il éprouve de la gène, mais parce que le corps ainsi réduit à son plus simple appareil la dégoute. Elle commence ainsi :


"Sieur, je n'apporte point de bonnes nouvelles..."

Et lui raconte tout ce qu'elle sait : de l'arrivée du Professeur au campement des prostituées, jusqu'à l'enlèvement. Sans omettre de parler de l'homme au masque et des mots qu'il avait dit à propos de la Vicomtesse.[/rp]

--La_Luzerne a écrit:
[rp]
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Tibérias, enlevé ? Avec son plus fidèle bras droit, le professeur ? Non, c'était impossible. Il aurait déjà fallu l'assomer et ce n'était pas choses aisée à cause de la paranoïa du Vicomte. L'empoisonner ? Il ne buvait et mangeait que ce qui sortait de sa cuisine. La trahison venait sans doute de là. La Luzerne prit différends teints. Il imaginait combien il fallait d'hommes pour transporter la carcasse solide de son seigneur. Et aucun garde n'avait vu quelque chose. Toute une troupe de brigand s'était faufilée dans le château ce soir là, et lui n'avait rien vu ! Ah ! Qu'il maudissait son amour et son amante à présent ! A cause d'elle, Tibérias avait été enlevé.

Devant la mine gênée de l'informatrice, La Luzerne parcourut sa chambre et revêtit très vite son uniforme. Tout un plan se déroulait dans sa tête. Où était la Vicomtesse ? Que voudrait Tibérias ? Oh Seigneur ! C'est un bien terrible dilemme que tu m'envoies là ! Si j'étais allé à la messe ces derniers temps, m'aurais-tu épargné ?

Accrochant son épée à sa ceinture, il envoya un baiser fugace à Célestine avant de refermer la porte et de se retrouver face à Néofide, dans cette tour où seule une torche se consumait doucement au mur.

"Je vais réunir la garde d'Aix-les-Bains, si tu as b ien entendu l'Auberge du Bouc Noir, ce n'est pas très loin, nous aurons une chance de sauver le Vicomte... car j'imagine bien qu'ils l'ont enlevé pour lui faire vivre moults tourments avant de demander rançon ou de le tuer...

Il saisit la prostituée par les épaules et la regarda droit dans les yeux. Il ne voulait pas d'autres victimes.

"Cache-toi, retourne d'où tu viens, fuis, je ne sais quoi te dire, ni comment te remercier ! Sois certaine que tu recevras une récompense pour tes informations. Tu peux te cacher avec Célestine, la porte est ouverte. Je te laisse, adieu.

Il ordonna qu'on sonnât le tocsin. Les terribles cloches s'envolèrent dans une symphonie inquiétante. Le Masque fut donc informé, mais caché avec la Vicomtesse, il ne s'en inquiétait pas.

Bientôt, une centaine d'hommes, à pied, armés de chien à qui on ordonna de suivre des pistes, et à cheval, s'élança dans la nuit, das un vacarme assourdissant. En tête, la Luzerne et la Conseiller à l'armée, le capitaine d'Aix-les-Bains.

"Avez-vous remarqué une agitation inhabituelle aux cuisines ce soir ? Une personne étrangère, une personne manquante ?
- Non, si ce n'est le domestique Leisthat qui a insisté pour faire partie du service à table...


Cette idée n'évoqua rien à La Luzerne. Leisthat était un loyal serviteur des Leostilla, qu'il soit en cuisine ou dans les chambres ne changeait rien. Il réfléchit cependant longuement... Non, ce ne pouvait pas être lui... Même s'il avait quelque chose à voir là-dedans, il était trop tard. La garde avançait vers cette auberge, et rien ne pouvait l'arrêter avant d'avoir retrouvé leur seigneur.[/rp]

Eddo a écrit:
[rp][Sud de Chambéry, Savoie Ducale]

Le duc badinait. Non loin de Chambéry il était en courtoise compagnie et après avoir passé la matinée à chasser le daim, il était en train de folâtrer avec son amant. Le temps d'une journée il c'était échappé de ses responsabilités et des doléances, il profitait comme au temps de sa maladie d'une journée ensoleillée avec le doux Martin. La chasse avait été bonne et le repas d'autant, les sous bois ou la suite c'était arrêtée pour prendre du repos était ombragé et le soleil jouant avec les feuilles venait moucheter de ses rayons le sol. pendant ce temps plus loin, prêt d'une rivière ou ils s'étaient baigné le duc se reposait après ses ébats.

Alors qu'ils contaient les oiseaux dans le ciel un page s'approche tout en s'excusant. Martin s'efface, car comprend sans besoin d'explication que le duc était rattrapé par ses obligations. Toujours nu, le duc se relève et prend le message du page et le lit.

Citation :
Vostre Grasce di Canavese,
Monseigneur Vicomte de Montjoie,

Si je peux me permettre de vous mander votre aide, c'est que la situation est grave. Une obscure affaire se trame en Aix-les-Bains, Vicomte et Vicomtesse sont en danger de morts.
Venez, je vous en prie. Lorsque j'enverrai cette missive, il se sera déjà passé quelque chose de néfaste.

Le Très Haut vous garde en Sa Sainte Bienveillance,

Professeur Woland von Sélénios

Que voilà une missive des plus étranges et des plus énigmatique. Aix les Bains se sont les Di Leostilla, une famille des plus étrange elle aussi entre Chandin qui était l'un des prévôts les plus compétent de son époque et Tibérias qui est l'un des plus fin politique de Savoie, mais la rumeurs les veux tout les deux rongé par un mal bien rare et les gens les disait fou voir pire. Le duc fait la moue, il n'aime pas se mêler des affaires interne des autres nobles, surtout ceux de la Savoie ducale, terres du duc régnant de Savoie, c'était la porte ouvertes à des ingérences qui finiront pas causer du tords. Pourtant la missive est bien pour lui et l'honneur prime. Il soupire et dit a son page de préparer son cheval et ses gens aussi, qu'un coursier aille à la capitale pour faire venir quelques soldats, pas plus de dix, au cas où se ne serait que mise en scène.

Le duc se rhabille et appel Martin, il lui explique que le vicomte d'Aix les Bains par le biais d'un de ses gens l'appel à l'aide et qu'il lui faut donc y aller. Martin se propose et le duc lui sourit espérant cette réaction. En bon provençal le jeune homme aime les joutes et principalement quand elles finissent par un bain de sang. Le duc lui accorde le droit de le suivre et ils reviennent vers le campement.

Quand le duc part à la chasse c'est assez sobrement, il ne prend d'une dizaine de chasseurs et tout juste une trentaine de domestiques, c'est donc un petit camp qui se présentent à eux. Les chasseurs sont prêt et déjà monté, ils regardent le duc et se demandent ce qui se passe. Comme lui ils portent une armure de cuir simple mais marqué des armes di Canavese Le duc leur expliquent qu'ils partent sur le champs pour Aix et que la domesticité repart à Chambéry, il s'informe aussi pour apprendre que le coursier est déjà en route.

[Vicomté d'Aix les Bain, Savoie Ducale]

L'avantage dans le fait d'aller en Aix les bains, c'est que vis à vis de Chambéry, c'est proche. Le duc avait fait mettre en avant le fils de son maître chasseur, portant oriflamme du Canavese. Le danger il l'avait compris existait, mais qui à déjà vu un duc arrivé en catimini chez un vicomte? Et puis si danger il existe autant que les pauvres bougre sachant qui vient, sa leur laissera une chance de fuir.

Au vu du passage par Chambéry, le duc arrive donc avec ses chasseurs et ses soldat, une escorte très légère quand l'on sait qu'a l'accoutumé c'est plus d'une centaines de personnes qui le suivent, mais cela évite déjà pas mal de mauvaises surprises, comme celles que bon nombre de Nobles avaient vécu en un an, par l'attaque toujours plus hardi de gueux.

Le duc disserte avec son homme durant le chemin du fait que la vicomté se nomme ainsi pour ses eaux, connu de tout temps pour la bonne santé qu'elles apportent à ceux qui viennent si baigner. Martin essai de forcer le duc à y aller en villégiature afin de soigner le mal qui le ronge depuis la Provence. Mais Eddo sourit et lui dit que ce n'est pas de l'eau qui soignera ce mal là et qu'il faudra de toute façon commencer par savoir ce qui se passe ici.

Prudent et militaire dans l'âme le duc avait fait mettre au pas sa troupe à la borne indiquant le début des terres vicomtales, ils avancent donc avec circonspection et s'approche du castel couleur levée et le regard interrogateur sur l'origine de cette missive, ses raisons et l'explication qu'il peux en ressortir.[/rp]

Roi-lezard a écrit:
[rp]Saint Gervais, Château dit de la comtesse Béatrix.


Montjoye profitait lui-aussi du bon temps ce beau matin là, à la mode de chez lui, le corps presque entièrement trempé dans une eau bénéfique et à la température des plus agréable qui soit, celle des bains romains familiaux sur lesquels veillait habituellement son féal vassal Gamalinas Lanas. Ce dernier avait quitté la Savoie il y a peu, pour escorter les Trévière en le lointain Comté d'Armagnac.

Son épouse avait quitté ce jour là le Lézard pour se rendre il ne savait où, le laissant seul avec les domestiques après une douce nuit passée dans un lieu insolite à l'initiative de la Vicomtesse, nuit qui avait eu le mérite de pimenter grandement leurs ébats conjuguaux, ce qui devait expliquer le sourire béât qu'affichait le Duc ce matin là.

L'homme était affairé à prendre une rasade de vin directement à la cruche judicieusement posée sur le rebord du bain, lorsqu'un valet vint lui apporter sa pipe d'opium toute prête en sus de quelques missives fraîchement arrivées. Le maître sourit, remercia le serviteur en se faisant allumer par lui et son tison rougit son grand vice qui allait une fois de plus lui servir de petit déjeuner. Le médicastre lui avait prédit que s'il ne cessait pas son petit manège quotidien, il ne ferait sans doute pas de vieux os. Qu'importe, puisqu'aucun Montjoye ne faisait de vieux os.

Enfin à son aise, Raoul ordonna qu'on lui fasse lecture du courrier...


Citation :
Vostre Grasce di Canavese,
Monseigneur Vicomte de Montjoie,

Si je peux me permettre de vous mander votre aide, c'est que la situation est grave. Une obscure affaire se trame en Aix-les-Bains, Vicomte et Vicomtesse sont en danger de morts.
Venez, je vous en prie. Lorsque j'enverrai cette missive, il se sera déjà passé quelque chose de néfaste.

Le Très Haut vous garde en Sa Sainte Bienveillance,

Professeur Woland von Sélénios

Là le Montjoye se demandait si cette lettre était véritablement d'importance où non, car d'expérience, il s'imaginait qu'il ne pouvait se passer que des affaires obscures au sein de la Maison di Leostilla. La part de son histoire liée à cette famille évoquait à sa mémoire quelques morts inexpliquées, des portes secrètes et autres murmures sortis tout droit de l'Enfer... Et puis, il était un peu vexé qu'on l'appelle toujours le Vicomte alors que de mémoire il n'avait pas encore perdu ses droits sur le Duché de Remiremont, enfin cette considération en matière d'étiquette disparut bien vite de son esprit.

" Vous avez bien dit Canavese ? "

Le Professeur avait convié la cavalerie lourde sur ce coup là, peut-être que l'affaire était bel et bien urgente. Ainsi il sortit finalement de son bain pour enfiler prestement sa vêture, casaque et braies sombres, avant de se saisir de sa dague et de l'épée familiale dont il para son ceinturon. De sa voix rauque il avait réquisitionné au pied levé une quinzaine de cavaliers parmi ses meilleurs hommes et la petite troupe partit au galop rejoindre le lieu de rendez-vous, eux aussi étendard piémontais au vent, mais nettement moins nombreux que la suite guerrière de Canavese.

Le chemin se fit sans embûche, et bientôt Raoul et les siens purent rattraper les fiers chasseurs d'Eddo, et éperonner une ultime fois leurs montures afin de remonter la colonne jusqu'à trouver enfin le Duc.

" Votre Grace bien le bonjour... Savez vous ce qu'il se passe ici ? Ce château est d'un lugubre... "
[/rp]



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Fidelis
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MessageSujet: Re: [RP] Il était deux fois, à Aix-les-Bains   Sam 1 Oct - 15:28

--La_Luzerne a écrit:
[rp]
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A la tête de l'armée d'Aix-les-Bains, la Luzerne menait ses hommes dans la nuit et les ténèbres. Il avançait aussi vite que possible, mais ce n'était pas chose facile. Les cavaliers devaient suivre l'infanterie qui tenait pour bon nombre de soldat, des chiens qui suivaient d'éventuels pistes, bien que beaucoup connaissaient l'auberge du Bouc Noir. Un sale repère, un endroit mal fâmé.

Les deux éclaireurs envoyés pour repérer l'avancée revinrent anormalement rapidement à la Luzerne. Les informateurs expliquèrent à l'écuyer-roi qu'une armée avait été repérée. Une armée ! On entrait sur le territoire di Leostilla sans craindre la fureur de ceux-ci ?! C'était inadmissible. Une armée de brigands ? C'eût été possible... Les espions ajoutèrent qu'ils avaient vu deux blasons. On envoyait des éclaireurs à la connaissance parfaite des écus, ce qui rassura la Luzerne. Bientôt qu'il fasse nuit, les torches des hommes avaient suffisament illuminé les armes pour qu'ils puissent les reconnaître. Cachés alors dans des buissons aux alentours, les informateurs revinrent aussitôt vers la troupe.

"Il Cavanese e il Piemonte ?

Les espions affirmèrent. Ils parlaient italiens, on était moins trahis, une énième lubie de Tibérias qui fonctionnait ma foi. La Luzerne passa une main dans la fine barbe qui commençait à apparaître à son menton et regarda le capitaine de l'armée d'un signe interrogatif. L'homme semblait avoir compris la question :

"Leurs Grâces Puegmirol et Montjoie.
- Ont-ils l'intention de revendiquer le vicomté ? Font-ils partis du complot visant Tibérias ?
- J'en doute, Raoul de Montjoie était un ami du Vicomte. Les deux semblent trop importants pour voler une couronne prêtée par la Savoie. Ce serait la guerre.


La Luzerne hocha la tête. Il fallait quand même se mettre sur ses gardes. Se préparer à une attaque. Le capitaine en doutait, mais l'écuyer avait beaucoup appris aux côtés du Vicomte et s'il devait retenir une chose c'était bien de ne faire confiance à personne. Il donna un coup dans les côtes de son cheval et se remit en route, à la rencontre des deux visiteurs. Peut-être que les deux ducs seraient là... si c'était vraiment important...

Après la colline, La Luzerne et l'armée repérèrent bien rapidement les intrus. Arrêtant ses hommes d'une main levée en l'air, l'écuyer demanda au capitaine de l'accompagner. Un petit comité s'élança, torche en avant, au trot. Ils s'avançèrent vers les dignitaires des troupes respectifs et virent enfin Raoul Lézard et Eddo.

"Vos Grâces, je suis La Luzerne, commandant en chef de l'armée d'Aix-les-Bains en l'absence du Vicomte di Leostilla. Avec tout le respect que je vous dois, nous sommes en état d'urgence et votre entrée dans le territoire nous alerte... Tibérias a été enlevé, nous partions à sa recherche quand nous vous sommes tombés dessus... Quels sont vos desseins ?

L'armée derrière était silencieuse, elle attendait un signe, un mouvement, un cheval trop énervé, une voix trop excitée et elle avait ordre de bondir contre les intrus. La Luzerne scruta les deux hommes dans les yeux et tenta de compter les hommes qu'ils avaient en face d'eux, sachant pertinemment qu'ils perdaient du temps. Chaque minute passée pouvait être une minute de torture pour Tibérias, il fallait se mettre d'accord et rapidement...[/rp]

Eddo a écrit:
[rp]Alors qu'ils avançaient irrémédiablement dans le vicomté sans rencontrer autre chose que des villages et des villageois, bien vite c'est l'étendard de Montjoye qui apparait. Eddo fait continuer sa troupe tout en les regardant venir, se disant que finalement il ne serait pas seul dans cette panade qui s'annonçait. La première remarque de son filleul ne le rassures pas, lui non plus ne sait pas le pourquoi du comment. Le mystère s'épaissit et le temps passe.

Je n'en sais pas plus que toi monseigneur filleul, c'est une missive des plus étrange qui me pousse ainsi sur les terres d'Aix. Mais toi comment te portes tu et comment laisses tu ton épouses ainsi seule?

Eddo sourit de la tocade qu'il lance avec tendresse à Raoul, tandis que la route se fait. Il est vrai que plus on s'approche d'Aix et plus le château semble morne, triste, voir lugubre. Ai-ce la nuit tombante? Ai-ce les torches que les deux troupes allument? Ai-ce les villages qui se ferment avec le ciel? Ai-ce les premières chauve souris qui volent qui créent cette ambiance? En tout cas c'est glaciale malgré la température estivale et c'est morne malgré le rayon de lune.

Alors qu'enfin ils vont arriver en Aix, voilà qu'une troupe vient vers eux, espérant que ce soit le maître du lieu venu s'enquérir de leur arrivé tardive à une quelconque sauterie, Eddo se détend, car depuis déjà quelques temps sa bouge beaucoup autour d'eux et ses chasseurs n'aiment pas ça, il avait fallut les retoquer vertement pour éviter l'incident, voir l'escarmouche. Du coté des Montjoye, cela ne semblait pas mieux, mais Raoul semblait avoir le même savoir faire que le duc et aucun incident ne fut à regretter.

Le duc arrête sa monture afin d'écouter le jeune homme et lève un sourcil devant sa façon des plus impoli de parler. Un capitaine d'un vicomte qui parle avec tant de manque de savoir être à un duc, sa aurait valut bien plus que le pal si la seule information importante n'avait été la confirmation d'un gros problème en Aix. Eddo regarde l'homme qui semble un peu perdu et inquiet de leur venu, en bon soldat il tentait de mesurer la force devant lui et sa capacité à les combattre.

Chose étonnante quand l'on sait que c'est son maitre ou l'ami de son maître qui les avaient fait venir. La chaine hiérarchique semblait rompu et le pauvre capitaine semblait avoir à porter un poids trop lourd pour lui, Eddo lui épargnerait pour le moment les leçons de savoir vivre, car l'homme pourrait bien se brusquer et nul ne sait comment il réagirait. Le duc soupira et dit d'une voie assez forte pour que la troupe du capitaine l'entende.

Capitaine, le Canavese répond à l'appel d'Aix, j'ai été informé qu'un mal sévissait en les terres de votre maître. En temps qu'ami de la Savoie et duc di Canavese, je me devais de venir vous prêter main forte dans vos problèmes. Nous ne sommes nul point là pour vous chercher querelle mais pour trouver le vicomte où qu'il soit et le ré-assoir sur son trône. Car cela est juste et bon.

J'ai avec moi une dizaine de chasseur et autant de soldat, ils sont là pour vous aider, nul point pour vous combattre. Nos ennemis sont les votre et que ceux qui s'en sont prit au vicomte di Leostilla subisse notre courroux.


Le duc se tait et ses hommes s'approchent d'un pas pour montrer qu'ils sont prêt à venir en aide, les mains, loin des armes et le torse fièrement bombé pour montrer leur blason canavéséen.[/rp]

--La_Luzerne a écrit:
[rp]
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La Luzerne parlait avec la force de l'instant. Inhabitué à discuter avec des ducs, il avait sûrement manqué de respect, mais il était sur les terres d'Aix-les-Bains, et aucun duc n'avait autorité sur les lieux. Des renforts ? Mais qui donc les avait prévenus... L'heure n'était plus aux questions, et la Luzerne jugea Eddo comme digne d'une certaine confiance à la vue de son envergure et de ses hommes. Le duc Raoul n'avait rien dit, approuvant certainement les paroles du Canavese. Que faire d'autre ? Après le discours de l'homme, La Luzerne inclina la tête.

"Votre venue vous honore et nous honore Votre Grâce. Merci... Un témoin a entendu les ravisseurs parler d'une auberge nommée Le Bouc Noir. Elle se situe juste après La Biolle, laissez-moi vous guider.

Quitte à se faire des alliés, autant tout avouer les informations qu'il détenait. Aucun secret ne devait persister entre eux désormais. Le professeur et le Vicomte devaient être secourus avant qu'il ne leur arrive malheur.

L'armée d'Aix-les-Bains s'engagea aux côtés des Canavéséens et des Piémontais et tous marchaient à présent vers La Biolle et la terrible vérité. Perplexe, La Luzerne l'était. Jamais il n'avait connu d'autre maître que Tibérias, s'il lui arrivait quelque chose, il ne se pardonnerait jamais, ni à Célestine qui l'avait détourné de son devoir. Ah quelle vilénie que toute cette histoire !

Un peu à l'arrière des deux ducs, l'écuyer discutait silencieusement avec son capitaine pour qui il s'était fait passé. La stratégie d'attaque, la façon d'avancer, d'encercler l'ennemi, de choper Tibérias au vol et de l'emmener très loin en le protégeant de toute violence. Comment le géant avait-il pu être capturé... quelle traîtrise avait donc frappé ses rangs ! Ah il tuerait tous les suspects, il le jurait sur sa tête ![/rp]

--Tiberias. a écrit:
[rp]
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Sur les routes

Transporté dans un sommeil sans rêve, Tibérias se réveilla alors que le chariot heurtait une grosse pierre au sol. Papillonant des yeux, il comprit bien vite, par ses muscles impuissnts et faibles, qu'il avait été drogué et ligoté. Un vieil homme le regarda et lui marmonna des choses que le Vicomte ne comprenait pas. Un langage bien trop populaire pour que le di Leostilla comprenne la moindre chose. Des menaces, ce devait être tout ce qu'il sortait. Il en avait l'habitude. Mouvant la tête, Tibérias aperçut à ses côtés le professeur. Il fut légèrement rassuré. Mais tous les deux étaient seuls dans cette cariole, pas de trace de Dewan, sa bien aimée. Ce complot avait bien été calculé. Bailloné, Tibérias ne put rien dire, ni ordonner quoi que ce soit.

Bientôt, la charette s'arrêta. Tibérias fut mis sur ses pieds et le chiffon qui l'empêchait de parler fut retirer. Pour simple réponse, le Vicomte dévisagea de son regard mauvais Virgile le Chenu qui finit par baisser les yeux. Bien qu'attaché, un di Leostilla effrayait toujours. Il remarqua le nombre d'hommes qui s'en était pris à lui. Pathétique.

Auberge du Bouc Noir

On lui donna un coup d'épaule et étrangement, on lui retira tous ses liens. Massant instinctivement ses poignets durement ligotés, Tibérias jeta un oeil au Professeur lui aussi démis de ses cordes. Mais d'un coup, ce fut la débandade. Séparé de son futur vassal, la foule des conjurés emporta le Vicomte à l'intérieur d'une vieille auberge où une tête de bouc reposait comme enseigne. Une fois rentré, Tibérias constata que les tables avaient été poussées et que seuls quelques clients s'abandonnaient à l'ivresse.

Tibérias calcula ses chances. Tous ces hommes étaient des arrivistes qui s'attachaient à la parole du dernier qui avait parlé. S'il parlait et leur promettait argent, terre et bonne situation, ils se retourneraient contre le cerveau de la bande qui n'était pas là, c'était certain.

Dans la foule des insurgés, l'ancien juge leva son anguste bras droit pour pouvoir parler. Après tout, pourquoi l'avaient-ils emmené ici ? Ils voulaient le retenir en otage, voilà tout, et demander une rançon au château. Dès que les conjurés virent que le Vicomte désirait la parole, tous se turent. Un silence de mort s'installa dans l'auberge et un grand cercle se forma autour du noble, toujours la main levée. Il jugea chacun des regards qui se posaient sur lui, dubitatifs et curieux.

Soudain, l'un d'entre eux s'approcha de Tibérias par derrière et posa une main sur son bras.

"Tu te souviens de l'exil de mon frère et l'exécution de mes parents ?
- Ne me touche pas.


Tibérias se sépara de son interlocuteur. Un patricien ne devait pas se faire toucher par un brigand. Il regarda l'imprudent dont il avait sans doute exterminé la famille. Il devait avoir un bon motif et lui devait être trop jeune pour que Tibérias décidât de l'occir. Comme quoi les enfants laissés pouvaient devenir de vrais vengeurs et ennemis de l'avenir.

L'homme attrapa à nouveau la tunique de Tibérias et la tira en tout sens. Le vicomte en colère se dégagea à nouveau de son agresseur et redressa brusquement sa toge sur ses épaules.

EH BIEN ! QU'ATTENDEZ-VOUS !

L'air fier, la tête haute, Tibérias scruta celui qui lui faisait face et qui venait de heler ses compagnons. Le général ne comprit pas immédiatement et se tourna vers les autres mais subitement l'homme qu'il avait laissé derrière lui revint à la charge et lui asséna un coup de poignard dans le dos. Grimaçant, Tibérias le regarda à nouveau. Mais d'autres vinrent au centre, dagues en main. Entouré par les conjurés, le vicomte était transpercé de toute part. Le dos, le torse, chaque blessure augmentait la difficulté de respirer. Bousculé, il essayait vainement de résister en les poussant, mais ils étaient bien trop nombreux.

C'était un travail mal exécuté. Une vraie boucherie. Tous les ennemis de Tibérias se dressaient aujourd'hui contre lui. Il avait toujours souhaité une mort rapide et imprévue... Voilà qui répondait à ses attentes... il repensait soudainement, alors que les coups faiblissaient, à tous les projets qu'il voulait réaliser... la rénovation des thermes, la venue proche de son héritier, son couronnement officiel de vicomte...

Les visages tâchés de sang de ses assassins se retirèrent au fur et à mesure. Tous étaient satisfaits d'avoir participé à la mort du tyran, ne serait-ce que par un coup de poignard. Toujours vivant dans sa toge devenue rouge, Tibérias regardait le sol, marqué par son propre sang. Ses jambes n'assurèrent bientôt plus son maintien. Il fit quelques pas et s'écroula, adossé contre le comptoir.

Puis un visage qu'il connaissait s'avança vers lui. Son poignard propre montrait qu'il n'avait pas encore frappé. Il s'accroupit en face du noble, le visage triste, la larme à l'oeil. De la sincérité ? Les yeux du général commençaient à avoir de la peine à s'ouvrir. Le jeune garçon en face de lui n'était autre qu'Olodin, un soldat qu'il avait connu en Orient, ramené en Savoie, et placé à son service comme écuyer. Il était comme un fils d'où ses réticences à frapper. Tibérias était certain qu'il ne frapperait pas. Il avait tort.

"Contre la tyrannie, à jamais soyons liés... mon général... désolé...

Le coup ensuite ne se fit pas attendre. Il asséna violemment son poignard dans l'estomac du vicomte et se retira. Tibérias n'ajouta rien mais il l'aurait voulu. Sa bouche s'ouvrait, se refermait sans mot dire. Il glissa le long du comptoir jusqu'à ce que sa tête touche le sol dur de l'auberge. Il eut quelques soubresauts mortels, puis il pensa à son honneur. Ses ennemis n'auraient pas la chance de la voir passer ad patres. D'un bras rigide et presque mort, il se saisit de sa toge et s'en recouvrit le visage.

Quelques secondes plus tard, dans le sang et le froid de la nuit, aucun sursaut n'intervint. Laurent di Leostilla était mort, dans cette taverne dont il ignorait jusqu'au nom. Doucement, sa tunique descendit le long de sa tête recouverte de son propre sang et dévoila son visage, tranquille, reposant dans l'au-delà.

Plusieurs conjurés prirent la fuite, mais la majorité resta avec l'inquisiteur qui s'approchait à présent. Du milieu de la pièce jusqu'au corps, le sang perdu faisait peur. Qui aurait cru qu'un homme puisse en déverser autant ?

Loin de tout, loin de tout, loin de son Orient, loin de sa famille, le tyran n'était plus. Aix-les-Bains et la Savoie étaient sauvés.[/rp]

--Norberto_inquisitor a écrit:
[rp][Vous devez être inscrit et connecté pour voir cette image]

L'inquisiteur a, de loin, observé la sinistre scène. Il se tient contre une table, un peu à l'écart. Le Vicomte est tombé.

Norberto sort alors de l'ombre. Il parle d'une voix calme, froide :


"Maintenant qu'il est tombé, je vais faire passer cela pour un "accident"... Portez le dehors sur le bucher..."

La profession sans aucun bruit sort maintenant de l'Auberge. Dehors, les brigands attachent le cadavre à un poteau surélevé au milieu d'un tas de foin.
Le Professeur est tenu au col par Virgile, il est atterré... Il n'a rien pu faire pour sauver le Vicomte. Et que penser de la survie de la Vicomtesse ?

Une fois que le corps de Tibérias est attaché, les brigands se reculent et Norberto s'avance, levant un petit livre noir.
Il lève un index accusateur et le pointe droit vers le cadavre :


"Vicomtesse Tibérias di Leostilla d'Aix-les-Bains, tu es accusé d'avoir pactisé avec le Sans-Nom ! Tu t'es rendu coupable d'hérésie, de parjure ! Tu as renié la foi de ton Baptême ! Tu as abjuré la Vraie Foi Aristotélicienne ! Tu as vendu ton âme au Diable et tu as rallié les tribus infectes de la Réforme !
En ton noir château, tu t'es rendu coupable de crimes abjectes ! Sorcellerie, meurtre, inceste, viol, trahison envers la Sainte Église, trahison envers la Couronne de Savoie, trahison envers la Couronne du Saint-Empire !
Au Nom de la Très Sainte Congrégation de l'Inquisition, toi et tes descendants perdez votre héritage nobiliaire. Par les pouvoirs qui me sont conférés, je te retire ta Couronne."


Il se saisit d'un flambeau et avance près du bucher :

"Puisque tu n'as pas souhaité confesser tes péchés et que tu n'as pas fait vœux d'humilité face à la grande clémence du Créateur, je te condamne à périr par le feu : en hérétique et créature du Sans-Nom !"

A ces mots, il jette la torche sur le foin qui immédiatement se met à brûler. D'autres torches s'ajoutent au bucher dont les langues de feu viennent lécher avidement le corps sans vie du Général Tibérias, ex-Vicomte d'Aix-les-Bains.[/rp]

Woland_von_selenios a écrit:
[rp]Sans un mot... Le Vicomte a péri sans un mot...
Il s'est enroulé dans sa cape, comme César en sa dernière heure.

Il est mort sans bruit, ne laissant au Professeur qu'un sourire apaisé.

Maintenu par les brigands, le vieil homme ne peut se défaire de leur emprise. Bien que robuste, Woland sent encore son esprit embrumé par les effets des drogues qu'on lui a administré.

Il assiste, tête baissée, à l'horrible assassinat. Il assiste, sans un mot, à la mise en scène morbide

Quand l'Inquisiteur, l'air satisfait, se retourne vers l'assistance, il croise son regard. Noberto s'avance vers lui, un sourire aux lèvres. Woland se dégage des mains qui le maintiennent, il se dresse face au nain-quisiteur et lui dit :


"Je te briserai... Je remuerai ciel et terre, s'il le faut... Je manderai une audience au Pape, s'il le faut. Mais, je te retrouverai et je te briserai."


Il reçoit un coup de hampe de lance derrière les genoux et tombe à terre. A hauteur de l'Inquisiteur, celui-ci s'approche de lui et lui murmure au creux de l'oreille :

"Tu ne vivras pas assez longtemps vieil homme... Toi, tu périras dans quelques printemps, avant d'avoir obtenu une quelconque audience. Et moi je serai loin, très loin d'ici..."


Le Professeur serre les dents, mais sait qu'il ne peut rien dire dans cette situation. Un mot de trop et il périt, ici et maintenant.
L' inquisiteur s'éloigne, il grimpe sur un cheval noir et il crie à l'Assemblée :


"Et maintenant, dispersez-vous ! Je porterai dès demain à l'Inquisition mon rapport conçernant cette affaire !"

Il frappe des talons son cheval et celui-ci s'éloigne au galop, loin dans la nuit. Loin de l'Auberge, loin d'Aix-les-Bains.

Woland est là genoux à terre. Le bucher flambe. Il lève les yeux vers le corps du Vicomte qui lentement perd son humanité.

Les brigands quittent la place, Virgile à leur tête.

Le Professeur ne bouge pas. Perdu dans la morbide contemplation. Il revoit le visage mourant d'Annah. Elle est morte dans ses bras.
Il n'aura donc pu sauver personne aujourd'hui...
Il entend encore les derniers mots de la prostituée borgne :

"Elle a remis un sac à quelqu'un du château !"

Le Professeur se relève d'un bond :

"Foutre dieu Leisthat !"[/rp]

--La_Luzerne a écrit:
[rp]
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L'armée d'Aix-les-Bains marchaient aux côtés des envoyers du Piémont et du Canavese. La Biolle était à vue. Silencieuse et calme, rien ne prévoyait une telle découverte. La Luzerne sentait que quelque chose n'allait pas. Les rues étaient vides, pas une bougie n'était allumée chez les habitants. C'était une sensation étrange qui parcourait le corps de l'écuyer. Le Mal régnait sur le village. Une troupe de brigands ne passait pas inaperçue. Tout le monde avait dû la voir ou au moins l'entendre. Mais rien. Le silence, le vide, la mort.

La Luzerne avançait aux côtés des deux ducs, perplexe. Quand subitement, au détour d'une ruelle, ils virent un attroupement peu singulier. Des dizaines d'hommes réunis autour de ce qui semblait être un bûcher. Le corps de La Luzerne se sentit vide, presque au bord de l'évanouissement. Le brasier n'était presque plus mais il devinait parfaitement qui avait dû être installé dessus. La troupe s'était arrêté devant cette scène de folie pure. L'auberge du Bouc Noir était là, juste à côté. Tout s'imbriquait tragiquement.

La Luzerne dégaina son épée, suivi par les hommes d'Aix-les-Bains.

"Messieurs, le Vicomte est mort... Arrêtons ce mal qui est rassemblé devant nous ! Mettons-les en déroute, tuons-les tous !

Un cri peu commun s'échappa de la Luzerne. Il donna un puissant coup dans les côtes de son cheval et la cavalerie d'Aix chargea sur des brigands apeurés par la chevauchée héroïque et ravageuse. La première blessure fut infligée par l'écuyer qui fendit le torse d'un conjuré d'une violence rare. Bientôt aidé par Montjoie et les Canaveséens, la bataille fut rapide et éclatante. Quelques blessés du bon côté, un lot de morts pour les brigands et le reste en déroute, perdu dans le déhonneur, la honte et la terreur.

Des cavaliers contre de l'infanterie mal organisée devaient remporter aisément la victoire. Pour honorer la mémoire du Vicomte, ses hommes s'étaient vaillament battus et avaient combattu selon une stratégie digne des plus grands généraux romains. En plein front et revenant de l'arrière pour achever.

La Luzerne descendit finalement de son cheval. Il parcourait les morts. L'un des brigands, agonisant, le prit par la cheville et tenta de rire de sa douleur. Enragé, l'écuyer se dégagea de la faible emprise écrasa violemment la gorge de l'insurgé. Il continua son chemin vers l'auberge. Poussant les portes, son coeur battait à tout rompre.

Il entra dans la taverne du Bouc Noir et commença à mal respirer. Le sang au sol l'effrayait au plus haut point. L'aubergiste derrière son comptoir disparut vite à l'étage. Les jambes de la Luzerne se dérobèrent et il tomba à genoux sur le sol, pataugeant dans le sang de son maître. Qu'il l'aimait son Tibérias ! Lui qui l'avait adopté, qui l'avait sauvé des rues... et c'était sa faute s'il était mort !

Avec ses mains tremblantes, La Luzerne vint toucher le sang, inconsolable et pleurant des larmes de colère. Il finit par passer ses doigts sur son visage qui devint terrifiant. Telles des peintures de guerre, il avait encore certaines choses à faire. Il se leva et se emprunta la même chemin que l'aubergiste. Il le retrouva à l'étage, s'échappant par une chambre. Défonçant la porte, La Luzerne le suivit jusqu'au balcon. Il avait dégainé un petite dague et s'approchait de l'homme apeuré.

"Tu as laissé ce crime se dérouler chez toi, tu n'en es pas la victime, tu es un complice.

D'un geste brusque, il lança son poignard qui se planta dans le torse de l'aubergiste qui, dans un cri, passa de l'autre côté du balcon de bois, s'écrasant au sol, quelques mètres plus bas. La vengeance n'était pas terminée. Seul un Inquisiteur pouvait brûler. L'un d'eux avait dû faire partie du complot. Le bûcher... il était là, devant lui... plus rien ne subsistait du Vicomte. Seule satisfaction : Tibérias était déjà mort une fois brûlé.

Les yeux de la Luzerne se posèrent sur un homme, devant le brasier. Ni brigand ni soldat, il le reconnut assez vite : le professeur engagé par Tibérias et enlevé lui aussi, du moins voulait-il le faire croire. Il le rejoignit très rapidement pour lui régler son compte. Mais son sinistre visage, mêlant tout sentiment, empêcha l'écuyer ensanglanté de le toucher. Il n'était pas un insurgé. La Luzerne se refusait à regarder le bûcher, il murmura simplement :

"Professeur ? Quels sont vos ordres ?...

Perdu, La Luzerne et Aix avait besoin d'un gouverneur.
[/rp]

Roi-lezard a écrit:
Montjoye s'était longtemps tenu silencieux parmi la soldatesque sur le qui vive, se contentant d'acquiescer parfois aux quelques consignes de la Luzerne et du Duc de Canavese. L'ignominie appelait naturellement la vengeance, et c'est l'esprit vide, sans ruminer de sombres pensées qu'il avait éperonné sa monture et cavalé en formation serrée avec les troupes alliées vers le hameau de la Biolle et l'auberge dite du bouc noir.

Dans quel bourbier s'était fourré le Vicomte Tibérias, qui étaient ses mystérieux agresseurs et avait-t'il une chance d'avoir la vie épargnée ? Les réponses à ces questions n'étaient plus très loin et les deux Ducs et le Capitaine improvisé ouvraient la marche prêts à en découdre. A l'horizon soudainement, un amas de chaumières, une épaisse fumée noire qui ne disait rien qui vaille. La troupe s'engouffra dans les ruelles juste à temps pour apercevoir quelques silhouettes de soudards semblant sur le point de décamper, vite !

" Tuons les tous ! " La voix de la raison avait raisonné à travers les mots de la Luzerne.

Comme au bon vieux temps, heure glorieuse de la chevalerie, les cavaliers s'étaient élancés, chargeant à bride abattue la piétaille qui se dispersait tant bien que mal sous le coup de la stupeur.

Messire Raoul avait tiré l'épée de son fourreau, et après que les sabots d'Incitatus avaient furieusement piétiné un maraud infortuné, c'était à coups de moulinets savamment distribués depuis les hauteurs de sa monture qu'il martelait l'ennemi, arrachant bras et entrailles de ceux qui tentaient vainement de contrer la charge de cavalerie, tranchant sans pitié les têtes des fuyards qu'il poursuivait sans relâche.

Puis le bruit de la fureur et des armes s'estompait, et le cavalier sauta à terre non loin de l'entrée de l'auberge. Tandis que la Luzerne avait pris d'assaut l'établissement, Montjoye donnait généreusement les coups de grâce aux derniers gémissants en récitant son credo. Son regard circulaire s'assurait que ses alliés tenaient encore debout.

C'est alors qu'il achevait sa besogne qu'un corps vint traverser une fenêtre de l'auberge pour s'écraser presque à ses pieds. Le visage écrasé sur la terre était auréolée d'une mare de sang, la figure en était presque biblique.

Sur le tablier de l'inconnu, Montjoye essuya sa lame des impuretés qui la souillaient. C'est alors qu'il entendit la nouvelle, on avait retrouvé le Professeur, il était vivant. Montjoye lentement s'approcha du brasier...

Eddo a écrit:
[rp]Triste hameau, triste histoire. Le duc comme l'ensemble de la troupe avait regardé inquiet la Biolle. La nuit ne justifiait pas ce silence, sa puait la mort et la peur ici. Habitué aux structures policées des villes et village italiens, le duc trouvait toujours étrange ce semi servage dans lequel vivait les savoyards d'outrealpes. Pas de conseil, pas de guilde, pas de maitre artisans pour diriger, personne pour les recevoir, personne pour diriger.

Tandis que l'Aixois se lançais dans la dernière bataille le duc fait signe à ses chasseurs de contourner le champs de bataille pour empêcher les fuites, tandis que lui et ses soldats entraient dans le combats. C'était plus une boucherie qu'un combat, car les gens présents ne pouvaient faire quoi que se soit face à tant de cavaliers et bientôt leur sang vint gorger la terre. Le duc avait combattu avec une épée de chasse, n'ayant nul autre arme avec lui, mais elle était mal utile pour le combat, n'ayant de cesse de se bloquer dans les corps, obligeant à l'arracher des entrailles.

Une fois la boucherie terminé le duc demande a ses soldat d'aller de par le village s'assurer que nul danger n'allait venir les trouver par surprise tandis que ses chasseur, se mettait a essayer de comprendre ce qui avait pu se passer. La mort violente d'un noble n'était pas un acte rare, mais du fait que se soit des brigands, manants de surcroit au vue de leur prouesses militaire, que se soit fait dans ses terres, que se soit fait avec les lames et avec le feu, rendait l'acte purement scandaleux. Tout cela ne ressemblait pas à une jacquerie, loin de là. Les Jacques ne sont pas des malin, c'est toujours des paysans en colère ne cherchant qu'a bruler tuer et violer, enivrer de cette fausse puissance qu'est le fait de pouvoir tuer.

Tandis que les gens de Montjoye et d'Aix achevaient avec savoir les blessé, le duc se demandait qui avait pu vouloir faire du vicomte un exemple. Car au finale, agir ainsi, en Savoie ducale, à quelques lieues de Chambéry, comme si l'on était à Cunéo, c'était une action brutale et maitrisé, seul une personne aptes à une réflexion néfaste, et malsaine avait pu envoyer un tel message directement au duc de Savoie "Nul ne protège "ceux qui gardent"" semblait dire ce bucher. Tandis que le corps qu'un pauvre malheureux passait non loin du duc, le Montjoye, démontrant la colère froide du capitaine, Eddo s'approche de Raoul et lui dit.

Il faut savoir ce qui c'est passé, sans supposition, des faits. La personne qui a agit a fait passer un message à la Savoie et semble lui déclarer la guerre en tuant aussi sauvagement un de ses nobles. Il faut aussi s'assurer que ce jeune jouvenceaux ne tue pas tout le hameau par colère. Une personne ici doit avoir vu le chef de cette monstruosité.[/rp]

Woland_von_selenios a écrit:
[rp]Hébété le vieil homme fixe le bucher d'un air halluciné.

Dans sa tête se bouscule de nombreux éléments : fléchette empoisonnée esquivée avec hardiesse, sorcière vengeresse qui menace la Vicomtesse et son enfant, apothicaire vendant des poisons, femme du bailli qui écarte les cuisses, la treizième vache du père Mathieu a meuglé trois fois vendredi en fixant le ponant d'un air mauvais, corbeau sous la pluie, chat qui s'ennuie, poissons étranges dans des bocaux, service à table alternatif, le Masque qui s'occupe de la Vicomtesse, la Luzerne qui disparait souvent plusieurs heures dans l'après-midi, gémissement dans l'aile abandonnée du château, empreintes de bottes dans la boue, approximativement soixante-quinze kilos, sorcière aperçue donnant quelque chose à quelqu'un au château, vente de poison, utilisation de drogue chez les prostituées, même apothicaire, même sorcière, Néofide utilise des drogues pour son travail, sorcière qui livre quelque chose au château, Vicomte drogué, Vicomtesse droguée, Woland drogué, Annah assassinée, Vicomte assassiné, regard malin, frémissement au coin de la bouche quand il sert à table, utilisation du poison, flèche qui visait la Vicomtesse, livrée de la Maison d'Aix-les-Bains, Virgile mercenaire, Inquisiteur, vengeance généralisée, mort d'un seigneur, motif personnel, vengeance de la sorcière...


""Professeur ? Quels sont vos ordres ?..."

Bouche bée, Woland se tourne vers La Luzerne. Perdu dans ses pensées, il n'a rien vu ni entendu de l'escarmouche meurtrière menée par l'addition des forces canavésienne, reptilienne et axobalnéaire. Il attrape le jeune homme par les épaules :

"La Luzerne... Mes ordres ?"

Il réfléchit à toute allure...
Château, Leisthat, vengeance, Vicomtesse, châtiment à part, femme, innocente, drogue, viol, vengeance, seule, au château, sans défense, seule, Néofide, jeunesse, curieuse, innocente...


"Foutrecul !"

La petite est en danger de même que la Vicomtesse. Il regarde droit dans les yeux La Luzerne :

"Il faut partir immédiatement pour le château, la Vicomtesse est en danger ! C'est Leisthat vous comprenez ? C'est lui depuis le début ! J'ai vu dans ces yeux de la convoitise, de la malignité. Partons immédiatement, il n'est peut être pas trop tard !"

Il hèle un garde aux couleurs d'Aix-les-Bains :

"A terre soldat, laisse-moi ton épée et ton cheval !"

Le Professeur se hisse sur le cheval et se ceint du baudrier du garde, il lance au page du Vicomte :

"Capitaine La Luzerne ! Donnez ordres à des hommes de raser cette immonde auberge et d'y laisser cuir les cadavres des hommes. Que l'on recueille le corps du Vicomte. D'autres doivent partir, des mercenaires peuvent encore être en service dans les murs du Château, vous étiez fidèle au Vicomte, il se peut que vous soyez aussi une cible."

C'est alors seulement que le Professeur remarque les couleurs de Canavese et de Montjoie, il sourit, heureux que les deux Ducs aient répondu à l'appel à l'aide d'un vieux germain. Le Duc de Remiremont et de Canavese sont sur leur cheval respectif, non loin de lui, il s'approche à son tour :

"Bénis sois le ciel... Et vos chefs illustres soient aussi bénis... Laissez moi vous conter dans quelle tragédie vous avez mené les sabots de vos étalons, mais prenons la route du Château, je crains qu'il nous faille encore crever nos chevaux à la tache !"

Le vieux Woland n’omet de ce qu'il sait, de ce qu'il a vu, entendu ou ressenti. De la menace de la sorcière, jusqu'au terrible assassinat du Vicomte, enfin de la mise en scène qui vise à le faire passé pour hérétique.
L'homme en talonnant son cheval serre les dents... Il n'a pas su sauver le Vicomte, maintenant c'est la Vicomtesse qui est en danger, ainsi que Néofide qui toute catin qu'elle est se doit d'être secourue.
[/rp]
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Fidelis
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MessageSujet: Re: [RP] Il était deux fois, à Aix-les-Bains   Sam 1 Oct - 15:30

--Leisthat a écrit:
[rp]
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Le cerveau de la bande ? C'était lui. Ou du moins, il était le second. Sa mère était la tête pensante, Leisthat les bras armés. Leurs motivations ? Elles se résumaient un quatre mots : "Ni dieux ni maîtres !" Cette devise était devenue leur Credo et ils n'agissaient plus que pour elle. La mère était recherchée par Tibérias pour sorcellerie. Si on la trouvait, elle n'échapperait pas à la peine capitale. Pour Leisthat, sa mère était tout ce qui lui restait, il ne voulait pas la perdre. Il le laissa embobiner aisément par celle-ci, qui le monta contre la noblesse. Et comme l'araignée tisse sa toile, nous arrivons à notre présente situation.

Dans les sous-sols du château, le Masque, comme il se faisait appeler, était avec sa mère et la Vicomtesse. Cette dernière était attachée contre le mur, les mains liées en hauteur, la tête et le corps pendants contre les pierres froides. Elle avait déjà enduré les pires cruautés, les pires cauchemars. Quand elle croyait enfin succomber, la sorcière venait la soigner et tout repartait.

"Vous n'avez pas voulu vous soumettre à moi, n'est-ce pas, Vicomtesse ?

Enragé, il porta la main à son fouet et frappa dans un hurlement la noble au ventre.

"A l'heure qu'il est, votre mari a dû rejoindre les anciens tyrans en Enfer. Ne vous en faites pas, il vous a réservé un siège !

Nouveau coup, nouvelle souffrance. Leisthat consentit à retirer son masque argenté. Il s'approcha de sa proie et posa ses lèvres gercées contre celles de la Vicomtesse. Armée sans aucun doute du désespoir et d'un honneur encore puissant, celle-ci lui cracha au visage quand il se retira. Son air satisfait se transforma en démence. Il asséna un puissant revers de la main dans la mâchoire de Dewan. C'est sa mère qui interrompit les échanges :

"Mon fils, cette séance n'est plus privée.

Elle lui fit signe de la tête que quelque chose se tramait derrière la porte du sous-sol. Leisthat s'en approcha doucement. Il l'ouvrit alors subitement et découvrit une autre jeune femme, qu'il n'avait jamais vu au château.

"Une espionne, oui ! Mais une espionne de joie ! Quelle douce folie t'a emmené ici ? J'ai une sincère envie qui ne demande qu'à être assouvie par une personne comme toi.

Leisthat attrapa violemment Néofide par le bras, l'attira dans la pièce. La mère scrutait son fils, attablée à son atelier. Le Masque poussa brutalement la jeune prostituée dans un coin où de la paille reposait au sol. Ses intentions étaient claires. Le viol était fréquent. A qui se plaindrait-elle ? Elle allait de toute façon mourir. Bien trop respectueux envers la Vicomtesse qu'il préférait tortuer, il préférait s'acharner sur une fille de joie.

Alors que Néofide pleurait à chaudes larmes, Leisthat la contemplait, debout, en train de se dévêtir. L'amour n'était point chose pressée. Il lui était inconcevable de ne pas être nu pour attaquer. Sans pudeur aucune devant sa mère, l'horrible spectable débuta. Silencieusement, la sorcière s'était approchée de la Vicomtesse et examinait son coeur.

"Mon fils, elle est morte. Termine et allons nous en.

Surexcité par les dires de sa mère, Leisthat continua son immonde travail sur Néofide qui n'était pas de taille pour lutter contre lui.

"Mère, toute l'armée le recherche, cela m'étonnerait qu'ils reviennent avant demain ici. Arrête de pleurer toi ! Ne suis-je point le meilleur amant que tu aies eu ?

Il gifla la prostituée sous les yeux réticents de sa mère. Il fallait partir.

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Woland_von_selenios a écrit:
[rp]La lame savamment insérée dans la serrure fait éclater le verrou et laisse pénétrer une haute et forte stature à la crinière opaline.

Le Professeur a chevauché si vite, qu'il en a laissé sa monture roide dans la Cour du Château. Les hommes de Canavese, de Montjoie et d'Aix-les-Bains ont investi la ville entière, tout est passé au peigne fin. Tout homme portant la livrée du Vicomte est soumis à un interrogatoire, on ne prend aucun risque. Certains mercenaires sont surement encore là, dans le château pour espérer récupérer quelques écus supplémentaires.

Dès qu'il a sauté sur le sol, Woland ne perd plus de temps à parler, il a déjà lors du voyage raconter tout ce qu'il sait de la sinistre mésaventure. Maintenant, il cherche avec fougue et colère celui qui est l'auteur de ce jeu de massacre. Leisthat...
Démon de convoitise, démon envie et de jalousie... Léviathan insatisfait, cupide.

Le Professeur, comme tout bon chasseur qu'il est, renifle sa proie. La Vicomtesse a été séparée des hommes quand tous étaient drogués, il se doute que Leisthat ne l'aura pas mener dans un endroit où l'on pourrait l'entendre. Il ne prendrait aucun risque.
Une aile déserte du château ? C'est possible. Mais non cela ne va pas. Leisthat est un vicieux, il convoite la Vicomtesse, il est jaloux du pouvoir de ses maîtres. Il voudra les posséder tout comme un maître possède son domestique... Woland se persuade que Leisthat a choisi un endroit lié au pouvoir de Tibérias.
La salle du trône, trop classique, trop simple ; la chambre nuptiale, c'était là un pouvoir trop privé, point assez clinquant, cela ne nourrirait pas assez l'orgueil du Masque.

Les cachots !

La sorcière disait que son maris avait été condamné par le Vicomte. C'est cela ! Leisthat et la sorcière voulait se faire justice à eux-mêmes ! Tout est lié, le Professeur en est persuadé.

Il se jette à corps perdu dans le tourbillon d'escaliers qui mène aux sous-sol du Château. Les grilles sont ouvertes, ce n'est pas normal. Plusieurs cages ont été ouvertes et elles ne le devraient point. Aucun prisonnier n'attend plus sa torture. Constatant ces faits on ne peut plus étranges et surtout inquiétant, Woland avise une porte, qui elle est fermée.

Il appose son oreille contre celle-ci et c'est alors que toutes ses craintes ressurgissent. Des gémissements et des pleurs résonnent faiblement dans la pièce close.
Après avoir bien ajusté ses gants de cuir de cerf, il pose sans faire de bruit sa lame dans la serrure de la porte.
Un éclat de voix se fait entendre, puis comme le bruit d'une gifle.

N'attendant plus, Woland donne un si beau coup d'épée dans la serrure, que le verrou en saute. Quand il pénètre dans la pièce, il a seulement le temps de voir Leisthat près de Néofide qui se recroqueville sur elle-même.

Près de lui, ou plutôt près de l'ancienne porte, se tient une vieille femme, au visage vérolé. La mâchoire du Professeur se serre. Il attrape la lame de son épée fermement avec ses mains gantées et dans un vaste et puissant moulinet, il frappe au visage la vieille avec les quillons de la garde de son épée.

Suivant le mouvement, il attrape sa lame dans une garde plus académique et avance sans crainte vers le jeune homme. Ses yeux noirs foudroient le jeune homme :


"Alors tu aimes torturer les gens, charogne infâme ? Nous verrons qui dépècera l'autre... Je puis te jurer qu'avant le matin, je cracherai dans le feu qui te rôtira avec lenteur !"
[/rp]

--Leisthat a écrit:
[rp]
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Revigoré par tant d'énergies subites, Leisthat quitta la belle Nééofide, la laissant giser sur la vieille paille du cachot. Cette petite partie l'avait bien amusé, mais aucun témoin ne devait être laissé. Quel homme était-il pour ne pas satisfaire les besoins d'une femme une dernière fois ? En gentilhomme, il l'avait accordé à la prostituée et il en était assez fier. Malheureusement, toute chose avait une fin. Surtout l'amour et les hommes. Leisthat se rapprocha de ses vêtements qui traînaient de çà et de là dans la pièce non sans jeter un regard bienveillant et joyeux vers sa mère. Avant de se rhabiller, il s'avance vers la vicomtesse décédée. Il écarte les bras et montre son corps couverts de sueur et de paille collée.

"Regardez ce que vous avez refusé !

Il hocha la tête et lui tourna le dos. Si elle avait cédé à lui, elle serait encore là aujourd'hui. Mais cet amour qu'elle tenait envers Tibérias lui restait toujours incompris. Comment pouvait-on aimer un César tyrannique ? Pour le Bien, Leisthat était fier d'avoir commandité ce complot. Tout avait dû correctement se passer à l'auberge du Bouc Noir. Pourtant le domestique avait peur de voir débouler en trombe Tibérias dans le cachot. S'il l'attrapait, il savait qu'il s'y connaissait bien mieux que lui en torture... Il aurait le temps de mourir 36 fois... Terrifié par cette pensée, il enfila ses bras et ses chausses.

"Partons d'ici mère. J'ai suffisament d'argent désormais pour que nous vivions en paix. Père est vengé.

Il récupéra sa chemise, non loin de Néofide tremblante et pleurant. A cet instant, la porte s'ouvrit avec violence. Tibérias revenait ! Oh ! Non, ce n'était que le vieux professeur. Boutonnant correctement sa chemise, Leisthat regarda le manège de Sélénios. Il n'avait pas peur de ce docteur embauché par le Vicomte. Il doutait de ses capacités. Le pommeau de son épée vint toutefois heurter le visage de sa mère qui tomba au sol, avant de diriger sa lame vers le valet.

"Retourne d'où tu viens vieil homme et aucun mal ne te sera fait. Si tu es là, cela veut dire que le tyran est mort ? Je m'en réjouis. Mais si tu le plains ou l'envies, je vais me faire un plaisir de t'envoyer aussi en Enfer !

Il s'empara de son épée posée sur la table de torture et se positionna face à Woland. Il jeta un rapide coup d'oeil à sa mère, toujours à terre. Il avait besoin d'elle. Il sentait que tout pouvait se finir ce soir. Pour l'un, comme pour l'autre. Et par Dieu ! Il se défendrait ! Le professeur allait mourir ce soir. Leisthat ne savait pas trop se battre à l'épée mais il ferait avec... ou sans. La ruse devait primer.

Ils se mirent à tournoyer en formant un cercle quand Leisthat attaqua le premier. Mais le professeur esquiva de telle façon que la fougue du valet faillit lui faire perdre l'équilibre. Il atterrit presque sur Néofide. Mais il retourna à la charge. Son épée sifflait dans les airs rencontrant toujours celle de son adversaire. Seulement après plusieurs passes, la jeunesse du valet s'était épuisée. Sa vitesse et sa force, ils les avaient déchaînées. Que faire ? Il décida de tourner encore un peu en face du professeur et de le laisser attaquer pour qu'il se fatigue à son tour.

Mais la ruse s'empara de Leisthat. Quand il fut dos à la porte du sombre cachot, il prit ses jambes à son cou et quitta la pièce, non sans fermer la porte pour qu'elle gêne le docteur. S'il ne gagnait pas à l'épée, il gagnerait à l'endurance. Il connaissait mieux le château que le vieil homme.

Leisthat renversait tout sur son passage. Les tables basses, les tableaux accrochés au mur, il poussait les autres domestiques pour qu'ils tombent. Tout pour empêcher la progression du professeur dont les yeux étaient aussi aiguisés que la lame. Il n'aurait de repos qu'une fois Leisthat mort. Le valet avait peur, son souffle saccadé n'était pas un bon présage. Tout comme la sueur froide dans son dos. Il ne voulait pas mourir. Il était lâche.

A l'intersection de quatre couloirs, c'était un silence de mort qui régnait. Leisthat était là, en embuscade. Prêt à rencontre à nouveau l'arme du professeur. Collé contre le mur, il regardait par la fenêtre la Lune si belle et les étoiles si puissantes. Il entendait les bras de pas de Woland. Trois, deux... un...

Quand la silhouette apparut, Leisthat bondit.

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Eddo a écrit:
[rp]La triste affaire d'Aix les Bains tournait au règlement de comptes. non seulement le seul être apte à gérer cette maison avait périt par le fer et par le feu, mais en sus, l'affaire était faite de tel façon que chacun se regardait avec suspicion et doute. Non content d'un tel résultat, le pauvre capitaine semblait avoir perdu tout aplomb devant la mort de son maitre et tentait par tout les moyens de réparer d'irréparable. Le professeur, lui semblait être perdu dans une rage sanglante qui ne faisait rien auguré de bon.

Certains veulent croire que la violence engendre la violence, mais c'est la bonté dans la violence qui nourrit la violence. L'affaire le prouvait bien, à avoir ses ennemis trop prêt ils finissent par trouver moyen de vous enlever et de vous faire mettre à mort. Cette leçon est triste mais le duc n'oubliera pas que l'indulgence se doit d'être pesé avec encore plus d'attention que le jugement sévère.

A peine en Aix, le professeur s'élance au château, tandis que les troupes se mettent à quadriller la ville. Les ordres manquent de clarté, car trouver les ennemis, même ceux portant le liseré d'Aix, c'est pour des étranger comme chercher de la paille dans du foin...Soit on en trouve partout, soit... on en trouve partout. Après quelques morts trop rapide, le duc rappel ses troupe et dit.

Cessons la boucherie, allons au château chercher la vicomtesse. Les chasseurs vous irait de par tout le château pour le sécuriser, mettez toutes personnes vivante et apte à marcher dans une salle, une fois totalement désarmée, par la force s'il le faut, celle du trône par exemple. Soldats, vous garderez les portes et n'autoriserez que les Montjoye et les homme du capitaine que vous reconnaitrez à entrer.

La déception se lisait sur les visages, mais le duc n'en tient pas compte. bien sur un petit pillage ne fait jamais de mal, mais ce n'est pas encore le moment,même si certain autant d'Aix que d'autres maisons l'on un peu oublié. Les hommes vont donc vers le château. Il n'est pas trop ardu d'y entrer car il semble plus fantôme qu'habité, mais le duc entre dans la cour à cheval et démonte. Il place ses hommes sur le rempart et devant la porte, tout en fermant un seul ventail, ainsi l'on peut entrer, mais la défense est plus aisé. Une fois assuré que ses arrières sont solide, il entre dans le château, son épée de chasse en main à la recherche de la vicomtesse.

Il ne peux s’empêcher de se sentir comme un voleur alors qu'il avance d'un part prudent dans la bâtisse. Il se demande comment la petite duchesse prendra la nouvelle, quel que soit l'état dans lequel on retrouve Dewan. Il se demande comment l'on va la retrouver. Le duc se perd sans hésiter, ne connaissant rien aux pièces du lieu, plusieurs fois il voit ses hommes passer avec des gens qu'ils entrainent vers allez savoir où. L'on entend aussi quelques passe d'armes, venues d'où? Le duc écoute, il entend que cela viendrait d'en bas, il est vrai, mais comment vas t'on en bas? Par des escaliers, d'accord, mais on les mets où les escalier dans un château? Une tour ou au centre.

Le duc recherche donc, il est aider par les fracas, les cri et les autres son, mais il ni a jamais une porte là ou il devrait et il perd du temps à chercher.Surtout que le bougre n’essaie pas d'aller vite, non, il est prudent. Alors qu'il s'approche il entend des pas derrière lui, se retourne prêt à trucider l’ennemi quand il voit un de ses chasseurs.

- Tu as bien faillit trépasser,
-Mil excuses votre grâce.
-La vicomtesse?
- Nul trace,
- Vous avez tout visité?
- Il nous reste le sous sol, une aile et le dernier étage,
- Tu sais ou les sous sols sont peux être?
- Non loin votre grâce suivez moi.


Ainsi les deux hommes, torches à la main et arme dans l'autre s'en vont à le recherche des sous sol d'Aix les bains.[/rp]

--Le_moine_conteur a écrit:
[rp]
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Bonjour les enfants. Suivez-moi les amis, au pays où mystères et magie sont des mots qui vous ensorcèlent. Aux quatre coins d'un territoire où la mort et le chaos règnent en suprêmes souverains ! Bienvenue à Aix-les-Bains, fief éternel des Di Leostilla. Je suis Colpino, un faux vrai moine conteur, issu de la grande famille des gens du voyage que Tibérias détestât durant sa vie. Archiviste personnel du vicomte, je m'insinuais dans sa vie, sans que jamais il n'entrevit la supercherie qui m'aurait valu la mort, à coup sûr ! Laissez-moi vous raconter la fin de cette terrible nuit où la vie lui fut retirée abominablement par toute une racaille inimaginable.

Nous nous étions arrêtés au duel entre le bel et cruel Leisthat et le fantasque professeur Woland von Sélénios. La fuite inespérée de l'éphèbe s'acheva bien mal. Sa course contre le docteur décidé se termina sur les remparts, à la lueur des torches flamboyantes et fragiles. Leisthat était submergé les enfants. Submergé par les bottes et les techniques supérieurs de l'épéiste adverse. Parade et contre attaque furent vaines. Bien qu'il pensât posséder plus de forces que le viel homme, ce dernier se montra plus stratégique. Les coups du domestique battaient l'air et le fatiguait beaucoup. La fin s'achemina très vite pour lui. Son épée vrilla dans les airs, il perdit d'ailleurs quelques doigts à cause de la lame du professeur qui finit d'un geste remarquable et assuré dans l'estomac de Leisthat. Le beau jeune homme tomba à genoux sur le sol. Ecoutez-moi bien la suite les enfants. Car il eut le temps de placer plusieurs mots. Il maudit à jamais le vicomté et ses souverains. Il jura sur tous les habitants. Mais avant qu'il n'ait pu en dire plus, le professeur lui perfora la gorge. D'un coup sec, comme celui-ci ! Ah ah... Le porcin Leisthat ne dit plus un mot et glissa le long d'un créneau, comme Tibérias glissa du comptoir. Mort.

Mais tout ne s'est pas terminé là ! Avez-vous oublié la sorcières, chers bambins ? Pas moi ! Alors qu'une fine pluie commençait à percer le ciel noir, le professeur accourut dans les sous-sols où les troupes de Montjoie et de Puegmirol s'étaient rassemblées. Ils avaient attrapé la sorcière ! Si si ! Ils la tenaient en chaîne, traînée par terre malgré cet âge centenaire qu'était le sien. C'est un homme qui arriva ensuite. Un domestique du château. Un fidèle. Il tenait dans ses bras, un tas de couvertures où reposait un bébé pleurnichant. Oui les enfants. La cruauté et la perfidie de Leisthat le contraignèrent de retirer l'héritier que la vicomtesse gardait en son ventre ! Il l'avait laissé pour mort. Mais vous et moi savons à quel point un di Leostilla est avide de vie et ô combien son sang boue et fulmine dans des veines trop petites pour contenir toute sa force et sa puissance !

On détacha la vicomtesse, on ramena ce qu'il restait d'elle et du vicomte dans un caveau où leurs tombes les attendaient déjà. Cependant, on ne les mit pas en terre immédiatement. Le professeur pensait que c'était à la famille de le faire. Lui et la Luzerne organisèrent des recherches dans le bureau du défunt et trouvèrent une correspondance entre Tibérias et ses frères, et ses cousins. Woland les contacta. Deux répondirent à l'appel. Le Grec et la Romaine.

Une page se tourne les enfants. Pleurons Tibérias. Les larmes ne sont jamais inutiles. Mais sourions aux nouveaux souverains ! Car le Grec aurait racheté le château et les terres se trouvant autour. Qui sait ce qu'il adviendra de moi, de nous ? Soyez prudents, garnements. En revanche, nul ne sait ce qu'il est arrivé à la sorcière. On raconte qu'elle est toujours vivante. Condamnée à vieillir au fond d'une geôle du château.

Telle est la vie des hommes. Quelques joies, très vite effacées par d'inoubliables chagrins. Il n'est pas nécessaire de le dire aux enfants.
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MessageSujet: Re: [RP] Il était deux fois, à Aix-les-Bains   Sam 1 Oct - 15:30

Fidelis.di.leostilla a écrit:
[rp]Fiorella Deliciosa Lise di Leostilla !

Ainsi fut elle annoncée aux portes d'Aix-les-bains dont le manoir appartenait encore pour peu à la famille di Leostilla jusqu'à la totale disparition du couple vicomtal.
Une jeune femme patientait à l'entrée, les yeux grands ouverts détaillant l'architecture savoyarde dont elle n'était pas habituée. Pour elle, tout ce qui n'était pas d'art italien semblait curieux. La bouche pincée, elle n'était visiblement pas très heureuse d'attendre si longtemps.

Quelques jours auparavant, lorsque la tragique disparition remonta jusqu'aux parties de la famille dont le vicomte ne parlait jamais, le père de Fiorella avait décidé de l'envoyer rejoindre son cousin Vikentos pour le seconder dans les préparatifs d'obsèques. Un vicomte ! Il fallait un minimum de correction et des obsèques dignes de ce nom. L'autre raison était simplement que son père voulait se débarasser d'elle et de son fichu caractère.

Le voyage avait été long, elle avait fini à Dole quand le cocher s'était trompé de route et qu'en plus de ça, une roue avait fini par casser à cause du mauvais état des routes. Ils avaient vraiment besoin des romains par ici pour créer des routes dignes de ce nom, pensait elle !
Elle regrettait souvent le confort de sa villa et le délicieux climat de Rome.

Come osa farmi aspettare?

Nerveuse et impatiente, Fiorella s'adressa au valet qui restait en sa compagnie, d'un ton plutôt agressif.

Andate a trovare mio cugino! E 'semplicemente ignobile!
[/rp]
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MessageSujet: Re: [RP] Il était deux fois, à Aix-les-Bains   Sam 1 Oct - 15:31

Vikentios a écrit:
[rp]Vincent di Leostilla revenait de plusieurs affaires en ville. Il avait élu domicile à Aix-les-Bains, dans le château de ses aïeuls qu'il avait acheté contre une colossale somme d'argent. Il n'avait plus de pouvoir légal sur Aix-les-Bains, il y habitait simplement. Mais tout le monde savait qu'il serait le maître du territoire quand même. Sans suzerain, Aix était vulnérable, Vincent s'occupoerait donc des doléances du peuple, assurant, un peu comme un clan, la sécurité des faibles et l'anéantissement des bandes rivales. C'était une période sombre, et il manquait un sauveur. Les di Leostilla, à la haute estime d'eux-même, savaient qu'ils étaient tous plus ou moins des héros. Leur richesse, leur loyauté et leur noblesse n'avaient d'égaux que leur beauté, leur volonté et leur honneur.

Tibérias avait retrouvé toute la famille di Leostilla. Certains avaient migré vers le Nord, d'autres étaient restés à Rome, ville maîtresse de la famille. D'autres, comme Vincent, étaient né loin de la Savoie, à cause de parents migrants. C'était en Grèce qu'il avait vu le jour. Une fois ses géniteurs décédés, il ressentit le besoin de retrouver ses racines. La lettre de son oncle Tibérias l'encouragea à venir. Ainsi, quatre di Leostilla était arrivé en Savoie. Morgana, une cousine ; Amédée, un cousin ; Fidelis une cousine et Vincent un cousin. Quatre cousins sans qu'aucun n'ait un lien fraternel avec un autre. Seule Fidelis avait un frère mais ce dernier, Octave, avait péri avec ses parents dans un naufrage, dans l'Atlantique, non loin de la Rochelle.

Posca, un serviteur venu de Grèce avec Vikentios, obéissait toujours à ce dernier. Il était le seul vestige d'un temps passé. La seule relique témoignant du vécu de ses parents et d'une vie oubliée. Le domestique avertit que Fidelis devait arriver tantôt en Savoie. Il ajouta que selon les derniers écrits de Tibérias, la cousine était froide et hautaine et qu'ainsi, elle et Vincent devraient s'entendre à merveille. Cette insinuation déplut fortement au di Leostilla qui frappa doucement dans le dos. Il ne pouvait pas lui faire de mal. Il était déjà assez vieux. On ne touchait pas à la vieillesse même si elle était plébéienne.

Ils approchaient finalement du glorieux château di Leostilla. Devant le pont-levis, un cortège attendait. Poussant son cheval au galop, Vikentios se rapprocha de la scène où ses gens refusaient l'entrée du domaine au visiteur. Vincent avait été clair : personne ne rentre sans que je sois là. On avait bien trop peur de lui pour qu'on lui désobéisse. Il y eut Chandin l'affreux, le sanguinaire et le dément ; Tibérias le guerrier, le juste, le paranoïaque, le tyran et le fou ; Remus le bon, le cruel et le malade. Désormais il y avait Vikentios, dont aucun adjectif ne venait à bout.

Une calèche était là. Frappé du blason di Leostilla romain. Vincent eut un léger sourire et s'approcha d'une fenêtre du carrosse. Il retira son chapeau pour parler à sa cousine.

"Le Seigneur du ce lieu doit vraiment être un idiot pour laisser attendre une si belle demoiselle.

Il lui sourit. Le reconnaîtrait-elle ? Cela faisait plus d'une dizaine d'années qu'ils ne s'étaient pas vu. Cela remontait à la période où la famille se réunissait encore fréquemment. De cette période il ne restait presque plus qu'eux. Il devait l'avoir connue toute jeune. Il était de quelques années à peine son aîné. Et pourtant, elle n'avait presque pas changé.

"Cousine, comment allez-vous ?

Il ordonna qu'on levât la herse afin de les laisser passer.[/rp]
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MessageSujet: Re: [RP] Il était deux fois, à Aix-les-Bains   Sam 1 Oct - 15:32

Fidelis.di.leostilla a écrit:
[rp]Usant d'un éventail pour se raffraichir durant le temps d'attente qui, pour la plupart, n'aurait pas été si long, Fiorella réfléchissait à divers affaires laissées à Rome. Contrairement à son bon à rien de petit frère, la jeune femme passait tout son temps à aider son père dans les affaires, à son grand damne d'ailleurs. Intangible et impitoyable, la noble aurait arraché des confessions à tout ange de bonne figure.

Elle entendit une voix grave derrière le rideau qui masquait le soleil de la voiture et s'apprétait à répondre de manière emportée quand elle posa ses yeux glacials sur le visage de son cousin. Aucun sourire ne vint accueillir l'homme qu'elle reconnut sans peine. Sa mémoire ne faillait jamais. Elle n'oubliait jamais non plus.

Vikentios ! Ce n'est pas trop tôt ! J'ai cru mourir dans cette chaleur !

Poussant d'emblée la porte cochère pour descendre, elle s'empressa de se montrer. Une toilette sombre saillait parfaitement à sa silhouette. Ses bottes touchèrent le sol et d'un battement de l'éventail, fixa le cousin puis son domaine.

C'est ... pittoresque ! Oui on va dire ça. Où sont les esclaves pour les bagages ? Il me faut me raffraichir ! Conduisez moi, Cugino !

Elle savait très bien que le cousin n'avait nul esclaves en Savoie et encore moins une ribambelle de domestiques tel qu'elle le désirait. Mais le plaisir d'humilier ainsi son cousin lointain alimenta un certain plaisir plein de sarcasmes ! Que le vieux Tibérias avait monté les échelons ... un Vicomté. Une certaine forme de jalousie habitait Fiorella sans qu'elle n'en montre quoi que ce soit. C'était sans doute là sa plus grande force mais peut être aussi sa faiblesse. [/rp]
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MessageSujet: Re: [RP] Il était deux fois, à Aix-les-Bains   Sam 1 Oct - 15:32

Vikentios a écrit:
[rp]Une véritable garce, oh oui, c'était à peu près cela. Quand les premiers mots des retrouvailles fusèrent, Vincent jeta un oeil à Posca, son serviteur, et tous les deux s'entendirent sur Fidelis la Hautaine. Mais elle jouait contre fort parti. Craquera bien qui craquera le premier. Il allait lui en faire voir de toutes les couleurs. Des vertes et des pas mûres comme on disait par ici ! Quand elle descendit de son carrosse un éventail à la main, Vincent lui sourit malgré tout, heureux de retrouver le sang familial. On ne pouvait avoir confiance qu'en ses parents. Bien que les cousins marquaient parfois un éloignement certain, affectif ou géographique.

Pittoresque, écoutez-la donc. C'était ce qu'on faisait de mieux dans l'Empire ! Sachant très bien qu'elle le narguait, Vincent ne dit rien et l'écouta jusqu'à la fin. Quand elle eut terminé, il se décida à parler. Il n'était pas très bavard d'ordinaire, mais il se soignait.

"Ne m'appelez plus par cet idiot nom grec, ici c'est Vincent, cela fonctionne pour vous aussi.

Il s'était bien fait comprendre. Les hommes di Leostilla était toujours bien compris par les femmes. Que ce soit en amour, en menace ou en chantage. Ah elle voulait des esclaves... Quand la herse fut levée, Vincent frappa dans ses mains et une dizaine de domestiques arrivèrent à eux, s'emparant des bagages de Fidelis et les transportant jusqu'à ses futurs appartements, proche de ceux de Vikentios. Par une politesse plutôt mal placée, il tendit son bras à sa cousine pour qu'elle s'en saisisse et tous deux franchirent le pont-levis.

"Durant combien de temps honorerez-vous les lieux de votre présence, chère Fiorella ?

Il écouta sa réponse et voyant qu'elle avait visiblement souffert de la chaleur et du voyage, il s'empressa d'ajouter :

"Certains thermes ici sont d'une fraîcheur bienfaisante. Nous pourrons nous y ressourcer autour de quelques collations. Suivez-moi.

Les instints romains qui remontaient ! Qu'étaient les di Leostilla sans leurs thermes et vice versa ? Rien, cela n'existait tout simplement pas ! Ecoutant les paroles de sa cousine, Vincent l'entraînait à l'arrière du château, où se trouvaient les bâtiments thermaux. Il en profitait pour montrer la puissance et la grandeur de la place forte, vantant sa défense et sa beauté, et expliquant les points stratégiques et la destination ou l'origine de tel ou tel couloir.[/rp]
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MessageSujet: Re: [RP] Il était deux fois, à Aix-les-Bains   Sam 1 Oct - 15:33

Fidelis.di.leostilla a écrit:
[rp]Elle ne s'attendait pas à ça ! Ah ça non, pas du tout. Les domestiques s'empressèrent de récupérer les malles et boites dont Fiorella s'était encombrées pour le voyage. Son visage pourtant resta placide. Elle ne lui ferait pas le plaisir de lui montrer sa stupéfaction. Cela serait trop facile, trop simple. Entre eux, le jeu existait déjà depuis leur enfance. A peine haute comme trois pommes, Fiorella adorait jouer des coups tordus à l'insu de leurs parents. Quand Vikentios essayait de se défendre face aux parents de la petite, il passait pour un méchant garçon. Peut-être était elle quelque part responsable de ce qu'il devint par la suite ? Nous ne le saurons jamais.

A la naissance d'Octave, ce bébé qui venait tout gâcher dans le petit monde de la princesse Fiorella, elle avait perdu ce sourire malicieux qu'elle offrait facilement. Oui, tout était à cause de ce maudit frère ! Son père avait mis des espoirs dans ce gamin mais il s'était avéré être parresseux, incapable, mou. Alors Fiorella avait gagné sa place chèrement. Elle s'était immiscée dans les affaires de Père, elle lui avait fait faire de gros bénéfices mais parfois sans avouer ses méthodes peu orthodoxes.

Vincent. Ce nom ne lui allait pas, ce nom elle ne s'y ferait pas mais puisqu'il en était ainsi, elle s'adapterait parce qu'elle savait qu'il la nommerait de ce nom qu'elle utilisait pour les affaires. Ce nom qui ne fut plus prononcé par un être vivant depuis longtemps.

Alors que les bagages prenaient le chemin du château, elle commença à avancer au bras de son hôte. Vincent. Non, ça n'allait pas. Il fallait autre chose.

Aussi longtemps qu'il me plaira, cher cousin. Le voyage fut déjà assez abominable ! Les routes par ici ne valent en rien ! Il manque de sérieux architectes à ce Roi. Comment pouvez vous vivre ici ? Des thermes ? Voilà qui me sied mieux ! Vous me plaisez mon cousin.

En suivant les traverses et autres couloirs, ils avançaient lentement. Fiorella n'écoutait pas vraiment les explications qui ne la fascinaient pas. Des défenses ? Tant mieux ! De grandes batailles ? Peu importe ! Des morts ? Intéressant ! Qui souhaitait il impressionner ? Pas elle.

Dites moi, tout cela vous coûte une fortune ! Vous allez finir endetté. Si vous le souhaitez, je peux regarder vos comptes pour les optimiser.

Une offre généreuse, qu'elle ne ferait pas deux fois ! S'il refusait, elle ne lui viendrait jamais en aide, famille ou pas. C'était ainsi. Fidelis prenait là toute sa force.
Ils allaient arriver aux thermes quand elle s'arrêta un instant.

Vik, mon père a écrit cette lettre pour vous. Je l'ai ouverte, je déteste les secrets ! Sachez qu'il peut aller au diable et que je refuse.

C'est avec calme qu'elle avait prononcé ces mots. Le pli décacheté sortit de nulle part entre les plis de sa robe. Elle le lui tendit entre l'index et le majeur, du bout des doigts puis elle reprit sa marche claquant des talons sur le marbre de la loge d'entrée de l'hôtel des randonnées. L'esprit de Rome vivait dans ces lieux et quand elle apprit qu'un des enfants di Leostilla avait fait rénover ces lieux dans cet esprit, elle ressentit une certaine fierté. [/rp]
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MessageSujet: Re: [RP] Il était deux fois, à Aix-les-Bains   Sam 1 Oct - 15:33

Vikentios a écrit:
[rp]
Aussi longtemps qu'il lui plaira... par tous les Saints... elle allait s'installer pour toujours ici. Vincent possédait un sens inné pour découvrir ce que les gens dissimulaient derrière leurs mots. Fidelis, sa cousine, n'y échappait pas. Elle était au contraire plus facilement discernable. Il fut rassuré quand elle accepta les rafraîchissements aux thermes. Elle était toujours Romaine, comme lui. Si ce caractère avait disparu d'elle, Vikentios l'aurait tout de suite trouvée inintéressante. Elle poursuivit sur le trésor. Des dettes ? Peut-être quelques unes mais rien de bien grave... du moins au sens de Vincent... Plusieurs milliers d'écus, c'était tout. Mais il n'allait pas le lui dire immédiatement, non. Elle en aurait été trop fier. Regarder les comptes du château ? Pourquoi pas... il la savait habile dans le commerce et les affaires de fortune. Lui confier l'intendance du domaine ne serait pas une honte ni même une erreur ; ce serait un luxe gratuit qui pouvait remplir à nouveau les caisses. Combien de nobles vivaient après tout, avec un trésor réduit à néant ? Enormément. A trop acheté, on ne gagnait plus rien. L'achat du château avait profondément endetté Vincent et la famille qui vivaient en dessous de leurs moyens.

"Ton aide ne peut qu'être bénéfique.

Le tutoyement avait remplacé ce "vous" trop prétentieux. Ils étaient de la même famille. Ils allaient vivre, manger, traiter et marchander ensemble. Mieux valait imposer de sérieuses et stables bases dès le début. Il lui sourit une fois arrivés aux immenses portes argentées des thermes. Vincent allait continuer quand sa cousine s'arrêta brusquement.

"Vincent, Fiorella. Si tu as pris connaissance de cette lettre, tu pourras m'en expliquer les grandes lignes et les mots cachés.

Il s'empara de la lettre frappée du sceau di Leostilla et la tendit sans la regarder à Posca, qui marchait toujours derrière lui. Peut-être que sa cousine serait choqué mais cet esclave que s'était déniché Vincent était un domestique savant. C'était lui qui gérait les comptes, qui conseillait son maître et qui commandait parfois ce qu'il fallait faire. Cette relation pouvait être surprenante mais c'était ainsi que son père fonctionnait. Il était normal que Vikentios l'imite et reprenne ses techniques de servage.

Les deux domestiques qui étaient placés devant les portes, les ouvrirent quand Vikentios le leur ordonna. Puis chacun d'entre eux s'occupa des deux Leostilla. Posca s'arrêta devant les portes et prit connaissance de la lettre du père de Fidelis dont il ferait un résumé à son maître plus tard. A l'intérieur :

"Je te retrouve au bassin extérieur.

Vincent sourit à Fiorella et suivit son domestique vers les vestiaires réservés aux hommes. Il se tenait debout tandis que son valet lui retirait sa toge et ses écharpes. Sans pudeur aucune, le di Leostilla se retrouva nu devant son domestique. Mais pou lui, les serviteurs n"étaient rien, ils n'avaient pas même le droit à la parole. Pourquoi devrait-il ressentir une quelconque honte devant un être inférieur ? Cette pensée le fit sourire. Le valet lui tendit finalement une serviette blanche que Vincent s'accrocha aux hanches qui descendait jusqu'au dessus des genoux.

"Apporte un plateau de fruits et du vin au bassin extérieur. Dépêche-toi.

Le valet s'inclina et disparut rapidement en cuisine. Vikentios se déplaça vers sa destination. Il tenait sa serviette afin qu'elle ne tombe pas et marchait difficilement sur les dalles chauffées par les rayons du soleil. Son puissant torse velu marquait une certaine résistance physique et une puissance certaine. Il attendit Fidelis en regardant l'immense bassin au fond de pierre, rempli d'une eau limpide et claire. Un mouvement résonna derrière lui. Il se retourna et admira l'arrivée de sa cousine.

"Cousine, comment trouves-tu nos thermes ? Celui-ci est le bassin du Baron Remus di Leostilla, il aimait s'y baigner des journées entières pour soigner sa maladie de la peau. Malheureusement il n'en guérit jamais et décéda avant ses dix-sept ans... Le bassin intérieur porte le nom de la Baronne Angeline di Leostilla, plus pudique, elle avait peur que le soleil ne voie ses divines formes. Ils étaient jumeaux, c'est à eux que nous devons la reconstrution et la somptuosité de ce lieu.

Il sourit à Fiorella sans véritablement la regarder.
[/rp]
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MessageSujet: Re: [RP] Il était deux fois, à Aix-les-Bains   Sam 1 Oct - 15:34

Fidelis.di.leostilla a écrit:
[rp]Vikentios prit la lettre sans la lire. Quel culot ! Enfin, peu importait après tout. Moins vite il serait au courant, mieux ça le serait. Elle lui avait montré la lettre uniquement parce qu'elle craignait que son père eut fait venir par un autre moyen le contenu de sa missive. Elle se serait alors retrouvée dans une posture peu enviable. C'était mieux ainsi. Mais il était hors de question qu'elle lui délivre le contenu de vive voix ! S'il voulait savoir, il lui suffisait de l'ouvrir.

Plus tard, Vik, plus tard.

Vincent ? Non ! Elle ne le prononcerait pas ! Têtue comme peuvent l'être les femmes romaines quand elles ont une idée en tête, Fiorella ne faisait pas exception. Voir même pire encore ! Et les familiarités qui commençaient à prendre le pas sur le protocole. Certes, cela faciliterait les choses sans doute, bien que... Elle n'aimait pas les familiarités, sauf en ce qui concernait la famille. C'est pourquoi elle ne releva pas.

Il avait accepté son aide, il avait des domestiques, une propriété plutôt avenante à l'esprit de Rome la grande, tout cela commençait à bien convenir à la difficile cousine di Leostilla, même si elle regrettait encore sa Rome natale.

Sans tourner son visage, elle observait du coin de l'oeil le manége de son cousin avec le domestique. Une mode chez les Leostilla. Son père en faisait de même. Fiorella, elle, ne faisait confiance en personne. Tout domestique était bon à pendre s'il tentait de trop entrer dans la confidence de la jeune femme. Chacun sa place. D'ailleurs, l'amitié de Fiorella était chose rare. En Italie, elle avait deux amis. Trop de faiblesse dans l'amitié. Elle ne laissait aucune prise à ceux qui pourraient tenter de la faire faillir.

Vint le moment où ils se séparèrent. Deux femmes l'accompagnèrent vers une salle vaste où des miroirs, des banquettes, de magnifiques colonnades et des vasques garnies de fleurs l'accueillirent.

La personne qui a créé cette salle avait un goût raffiné.

Seul le silence lui répondit. Les femmes n'étaient pas là pour parler et Fiorella n'attendit pas de réponses. Elles étaient là pour l'écouter et l'aider à se dévêtir de sa lourde robe pourpre et à ôter ses longues bottes noires.

Sa peau fut légèrement huilée par des essences parfumées. Ses cheveux furent défaits de la savante coiffure qui les maintenait liés. Ainsi dénudée et préparée, un long drap enroba son corps pour terminer sur son épaule.
Une des domestiques la guida le long d'alcôves pour arriver dans le soleil et la chaleur de l'été au bord d'un grand bassin.

Vikentios l'accueillit, déjà présent. Il était peu vêtu et cela surprit la jeune noble. Les bassins romains étaient généralement séparés pour les femmes et les hommes. Fiorella n'était pas habituée à voir le corps d'un homme dévêtu et en fut troublée. C'était bien la première fois que quelque chose la déstabilisait. Heureusement pour elle, l'habitude du masque placide qu'elle portait dissimula parfaitement toute sa surprise.

Elles sont satisfaisantes. J'ai entendu parler des jumeaux à Rome. On dirait une fable pour les enfants. On les dit maudit aussi. J'espère pour toi que ce ne sont pas les lieux !

Fiorella ne glorifiait personne. Rare était les compliments dans sa bouche, même si elle admirait le travail qui fut fait. Le sol était brûlant sous ses pieds mais elle n'en fit pas état. La température était élevée et elle s'impatienta de pouvoir entrer dans l'eau.

Bien, j'aimerais me baigner maintenant, Vik. Tu peux te retirer.

Elle s'avança vers l'escalier qui menait dans l'eau, posant son regard sur Vikentios de manière à lui faire comprendre qu'il devait se retirer. [/rp]
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MessageSujet: Re: [RP] Il était deux fois, à Aix-les-Bains   Sam 1 Oct - 15:34

Vikentios a écrit:
[rp]Il aurait pensé qu'elle dise que les thermes n'étaient pas à son goût. Mais curieusement, elle donna un avis positif. De la sincérité ? Ce n'était pas normal. Pas même un sous-entendu, cela cachait quelque chose. Quelque chose la tracassait. Vincent sut que c'était lui qui la troublait. Mademoiselle la Hautaine était pudique et continuait à l'appeler par un diminutif insultant. Ah ! Elle allait le payer ! Elle pensait peut-être que les thermes n'étaient pas les mêmes pour les hommes et les femmes. Mais dans ce cas, c'étaient des bassins des bassins publics, or ceux des di Leostilla étaient des privés. La mixité était de mise. Et puis quoi ? Ils étaient entre membre de la famille ! Entre cousins. Et Vikentios voulait faire passer l'envie à Fidelis de jouer des tours pendables, et surtout qu'elle l'appelle correctement ! Vincent imagina qu'il recevait des invités et qu'elle arrivait en l'appelant "Vik"... Oh ! Il l'enfermerait à chaque visite voilà tout. Il la frapperait si besoin était. La Rome avait beau être belle, elle était cruelle et les di Leostilla le savaient. La loi du plus fort, il n'y avait que cela de vrai.

"Me retirer ? Mais tu as le contenu d'une lettre à me faire part et les récits de ton voyage, de ta vie à Rome, de la famille...

Vincent tenait à cette lettre. Elle montrerait s'il pouvait ou non lui faire confiance. Quand elle lui aurait expliqué, il irait voir Posca et lui en ferait part. Si le domestique jugeait qu'elle avait tout dit, il pouvait considéré Fiorella comme sincère. Si elle avait omis des points importants, Vikentios ne lui pardonnerait pas. Tout était simple dans son esprit.

Il sourit à Fiorella et s'approcha du bord du bassin. Il savait qu'elle était perturbée mais elle le cachait superbement. Oh ! Il lui ôterait ce masque d'indifférence. Il en était persuadé. Il gagnait toujours. Les Leostilla gagnaient toujours. Mais n'était-elle pas elle-même un membre de cette famille ? Cette idée perturba légèrement Vincent. Le combat du Mal contre le Mal n'avait jamais rien donné, à part chaos et destruction. Mais il n'en fit plus cas et revint à lui.

Il retira la serviette qui le couvrait et se retrouva dans la nudité la plus absolue. Que ne ferait-il pas pour embêter sa chère cousine. Il tourna son visage vers elle et lui sourit d'un air enjoué et malicieux. Il descendit un à un les marches avant de s'élancer sans bruit dans l'eau. Il eut un sursaut et laissa échapper cette sensation de fraîcheur. Vincent s'attarda à faire quelques brasses avant que les domestiques n'arrivent. L'homme s'approcha alors du bord du bassin, positionna ses deux coudes sur le rebord afin de ne pas glisser vers le fond, et bascula sa tête en arrière. Les valets savaient et connaissaient les habitudes. L'un d'entre eux positionna un grappe de raisins au-dessus de la bouche de Vikentios qui en attrapait un de temps à autres.

Sous ce soleil éclatant, c'était difficile de résister sans eau. Par bonheur, ils avaient les thermes. Vincent releva les yeux et regarda Fidelis loin vers les marches.

"Il n'y a aucun poisson malfaisant chère Fiorella, tu sais ?

Il lui sourit et vit qu'elle avait seulement franchi la première marche. Toujours enveloppée dans sa serviette, seuls ses pieds goûtaient à la fraîcheur de l'eau. Elle savait nager, ce n'était pas un problème. Venant de Rome, le contraire eût été étrange.

"As-tu déjà été mordu par une murène ?

Souriant, il quitta le rebord et disparut sous l'eau. Si elle ne voulait pas être balancé de force dans le bassin, elle avait tout intérêt à plonger avant que la bête sous-marine n'arrive à elle et ne l'attire dans les abysses. Les jeux enfantins entre cousins avaient repris. Ils étaient pourtant des adultes. Mais le monde est vieux, et il faut toujours l'amuser comme un enfant.[/rp]
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MessageSujet: Re: [RP] Il était deux fois, à Aix-les-Bains   Sam 1 Oct - 15:34

Fidelis.di.leostilla a écrit:
[rp]L'eau est tiède et agréablement chauffée par le soleil mais son fond de marbre blanc permet d'en garder une certaine fraicheur. Ce long voyage lui aurait presque fait oublier le bonheur de se baigner dans une therme. Bonheur toutefois gâché par un cousin plein de zèle et de certitude.

Fiorella s'avance lentement dans l'eau. Vikentios se régale de sa position dominante. Il s'est mis nu devant elle, certain de la déranger ainsi. C'est dans ses yeux qu'elle a trouvé la force mais ça il ne le sait pas encore. Toute ironie qu'il met à ses réflexions, l'italienne maintient sa position forte. Il veut qu'elle cède mais ce n'est pas cédé que d'entrer dans le jeu d'un homme, c'est le manipuler à sa guise.

Aucune hésitation dans ses gestes, rien ne parait. Elle en aura vu d'autres la Leostilla. D'un geste de la main délicat mais franc, elle fait tomber le drap, le laissant négligemment sur le sol carrelé. Elle n'a aucune honte de son corps. Ses formes ne sont pas généreuses, elle est plutôt maigre et sa poitrine menue. Ses charmes ne sont pas là. Ils sont profondément dissimulés comme tout ce qui pourrait la faire faiblir.

L'entrée dans l'eau se fait à son aise. Fiorella désire qu'il voit, qu'il regarde, qu'il admire. Elle n'a pas peur de lui ni de ses yeux. Un léger sourire en coin accueille le regard de Vincent. Elle s'assoit sur les dernières marches dont l'eau arrive à peine à son ventre. De ses mains, elle couvre sa poitrine et ses bras d'un fin ruissellement. Comme sa peau est huilée, les goutelettes s'enfuient rapidement pour rejoindre le bassin.

"Cousin, cousin, sache que je tiens, quoi que tu puisses me faire, tu finiras en enfer..." Des pensées, pas un mot. Comment tentera-t-il de l'humilier encore ? Tentative vaine, toujours ! Elle est sans doute la pire de la famille et c'est pour cela qu'elle est ici. Malgré son jeune âge, elle n'est plus enfant. Mais s'il veut jouer, elle gagnera !

Une murène ? Non ! Des requins par contre. Tu te souviens des requins Vik ? Ceux dont les pointes acérées s'enfoncent dans ta chair pour ne te lacher que quand tu es prêt à ne plus lutter ? Mais il est déjà trop tard.

Ironie, ironie et souvenirs ! Des requins dans la mer mais aussi sur terre. Ecoute moi Vikentios di Leostilla ! Ecoute moi et comprends !

Mon voyage ? Cela t'intéresse-t-il vraiment ? Enfin, si tu veux savoir, pénible et long. Mon stupide cocher s'est trompé de chemin. Nous avons fini en Franche Comté, à Dole plus précisément. La roue du carrosse a cédé et nous avons dû passer plusieurs jours là-bas avant de trouver enfin un artisan capable de réparer. Bien entendu, j'ai fait payer ceci à Manille, mon cocher. Il s'en souviendra longtemps je crois, là où il est.

Et oui, pas de seconde chance avec un di Leostilla. Pas de pitié non plus. Il aura subi le courroux de sa maitresse. Sa famille à Rome paierait pour son incompétence, en plus d'avoir été fouetté et laissé sans un sous et sans vêtements dans la campagne de la ville. Au diable les sentiments, Fiorella n'en avait pas ou ils étaient bien cachés.

Rome. Ma vie y était bien plus riche qu'ici. Je sens que je vais m'ennuyer. Père a décidé de partir en voyage en emmenant Octave et il m'a envoyé ici pour conclure des affaires. Il a décidé d'investir dans la marine marchande. Je lui ai dit que ce n'était pas une bonne idée. Les navires coûtent cher en équipage de qualité et fiable. Puis les pirates grouillent dans les eaux. Mais comme toujours, il n'en a fait qu'à sa tête et je sens que tout ce qu'il aura gagné grâce à moi va être perdu dans sa quête du nouveau monde ! Encore une fois, il viendra m'appeler quand il sera au bord de la faillite. C'est évident, surtout qu'il m'envoie ici pour étudier les marchés de l'empire et de la France pour ses futures exportations. Il a peur.

Joli mensonge Fiorella. Enfin à moitié. Ton père ne te supporte plus et il a découvert que tu faisais des affaires de ton côté. Tu as mal joué et voilà ce qu'il t'en coûte. Il s'est débarassé de toi. Mais il connait aussi ta valeur et veut l'exploiter ! C'est pour cela qu'il ne t'a pas emmenée avec lui. Il a préféré ton vaurien de frère.

Son petit nez pointu se lève vers le soleil, baignant ainsi son visage dans les rayons du soleil. Oublier ces manigances.

La lettre de Père parle de me trouver un mari, ici, en Savoie et il t'en charge personnellement. Le reste, tu le découvriras par toi-même. Quelques nouvelles de Rome et du reste de la famille et il parle de son voyage avec Octave puis de la mission qu'il m'a donné ici. Comme je te l'ai dit, Vik, je suis là pour étudier les marchés. Et pour le mariage, tu peux oublier ! Il est hors de question que j'épouse qui que ce soit. Personne ne pourrait me convenir.

Son regard revint du ciel pour se plonger dans ceux de son cousin, déterminée et avec une certaine insolence. Il voulait jouer comme un enfant ? Elle le noierait par prudence. Oh Vikentios, fais attention à toi. La murène, c'est moi ![/rp]
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MessageSujet: Re: [RP] Il était deux fois, à Aix-les-Bains   Sam 1 Oct - 15:35

Vikentios a écrit:
[rp]
Vincent remonta à la surface. Il pouvait garder sa respiration assez longtemps mais il ne voulait pas s'approcher trop près de sa cousine chérie. Qui sait de quelle magie elle était dotée celle-la ? Tous les di Leostilla avaient leurs petits secrets. Chandin avait des tendances diaboliques, Remus était malade, Tibérias était un tyran enragé et sa haine des maures et des orientaux le coinçaient dans une peur et une ire dévastatrice contre tous les infidèles et les personnes différentes. Il voulait le sang pur. Le sang qui l'aura perdu. Que cachait Fiorella ? Que cachait Vikentios ? C'était jouissif, à n'en point douter.

Les cheveux trempés, il passa une main sur ses yeux et écouta sa cousine. Oh elle parlait beaucoup... Pas pour rien si elle venait de Rome. Il ne l'entendait qu'à moitié. Le dernier point l'amusa étrangement.

"Si ton père souhaite que je t'organise un mariage, je l'organiserai. Il faut trouver le pigeon, voilà tout. Un riche et puissant pigeon. Je suis certain que ton venin satisfera quelqu'un. Un jour, un homme lui sera insensible et tu seras perdue.

Il supporta ses yeux et retourna vers le bord où le domestique lui donna quelques raisins dont il se délecta. Les soucis revinrent alors à lui. Il avait plusieurs problèmes à régler et l'un d'entre eux devenait urgent.

"Fiorella, je dois te présenter quelqu'un. Notre récent... cousin.

Il tapa des mains et aussitôt, une grosse femme entra dans l'enclos du bassin extérieur. Entre ses bras, un bébé, enveloppé dans des couvertures blanches et pourpres.

"Il s'agit de l'enfant de la Vicomtesse Dewan et du Vicomte Tibérias. Il a été arraché à sa mère par le mesquin insurgé. Nous l'avons recueilli. Il n'a encore pas de nom. Je pensais l'appeler comme son père, Laurent. J'aimerais que tu t'occupes parfois de son éducation. Il a besoin d'une mère outre sa nourrice, qu'il adore je crois.

Vikentios afficha un sourire quand l'énorme sein de la nourrice vint trouver les lèvres du bambin. L'homme testait sa cousine avec toute ces subtilités. Mais il croyait vraiment en elle et espérait que cela passe. Pour mieux la titiller il enchaîna :

"J'ai environ cent mille écus de dettes en tout genre dans l'achat du château et le payement des domestiques. Crois-tu pouvoir nous sortir de ce guet-apens ?

Tout cela faisait beaucoup d'un coup. Reprenant un raisin, il avait toute confiance en Fidelis. Il ne s'en faisait pas pour cette dette, ils la combleraient ensemble. Car désormais, Fiorella faisait partie de la famille. Maintenant enlisée dans les secrets, elle ne pouvait plus le quitter. Tout allait bien. Tranquille, Vikentios ne disait plus rien et attendait les réactions de sa cousine. L'enfant et la nourrice étaient toujours là et Laurent commençait à gémir dans ce silence lourd.[/rp]
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MessageSujet: Re: [RP] Il était deux fois, à Aix-les-Bains   Sam 1 Oct - 15:35

Fidelis.di.leostilla a écrit:
[rp]Les thermes, un plaisir des parvenus que ne pouvait s'offrir les gens de basses classes. Par ces chaleurs d'été, elles étaient providentielles ! La jeune fille se prélassait dans l'eau fraiche, penchant sa tête en arrière et admirant le ciel constellé d'anges. Les anges étaient typiquement d'Art Italien. Elle observait les imperfections des peintures sur fond bleuté. Elle put constater que ce n'était pas un italien qui avait réalisé ces fresques même si elles étaient excellentes.

Son cousin sortit sa tête de l'eau et elle le fixa. Il avait quelque chose de beau, d'unique, comme tous les di Leostilla. Elle se souvenait du jour où elle devait avoir 10 ans, peut-être 11. Ce jour là, ils s'étaient retrouvés à l'autre bout des jardins du domaine du père de Vikentios. Ils avaient pris des chevaux. La petite italienne montait parfaitement déjà à son âge. Elle aimait déjà tout ce qui lui permettait de dominer le monde. Grâcieuse et malicieuse, elle avait entrainé son cousin dans le sanctuaire. Cet espace était un vrai labyrinth. Ils avaient joué ... jusqu'à ce qu'ils se retrouvent dans un buisson. Là, elle lui avait demandé comment il prouverait son amour à une dame. Précoce la petite fille, sans doute parce que sa mère la forçait souvent à faire plus mûre que son âge. Il faut dire qu'elle passait son temps à s'occuper d'Octave, son cadet. Vikentios avait alors posé un baiser sur ses lèvres.

Ce geste d'innocence, elle ne l'avait pas oublié. Ce fut le seul à avoir posé ses lèvres sur les siennes et puis, elle avait renié l'amour, les sentiments et tout ce qui pouvait la rendre faible, surtout après avoir attendu des nouvelles de ce cousin. Nouvelles qui ne vinrent jamais, en tout cas, pas comme elle l'aurait voulu. Dans le fond tout était de sa faute ...

Oublie ce mariage, il n'en est pas question Vik ! Aucun homme de Savoie n'aura assez de valeur à mes yeux.

Elle plongea à son tour dans l'eau, nageant telle une naïade des mythologies, ses cheveux détachés formant un voile dans son dos. Elle remonta à l'autre bout du bassin, les coudes déposés sur le rebord, tournée vers les colonnades et une ouverture vers le jardin. Tout lui rappelait l'Italie ici. Elle poussa un soupire nostalgique à l'abri de l'attention de son cousin.

Puis son cousin appela une femme et il lui parla de l'enfant de son oncle. Son regard perçant se tourna vers la femme et le mioche. Quel était donc ce maléfice ? Un enfant ? S'en occuper ? Elle ? Elle qui n'avait pas de coeur ? Son éducation ... peut-être, pourquoi pas ... oui, elle l'utiliserait à son usage.

Tiens donc ... Oui je m'en occuperai cousin, fais moi confiance pour ça !

Ce fut la première fois que la belle italienne dessina un vrai sourire sur son visage. Un sourire râdieux, un sourire qui signifiait bien des choses. Sourire qu'elle perdit ensuite quand son cousin parla de sa dette. Comme elle s'en doutait, il avait fait des folies. Elle descendit la tête sous l'eau et nagea rapidement, jusqu'à son cousin devant lequel elle émergea, l'éclaboussant au passage. Son visage se retrouva à quelques centimètres du sien. Ses yeux se plongèrent de ceux du grec et elle lui murmura, d'un ton mielleux.

Tu m'insultes ... Comment oses tu douter de mes capacités ? Ne fais plus jamais ça, sinon tu te débrouilleras seul pour te sortir de ce ... "Guet-apens" ...

Elle ne rigolait pas. Fiorella ne plaisantait jamais sur ces choses là. Et le seul fait que Vikentios émette un doute sur ce qu'elle était capable de faire la mis en colère. Une colère intérieure, ça s'entendait mais elle lui faisait comprendre par son ton et par ses mots, qu'il n'avait plus intérêt à émettre à nouveau un quelconque doute.

Toutefois, la promiscuité de leurs corps dénudés lui rappela qu'il était homme et qu'il n'était plus l'enfant qu'elle avait connu. Elle non plus d'ailleurs. Elle resta un moment, proche, son bras frôlant le sien alors qu'elle brassait l'eau doucement.[/rp]
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MessageSujet: Re: [RP] Il était deux fois, à Aix-les-Bains   Sam 1 Oct - 15:36

Vikentios a écrit:
[rp]
Lui était debout. Il avait pied. Elle, beaucoup plus petite que lui était obligée de nager pour être en face de Vincent. Il était incompétent dans la gestion, l'économie et toute cette clique qui ne servait à rien. Il avait juste besoin d'un trésorier, qui s'occuperait de ses comptes. Pourquoi chercher ailleurs quand la solution se trouve là, devant vous ? Il sourit et commença à faire le tour de Fiorella, non sans la frôler de ses brasses pas si innocentes que cela. En venant si proche de lui, elle avait réveillé nombre de pensées dans la tête du cousin. Des souvenirs du passé, des ombres d'autrefois. La furtivité d'un baiser glissé sur des lèvres marquées par la pureté de l'enfance. L'innonce incarnée, le début des combats et la fin de l'intouchable. Ils n'étaient plus des enfants. Vincent ne voulait plus s'en tenir au simple baiser du passé. Sa cousine l'attirait étrangement. Les jeux étaient loin, l'âge adulte était là.

"Je ne doute pas de tes capacités. Tu peux faire tout ce que tu veux pour me sortir de cette dette. Tu seras bonnement récompensée.

Il sourit et se dirigea en nageant vers les marches où il s'assit et savoura les rayons du soleil qui frappaient son visage et ses membres. Il ferma les yeux et les rouvrit sur sa cousine. Il ordonna le retrait de la nourrice qui se retira avec Laurent dans les bras.

"Vikentios ne peut pas rester en Savoie. Je hais mon nom comme je hais mes parents de me l'avoir donné. Comment ont-ils pu pensé qu'un nom grec me ferait me sentir grec ? Je suis Romain, comme tous les di Leostilla dignes de cet illustre nom ! Mon père s'est juste acoquiné et marié avec une putain grecque... Il a trahi tous nos idéaux d'un sang pur et noble... Quand j'ai su cela, je... j'ai quitté la Grèce.

Il marqua un arrêt et respira profondément. Peut-être qu'un jour, il avouerait la terrible vérité à sa cousine. Mais pas aujourd'hui. Il n'en était qu'à moitié fier. Toutefois, il avait fait ce que l'Honneur aurait voulu. Il n'en avait cure, il avait renvoyé aux enfers celle qui devait y retourner et donné - ou non - au déshonnoré. Vincent était ce qu'il était. Il faisait ce pourquoi il était né.

"J'ai fait d'atroces choses en Grèce. C'est pourquoi il faut que je change de nom. Premièrement pour éradiquer ce nom, deuxièment pour me cacher du Passé. Tu as en face de toi, Marc Antoine Vincent di Leostilla. Je te prierai de respecter mon choix.

Sans laisser le temps à sa cousine de répliquer, il se retourna et quitta le bassin. Un domestique vint entourer son intimité d'une légère serviette blanche. Vincent scruta Fiorella.

"Merci de t'occuper de l'enfant. Il n'est autre que le second héritier de la famille. Je l'ai proclamé, le premier héritier actuel de la famille étant...

Il s'approcha un peu plus du bassin. Il y entra même les pieds sur la première marche et comme pour murmurer un secret, il pencha la tête à l'avant et chuchota :

"... Octavius, tuo fratello.

Il savait ô combien elle ne le supporterait pas. Mais c'était ainsi. Il était le plus vieux cadet mâle de la famille. L'héritage lui revenait. Vincent ne bougea pas et attendit les réactions fusantes de sa cousine. Il jubilait d'avance. La fratrie se haïssait mais Vikentios ne faisait pas cela par pure cruauté mais par obligation héraldique.[/rp]
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MessageSujet: Re: [RP] Il était deux fois, à Aix-les-Bains   Sam 1 Oct - 15:36

Fidelis.di.leostilla a écrit:
[rp]Son bras effleura ses cheveux flottants dans l'eau, puis son dos et son épaule. Cela la fit frissonner de l'intérieur. Son regard suivait la progression de son cousin autour d'elle, sans réellement tourner le visage. Elle observait, remarquait son jeu. Le délit d'innocence n'existait plus. Il y avait quelque chose à ce moment là qui vint troubler la nymphe. Puis il s'éloigna. Dans son coeur, la jeune fille était à la fois soulagée et déçue.

Et qu'y gagnerais je ?

Tout était dit. Quel enjeu ? Dans les affaires, il n'existait pas d'amour. Fiorella ne mélangeait jamais. Il voulait se servir d'elle. D'accord. Mais son prix devait être élevé. Elle ne resterait pas toujours dans son ombre. Elle le rendrait grand que si elle grandissait aussi. Il devait le comprendre. Peut-être le savait il déjà. La petite Italienne n'avait d'yeux que pour sa propre prospérité. Elle avait le sang noble et les manières uniques d'une enfant trop bien élevée. Elle avait un physique avenant, pas vulgaire pour un sous. Elle pourrait donner de beaux enfants à celui qui la prendrait pour épouse. Elle se donnerait à celui qui aurait les titres et le pouvoir qu'elle convoitait. Le reste n'avait aucune importance.

La nourrice venait de partir avec le bébé dans ses bras, congédiée par son cousin. Elle la regarda partir et s'imagina l'enfant devenu grand. Elle lui apprendrait tout ... tout pour qu'il devienne comme elle. Elle ferait comme sa mère avait fait avec elle auparavant. Dans un nid de vipères, il ne peut pas y avoir d'agneau.

Son cousin quitta le bain et Fiorella nagea un peu plus près du bord, là où elle pouvait avoir pieds. Elle ne détourna pas le regard du corps robuste de son cousin. Il avait hérité de ce corps qu'ont les hommes grecs. Son regard ne traduisait rien. Il était même presque vide. Pourtant, elle se voyait caresser chaque courbe de ce corps comme elle avait vu sa mère le faire avec son amant, jour après jour, depuis le départ de son père pour son voyage marchand.

Le plaisir de la chair, elle ne le connaissait pas. Mais pour que sa mère s'y adonne avec autant d'implication, c'est qu'il y avait une raison. Pour l'heure, c'était le corps de Vikentios qu'elle convoitait à son tour. Alors qu'il parlait et qu'elle l'écoutait à peine, elle perçut juste le nom du plus grand de la Rome ... César.

Marc Antoine ?

Encore une façon de se montrer puissant au delà des frontières d'Italie. Qui saurait ici ? Les savoyards n'y prêteraient guère d'attention plus que cela. vikentios ne lui convenait pas ? Pourtant c'était Vik qu'elle avait connu, qu'elle connaissait, qu'elle admirait. Le Grec ! En réalité, mi-grec, mi-romain. C'est ce qui semblait contrarier l'homme. Un sourire en coin vint se dessiner sur le visage de la jeune fille. Une faiblesse ? Parfait ! Elle était de sang pur, parfaite romaine jusqu'à ses entrailles. Il ne pourrait jamais lui enlever ça !

C'est bien Marc Antoine. Comme il te plaira.

Après tout, il fallait bien lui montrer un peu de bienveillance. Fiorella réfléchirait à ce qu'elle pourrait faire de lui, plus tard. L'instant était à l'apprivoisement, à la définition des règles entre eux, à se jauger pour mieux se servir de l'autre. Tout un art subtile qu'elle n'était pas sûre qu'il maitriserait aussi bien qu'elle. Toutefois, elle ne s'attendait pas à la suite.

Octave ! Premier héritier ? Il était devenu fou ou bien avait il contracté une maladie mentale ? L'air de la Savoie devait l'avoir rendu idiot, sûrement. Ses yeux s'aggrandirent légèrement quand il prononça son annonce terrifiante.
La jeune fille s'approcha du visage penché de son cousin pour mieux lui glisser à l'oreille les quelques révélations qu'il fut seul à entendre et qui, sans aucun doute, le trancherait au vif.

Comme il te plaira mon cousin. Mais sache qu'en confiant tout cela à mon stupide frère, tu lui mettras entre les mains de quoi détruire la famille et le nom des Di Leostilla. Pourquoi crois tu que mon père n'ait jamais rien confié à mon frère dans les affaires familiales ? Chez nous, le seul essai de père fut désastreux au point qu'un quart de nos biens furent dilapider dans des futilités et père eut beaucoup de mal à rattraper ses erreurs. Si c'est ce que tu désires, cousin, et bien soit, mais je ne serai plus là pour le voir ruiner notre famille car moi j'aurai ma propre fortune et ma propre gloire sauvegardée.

Elle se recula pour le fixer dans un sourire ironique et malsain. Elle venait de planter une graine, celle du doute. Les mâles de la famille choisissaient mal leur engeance. Vikentios devrait maintenant bien réfléchir à ce qu'il souhaitait pour la famille ... [/rp]
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MessageSujet: Re: [RP] Il était deux fois, à Aix-les-Bains   Sam 1 Oct - 15:37

Vikentios a écrit:
[rp]Alors qu'il allait à nouveau quitter le bassin, Marc Antoine vit arriver à lui sa cousine. Pour venir près de lui, Fidelis devait s'approcher. Il était debout. Elle était dans l'eau. Quand elle pencha sa tête pour l'imiter, les doux reflets de l'eau dévoilaient une belle poitrine qui semblaient flotter sur les fines vagues du bassin. Il l'avait vue nue de loin. Mais de près, c'était toujours différent. La douceur de l'image fut bientôt remplacée par le venin que la cousine lui cracha en pleine figure. Ah la teigne ! Marc Antoine le savait : Octave n'était peut-être pas le meilleur héritier mais dans l'ordre des choses, c'était à lui que revenait la maison. Peut-être ne la verrait-il jamais, car après tout, il n'avait que quelques années d'écart avec Vincent. Le temps passé donnera raison ou non aux di Leostilla. Il n'en avait cure de sa famille. Une fois mort, on ne compte plus pour personne. Lequel des deux étaient déjà allé le voir dans son sanctuaire depuis son inhumation ? Personne. Le Vicomte Tibérias avait disparu, et c'était là tout. C'était à la génération nouvelle de faire sa place. Comme celle post-Vikentions le ferait.

Pour répondre à sa fielleuse cousine, Marc Antoine émit un simple rictus et se dégagea du bassin.

Une semaine plus tard :

Les jours furent agités. Les deux cousins eurent beaucoup de visite. A commencer par Atia, la mère de Fiorella qui était venue de Rome pour s'assurer de la bonne installation de son fils et veiller à ses intérêts. Elle annonçait toujours son départ prochain mais jamais l'un d'eux ne s'effectuait. Marc Antoine s'était résolu à ce qu'elle ne s'en aille plus jamais. Il y avait un nouveau défi pour elle ici. Oublier sa vie à Rome, recommencer ici. S'enrichir, construire et tout cela en famille ! Vincent ne l'aimait pas. Sa tante ne l'avait jamais gâté. Pour lui, elle n'était rien d'autre qu'une parvenue qui avait épousé un di Leostilla pour ses fins personnelles.

Octave, l'héritier était revenu de France avec une terrible nouvelle. Le navire de son père s'était échoué et l'homme restait introuvable. Une immense dispute jaillit à cette annonce. Marc Antoine dut s'interposer entre Fiorella et son frère pour ne pas qu'elle l'étrangle sur le champ. Seule Atia n'afficha aucune émôtion. Il faut dire qu'elle trompait ouvertement son mari avec un autre et que ce dernier était désormais un poids en moins. Vincent discerna même un sourire mesquin caché dans la coupe qu'elle buvait à l'annonce. Déçu du comportement de sa soeur qui lui reprochait de n'avoir pas péri avec leur père, Octave décida de quitter la famille. Marc Antoine l'en dissuada mais rien ne le fit changer d'avis. Il expliqua qu'une vie et qu'une femme l'attendaient ailleurs. Vikentios l'entendit et lui fit promettre de revenir quand ils en auraient le besoin. Il glissa agilement qu'il l'avait fait reconnaître comme héritier, ce qui ne déplut pas au Huitième. Malgré la joie de savoir son mari disparu, Atia montra quelques tristesses et détresses au départ de son fils chéri. Elle s'était longuement entretenu avec lui et quand il fut parti, elle pleura une journée durant dans ses appartements.

L'agitation passée, Marc Antoine et Fidelis jouaient de plus en plus la séduction. Il l'avait un jour surprise alors qu'elle écoutait à sa chambre. Ils avaient le même désir ardent, la même émôtion, l'envie étrange. Ils ne se quittaient presque jamais plus mais jamais rien ne se passait.

"Joue.

Couché sur une large litière, Marc Antoine ordonna à la domestique d'entamer une mélodie à l'immense harpe qui reposait dans un coin du salon romain. Quel goût de luxe avaient les di Leostilla ! Le coussin rouge sur lequel l'homme déposait son coude qui maintenait sa tête, était brodé d'or. En face de lui, une autre litière, où Fiorella était allongée. Au milieu, une table basse comportait de nombreux mets délectables et des coupes de vins les meilleurs au monde.

"Désire-tu quelque chose ?

Cette marque d'attention était à l'adresse de Fidelis. Tandis que Vincent noyait ses lèvres dans un flot de raison bleu, ses yeux ne quittèrent pas sa cousine qui, il le savait, détenait la fin de sa dette. D'humeur taquine ce jour, il était prêt à tout pour la satisfaire. Pour en avait-elle conscience à l'instant présent ? Jamais elle n'aurait pu y songer. Et pourtant. Les lamentations de la harpe s'enchaînèrent, de toutes beautés.[/rp]
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MessageSujet: Re: [RP] Il était deux fois, à Aix-les-Bains   Sam 1 Oct - 15:37

Fidelis.di.leostilla a écrit:
[rp]Plusieurs jours s'étaient écoulés depuis son arrivée. La jeune fille avait pris ses marques au coeur du château et dans la vie de son cousin. Tout se déroulait presque à merveilles. Il y avait eu une veillée funèbre lors de l'enterrement des époux di Leostilla. Fiorella avait insisté pour qu'il n'y ait personne lors de cet enterrement, que la famille directe. C'est donc naturellement Vikentios, Morgana, le petit Amédée et le bébé Laurent qui s'étaient rassemblés autour du caveau familial.

Ca n'avait pas duré longtemps. Un prêtre du village avait fait l'office. Malgré son visage placide, la jeune fille ressentait de la peine pour la disparition de son oncle. Cet homme avait su porter la gloire de la famille assez haut dans les instances de cette province. Il était admirable. Fiorella aurait apprécié le connaitre de son vivant afin d'apprendre ses méthodes. Au vue des sous-sol de la demeure, on pouvait dire qu'il excellait dans certaines pratiques. Elle avait bien l'intention d'expérimenter ces mêmes méthodes !

La scène était étrange. Dans ses bras, le bébé restait calme et silencieux. Déjà la crainte ? Le respect ? Le rejeton de son oncle serait son disciple. Elle le tenait avec précaution et lui souriait parfois. Scène totalement en opposition avec le caractère de la peste italienne. Des apparences ? Allez donc savoir ce qu'il se passait dans le coeur de la petite noble.

Les jours suivants, elle passait son temps dans les archives et les comptes. Et quand elle n'était pas dans les bureaux, penchées sur des comptes et de l'inventaire, elle passait son temps en rendez vous. Elle n'avait pas eu le loisir de beaucoup voir son cousin hormis la soirée qu'il passait ensemble à diner.
Aujourd'hui était un jour de repos. L'arrivée de sa mère, la dispute avec Octave, tout cela l'épuisait énormément. Rien de physique, juste une pression terrible sur ses épaules. Son père avait disparu et toute la faute fut rejetée sur son maudit frère. Elle l'avait envoyé au diable. Sa mère, elle, semblait encore plus la terrasser des pires maux. Oh oui, elle devait être à la place de son frère pendant le voyage. Elle aurait dû disparaitre mais voilà, son père avait choisi son frère pour l'accompagner et pour le former, lui, le fainéant, le profiteur, l'incompétent ! Et lui était vivant.

Ce jour là, elle avait maudit la terre entière et n'avait voulu voir personne. Elle s'était cachée, elle, la fille forte et amère. La fille sans émotions ... la fille avait pleuré son père à l'abri des regards, comme les oiseaux qui se cachent pour mourir. A cet instant là, elle aurait occi son frère et sa mère, et sans doute tous les autres aussi. Fine brêteuse comme tous les di Leostilla avant elle, la jeune fille manipulait aussi parfaitement les poisons et les dagues. L'épée laissait trop de traces, trop de sang.

Malgré sa peine, son esprit réfléchissait activement. Sa mère, à peine déçue, son père disparut, le hasard avait voulu que son frère y était. Non ! Pas le hasard ! Sa mère avait insisté pour que ce soit elle qui parte mais son père n'en avait fait qu'à sa tête, justifiant qu'Octave devait apprendre ! Que ça lui ferait du bien. Ô vile mère ! Tes amants ne t'apportent pas la richesse ! La disparition d'un père noble si ! Tu hérites de tout, monstre de la création ! Et dans l'esprit de la jeune fille se promenait un serpent encore plus sadique. Elle le paierait !

Prolongeant son masque d'indifférence, la jeune femme jouait les douces et câlines avec son cousin. Allongée sur un banc, la musique d'une muse pour aérer son esprit. Mielleux était l'homme qui occupait ses pensées. Il avait le nom, il avait le sang, il avait tout pour offrir à leur famille une survivance parfaite. Mais il ne fallait pas y mêler d'autres sangs. La jeune fille ne le supporterait pas. Croquant dans une pêche juteuse ramenée d'Italie dans les coffres de sa mère, le regard ardent de la jeune fille perçait celui de son frère. Le jeu avait démarré et elle en était parfaitement satisfaite. Elle adorait ce jeu là.

Hmm, Vincent, tout ceci est parfait mais ... mon cou me fait mal. Passez ces heures à inventorier les tableaux du château m'ont épuisée. Aurais-tu l'obligeance ... ?

Une invitation, l'offrande de son cou fin et délicat à ses doigts, il ne pouvait refuser ou tout au moins ne pas lui accorder un masseur pour prendre soin de son corps. Secrètement, elle espérait que ça soit lui qui s'approche et la masse mais elle doutait de l'intérêt de son compagnon de jeu à s'abaisser à cette délicate besogne.

Quand me présenteras-tu aux amis d'Oncle Laurent ? J'ai hâte de faire leur connaissance. Tu dois bien les avoir rencontré depuis que tu es ici, non ? [/rp]
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MessageSujet: Re: [RP] Il était deux fois, à Aix-les-Bains   Sam 1 Oct - 15:38

Vikentios a écrit:
[rp]Ce qu'il attendait s'offrit à lui. Le moyen opportun pour s'approcher d'elle. Maintenant ou jamais. César n'avait pas hésité lorsqu'il franchit le Rubicon, Cassius n'avait pas hésité quand il put porter un coup de poignard à l'Imperator, Brutus n'avait pas hésité en se suicidant. Marc Antoine n'hésiterait donc pas en massant sa cousine. Ce n'était pas une chose ingrate, puisqu'elle était de sang noble. Masser Fiorella n'avait rien de rabaissant, au contraire, Vincent voyait cela comme de l'entraide. Un certain plaisir qu'un patricien pouvait donner à un autre, sans mélange d'esclave et de plébéien au milieu.

L'homme termina sa coupe de vin et regarda sa cousine, amusée. Elle avait presque entièrement réglé ce surendettement. Elle était douée. Il l'a lui fallait à ses côtés, pour quelques instants, quelques mois, quelques années, pour toujours. Il se redressa lentement et quitta sa position allongée pour s'asseoir sur le rebord de la litière. La vue de Fidelis et de ses yeux attirants et cruels finirent de le persuader. Céder à la tentation. Pourquoi pas, c'était le faible de l'homme. Il devait faire honneur à cette faiblesse qui donnait parfois tant de puissance. Conquérir une femme de plus était toujours une sorte de trophée. Les di Leostilla étaient séducteurs, aussi bien les hommes que les femmes. Que se passait-il quand deux sexes de cette même famille s'attirent l'un l'autre ? La réponse ne tarderait pas à venir.

"Les amis d'Oncle Laurent... tu sais, je ne les connais pas tous. Raoul de Montjoie, mon futur suzerain est un homme bien. Peut-être commencerons-nous par là ? Flavien Charles Galanodel n'est pas un mauvais bougre non plus, à ce qu'il paraît. A la prochaine cérémonie ou fête, nous nous rendrons au château afin de reconnaître toutes les couronnes de Savoie.

Les mains sur les genoux, Marc Antoine exerça une légère pression et se leva, défroissant les quelques plis de sa toge. Il s'approcha de Fidelis qui dut comprendre immédiatement. Elle se mit à plat ventre sur sa litière et attendit les mains de son cousin. Vincent vint se placer à côté d'elle et apposa ses doigts sur son cou. Il commença à masser lentement, comme l'aurait n'importe quel esclave. Il retenait bien les mouvements que faisaient sur lui les femmes en le massant. Généralement, il prenait de belles et jeunes servantes qui s'offraient à lui dans la minute après le massage.

"Il paraît qu'un moins que rien s'est vu offert le vicomté d'Aix-les-Bains en cadeau par la Hérauderie Impériale. Si l'homme savait qu'il n'y a plus de château pour le seigneur, il aurait choisi une autre terre ! Ah ma cousine, si tu ne m'avais pa sauvé de ces dettes, le manoir serait retourné à ce gueux enrichi... par chance, tu es là, et le faux vicomte va devoir trouver ses propres pierres et ses propres sources thermales !

Il sourit et son massage se fit plus insolent en descendant sous les habits de Fidelis. Il ne balada guère ses mains plus bas que le haut du creux du dos. Les vêtements l'en empêchaient. Il tenait néanmoins à remercier sa cousine de ses efforts. Que savait faire un di Leostilla à part mentir, trahir, tuer, torturer et faire l'amour ? Pas grand chose. Le choix s'affichait de plus en plus à ses yeux. Les lèvres d'Antoine vinrent se placer au-dessus des oreilles de Fiorella et laissèrent échapper un flot viril et sensuel d'émotions.

"Merci...

Marc Antoine enjamba subitement sa cousine pou se retrouver à califourchon sur son dos, sans pour autant la toucher et lui faire de mal. Le massage continua néanmoins. Combien de temps résisteraient-ils ?[/rp]
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MessageSujet: Re: [RP] Il était deux fois, à Aix-les-Bains   Sam 1 Oct - 15:38

Fidelis.di.leostilla a écrit:
[rp]Quelle douce sensation, celle de mains d'un homme sur le corps d'une femme. La peau de Fiorella était douce et satinée. Il émanait une odeur légère et subtile d'une parfum dont elle ne se séparait jamais et dont elle gardait le secret. Un mystérieux mélange dont certaines femmes romaines usaient à chaque fois qu'elle désirait quelque chose d'un homme. Bien sûr, cette savante composition n'avait de pouvoir que couplée à une audacieuse mise en scène dont la jeune femme jouait admirablement.

Ses courbes épousaient délicieusement le banc sur lequel elle était allongée. Ses bras étaient croisés sous son visage et elle ferma légèrement les yeux quand les doigts de son cousin firent des allées et venues contre sa chair. Plaisir divin accordé, Fiorella se sentait en confiance. C'était rare pour l'Italienne. Toutefois, sous le coussin sur lequel reposait son visage presque angélique se trouvait un coutelat discret et fin. Une chose qu'elle avait apprise depuis toute petite, c'est qu'il fallait toujours trouver une échapatoire. Savoir se défendre était primordial.

Le massage se transforma peu à peu en caresses. Ce qui venait de transformer les soins en exploration sensuelle fit frissonner Fiorella dans son être intérieur. Ce qui se réveillait en elle depuis plusieurs jours la déstabilisait. Dans son immense fierté, elle décida de ne rien montrer des sentiments qui l'habitaient. Hors de question qu'il ait ce pouvoir sur elle. Elle ferait comme sa mère, usage d'un charme dont elle avait appris à se servir en observant sa génitrice. Sa garce de mère savait y faire. Elle avait une beauté appréciée par les hommes. Fiorella avait autre chose.

Alors que le passage des paumes de Vincent frôlant la peau nue de ses reins, celui ci se pencha pour rejoindre son oreille. Le souffle de sa respiration vint chatouiller son oreille et fit sourire bien malgré elle la jeune fille. Il avait une position dominante sur elle et pourtant, elle ne s'en offusqua pas. Cette proximité qu'ils venaient de se créer lui plaisait au point qu'elle releva à peine le problème évoqué par son cousin.

Alors que la joueuse de harpe continuait son chant mélodieux, Fiorella se retourna sous le corps de l'homme. C'était bien là son point faible. Cet homme s'était insinué en elle en un seul baiser en étant gamine. Comment ne pas se souvenir du goût de ses lèvres, de la force de cet acte au visage anodin ? Elle était à lui, sans s'en rendre compte, luttant de tout son être. Mais elle était à lui. Sa faiblesse, son amour. Sa force, son amour. Paradoxe dont son coeur et son esprit luttaient sans cesse depuis ce jour. Tout était à rejeter. Tout était à acquérir.

Son rêve devenait réalité. Il était là, sur elle avec une perception de son désir bien réel. Mais elle ne voulait pas être une femme comme les autres. Elle ne voulait pas être une parmi tant d'autres. C'était elle ou rien. Fiorella Deliciosa Lise di Leostilla. Elle pourrait porter un enfant au nom des di Leostilla. Pas un batard, pas un mélange de sangs impurs. Elle lui donnerait son sang, comme on donne sa vie à l'homme qu'on aime.

S'étant soulevé légèrement pour lui permettre de se retrouver face à lui. Elle le fixait de son regard sans glace. Il n'était plus froid, elle n'était plus peste, juste intriguée, juste amoureuse. Mais son dilemne la possédait tellement fort qu'elle ne bougea pas, se contentant de le regarder, presque effrayée de ses propres sentiments. Pourtant, elle n'en montra rien, impassible petite fille au coeur en tempête. Pourtant sa main désobéit. Elle se posa sur la joue de Vincent, caressant lentement cette peau inconnue, effleurant des lèvres charnues. Un égarement dont elle reprit le contrôle rapidement. Un murmure vint rompre l'enchantement.

Tu me les feras rencontrer, cousin. Et l'homme dont tu parles est le Vicomte Valzan ... je suis au courant ... Un affront à notre famille. Ca ne restera pas impuni ... crois moi ... On le dit ardent célibataire.

Elle retira lentement sa main, la reposant sur sa poitrine. Cette fois, son regard s'enveloppa d'un malicieux mélange de perfidie et de vengeance. On ne s'attaque pas aux di Leostilla sans en risquer les conséquences. Un plan diabolique avait pris la place des questionnements amoureux dans son esprit. Toutefois, elle resta sous son emprise, immobile sous son enveloppe charnelle. [/rp]
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Fidelis
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MessageSujet: Re: [RP] Il était deux fois, à Aix-les-Bains   Sam 1 Oct - 15:38

Vikentios a écrit:
[rp]
Ses doigts sur son visage, son désir brûlant, sa main froide et son corps en toute liberté qui laissèrent finalement place à une perfidie et une expression meurtrière dans ses yeux. Apeuré, Marc Antoine esquissa un rictus jaune avant de délivrer sa cousine de son emprise futile. Il quitta son canapé et se réinstalla sur le sien, les pensées vagabondes. Il scruta Fidelis. Quel monstre sa cachait sous ses airs de noble hautaine ? La fille de l'amour erroné, la fille de la jalousie, le démon d'une vengeance calculée, le loup né dans la portée de chiens, qui dévorent tous les autres si la mère ne le tue pas à la naissance. Antoine eut un haut-le-corps. Pour s'extirper de ses terribles songes, il se concentra sur la mélodie tellement triste que jouait la musicienne. Et lui ? Qui était-il ? Un monstre, tout autant. Fallait-il qu'il avoue tout à sa cousine ? Quel était l'homme qui mentait sur lui et son passé ? Celui qui en a honte. Mais Vincent était loin d'être honteux, ce qu'il avait fait en Grèce, l'avait soulagé, libéré. D'un claquement de doigts, il ordonna à la nourrice de lui porter l'enfant. Antoine avait un plan pour avouer officieusement à Fidelis les horreurs qu'il avait perpétrées.

"Cousin Laurent... Veux-tu que cousin Antoine te raconte une histoire ?

Il prit des bras de la nourrice inquiète l'enfant et le plaqua contre lui, le berçant relativement mal. Toutefois, à sa voix, le bébé ouvrit de grands yeux et essaya d'attraper le visage de Vincent qui se tenait hors de portée.

"Mon père s'appelait Charles. Il était le frère de ton père, Tibérias et l'aîné de toute sa fratrie. Malheureusement, il déçut fortement ses parents qui lui demandèrent de quitter la Savoie natale. Il s'enfuit donc à Rome, la ville de la famille, où il demanda conseil à tante Atia, la mère de cousine Fiorella.

Antoine leva de terribles yeux vers Fidelis avant de reprendre son monologue. La harpe s'était tu, mais il ne le remarqua pas, possédé par son histoire. Les domestiques présents se demandaient quel genre d'aventures le maître expliquait-il à un enfant qui ne comprenait rien.

"La perfide tante Atia ne l'accepta pas dans ses propriétés. Elle avait reçu un parchemin qui lui signifiait l'exil de mon père. Fou de rage, Charles les maudit, tous et s'échappa vers l'Est. Il parvint sur une terre désertée, où flottaient nombre d'îles plus pauvres les unes que les autres mais où les dieux d'autrefois furent puissants et dirigèrent une civilisation des plus avancées, après Rome, évidemment. Athènes. Mon père évidemment croisa nombre de putains avec lesquelles il s'acoquina tous les soirs. Mais l'une d'elle frappa son esprit et marqua son coeur du sceau de l'Amour. Il l'épousa ! Te rends-tu compte cousin Laurent ?! Un di Leostilla qui épouse une prostituée ! En avais-tu connaissance ?

Cette question s'adressait autant à l'enfant qu'à Fidelis, muette.

"Le déshonneur avait frappé secrètement notre famille. Quelques années après leur mariage, je nacquis, moi, l'Illustre. Mes parents m'affublèrent d'un nom ignoble. Un nom grec que je répugne à prononcer mais que je vais quand même t'avouer cousin : ils me nommèrent Vikentios. Charles espérait intensément qu'ils m'intègreraient ainsi dans la population grecque, mais il n'en fut rien. Ma mère s'appelait Amalia Akilina. Il semblait qu'elle m'aimait...

Marc Antoine se stoppa quand Laurent échappa un cri, aussitôt suivi du silence.

"Les années passèrent, je grandis. Mon père fut finalement convié aux réunions de famille des di Leostilla, puisque ses parents avaient finalement péri sans qu'il ne le sache. Je passais ainsi de longs étés à Rome, où nous nous réunissions. Je me souviens de tante Atia, de Fiorella, de l'oncle Chandin qui évoquait toujours l'absence de son frère parti dans les croisades : ton père, Laurent. Toujours était-il que je m'ennuyais. Les années s'écoulaient douloureusement, je regardais ma famille prendre ses rides années après années. Un jour, tante Atia est venue vers moi, je devais avoir 17 ou 18 ans... Sais-tu ce que m'a dit cette vipère ce soir d'été ? Elle m'avoua toute la vérité sur celui que j'étais. Fils d'un père déshonoré et d'une prostituée grecque. J'en appris plus ce soir là que durant toute ma vie. Pour faire bon usage, tante Atia me gifla en me qualifiant d'enfant bâtard. Elle m'avait expliqué que je devais tuer mes parents pour retrouver ma place dans les di Leostilla. J'étais jeune, fougueux, perdu, triste, fatigué et manipulé.

Silence mortuaire.

"Quand nous retournâmes en Grèce, je demandai à mon père des explications sur ce que m'avait avoué Atia. Il me dit que tout était vrai. Jamais je ne fus aussi en colère. Il m'annonçait sans remords, sans honte et sans rougir, que je ne possédais qu'un demi sang noble. L'autre moitié était celle de la joie des rues. J'enrageais, je voulais détruire, et j'ai commis l'impensable. Les mots d'Atia frappaient mon esprit. Durant des semaines, je ne dormais pas la nuit en pensant à elle. Tant et si bien, qu'à mes vingt ans, sûr de moi, je m'avançai dans cette chambre déshonorée. Je m'étais emparé du glaive de mon père. Il luisait dans ma main tremblante mais certaine. Ma mère ouvrit les portes et comprit immédiatement. Elle n'opposa aucune résistance. Elle s'offrit à la mort, et le glaive du fils transperça le coeur de la mère, sans un cri. Mais tout ne s'est pas terminé ainsi, cousin ! Non ! J'ai fait bien pire, tu crois que je suis parti ainsi ? Eh bien non, je me dirigeai vers le bureau de mon père où je lui montrai l'épée rougie du sang maternel. Il n'était pas surpris ; il était éberlué. Comprends bien que je ne pouvais pas tuer un di Leostilla. Alors je lui ai donné le choix : soit il laissait son fils être le responsable officiel du meurtre d'Amalia, soit... il se suicidait de regret pour avoir occis sa propre femme et me protégeait ainsi. Quand je laissai le glaive sur son bureau et que je lui ai tourné le dos, j'entendis aussi les exclamations de la mort et la lame glissée dans les chaires de Charles.

Laurent se mit subitement à pleurer et hurler. Les domestiques ne dirent mot mais tous détournèrent la tête.

"Puis, je suis parti, laissant la vie sauve à ma soeur, Ariane, qui prit aussi la fuite... et me voilà... lavé de tout déshonneur, fier du parricide achevé...

Les yeux de Marc Antoine s'échappèrent de ce monde. Regrettait-il ? Non, il avait espérait simplement que ces meurtres changent sa vie. Au final, il n'en était rien. Il se sentait toujours le fils illégitime bien convaincu d'oublier ses origines et de naître à nouveau. Il scruta finalement sa cousine en silence.

"Tante Atia a dû être fière de moi en entendant la nouvelle...[/rp]
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Fidelis
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MessageSujet: Re: [RP] Il était deux fois, à Aix-les-Bains   Sam 1 Oct - 15:39

Fidelis.di.leostilla a écrit:
[rp]Marc Antoine ...

La jeune fille le vit s'éloigner d'elle, à regrets, mais son visage resta inflexible. Aurait elle aimé qu'il aille plus loin ? Que ses mains serpentent sur son corps comme les mots vils qu'elle prononçait ? Que sa bouche touche à nouveau les siennes pour faire fondre son coeur gelé par le manque d'amour ? Tout n'était il que haine et manipulation dans sa vie ?
Les interrogations, toujours et encore. L'esprit de Fiorella n'était qu'une succession de plans, de questions cherchant des réponses et de fureurs. Une fureur qu'elle avait appris à cacher, à maitriser, car souvent, cela menait à des erreurs qu'elle ne voulait plus commettre.

Mais lui, il menait ses plans dans les abysses. Il détruisait ses forces à chaque fois qu'il s'approchait d'elle. Comment y arrivait il ? Son premier amour inavoué. Mais dans le regard de Vincent, elle put lire une certaine peur. Il s'était éloigné par crainte ? Elle était incapable de lui faire du mal ! Pas à lui ... à tous les autres, oui, mais pas à lui ...

Quand il fit venir Laurent et l'arracha des bras de la nourrice, Fiorella se releva légèrement de sa position. Ce petit être innocent deviendrait peut-être aussi sa faiblesse. Il n'avait plus de mère et elle serait la sienne. La faille de son coeur s'était aggrandie pour ces deux hommes là. La sensation d'une famille, d'une autre vie que celle qu'elle avait vécu, s'insinuait en elle. Peut-être n'était elle pas tout à fait comme elle voulait le faire croire.

Quand le Grec raconta son histoire, Fiorella fixait l'homme et l'enfant sans dire un mot. L'histoire était tragique. L'histoire était morbide. Elle révélait l'esprit torturé de celui qu'elle aimait en secret. Il était aussi blessé qu'elle. Il avait été aussi loin qu'elle. Peut-être qu'ils étaient plus semblables qu'elle ne le pensait. Il rompait par cette révélation, une barrière qui était construite entre eux. A la fin de l'histoire, Laurent pleurait.

Fiorella se leva pour prendre l'enfant des bras de Vikentios et le berça. Il se calma rapidement. Elle montra alors à son cousin une face cachée qu'elle évitait de montrer habituellement. Elle sourit à l'enfant et se montra aimante. Son regard tomba sur l'homme qui la fixait toujours. Elle prit place contre lui pour lui murmurer doucement à l'abri des oreilles indiscrètes.

Marc Antoine Vincent di Leostilla. Tu es avant tout un di Leostilla. Si ton sang te semble impure, je te donne le mien. [/rp]
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