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 [RP] Quand on défie la Savoie ou la mise à mort de Valencin

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Dewan
Feu Vicomtesse
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Date d'inscription : 09/08/2010

MessageSujet: [RP] Quand on défie la Savoie ou la mise à mort de Valencin   Ven 27 Mai - 21:29

Tiberias. a écrit:
[rp]
Voici le grand jour. En avant ! Voici le grand matin ; amenez le prisonnier. Les ordres fusaient dans les sous-sols du Palais de Justice. Dans son bureau, le procureur de Savoie terminait une discussion avec le bourreau. Une poignée de main vint sceller les paroles échangées et l'Exécuteur des Hautes Oeuvres quitta la présence du Baron. Refermant la porte, il laissa le di Leostilla dans un silence mortuaire et glacial. Se calant dans son fauteuil, Tibérias se permit quelques pensées. De toute façon, le cortège n'attendait que lui. Il passa sa main sur sa barbe rugueuse tout en regardant le portrait de son frère sur le mur de la cheminée. Chandin se mit alors à cligner des yeux, bailler et s'étirer.

"Laurent.
- Christian ?!


La scène était surréaliste. L'Inquisition le brûlerait si on le voyait ainsi, en train de parler à un cadre qui sans doute, ne bougeait pas plus que les cendres mortes dans l'âtre.

"Tu hésites à condamner quelqu'un ? Mais tu sais que tu dois le faire. Les traîtres, c'est au fond du trou qu'il faut les laisser. Tu m'as toujours déçu. Mon propre aîné qui aurait dû faire la gloire de la famille, tu t'es enfui alors que père, mère et moi comptions sur toi ! Pour faire quoi ? Devenir un général de pacotille dans un pays sans foi ni loi ?
- Souhaiterais-tu... souhaiterais-tu que nos places eussent été échangées ? Que toi, l'aîné, ais vécu, et que je moi, le cadet, sois décédé ?
"Oui... je le souhaite tous les jours... tu as eu de la chance que ma fille t'ait réintégré dans la famille, moi qui t'avais radié du glorieux nom di Leostilla !
- Je vais faire tuer Valencin et une fois que je reviendrai, puisse-tu avoir meilleure image de moi.
- Tout dépend... si tu douteras ou non... tu es faux Général Tibérias, tu ne peux pas porter mon nom sans te demander si tu en es digne... tu doutes, tu as toujours douté. Trop faible... Tu caches tes mains pour ne pas revoir celles qui ont tué des centaines d'innocents... des femmes... des enfants... Né dans la douleur, élevé dans la haine, tu as toujours besoin d'aide pour faire face à ton miséreux destin.
- Disparais.
- Disparaître ! Ah ! Mais je ne peux pas, je vis en toi ! Tu ne peux...


Tibérias se saisit d'une dague à son ceinturon et la lança vers le tableau, furieux. La lame se planta dans le front de Chandin qui ne dit plus rien. Plongeant la tête dans ses mains, le Baron songea. Qui était son frère pour lui parler comme cela ? Personne ! Un mort ! Un cadavre, un fantôme d'un temps révolu ! On frappa à sa porte, lui disant de venir. Il enfila une tenue de cérémonie et marqua son visage le plus cruel. Il accrocha son épée à la ceinture et ouvrit brusquement la porte. Le garde mourut d'hypothermie et toutes les plantes furent fânées au passage du procureur.

Il atterrit à la Cour Extérieure où le bourreau l'attendait assis sur une charette où l'accusé était placé dans une cage où il pouvait à peine tenir debout. Accroché aux barreaux, la mine défaite, le regard pâle, la barbe sale et poussiéreuse, ses yeux affichaient le vide. Il n'était déjà presque plus de ce monde. Un pied dans la tombe.

Le cortège avança et quitta le palais ducal. La garde noire, à cheval autour de la charette escortait le procureur et le bourreau. Direction la grand-place. La population avait été informée. Du spectable en perspective. Deux estrades avaient été montées. L'une où le juge Aélis reprononcerait la sentence pour tout le peuple et où le Conseil ducal pouvait siéger durant le supplice. L'autre serait la scène dudit supplice. En avance visiblement. Les badauds suivirent le cortège, lançant fruits et légumes pourris à l'accusé, applaudissant le juge et le bourreau qui avait mis son loup sur ses yeux.

L cortège parvint aux estrades et s'arrêta. Le bourreau monta sur l'une d'entre elle où la roue avait été préparée. Tibérias se dirigea vers les fauteuils et prit place. Il fallait désormais attendre le duc et le juge au moins. Valencin, toujours dans sa cage, faisait face aux yeux dévastateurs du baron. Il ne serait sorti de sa cage qu'une fois le verdict énoncé à nouveau.

Le bourreau s'était saisi d'une barre de fer et s'entraînait à frapper dans le vide. Ses bras sur-musclés ne présageaient rien d'amusant pour le condamné.[/rp]

Aelis a écrit:
Cette exécution, elle aurait préféré ne pas y assister.
Alors, pour chasser les idées noires, la Vicomtesse s'était montrée incroyablement volubile, et futile.
Et avait réussi à convaincre son époux le Duc de faire le trajet en sa compagnie, en voiture.
Mais trop tôt, ils arrivèrent sur la grand-place.
Elle se recoiffa, distraitement, remit en place quelques étoffes vagabondes et adressa un indéfinissable sourire à son cher et tendre.

Puis la porte du coche s'ouvrit, il en descendit en premier, elle le suivait, tenant d'une main ses jupes, de l'autre prenant appui sur la paume du valet, diligemment tendue vers elle.
Terre fut regagnée, et ils purent rejoindre Tibérias sur l'estrade.
Malgré la douce chaleur printanière, elle avait opté pour du noir, robe de soie, au col et poignets blancs.
Le noir avait l'avantage, en plus d'être une couleur solennelle, de masquer quelque courbe gracieuse, elle s'était nettement améliorée en un an, passant du corps filiforme d'une adolescente se remettant d'une maladie, à celui d'une femme pleinement heureuse et épanouie.

Inclinant la tête, elle salua poliment son collègue le Baron, avant de lui tendre la main.
Son regard fuyait l'espèce de cage dans laquelle l'ancien maire de Belley attendait son heure.
Car même si elle était persuadée d'avoir bien agi en le condamnant, le spectacle d'un homme à l'agonie n'était jamais des plus plaisants.


Comment vous portez-vous, cher collègue ?
C'est une bien belle journée, malgré que celle-ci soit entachée par l'aboutissement de la déchéance d'un fils d'Oane.


Et, baissant d'un ton :

Comment a-t-il réagi à l'annonce de sa condamnation ?

Tiberias. a écrit:
[rp]
Il n'eut guère à attendre longtemps ; le couple ducal arriva bientôt, dans le carosse frappé des armes de la Savoie. Maugréant, Tibérias se leva quand Raoul et Aélis posèrent pieds à terre. Le juge et son mari s'approchèrent du baron. Après un respectueux salut envers lui, le procureur saisit la main tendue par la vicomtesse de son gant noir et froid et déposa un baiser furtif, sans émôtions, sans conviction.

Puis inclinement de la tête vers le duc de Savoie, par lequel et pour lequel il était procureur de l'Etat de Savoie.

"Une bonne journée en effet... qu'importe une mort, du moment que l'équilibre du monde est respecté avec une naissance...

Il tenta un sourire avant de reprendre place à son fauteuil. A la gauche du duc, qui avait à sa droite sa femme. Il se pencha légèrement vers Raoul pour que Aélis puisse entendre.

"La Question l'avait déjà bien entamé... la sentence n'était pour lui qu'une certaine délivrance... pouvons-nous lui en vouloir ?

Il s'enfonça dans sa chaise.

"Je propose à Sa Grâce d'attendre que le peuple se déplace. Notre Exécuteur des Hautes Oeuvres est payé au temps, il nous est donc totalement dévoué.

Regardant le condamné dans sa cage, Tibérias n'eut pas un regard de pitié, repensant à son frère.

"Nombreux sont ceux qui méritent la mort et les morts qui méritent la vie... Dieu crée les hommes, les hommes tuent les hommes. Il n'y a pas de logique.

Peut-être parlait-il tout seul, à moins qu'il ne parlât avec Raoul ? Qui le savait. Perdu dans les méandres de ses pensées, Tibérias scrutait les toits aux alentours. Il se pencha vers l'oreille du duc.

"Votre Grâce, des gardes d'élites sont positionnés sur les toits en face et derrière nous. Au moindre aliéné qui s'approche trop près de nous, j'ai ordonné que la cible soit neutralisée.
[/rp]

Roi-lezard a écrit:
[rp]A son habitude, sa Grace n'aimait pas particulièrement faire chemin en voiture, préférant de loin faire le cavalier sur son fier destrier, la barbe au vent. Mais sa jeune épouse, à renfort d'inépuisables charmes féminins, avait su comment attirer le Lézard à sa suite, au sein du confortable carrosse aux reconnaissables armoiries ducales savoyardes. Les petits coussins écarlates, deux verres de vin, et un voyage au final point si déplaisant.


Quelques cahotements plus loin, la voiture s'arrêta subitement et la voix du cocher annonçait la place de l'exécution, marquant toutefois un léger temps mort avant d'oser ouvrir la porte du véhicule. Quelques froissement de soie précipités dans l'habitacle, des rires étouffés et le valet qui invitait finalement les illustres passagers à retrouver la terre ferme.


Le Duc ouvrit la marche, laissant soin au valet d'aider la Vicomtesse de Montjoye à extraire ses jupons du carrosse. Le Soleil était à l'heure au rendez-vous, belle journée pour une exécution.


Raoul huma l'air de son pays, profondément, tout en parcourant les quelques pas qui le séparaient de l'estrade réservée aux éminents membres du Conseil Ducal, prenant plaisir à s'installer sur son trône. Il observait le condamné dans sa cage, diantre que la vue d'un homme ainsi sans défense enfermé derrière les barreaux rouillés pouvait être sordide, enfin c'était ainsi en ce temps là, quand on jouait à défier l'autorité et que l'on perdait la partie. Le Duc échangea quelques mots avec le Procureur Tibérias di Leostilla :


" Cher Baron, ravi de vous voir si preste ce jour. Notre petit théâtre semble bien en place, et je vous en félicite. Il ne manque guère plus que notre triste acteur principal sur les planches, et son public éphémère dans les tribunes. Même la vermine a droit à son heure de gloire, ce monde est bien fait... Nous avons le beau temps de plus. "


C'est lors qu'un valet s'occupa du service du vin aux premiers notables en place. Le regard du Duc croisa celui, noir, de l'ancien maire de Belley.


" Oui Messire, nous attendrons le peuple, Sire Valencin me semble avoir la journée devant lui. En parlant de naissances, nous avons l'immense joie de vous annoncer que Dame la Vicomtesse attend un possible futur Sire de Montjoye. Dame Nature sera sans doute ravie, le compte est bon en ce qui concerne la régulation de l'espèce. Grand dieu, il a l'air un peu palot le Sire Valencin, il était grand temps qu'on le sorte un peu des geôles.. "


Le Baron avait ajouté quelques phrases, ou étaient-ce des grognements ? Sa Grace approuva du chef, alors qu'il abreuvait ses lèvres à sa coupe de vin.

" Certains morts mériteraient d'être encore en vie possiblement, enfin, je m'en remets au Très Haut pour faire le tri. Quant à la logique... c'est peut être affaire de mathématique après tout. La roue tourne sans cesse dit-on, il y aura probablement toujours deux types d'hommes : ceux qui la feront tourner, et ceux qui se trouveront inexorablement attachés dessus. "

[/rp]

Aelis a écrit:
La foule s'était déplacée en masse.
De tout temps, le peuple avait apprécié le spectacle des exécutions publiques.
Plus cela promettait d'être sanglant, plus on se pressait.

Le Juge n'était guère dans son assiette, mais se leva bravement, et déplia son parchemin.
Après s'être éclairci la voix, elle entama la relecture de son verdict.


Qui croire ? Qui ne pas croire ?
Les absents ont toujours tort, ceux qui se taisent, également.
Le mois dernier, nous étions maire d'Annecy, et travaillions souvent de concert avec l'accusé, qui alors était maire de Belley. Et j'ose dire, nous nous entendions fort bien avec lui, qui nous a par plusieurs fois rendu service, alors que le marché du village avait grande peine à être stabilisé. Puis nous entrâmes au conseil, et qu'entendîmes-nous ? Que le Sieur Valencin avait démissionné, après avoir copieusement invectivé notre bon Duc dans ses premiers jours de fonctions. La déception déjà avait point en nous. Alors le Sieur Alex reprit la mairie, et y découvrit qu'il avait pillé les ressources de la bonne ville de Belley, ayant par là trahi la confiance de ses administrés, celle du Conseil, et de toute la Savoie, dans le seul but de son enrichissement personnel, et se permettant en plus d'injurier d'honnêtes gens !
Notre coeur saigne, nous ne pouvons laisser une telle chose se produire en impunité, ni encourager qu'elle se reproduise à nouveau.
En conséquence de quoi, nous, Aélis de Montjoie, Juge de Savoie, en notre grande sagesse, et en vertu du pouvoir qui nous est conféré, condamnons le triste sire dénommé Valencin a subir, au titre de question extraordinaire, le supplice de la roue, consistant à attacher le condamné sur une croix de Saint-André, et à lui briser successivement bras, avant-bas, tibias, fémus et cage thoracique à l'aide d'une barre de fer. Puis, soucieuse d'abréger les souffrances du condamné, nous décidons, à titre d'exemple, qu'icelui périra empalé.

A présent, confions son âme au Très-Haut.


Et puis elle se rassit.
Se demandant si elle ne pourrait pas tout de suite s'en aller.
Elle jeta son regard dans le vague, se promettant de ne point regarder, elle savait d'avance que les cris du supplicié seraient déjà une torture en eux-mêmes.
Pâle comme la mort elle-même, elle ne pouvait s'empêcher de tripoter le saphir qui ornait son doigt, la bague de sa grand-mère, cadeau de Caro pour son mariage.
Cela, en récitant, dans sa tête, son crédo et la prière aux morts, afin de s'empêcher de songer à autre chose.
Même si une part d'elle-même se disait qu'elle n'avait rien fait d'autre que son devoir, il fallait un châtiment exemplaire afin de dissuader le peuple de se laisser aller à l'envie, péché mortel.
Le pauvre homme serait mieux auprès de Dieu que sur cette Terre, à n'en point douter.

Le Peuple vindicatif, incarné par Roi-lezard a écrit:
La populace s'était massée peu à peu, depuis la cage en fer et jusqu'à l'estrade du bourreau, tout juste assez aiguillée par les gardes de faction afin de laisser une voie ouverte pour le chemin qu'il restait à parcourir au supplicié du jour. De nombreuses paires d'yeux lorgnaient sur cet homme aux airs moroses pendant que le Juge déclamait à qui voulait l'entendre les faits reprochés et la sentence de mort sans appel que ses crimes lui avaient méritée. Puis ce sont de vives huées s'élevant d'une voix discordante qui conclurent les paroles solennelles.

" A mort le traître ! Vive le Duc... Démantelez nous la truandaille ! Que la volonté du Très Haut soit faite jusque dans l'os.... "

D'autres étaient plus vindicatifs et leurs paroles dénotaient un certain sens de la philosophie.

" Bougre de puterelle du Sans Nom, t'en as voulu nous la mettre avec ta magouille, à toi d'écarter les cuisses maintenant ! "

Le triste sieur avait tant de crimes à expier, que les flammes de l'Enfer n'attendaient plus que l'ancien Maire ne leur soit livré. Celui-ci avait osé proférer des insanités sur son Duc aux abords même du Palais de Chambéry. Il avait pillé les coffres de la ville de Belley et laissé la mairie dans un piteux états pour ses successeurs qui auraient besoin de bien du courage, si bien que la ville n'était même plus en mesure de payer les impôts ducaux. Certains spectateurs, impatients ou rancuniers, avaient entamé de jeter des fruits pourris à la face du condamné, lorsque d'autres préféraient les cailloux.

L'accusé, lui, demeurait silencieux. Le Duc, loin de la naïveté d'un Philippe le Bel, avait pris soin de lui faire arracher la langue avant de le faire paraître à nouveau en public. Il ne fallait pas qu'une injure ou autre malédiction ne vienne troubler le spectacle.

Neocor a écrit:
C'est à bord de son carosse marqué aux armes de l'archidiocèse, conduit par son serviteur et ami Arobaldi, que l'archevêque arriva sur le lieu du supplice... On l'aida à descendre, à grand peine, tant l'homme était épuisé par l'âge... Mais une chose était encore intacte en lui... Il avait de la gueule, du coffre et était resté preste à manier le verbe.

Il salua d'un grand geste de sa seule main valide, s'inclina devant le Duc...


Votre Grâce, que me dit-on ? Vous vous apprêtez à faire supplicier cette créature du Très Haut ? Quel homme n'a pas droit au pardon ?

L'archevêque n'attend pas de réponse. Il songe à l'abomination qui va se produire. Et cette foulé déchaînée qui appelle au meurtre tout comme au temps des jeux de Rome...

... Au nom du Très Haut, je vous implore d'accorder votre grâce à cet homme. Il n'est jamais bon de tuer son semblable !

Si pour quelque raison, il vous déplait d'accéder à ma demande, je souhaite que le condamné puisse recevoir l'onction.


Le religieux sort de sa poche la fiole de Saint Chrème, la hisse au dessus de sa tête pour l'exiber à tous...

Comment pouvez vous vous réjouir en pareille circonstance ? Oui, cet homme a fauté et il mêrite punition... Mais n'y a-t-il pas autres manières que ces cris de gueux que vous poussez ? Vous offensez nos prophètes, vous reniez les principes de la religion aristotélicienne ! Pour autant, je vous pardonne, rien n'est plus néfaste que ces rassemblements en place publique pour assister à ce que vous semblez considérer comme un spectacle !

Neocor s'interrompt. A quoi bon, songe-t-il ? Ils sont déjà trop chauds, et le malin, la créature sans nom s'est emparée d'eux... D'un pas mal assuré, il se dirige vers le condamné, s'installe à ses côtés et ne fait plus un pas...

Roi-lezard a écrit:
[rp]Le Duc avait reconnu de loin l'escorte de l'Archevêque de Tarentaise qui fit entrée en trombe sur le haut lieu des suppliciés. En dépit de son grand âge l'homme semblait avoir risqué sa vie pour rejoindre l'attroupement en toute hâte. Sa Grace se leva alors avec anticipation de son trône de fortune pour aller lui prêter main forte lors de la montée de l'estrade, maugréant d'avance en se demandant s'il aurait droit à un nouveau sermon allant à l'encontre de la politique ducale.

" Mordiable ! Voilà la cavalerie mes chers juristes, pourvu que l'Inquisition ne se soit point déjà réservé notre maroufle pour un de leurs bûchers. C'est qu'il n'y en a vraiment plus que pour eux ces derniers jours... "

C'était donc le visage contenant que difficilement son inquiétude de voir les réjouissances du jour réduites à néant, que le Duc de Savoie écouta les doléances de l'Homme d'Eglise. Il hocha la tête pour affirmer qu'il s'agissait bel et bien d'un supplice, indiquant de son index tendu la roue qui était déjà prête, le bourreau qui semblait échauffer ses muscles ainsi que les valets devisant sur la forme théoriquement la plus adéquate d'un pal. Mais quelques secondes plus tard, c'est le visage légèrement fermé qu'il répondit à Monseigneur Néocor :

" Votre Eminence, je suis au regret de vous refuser la grâce de cette créature, dont je doute d'ailleurs qu'elle soit du Très Haut sinon plutôt du Malin. Je crois que même le Dogme lui refuserait l'onction au regard des charges retenues contre lui, il n'a malheureusement plus sa langue pour vous avouer ses méfaits. Mais soyez assuré qu'il fut pris sur le fait. Le voilà condamné pour lèse-majesté, trouble à l'ordre public, abandon de mairie assimilé à de la Haute Trahison en tant qu'élu du peuple qui a porté confiance en lui, il a commis le pillage du trésor de Belley, et une tentative de suicide en se laissant mourir de faim dans sa cellule. Le trésor de Belley est à jamais perdu, les plus pauvres y crient famine, et le Duché déjà au bord du gouffre financier y perd près d'un quart de ses impôts du mois dernier. La Savoie n'a pas vu de pire vermine depuis belle lurette pour tout vous dire. A lui seul il fit autant de dégâts qu'une compagnie de réitres suisses. "

Regardant de plus près le Saint Chrème, puis le curé qui s'en allait vers la cage, il voulu l'avertir, mais trop tard...[/rp]

Le traître coupable mécha, incarné par Roi-lezard a écrit:
S'il n'avait plus sa langue, le prisonnier possédait encore toutes ses dents et tenta de mordre l'Archevêque dés qu'il fut à sa portée, laissant échapper un effrayant borborygme, et se tapant au passage le crâne vigoureusement contre les barreaux fort heureusement trop serrés pour qu'il ne put y passer toute sa tête.

Le peuple poussa en coeur une exclamation de surprise, le spectacle devenait intéressant, jamais encore on avait vu un Archevêque frôler la mort d'aussi prêt lors d'une cérémonie aussi solennelle. Un garde assena finalement un coup sur le crâne du prisonnier afin qu'il fasse un pas en arrière et invita l'Archevêque à oindre de loin s'il le désirait toujours.

Neocor a écrit:
Neocor avait écouté Sa Grâce dans sa longue et distinguée déclaration... Il entendait les chefs d'accusation qui tombaient comme une litanie et finissait par être vraiment perturbé... "Comment une créature du Très Haut avait-elle pu comettre autant de méfaits ?"

Soudain, alors qu'il était auprès de la cage où se trouvait le condamné, il sentit une douleur dans sa main emplie de rhumatismes alors qu'un cri monstrueux se faisait entendre... Il regarda et ce qu'il vit le laissa sidéré...


Mais ! Par les Saints attributs virils d'aristote, mon fils, seriez vous devenu un chien ? Si j'en crois les paroles de notre Duc, vous devriez faire profil bas ! Et voilà que vous tentez de m'arracher la main ?

L'archevêque se met à genoux face à lui...

Vous avez de la chance d'être ainsi enfermé ! Fussiez vous dehors, je vous aurais mis mon pied au cul ! Bref ! Vu ce qui vous attend, je n'aurai pas le loisir de vous faire juger par notre Sainte Eglise...

Se rapproche du Duc, le cheveu en bataille, mais déjà la colère apaisée...

Votre grâce, cet homme aura absorbé quelque drogue préparée par un méchant médicastre ! Il est fol, complètement... Vous n'allez pas briser sur la roue un homme dépourvu de sens ?

Roi-lezard a écrit:
[rp]Estomaqué par la tournure inattendue des évènements, le Duc tout d'abord prit peur pour l'Homme de Foi, se mordant la lèvre lorsque le maraud s'en prit à son Eminence, mais fut rassuré finalement de voir que l'Archevêque avait des réserves de combativités à revendre.

Un coup de bâton de la garde zélée sur la canaille, une allusion fleurie sur les attributs du Prophète, et voila que le Père Néocor avait déjà retrouvé toute sa quiétude. Le Duc écouta alors ses nouvelles paroles l'air songeur avant de rétorquer :

" Il est possible que nos loyaux serviteurs aient un peu forcé la dose sur les herbes de vérité lors de la question. Vous savez, on ne lésine guère sur les moyens quand il s'agit de Justice. Sachez néanmoins qu'il n'avait rien d'un fol lorsqu'il commit ses méfaits et il fut légitimement jugé selon la coutume. Préservez vous mon Père de ce scélérat, et veuillez accepter un siège auprès de nos conseillers, le maistre bourreau est sur le point d'exercer son art, et nous serons rassurés de vous avoir près de nous afin de prier pour le salut de son âme en dépit que le cas soit désespéré. "

Il invita l'Archevêque à prendre appuie sur son épaule afin de monter sur l'estrade réservée aux invités d'honneur...

Pendant ce temps, un claquement de doigt indiqua aux gardes qu'ils pouvaient se saisir du condamné et le traîner en dépit de ses ultimes protestations muettes vers l'échafaud.[/rp]

Neocor a écrit:
Sa Grâce avait presque convaincu le vieux religieux et les dernières paroles de Neocor avaient dû sonner bizarrement... Jusqu'à l'agression qu'il venait de subir, il avait appliqué sa plus aristotélicienne attitude, vantant les bienfaits de l'amour et l'amitié...

Mais malgré ses déclarations appelant au pardon, il avait en lui une sourde colère de s'être ainsi fait malmener, et comment...! par celui dont il avait pris la défense. Voilà que le Duc l'invitait sur l'estrade pour assister au supplice, prenant prétexte qu'il pourrait ainsi mieux prier pour l'âme du futur défunt...


Allons-y, mon Duc, mon Frère... je fermerai les yeux, ce qui ne m'empêchera pas de prier...

Certains qui connaissaient bien l'archevêque auraient pu penser qu'en pareille circonstance il serait contrarié... Que déjà naissaient en lui quelque désir d'inquisition envers ce phénomène... Les spécialistes de Sa Grâce avaient certes des compétences. Mais du pipi de chat comparé aux Missus de Rome. Mais bon, il suffisait ! Il pensa qu'il allait finir par se faire bastonner par la foule s'il retardait encore le chatiment...

Me voilà prêt ! C'est quand vous voulez votre Grâce...

L'abbé sortit son chapelet, ferma les yeux, et hypocritement récita quantité de Credo...

Le gros bourreau, incarné par Tiberias. a écrit:
[rp]
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_____________________________________________

Le menton posé sur sa barre de fer, le bourreau, ou Exécuteur des Hautes Oeuvres comme l'appelait le Procureur - ça faisait toujours très distingué disait-il - attendait patiemment que l'Eglise termine ses derniers sacrements. Croyant et fidèle, bien sûr qu'il l'était ! Qui ne l'était pas à cette époque ?! Depuis des années Marcel tuait des gens. Il posait la torche enflammée sur les bûchers de folie de Tibérias, il activait l'ouverture des trappes pour les pendus, il abaissait sa lourde hâche sur la nuque de bon nombres de traîtres et autres mis à mort. L'homme aimait particulièrement la torture. Tout une technique qu'il adorait suivre avec le Di Leostilla. Cette famille avait un donc spéciale pour ce genre de chose : Marcel avait déjà servi Chandin et beaucoup d'ennemis de l'Etat était passé de l'autre côté du rideau nommé vie. Marcel était doux comme un agneau dans les jours ordinaires. Il avait une femme, Jeannine, et trois enfants, Jean, Marcel et Vincent, tous baptisés merci pour eux ! Son travail permettait de les nourir convenablement, c'était tout ce qu'il souhaitait. Il était payé par oeuvres, aussi bien torture qu'exécution. Avec le régime en place, les écus tombaient régulièrement. Marcel aimait particulièrement les fortes autorités : c'était là où il pourait gagner le plus.

Vêtu de son pantalon de cuir noir, son torse bombé, gras et velu à l'air libre, son visage caché par un masque noir cuisant sous cette chaleur presque estivale. Une calvitie précoce, des mains potelées et immenses, non gantées pour mieux saisir la barre de fer. Des bottes épaisses, vieilles et sales. Petit et solide. C'était tout ce qu'on pouvait voir de lui. Marcel aimait à se dire que personne ne connaissait son identité, mais tout le monde savait qui était le bourreau de Savoie. En outre, son pain sur l'étal de la boulangerie était retourné, pour marquer sa réservation. Un bon travail en somme. Il fallait juste ne pas avoir peur du sang qui gliclait sur le tablier et des bruits parfois surprenant que pouvait faire le corps humain.

Le Juge prononça la sentence, l'archevêque avait terminé et le duc claqua des doigts. Aussitôt, la garde sortit le condamné de la cage et l'emmena sur l'échaffaud batti pour l'occasion. Le peuple était là. Dans la foule, Marcel reconnut même sa famille. Qu'est-ce qu'il en était fier. Cette exécution serait la plus belle pour eux. On attacha Valencin sur la croix de Saint André. Un X parfait pour les jambes et les bras du bonhomme. Un appui certain pour briser complètement ses membres.

Tout allait commencer. Marcel empoigna sa barre de fer et s'approcha du supplicié. Aucun échange ne devait être fait. Une dernière fois, le bourreau regarda le duc, le juge et surtout le procureur qui hocha la tête. Parfait. Marcel leva la barre dans les airs et vint asséner un premier coup sur le bras droit de l'accusé qui hurla de douleur. Il frappa une seconde fois pour s'assurer que tout était bien briser. Les craquements étranges qui s'échappait de Valencin étaient de bons présages. Après chaque membre, Marcel faisait un tour d'honneur sur l'échaffaud, montrant la barre au peuple qui le suppliait de continuer. Alors l'Exécuteur s'élança vers l'homme et s'attaque à ses jambes. Le genoux était très douloureux, et le condamné n'en avait bientôt plus ! La fureur du bourreau était contrôlée et sa force incontrôlable. Le dernier bras fut très vite brisé. L'avant dernière étape était la plus complexe à réaliser. Un dernier tour d'honneur du bourreau et il asséna un coup surpuissant dans la poitrine de Valencin. Plus aucun son ne sortait de l'homme, mais il n'était pas mort. Il était détruit. Les membres démolis, la poitrine défoncée.

Aidé par des gardes, le bourreau détacha alors Valencin. Ils le traînèrent jusqu'à une roue et l'y attachèrent. Les membres brisés du supplicié furent repliés sur lui pour qu'il rentre totalement dans la roue. Roue qui fut montée sur un essieu et laissée tranquille. Véritablement tronc humain agonisant, le condamné pouvait maintenant recevoir les pierres et autres jets de la foule. Le bourreau avait fait la moitié de son office. A la mort de Valencin, celui-ci serait empalé, ici-même sous les acclamations de la foule. Le plus important était toutefois fait : la mise à mort.
[/rp]

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